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CHAPITRE IV

PENTE DES DRAINS.

On donne aux drains, en général, la pente même du terrain. La facilité avec laquelle l’eau s’écoule dans les tuyaux en poterie permet de leur donner une pente longitudinale beaucoup plus faible que celle qui est nécessaire aux drains empierrés. Une pente de 2 millimètres, et même de o“, 001 par mètre, suffit, à la rigueur, pour les files de tuyaux; elle ne doit pas être inférieure à 5 ou 6 millimètres dans les autres espèces de conduits.

D’un autre côté, il faut éviter de donner aux drains une pente assez considérable pour que la vitesse de l’eau puisse dégrader les matériaux employés à la construction des conduits.

Quand la pente du terrain est assez forte pour que cette circonstance se présente, on partage chaque conduite en une série de lignes à faible déclivité raccordées par des chutes. Dans cettè circonstance et dans quelques autres, on est donc obligé de faire communiquer entre elles deux lignes > de conduites établies à des niveaux différents. Le

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raccordement peut s’établir au moyen de tuyaux inclinés à 45°, et solidement fixés à leurs extrémités dans un petit massif en pierrailles ou en maçonnerie. Quand la différence de niveau à racheter est un peu forte, ou quand il s’agit de maîtresdrains destinés à donner passage à un volume d’eau considérable, la méthode précédente n’offrirait peut-être pas assez de garanties. Le raccordement s’exécute alors en briques posées à redans, les unes sur les autres, et formant une sorte d’escalier. Pour de très-petits drains, on pourrait se borner à faire un puisard rempli de pierres cassées.

Le conduit supérieur communiquerait avec le haut et le conduit inférieur avec le bas de ce puisard. Ces diverses dispositions sont trop simples pour qu’il soit utile de leur consacrer des figures spéciales.

On doit, autant que possible, distribuer les Distribution pentes des drains de manière qu’elles augmentent pe d n u s . toujours de l’amont vers l’aval. Il importe, en effet, que la vitesse de l’eau s’accélère constamment, ou, du moins, qu’elle n’éprouve pas de ralentissement dans son cours , pour que les matières solides entraînées accidentellement dans une partie du drain ne puissent aller se déposer un peu plus loin, et produire, à la longue, un obstacle à l’écoulement.

Cette condition doit toujours être remplie par les petits drains. Comme on l’a déjà fait remarquer (page 67), le fond des tranchées ne se trouve donc pas parallèle aux ondulations de la surface du sol; il présente une série de lignes droites tracées entre les points où se trouvent, s’il y en a, les changements de pente.

Il est quelquefois difficile, et même impossible, dans un drainage de quelque étendue, de distri— v huer suivant cette loi les pentes des drains principaux. Les pentes, en effet, se trouvent souvent réduites en se rapprochant du thalweg principal où les drains doivent décharger leurs eaux. Dans ce cas , il faut placer un regard de grande dimension au point où commencent les réductions de pente; ce regard forme une sorte de bassin régulateur, où se déposeraient les matières entraînées. Il est bien entendu , d’ailleurs , que le diamètre des tuyaux doit augmenter, pour un même volume d’eau à écouler, quand la pente diminue , surtout si l’on est près de la limite dé diamètre nécessaire à l’écoulement du volume d’eau à débiter.

Lorsque le terrain est horizontal, ou moins incliné que la pente nécessaire aux drains, ou même s’il présente une pente inverse, ce qui arrive quelquefois , de celle que doivent forcément avoir les drains pour assurer l’écoulement, on donne aux tranchées une profondeur variable ,

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allant en décroissant de leur extrémité d’aval à leur partie supérieure. Ce même artifice peut être employé pour augmenter la pente des collecteurs. Mais on conçoit que les ressources que peut donner ce moyen sont assez bornées , par suite des limites étroites entre lesquelles pont renfermées les profondeurs admissibles. Il convient de ne recourir à ces moyens exceptionnels que le plus rarement possible, et c’est à l’étude très-attentive du relief du sol, facilitée par le plan nivelé, que - l’on doit demander la solution la plus parfaite du problème de la distribution des pentes des drains.

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