‹ Instructions sommaires sur la doctrine chrétienneChapitre 275 sur 318 · N^'SSS. — HONNEUR AUX ANGES ET AUX SAINTS · texte numérisé non relu

N^'SSS. — HONNEUR AUX ANGES ET AUX SAINTS

Une femme idolâtre se convertit au christianisme et conçut une vive dévotion pour saint François-Xavier, à tel point qu'au baptême elle lit donner ce nom à son fils bien-aimé entre tous, sûre que le glorieux apôtre veillerait sur les jours et l'innocence d'une tête si chère. Un an après, le tonnerre tomba sur lui et ses deux compagnons pendant qu'ils gardaient les troupeaux. Les mères idolâtres firent tout bonnement enterrer leurs enfants. Mais la femme chrétienne porta le corps glacé de son petit Xavier devant l'image de son patron, et lui dit avec une simplicité pleine de foi :

u N'y aura-t-il aucune différence entre ces mères idolâtres et moi qui fais profession de servir le vrai Dieu de tout mon cœur? Et puis, n'êtes-vous pas le protecteur de mon fils? Ne vous est-il pas spécialement recommandé? Ah! je vous en conjure, consolez cette mère affligée : après avoir ressuscité tant de morts, vous pouvez bien encore ressusciter celui-ci. » Elle n'avait pas encore fini sa prière, que les femmes chrétiennes, là présentes, crurent remarquer quelque mouvement dans le corps de Xavier. Un moment après il ouvrit les yeux, et sa mère l'embrassa plein de vie. (Lettres édifiantes.)

Si l'honneur rendu aux saints n'était pas agréable à Dieu, Dieu le récompenserait-il par de pareilles faveurs?

Jeanne d'Orviéla perdit ses parents dans un âge bien tendre encore. Une femme vertueuse déplorait cette perte qui rendait cette pauvre enfant orpheline. Jeanne sourit, et montrant l'image de son ange gardien : « Jgnorez-vous, lui dit-elle, que mon ange gardien me sert de père et de mère, et qu'il m'aimera bien plus encore que ne m'ont aimée les bons parents que le Père céleste m'a ravis? » Elle avait raison, et les nombreuses faveurs qui rélevèrent à une haute sainteté montrent que la dévotion au saint ange gardien est bénie du ciel. (D'après Hunold.)

yo 354 CULTE d'hyperddlie du a la sainte-vierge.

(Voir le troisième article du symbole.)

N° 355. — LA CONVERSION DE M. TUCKWELL, RACONTÉE AU CONGRÈS DE LILLE. — (nOYKMRRE 1884.)

Compte rendu anahjtique.

Né à l'île Maurice, de parents anglais et protestants, M. ïuckwel nous offre en sa personne un exemple bien touchant des miséricordieuses prévenances de la grâce. A l'âge de six ans, il entendit réciter YAve Maria, le retint et ie répéta devant sa mère. Elle le gronda et l'avertit de ne plus jamais répéter ces louanges à Marie; qu'elles étaient l'une des superstitions des papistes. L'enfant obéit; mais à quelque temps de là, précédant ses parents dans une voiture préparée pour les conduire au temple, il y trouva une Bible, l'ouvrit et tomba sur le passage de saint Luc, qui raconte la salutation de l'ange à Marie. L'enfant courut à sa mère et lui demanda comment l'on pouvait taxer de superstition ce qui se trouve dans la Bible, règle de foi des prolestants. Sa mère ne sut que répondre, et l'enfant, en secret du moins, se reprit à réciter VAve Maria.

Vers l'âge de treize ans, les mêmes prévenances divines lui firent lire, dans l'Evangile de saint Luc, le Magnificat. 11 fut particulièrement frappé de cette prédiction : « Toutes les nations m'appelleront bienheureuse. » Et un jour que, dans le salon de sa mère, des protestants déclamaient contre le culte que les catholiques rendent à la Très Sainte Yierge, l'enfant leur dit : « Quelle est donc votre contradiction! Vous dites que la Bible est le fondement et la règle de notre religion; pourquoi alors ne l'écoutez-vous pas lors-

qu'elle vous dit, à vous comme à toutes les générations, de glorifier Marie et de l'appeler bienheureuse? » Entendant cela, sa mère se leva, et dit avec une violente émotion : « Cet enfant sera notre honte, il se fera catholique. »

Dès qu'il fut libre, en effet, Tuckwel se fit instruire et embrassa le catholicisme. Un jour qu'il sollicitait sa sœur de le suivre, elle lui dit en montrant ses enfants : « Tu vois ces enfants, et tu sais si je les aime; mais je leur plongerais un poignard dans le cœur plutôt que de les laisser entrer dans cette religion. » Marie voulut aussi triompher de ce cœur, et elle le sut. M. Tuckwel vit un jour sa sœur plongée dans la plus grande désolation : ses deux enfants avaient le croup et la mort les attendait. « Dis avec moi VAve Maria et Marie les guérira. » Vaincue par la douleur, la mère s'agenouilla et dit avec son frère : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous maintenant, pour nous, pauvres pécheurs, » et ses enfants furent guéris.

M. Tuckwel quitta alors sa charge d'officier des douanes anglaises à Tîle Maurice et alla retrouver à Aire Mgr Delannoy, qu'il avait connu à lîle Bourbon, pour lui demander l'ordination sacerdotale. (Semaine de Cambrai.) (Voir le troisième article du Symbole, n° 106 et siiiv.)

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