N^ 357. — UNE INSIGNE FAVEUR DE SAINT JOSEPH
On écrit au Rédacteur du Bulletin de Saint- François de Sales :
(( Pour la plus grande gloire de dieu et pour Thonneur de saint Joseph, laissez-moi vous raconter une conversion considérée comme humainement impossible, tant la personne paraissait étrangère à tout sentiment religieux! Mais comment désespérer d'une âme conCée depuis trente ans à la sollicitude de saint Joseph? Sainte Thérèse n'a-t-elle pas dit que l'on n'avait jamais invoqué en vain saint Joseph? Je viens d'en faire par moi-même la plus touchante expérience.
« Notre père, éloigné des sacrements depuis son enfance, avait depuis lors abandonné toute pratique religieuse. En vain, ma mère, joignant ses instances aux noires, mit-elle tout en œuvre, pendant sa vie entière, pour ramener cette âme à de meilleurs sentiments. Elle mourut sans avoir la consolation de retirer quelque fruit de ses efforts.
» Cependant une maladie grave se déclare. Notre pauvre père pouvait peut-être vivre encore une année ; mais l'issue fatale était certaine. Gomment aborder la grande question? Que faire pour ramener à Dieu cette chère âme égarée ? ne va-t-on pas essuyer hélas! un refus si justement redouté?
» Nous redoublons nos prières à saint Joseph. Du haut du ciel, ce grand saint considérait nos alarmes et, à notre insu, il touchait insensiblement ce cœur jusque-là endurci. Nous qui avions tant redouté l'issue d'une démarche, et même d'une simple ouverture,
nous eûmes la consolatioft, le 8 août dernier, de voir notre excellent père demander de lui-même le prêtre et se préparer pieusement à la réception des sacrements!... Nous ne savions que penser de ce changement si subit, et toutes les personnes qui connaissaient le malade, nous en tém-oignaient hautement et les larmes aux yeux, leur admiration.
» Depuis cette époque jusqu'à sa mort, qui n'arriva que trois mois plus tard, il ne cessa de nous édifier tous par ses sentiments chrétiens. Nous étions surpris des réflexions si pieuses, si élevées qu'il faisait en notre présence, et nous ne savions à quoi attribuer des sentiments que nous ne lui avions jamais connus. Il ne réclamait de nous que des livres pieux, qu'il lisait avec bonheur et dont il savourait les pensées en se les appropriant. Il nous demandait d'unir nos prières aux siennes; et c'était là sa plus grande consolation au milieu de ses souffrances. Bien plus ; il aurait voulu, en mourant, emporter l'espérance que quelqu'un des siens se consacrerait un jour à Dieu, lui qui avait tant redouté jadis de voir l'un d'entre nous échapper à la vie du monde !
» Celte fin si chrétienne, ce retour si complet et si prompt nous paraissait tellement au-dessus de toutes les prévisions humaines, que nous n'avons pas hésité à l'atlribuer entièrement à lïntercession de saint Joseph, auquel nous avions depuis si longtemps confié le salut de cette âme chère entre toutes. Qu'il daigne agréer ma plus vive reconnaissance, ainsi que celle de toute ma famille ! {Bulletin de saint François de Sales.)