‹ Instructions sur l'EucharistieChapitre 19 sur 35 · UN SEUL FAIT PROUVE LE DOGME DE LA PRÉSENCE RÉELLE · texte numérisé non relu

UN SEUL FAIT PROUVE LE DOGME DE LA PRÉSENCE RÉELLE

Les témoignages des saints Pères toucliant rEucliaristie sont si nombreux que nous aurions pu en faire un volunrip : mais il faul savoir se borner. Au surplus^ il est certain qu'au moment où parurent les protestants, les catholiques du momU' entier croyaient le dogme de la présence réelle, puisque ceuxlà appelèrent ceux-ci ortolâtres,ou adorateurs du pain. Toulr l'Eglise grecque avait la même croyance, comme on l'a démontré par des preuves incontestables. De ce fait nous concluons que Jésus-Christ est réellement présent dans l'Euchnristie, parce qu'il est impossible que cette croyance se son établie dans toute TEglise, si elle ne venait pas de Jésus - Christ lui-même.

En elTet, qui se persuadera que tous les chrétiens aient abjuré tout à coup la foi de leurs ancêtres pour embrasser uni erreur jusque là inouïe? A qui fera-t-on croire qu'un certain jour l'Eglise tout entière s'endormit avec la foi des protestants, c'est-à-dire croyant que l'Eucharistie n'est que la figure du corps de Jésus-Christ, et que le lendemain elle se réveilla convaincue de la présence réelle, tellement qu'il ne resta pas le moindre vestige de l'ancienne foi, et que personne au monde, ni parmi les fidèles, ni parmi le clergé, n'ait eu connaissance de ce changement, ou, le connaissant, n'en ait dit mol?

Cette erreur, disent nos adversaires, s'est introduite insensiblement. Or, celte supposition n'est pas moins absurde que la première. Car l'homme s'attache avec une certaine opiniâtreté à la croyance dans laquelle il a été élevé; tous veulent mourir dans la foi de leurs pères, tous sont convaincus avec raison que la religion est immuable. Saint Paul n'a-t-il pas défendu expressément d'y rien ajouter et d'en rien retrancher? Ne veut -il pas qu'on dise analhème même à un

ange descendu du ciel qui annoncerait un autre Evangile (}ue celui de Jésus-Clirist?

Si donc quelque novateur eût osé ajouter le dogme de la présence réelle, des réclamations énergiques, parties de tous les points de l'univers connu, l'auraient confondu à Tinstant. Car, chaque fois qu'un hérésiarque paraît dans l Eglise, il prêche d'abord ses erreurs à quelques disciples; puis la nouvelle doctrine devient publique, et à l'instant des évêques, des prêtres et même de simples fidèles composent des écrits pour la convaincre de nouveauté. Mais, emportés par l'esprit d'orgueil, les nouveaux sectaires se défendent .avec énergie et répandent leur doctrine de tous côtés. Les esprits s'échauiïent et s'irritent; bientôt l'Eglise est en feu. Le Pape est consulté, un concile est convoqué, les évêques sont réunis, riiérésiarque a comparu, sa doctrine est mûrement examinée et longuement discutée, la sentence est rendue et envoyée aux catholiques du monde entier. C'est ainsi que tout s'est passé au sujet de toutes les hérésies, d'Arius, de Nestorius, d'Eutychès, de Wiclef, de Jean Huss, de Luther et de Calvin. L'histoire nous dit quel a été l'auteur de toute nouveauté en fait de doctrine, dans quelle ville nu dans quel pays elle a pris naissance, à quelle époque elle s'est répandue, quels ont été ses parti-ans et ses contradicteurs, où s'est tenu le concile qui l'a proscrite. Mais qui a inventé le dogme de la présence réelle? Quel est le nom de l'inventeur? OIj, dans quel pays ce dogme a-t-il pris naissance? Quels furent ses premiers apô:res? Quels ont été ses adversaires? Dans quelle ville a-t-on tenu le concile qui a examiné et discuté la nouvelle doctrine? Toutes ces circonstances ont dû avoir un profond retentissement dans le monde. Or, l'histoire ne dit mot ni du novateur, ni de son pays, ni de ses disciples, ni de ses antagonistes, ni du concile qui a été convoqué. C'est que rien de tout cela n'a existé; donc le dogme eucharistique n'a pas été inventé.

Remarquez qu'il s'agit ici d'une question pratique, d'un dogme à croire, d'une loi à observer, d'un sacrement à recevoir. Tous les chrétiens ont (]ù connaître dans tous les temps

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ce qu'ils recevaient en communiant; ils ont dû savoir si c'était le vrai corps et le vrai sang de Jésus-Clirist, ou si ce n'en était que l'image. Or, peut-on supposer que primitivement ils étaient convaincus que l'Eucharistie n'est que la figure du corps du Sauveur, et qu'ensuite ils se soient laissé persuader que c'est son vrai corps et son vrai sang, et cela sans la moindre réclamation ni la moindre résistance? Et parmi tant de milliers de chrétiens, pas un seul ne s'est aperçu de cette supercherie? pas un n'a poussé un cri d'alarme? pas un prêtre, pas un évoque n'a protesté contre celle altération de la foi^ Cela est-il croyable?

Avez-vous oublié quelle formidable opposition ont rencontrée les apôtres lorsqu'ils ont prêché l'Evangile, parce qu'ils heuilaieni de front toutes les idées reçues? Que de sang répandu pour le conserver et le propager! Et le mystère de la présence réelle, aussi étonnant que tous les autres, aurait été accueilli par tout l'univers sans réclamation ni opposition? Cela est-il croyable?

Rien n'est plus acceptable à la raison humaine que de croire que l'Eucharistie n'est que la ligure du corps de Jésus-Christ; il n'y a là aucun mystère. Et cependant, quand on a voulu introduire celte croyance, quel cri de réprobation ne s'est-il pas élevé de toutes parts?

Remarquez qu'il a surgi en Orient une multitude de sectes qui n'ont cessé de faire la guerre à l'Eglise romaine et de lui repntcher quelques usages et «luelcjnes cérémonies qu'elles n'avaient pas elles-mêmes. Or, comment se fait-il qu'aucune de ces sectes n'a jamais reproché à l'Eglise romaine d'avoir introduit le dogme de la présence réelle? Comment se fait-il que toutes ont la même croyance sur cet article? Se sont-elles entendues avec l'Eglise romaine pour l'accepter? Cela est-il croyable?

Il est donc contraire à toutes les lumières de la raison, à toutes les rèjiles du bon sens et de la logique de croire que le dogme (le la présence réelle s'est introduit dans l'Eglise; il nous vient donc dts apôtres e» par conséquent de Jésus-Christ.

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