‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 235 sur 318 · AMOUR DU PROCHAIN · texte numérisé non relu

AMOUR DU PROCHAIN

Sommaire doctrinal.

Après Dieu nous devons aimer le prochain, c'est-àdire tous les hommes sans exception ; car voici comment est énoncé le premier commandement : « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur...

C'est là le plus grand et le premier commandement. Et voici le second qui est semblable à celui-là : Vous aimerez votre prochain comme vous-même. » Saint Jean le confirme par les paroles suivantes : « Si quelqu'un dit : J'aime Dieu et ne laisse pas de haïr son frère, c'est un menteur, car comment celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ? »

Pour satisfaire à ce précepte, il ne suffit pas de faire des actes purement extérieurs à l'égard de nos frères, mais il faut que ces actes procèdent d'un réel sentiment de charité intérieure.

Le caractère distinctif de la charité chrétienne est de faire pour les autres ce que nous désirerions raisonnablement qu'ils fissent pour nous, et par là môme de ne jamais faire aux autres ce que nous ne voudrions pas qu'ils fissent contre nous.

Il y a un ordre à suivre dans la charité. Après Dieu* que nous devons aimer avant tout et par-dessus tout, nous devons nous aimer nous-mêmes, et nous aimer plus que les autres ; puis nous devons donner les préférences de notre amour d'abord à nos parents, puis à nos amis, à nos supérieurs, ensuite à nos concitoyens, enfin à nos coreligionnaires.

Quant à la nature du bien à faire, on doit faire passer les biens spirituels avant les biens temporels ; la réputation, l'honneur avant les richesses.

N*" 309. — MOTIFS d'aimer le procuain.

Ils sont nombreux et saisissants, les exemples qui

nous prêchent l'amour du prochain. En voici quelquesuns.

Toute la vie de l'Homme-Dieu a été une longue exhortation à nous aimer les uns les autres; mais c'est surtout à la dernière Cène, dans le sublime entretien qu'il eut avec ses chers disciples qu'il leur recommanda de s'aimer mutuellement. « Pauvres enfants, leur dit-il, d'une voix émue, pauvres brebis que j'envoie au milieu des loups, voici le moment de nous séparer:.. Oh ! du moins, soyez unis ! Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Et vous, ô mon Père ! conservez-les moi, ces enfants chéris ! Faites surtout qu'ils s'aiment les uns les autres et soient unis comme nous le sommes vous et moi! Ut slnt unum, sicut et nos unum sumus ! »

N° 301. — l'apôtre de la charité.

Un autre grand prédicateur de l'amour du prochain, fut saint Jean, le disciple bien aimé. Ce grand apôtre, étant fort avancé en âge et ne pouvant par conséquent plus faire de longs sermons aux fidèles, ne cessait de leur répéter : a Mes petits enfants 1 aimez-vous les uns les autres. )) Et quand on lui demandait pourquoi il répétait toujours les mêmes paroles, il répondait : « J'ai reçu moi-même ce commandement du Seigneur, et si vous l'observez, cela suffit. »

Le disciple bien-aimé ne s'est pas contenté de prêcher la charité, il l'a pratiquée lui-même d'une manière très touchante. (Voir ci-après le bel exemple sur le zèle, n° 302.)

SUR LA DOCTItINE CHRETIENNE 307

N° 302. — C0MME^T peut-on faire du bien au

PROCUAI]^?

On peut faire du bien au prochain en exerçant envers lui des œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles. Voici des exemples.

Saint François Régis, n'étant encore qu'élève de philosophie au collège de Tournon, s'appliquait avec la plus grande ardeur à l'instruction du peuple. Il se chargea, avec le consentement de ses supérieurs, du soin d'apprendre les vérités du salut aux dome>tiqi]es de la maison, et aux pauvres de la ville, qui, à certains jours, venaient recevoir les aumônes du collège. Les dimanches et les fêtes, il allait dans les villages et rassemblait les enfants avec une clochette, pour leur expliquer les premiers principes de la doctrine chrétienne.

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