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QUELQUES NOTIONS SUR LES ANCIENS SACRIFICES

On a offert à Dieu des sacriGces dans tous les temps, depuis le commencement du monde, ainsi qu'on le voit par l'exemple d'Abel, (le Noé, d'Abraham, de Melchisédecli, d'I^aac, de lacob, do Job, de Jéliiro. Il existait, dès avant !e déluge, une.

distinction entre les animaux qu'on pouvait offrir et ceux qu'on ne pouvait pas; mais il ne paraît pas qu'il y eût d'époques fixes ni de cérémonies bien déterminées : tout cela va l'être. Outre la consécration des premiers nés et Timmolalion annuelle de l'agneau pascal en mémoire de la délivrance d'Egypte, il y aura le sacriûce perpétuel d'un agneau qui s'offrira tous les jours, matin et soir ; de plus, à diverses fêles et en diverses circonstances, des sacrifices d'adoration ou holocauste, où la victime sera totalement consumée, pour reconnaître plus expressément le souverain domaine de Dieu sur toutes les créatures ; des sacrifices de propitiation, ou pour ie péché, dans lesquels la victime sera consumée en partie, et en partie mangée par les prêtres; des sacrifices d'action de grâces et d'impétration, pour remercier Dieu des bienfaits accordés et lui en demander de nouveaux : sacrifices dans lesquels une partie est consumée, une autre attribuée aux prêtres, et une troisième, la plus grande, distribuée à ceux qui ont présenté la victime. Pour consumer ces sacrifices divers, il n'y aura qu'un feu unique, miraculeusement allumé du ciel et perpétuellement entretenu par les prêtres dans le sanctuaire.

Tous ces sacrifices visibles et matériels, offerts depuis l'origine des choses, en figuraient deux autres ; le sacrifice invisible et spirituel que l'iiomme doit faire de lui-même à Dieu, suivant ces paroles de saint Paul aux Romains : « Je vous conjure, mes frères, de rendre vos corps une victime vivante, sainte, agréable à Dieu^ comme votre culte agréable ou spirituel (Rom., XII, 1) ; » paroles par lesquelles saint Paul fait entendre aux chrétiens de Rome que si les Juifs ont offert à Dieu d'autrts victimes qu'eux-mêmes, des animaux mis à mort et privés de rai>^on, eux, au contraire, doivent lui offrir leurs propres corps comme une victime vivante, sainte, agréable et animée par l'esprit et la raison. Le second sacrifice que tiguraient tous les anciens est le sacrifice adorable que l'Homme-Dieu a olïert d'une manière sanglante sur la croix, H.t qu'il continue d'une manière non sanglante sur nos autels. Là s'accomplissent toutes les figures. Le Christ y c;t mis à

mort par la main de ses frères, comme Abel; il se laisse immoler volontairement à son Père, comme Isaac; il est immolé tout entier sur la croix , comme une victime d'holocauste, sans que personne participe à sa chair; il s'immoie dans le cénacle, comme l'agneau pascal, et distribue sa chair à ses disciples; il s'y oiïre sous les espèces du pain et du vin, comme Melchisédech; il s'offre tous les jours comme le sacrifice perpétuel. C'est le vrai sacrihce d'adoration , car il rend à Dieu une gloire aussi grande que Dieu. C'est le sacrifice de propiliation, car c'est par le mérite de ce divin sacrifice que sont effacés les péchés du monde. C'est le vrai sacrifice d'action de grâces ou d'Eucharistie , car le remercîment y égale le bienfait et le bienfaiteur. C'est le vrai sacrifice d'impétration, car le pontife et la victime qui y intercède pour nous est le Saint des saints, l'Agneau de Dieu^ Dieu lui-même. Tout ce que pouvaient les sacrifices figuratifs n'était qu^une ombre de ce sacrifice réel. Le feu perpétuel qui consumait les premiers annonçait le feu éternel de l'Esprit divin qui accomplit le second. (RonRBACIIER.)

Partout, chez tous les peuples, l'on offrait en sacrifice du pain, des gâteaux et des fruits de la terre. On faisait aussi des libations. C'était, comme nous l'avons remarqué, pour professer le dogme de la création du monde ou reconnaître le souverain domaine de Dieu sur l'homme. Mais partout aussi l'on a offert des victimes sanglantes, des taureaux et des gémisses, des boucs, des béliers et des agneaux, pour professer le dogme de la rédemption. Par là on reconnaissait que les péchés ne pouvaient Mrc remis que par l'effusion du sang. Cependant on crut avec raison que le sang des animaux ne pouvait racheter l'homme, et de là s'introduisit l'usage d'immoler des victimes humaines, et cet usage a fait le tour du monde. Quelquefois l'on préférait des voleurs et des brigands, ou des gens coupables de quehjue grand crime; on croyait que le sacrifice des grands pécheurs était plus agréable à la Divinité. Et cependant on sacrifiait aussi des innocents, des enfants (jui ne faisaient que de naître. Un historien très-renommé estime à vingt mille les victimes humaines qu'on im-

molait tous les ans dans le royaume mexicain , et un autre assure qu'on en offrait jusqu'à cinq mille en un seul jour.

Il y avait dans cette superstition abominable un fonds de yérité ; car il est bien vrai que le sacriûce des animaux ne saurait par lui-même apaiser la colère de Dieu et racheter rhomme. 11 fallait une victime plus précieuse, et cette victime devait être un homme, un homme qui fût tout à la fois coupable et innocent. N'était-ce pas la figure de ce qui devait s'accomplir en Jésus-Christ, l'innocence même, et qui s'est présenté devant son Père chargé de tous les péchés du monde ?

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