N° 254. — IL FAUT ADORKR DIEU SEUL
Ce n'est pas un simple mortel, ce n'est pas un ange descendu du ciel qui nous ordonne d'adorer Dieu, c'est Dieu lui-même qui le prescrit comme un devoir rigoureux. C'est sur le sommet du Sinaï qu'il fait entendre sa voix et qu'il crie à toutes les nations : « Je suis le Seigneur ton Dieu... Tu n'auras point d'autres dieux devant moi. Après avoir ainsi promulgué oralement le Décalogue, le Seigneur invita Moïse à retourner sur la montagne pour recevoir ces préceptes gravés sur des tables de pierre et apprendre de sa bouche même le détail de la loi cérémoniale et judiciaire. Gomme
Moïse resta de nombreux jours au Sinaï, le peuple d'Israël, ne sachant ce qu'il était devenu, se prit à murmurer et à dire à Aaron avec instances : « Faitesnous un Dieu que nous voyions, voilà notre or, nos bracelets, nos chaînes, nos boucles et toutes nos parures. On les jette dans un fourneau et il en sort un veau d'or. Aussitôt le peuple ivre de joie se met à se gaudir en mangeant, en buvant et en dansant devant le nouveau dieu qu'il adore. Moï^e arrive et, indigné des actes d'idolâtrie dont il est témoin, brise les tables de la loi qu'il tient entre ses mains, a Enfants de la tribu de Lévi qui êtes demeurés fidèles à votre Dieu, levez-vous comme un seul homme, s'écria-t-il, armezvous de vos glaives et exterminez impitoyablement les prévaricateurs sacrilèges delà loi divine. » L'homme de Dieu fut vengé par la mort de plus de trois mille Israélites. Ce ne fut qu'après le retour au devoir et le repentir des coupables que le sang cessa de couler et que la miséricorde du ciel leur fut accordée. C'est ainsi que Dieu punit le grand nombre de ceux qui avaient oublié le précepte qui leur avait été intimé de n'adorer que Dieu seul et de ne point fléchir le genou devant des dieux étrangers.
N 255. — l'adoration partagée.
A'ers la fin du dixième siècle, Geyra, le célèbre roi des Magyares, grâce aux bonnes dispositions de son épouse, permit à des prêtres envoyés de Hongrie, de prêcher aux prisonniers allemands. Le zèle et la piété des missionnaires, le recueillement des auditeurs en recevant les consolations de l'Evangile, firent une
telle impression sur Geyra et sur plusieurs nobles, qu'ils se firent instruire dans la doctrine chrétienne et baptiser. Mais avec tout cela, Geyra continuait encore de sacrifier aux idoles de son pays ; l'Évêque l'ayant appris, chercha à l'en détourner par de sévères exhortations; mais le prince répondit : « Je ne vois pas pourquoi je n'agirais pas ainsi? Je suis assez riche pour les servir tous à la fois! » Cette façon de penser est peut-être excusable chez un homme qui n'avait guère encore l'esprit cultivé. iMais parmi les gens civilisés combien n'en trouverait-on pas qui pensent comme Geyra ? Peut-être en est-il fort peu qui n'aient à se faire des reproches de ce genre. En effet, rien n'est plus ordinaire que de voir des chrétiens qui se croient assez riches en sagesse, en vertus, en mérites et en biens terrestres, pour pouvoir servir en même temps Dieu et le monde et se consacrer à l'un comme à l'autre. .Mais chacun connaît cette parole du Seigneur, qui déclare impossible cette adoration partagée, car entre Jésus-Christ et Bélial il n'y a rien de commun. Le premier commandement dit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu ne serviras que lui seul. »