ESPÉRANCE
Sommaire doctrinal.
L'espérance est une vertu surnaturelle; par laquelle nous attendons de Dieu, avec une ferme confiance fondée sur sa promesse et sur les mérites de Notre- Seigneur Jésus-Christ, la béatitude éternelle et les secours nécessaires pour y parvenir.
L'objet propre et principal de l'espérance est Dieu ou labéatitude éternelle, qui est la possession de Dieu; l'objet secondaire comprend les moyens d'obtenir la vie éternelle, c'est-à-dire la grâce, le pardon des péchés, et même les biens temporels, en tant qu'ils sont utiles à notre salut. Ainsi, pourl'espérance chrétienne, le désir d'éviter la damnation ne suffit pas, il faut de plus avoir la volonté ferme et le désir efficace d'arriver au bonheur éternel.
Le motif de l'espérance est la fidélité de Dieu dans ses promesses; la certitude que nous avons de cette fidélité est fondée sur sa puissance et sa bonté. Dieu, en effet, peut accomplir ce qu'il a promis, et sa bonté l'y porte en faveur de ceux qui l'aiment et le servent de tout leur cœur.
L'espérance com me la foi est nécessaire au salut de nécessité de moyen. L'Écriture parle de l'espérance comme de la foi : elle joint ces deux vertus comme ayant entre elles une liaison si intime que l'une ne peut pas sauver les adultes sans la coopération de l'autre. Or, suivant la doctrine du concile de Trente, ils se disposent à la justification par la foi
d'abord, et encore par l'espérance. Le salut est donc aussi impossible sans l'espérance que sans la foi : « C'est tomber en enfer, dit saint Isidore de Séville, que de désespérer de son salut ». Aussi saint Paul dit que nous sommes sauvés par l'espérance. De là Dieu nous en fait un précepte formel ; ce commandement est même répété fort souvent dans l'Ancien et le Nouveau Testament.
Oq pèche contre l'espérance par défaut ou par excès, c'est-à-dire par désespoir ou par présomption. Le désespoir est une défiance volontaire qui détruit en nous la ferme confiance d'obtenir la vie éternelle et les moyens d'y parvenir.
La présomption est une attente vaine et téméraire de la vie éternelle et des moyens de l'obtenir ; elle n'est appuyée sur aucun fondement solide et fait injure à la justice et à la bonté de Dieu.
N°277. — JOB, MODÈLE d'espéranck.
Le saint homme Job, qu'on se plaît toujours à citer comme un parfait modèle de patience, n'en offre pas un moins frappant de la vertu d'espérance, inséparable de la première. Accablé de toutes sortes de maux,, insulté par sa propre femme, privé de tous ses enfants, dépouillé de tous ses biens, frappé d'ulcères dans tout son corps, outragé et calomnié par ses meilleurs amis, cet homme admirable se fortifie de plus en plus dans l'espérance et dans la confiance qu'il a eues en Dieu. (( Pourquoi me découragerais-je et m'abandonnerais-je au désespoir? Quand Dieu me ferait périr je ne laisserais pas d'espérer en lui, et je m'accuse-
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rais néanmoins de toutes mes fautes en sa présence et il sera lui-même mon sauveur. »
Ailleurs, envisageant l'état horrible où il est réduit, il se relève par l'espérance de la résurrection. « Je sais que je ressuciterai de la terre au dernier jour... que je verrai mon Dieu dans ma chair. ..c'est là l'espérance que j'ai et qui reposera toujours dans mon cœur. »