N^ 346. — IMPIES, SOYEZ PRUDENTS
X'n ami dévoué de la Semaine catholique de Toulouse nous communique le fait qu'on va lire et dont il nous garantit l'authenticité. D'ailleurs, pour qu'il soit facile d'en constater Texactitude, nous donnons le nom du lieu où il s'est passé et ceux de trois de ses huit malheureux acteurs :
« Celait à Pia, gros village à huit ou dix kilomètres de Perpignan; huit jeunes gens, de vingt-quatre ans, se rendirent ensemble au café situé sur la place. C'étaient de vigoureux et robustes paysans, de ceux qui ont pour spécialité de travailler les vignes.
Le calé regorgeait de monde, a Vous voyez, leur dit la maîtresse de l'établissement, il n'y a pas une place libre ; mais comme vous êtes de nos amis, montez dans ma chambre, et je vous servirai. » « Les huit amis s'attablèrent devant un bol de vin chaud; ils devisaient des affaires du jour, lorsque l'un d'eux,
nommé Estyrac, aperçut un crucifix de grandes dimensions au chevet d'un lit. « Il faut, dit-il avec un blasphème, que nous lui fassions boire un coup.
« Et, décrochant l'image du Sauveur, il en plonge la tête dans le bol, au milieu des éclats de rire de ses compagnons.
({ — Voyons ce qu'il a dans la poitrine, dit à son tour le nommé Marc; et brisant la poitrine du crucifix, il parodie, avec ses amis, une autopsie.
« — Ce n'est pas assez, ajoute Aymard; il faut l'amputer, pour voir s'il a du sang. Et il coupe la « cuisse droite de la Sainte image : Or, voici quelle a été la suite de ce sacrilège :
« Estyrac qui avait fait boire le crucifix, étant allé se baigner quelques jours après, se noya.
(( Marc, qui avait brisé la poitrine, est mort d'une ■ phtisie galopante; cinq autres de ses compagnons, ont succombé successivement au même mal, sans recevoir les derniers sacrements. « Un seul des huit profanateurs survit, comme pour perpétuer le souvenir de l'attentat et de sa punition : Aymard, celui qui avait coupé la cuisse du crucifix.
« Pris subitement d'un mal affreux à la cuisse droite, l'amputation de ce membre fut jugée impérieuse par les médecins, et celui qui la pratiqua, M. le docteur de Lanier, demeura terrifié en voyant que ce membre n'avait pas une goutte de sang. « Depuis son amputation, Aymard repentant et terrifié, fait pénitence et s'efforce d'obtenir le pardon du divin Crucifié. « Allez à Pia, tout le monde vous confirmera la vérité de ces événements. {Bulletin de saint François de .S «/es.)
N° 347. — RUGISSEMENT DE l'eNFER.
Un sacrilège des plus horribles a été commis à Saint Germain-Lembron, arrondissement d'Issoire (Puy-de- Dôme), dans la soirée et la nuit du 1" juin.
Voici les détails que donne la Gazette d'Auvergne :
« Un christ d'un mètre de haut se trouvait chez un individu connu par ses opinions révolutionnaires, irréligieuses et antisociales. Il venait d'en faire l'acquisition à un encan.
» Quand on le sut, personne ne douta que ce ne fut pour un usage infâme.
» Le 1" juin, il invita à ripailler quatre ou cinq individus de sa bande; le Christ fut placé sur une table ; on lui vida maintes rasades en lui criant: « Bois, bois, le sang de l'iniquité! »
)) Ils feignirent de faire sur lui ce que les bourreaux de Jérusalem avaient fait réellement sur Notre-Seigneur : Percement des m.ains, des pieds et du côté, couronnement.
» On le traîna ensuite, la corde au cou, dans les rues de la ville, et ce à quatre heures du soir, un jour de foire, le tout accompagné du Libéra.
» EnGn, on le mit en mille morceaux, qui gisent, dit-on, maintenant dans la paillasse du lit d'une mégère, laquelle a invité plusieurs de ses voisines à venir voir un brigand mort qu'elle a caché sous «es matelas. »
C'est ainsi que le monde d'en bas met en pratique ces théories impies professées par un certain monde d'en haut. [Id.)