‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 268 sur 318 · N° 344. — RESPECT AU SAINT-SACREMENT · texte numérisé non relu

N° 344. — RESPECT AU SAINT-SACREMENT

Il y a sept ans, la Semaine catholique de Séez publiait ce qui suit (1881) :

Le dimanche de la Fête-Dieu, à l'heure où la magnifique procession de Fiers parcourait son itinéraire habituel, on a remarqué, à différentes reprises, un homme dontrattitudeinconvenante contrastait étrangement avec la piété des foules recueillies qui contemplaient, ravies d'admiration, l'éclat extérieur donné à cette solennité si chère à la population Aérienne. Prié de se découvrir, cet homme refusa, disant qu'il se garderait bien de saluer le Saint-Sacrement et se promettant, dit la rumeur publique, d'en faire bien d'autres le dimanche suivant et de ne pas se décoiffer! Le dimanche suivant n'est pas venu pour lui!

« Au bruit de cette mort soudaine, on s'est rappelé la scène de l'avant-veille, et le jugement populaire a été bien vite fixé sur la portée et la valeur significative de ce triste événement. Sans prétendre trouver toujours en ces sortes de faits une intervention directe d'en haut, nous croyons cependant que Dieu s'est réservé le droit de nous donner, quand il lui plaît, de terribles avertissements; nous avouons qu'il y a dans ce fait une étrange coïncidence, et matière à sérieuses réflexions ; nous constatons aussi; en respectant la douleur d'une famille éprouvée, qu'il est souverainement triste de mourir ainsi, sans préparation après un tel acte, par un coup qui ressemble trop à un exemple, et fait songer à une punition anticipée.

N° 345. — LA MAIN DE DIEU PROTÉGEANT LE JUSTE ET PUNISSANT l'impie.

En 1883, le dimanche de la Fête-Dieu, un prêtre

octogénaire, en retraite à Notre-Dame de Liesse, M. l'abbé Yitard, répondant à l'inYilation de M. le doyen de Crécy-sur-Serre, arrivait, après une pénible marche, pour présider la procession du Saint-Sacrement, dans la petite paroisse de C..., qui manquait alors de curé.

Or, tandis que les pieux habitants du village se faisaient un bonheur de travailler aux reposoirs et les ornaient de leur mieux, un jeune impie de vingt-trois ans, garçon de ferme, furieux de toutes ces démonstrations (( cléricales, » osa dire au milieu d'un groupe, en apercevant le vénérable prêtre : « Vous verrez que « je saurai bien le faire tomber avec son Bon-Dieu. » Puis, joignant les actes aux mauvais propos, il alla furtivement mettre sous une des planches qui servaient de marches à un des reposoirs, un caillou assez grand pour le faire chavirer quand le célébrant y poserait le pied. Il fallait que ce malheureux jeune homme lût inspiré par Satan pour concevoir un si odieux dessein et pour oser l'exécuter contre un pauvre vieux prêtre au moment même où celui-ci devait paraître tenant dans ses mains le Dieu de paix et de bénédiction.

Voyons maintenant quel fut le tragique eflet de ce sacrilège attentat. Déjà la procession a accompli, et avec un ordre admirable, la plus grande partie de son parcours ; on arrive au reposoir où est préparé le guet-apens. Le célébrant, sans se douter du danger, gravit lestement, avec l'ostensoir, les premières marches du reposoir; mais il n'a pas plutôt posé le pied sur la fatale planche que, celle-ci tournant sur ellemême le fait tomber lourdement de l'échafaud sur le

sol. Toute l'assistance frémit en voyant ainsi rouler sur les planches jusqu'à terre ce pauvre et faible vieillard. Un instant on le croit mort ou grièvement blessé, car il reste étendu sur le dos, sans mouvement apparent, nriais tenant toujours l'ostensoir amoureusement pressé sur sa poitrine. On s'empresse on s'agite autour de lui ; mais nul n'ose avancer la main pour le débarrasser de son auguste et redoutable fardeau. « Remettez-moi sur pieds, dit-il d'une voix ferme, et nous continuerons la procession. » On respire en l'entendant prononcer ces paroles. Alors des hommes, posant respectueusement les bras sous son corps, le redressent avec mille précautions, car on craignait bien qu'il n'eût quelque membre fracturé ou démis. Mais, grâce à une protection spéciale de Dieu, il ne s'était fait dans sa lourde chute qu'une très légère égratignure à la jambe gauche, et, une fois remis sur ses pieds, il put marcher comme auparavant.

Quelques instants après, la procession reprenait sa marche ordinaire et rentrait triomphalement à l'église, tandis que de tous les cœurs s'exhalait un soupir de reconnaissance envers la Bonté divine qui n'avait pas permis à l'attentat de l'impie d'avoir de plus graves conséquences.

Mais cet attentat à la majesté du Dieu de l'Eucharistie et à son ministre, accompli dans de telles circonstances de préméditation et de scandale public, ne devait pas rester sans un prompt et terrible châtitiment. Le soir du même jour, le jeune sacrilège ren^ trant à la maison assez tard et dans un état prononcé d'ivresse, se sentit pris subitement d'une fièvre cérébrale très violente, et, bientôt, il eut perdu toute sa

connaissance. Durant trois jours consécutifs, il resta en proie à un délire et à des souffrances extraordinaires ; et, le quatrième jour, qui était le jeudi dans l'octave de la Fête-Dieu, il mourut misérablement, sans avoir pu se reconnaître et se réconcilier avec Dieu par la réception des sacrements.

Toute la paroisse de C... resta vivement impressionnée sous ce double et visible efTet de la main de Dieu, qui, d'une part sait, quand il lui plaît, protéger ses justes contre la malice de ses ennemis, tandis que dautre part, elle n'attend pas toujours l'éternité pour punir les impies.

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