N° 331. — FIDÉLITÉ A PRATIQUER LA RELIGION
Une jeune fille de seize ans, privée de sa mère, quittait le pensionnat où elle avait reçu une forte éducation chrétienne^ pour venir dans sa famille où
l'altendaient, avec le bien-être que donne la fortune, les tentations les plus violentes. Son père était hostile à la religion, et elle fut obligée de se cacher pour continuer ses habitudes pieuses de prières et de communions fréquentes.
Un matin son père la surprit revenant de la messe avec sa femme de chambre et n'ayant pas encore déjeuné. Se doutant de quelque chose, il lui demanda si elle avait communié. — Oui, mon père, répondit la jeune Qlle avec grâce et sans hésiter, et j'ai beaucoup priépour vous. — Et tu communies souvent? ajouta le père avec aigreur. — Oui, mon père, j'ai ce bon'ieur souvent. C'est là que je puise la force de remplirions mes devoirs, et, en particulier d'être pour vous ce que je dois être. » Le père se tut un instant, et plus ému qu'il n'eut voulu devant cet ange terrestre, il embrassa sa chère fille, et lui dit d'une voix pleine de larmes : « Continue, mon enfant. »
N° 332. — COMMENT un' PRÉSIDENT DE RÉPUBLIQUE A PRATIQUÉ LA RELIGION.
En ce temps de voltairianisme et de franc-maçonnerie, au sein des agitations politiques et des progrès du monde moderne, on ne comprend pas et on ne tolère plus la piété dans un homme d'Etat. Garcia Moreno, l'illustre président de l'Equateur, connaissait ce préjugé. Il en triompha comme de tous les autres. En dépit des colères maçonniques et des sarcasmes voltairiens excités par toutes les mauvaises passions, il n'oublia jamais ce principe que l'homme doit pourvoir
à sa sanctification personnelle s'il veut entreprendre avec succès la régénération d'une âme, à plus forte raison celle d'un peuple. Aussi tous les matins il faisait oraison, chaque jour il assistait à la sainte messe, récitait le rosaire, lisait un chapitre de l'Imitation de Jésus-Christ, et se confessait toutes les semaines. Dans les conversations il ne parlait jamais mal de personne. Au moment de la tentation il avait coutume de dire : « Que penserai-je de tout cela à l'heure de mon agonie? » — Avant d'aller prendre son repos il faisait régulièrement son examen de conscience. Chaque jour il ne passait pas plus d'une heure au jeu et d'ordinaire jamais avanthuit heures du soir. Son respect pour Dieu était profond. On le regardait comme le premier chef d'Etat qui, depuis 1789, eût changé la face de son pays. Il est mort sous le poignard des franc-maçons, martyr de son devoir, de son amour pour Dieu et la sainte Église, le 6 août 1875, après avoir été le régénérateur de sa patrie, {Bulletin de saint Fi^ançois de Sales.)