De r Idolâtrie
L'idolâtrie, ou le culte des idoles, idoli-latria y est une superstition qui rend à la créature un culte
de lalrie ou divin ^ car, parle mot idole ^ on entend communément toute chose qu^on honore comme Dieu, <|Qoiqu^eile ne le soit pas. ISous disons coftimunément^ parce qu'on donne souvent le nom dHdole dans un sens plus étendu, à des choses quon n'adore pas en eflet, mais parce que rattachement qu^on y a, est si fort qu^il semble qu^on y mette sa dernière fin, et fuon est censé en faire son Dieu : ainsi, Fardent estFidolede Favare; Fidole du voluptueux, c'est Fobjet de sa passion; les diguîiés et les honneurs sont les idoles de Fambitieux. Le terme d'idole , en ce qui con-« cerne la religion, se prend plus étroitement pour toute créature qu^on regarde comme une divinité, et qu'on adore comme telle.
Il est certain que Fidolàtrie est défendue par le droit naturel, et par le premier précepte du Dccalogue. JSon habehis Deos alienos coràrn me. La raison seule , et le sentiment que la nature a gravé dans nos cœurs, nous dirteut assez qu'on ne peut rendre à au— cime créature, Fliommage qui u^est dû quau Créateur. Or, il y a trois sortes d'idolâtries :1a parfaite, Fim-parfaite, et la simulée.
L'idolâtrie parfaite est celle des Païens , qui , nonseulement reudent aux idoles les honneurs divins, mais encore les regardent effectivement comme de vrais Dieux. Celte sorte d'idolâtrie est un très-grand péché, qui renferme encore le péché d'infidélité, parce qu'à moins que dVloufl'er toutes les lumières de la raison , on ne peut regarder une créature comme un Etre suprême, comme un Dieu Elle renfermeroit le péché d apostasie de la loi , si elle étoit pratiquée par mi Chrétien , lequel encourroit par le seul faU toutes Its peines décernées contre les hérétiques^ parce que le Baptême qu'il a reçu , le rend invariablement sujet de Fliglise.
2« L'idolânic imparfaite est celle où tomberoit quelqu'un qui, étant persuadé qu'il n'y a qu'un shuI \cai Dieu, seroit Lien cloigué de croire que les idples
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sont de véritables divinités ; et néanmoins , ptr mie étrange perversité de cœur^ rendroit des honneurs, divins à une idole, par haine et mépris formel da vrai Dieu, ou dans Tintention d^obtenir par ces honneurs quelque chose du démon. Il est aisé de voir que cette sorte d^idolâtrie est beaucoup plus criminelle que la première , parce qvLon y tombe avec plus de connoissauce et plus de malice. La qualification dVm« par/ aile ^ qui lui est attribuée, n'exprime pas le plus ou le moins de degré d^énormité, mais seulement quVlle n a pas tout ce qui constitue Tidolâtrie proprement dite. L'idolâtrie parfaite renferme la croyance, et le culte ^ l'imy:?r7r/izi/c ne renferme que le culte^ et c'est en ce sens qu'elle est imparfaite.
3^ L'idolâtrie simulée est uu culte de latrie extérieur rendu à une idole par la crainte de la mort^ ou par quelque autre molif Tbumain, sans que dans l'in-*. térieur on ait ni foi, ni amour, ni espérance ea. cette idole. Cette idolâtrie, quoique purement extérieure, ne laisse pas d'être un péché mortel^ parce que c'est un mensonge odieux, par lequel on viole le précepte qui oblige tous les fidèles de confesser^la foi au péril de leur vie; un mensonge injurieux à l'honneur qui est du à Dieu seul; un mensonge scandaleux , qui confirme les iufidèles dans leur fausse croyance, et qui peut induire des Chrétiens foihles à céder de même à la crainte du péril*