Difi Culte illégitime
La seconde espèce de superstidon a Dieu pour objet : on y tombe lorsqu'on rend au vrai Dieu un culte illégitime.
Ce culte est celui où le vrai Dieu est adoré^ mais d'une manière qui lui déplaît et qu'il défend, parce qu'on emploie pour Thouorer, des choses fausses^ ou des choses inutiles , qui ne sauroient en rien con* tribuer à sa gloire^ ainsi, il y a deux cultes illégiti^ mes , le faux et pernicieux , et le superflu.
Dieu est esprit et vérité^ disoit Jésus—Christ à
la Samaritaine ] il veut être adoré en esprit et en
. n)érité y c'est donc déshonorer cette vérité suprême^
et lui faire une injure atroce, que d'employer des
choses fausses pour lui rendre l'hommage qui lui est dû.
La fausseté du culte peut venir ou du côté des cérémonies qui expriment une chose fausse, ou du côté de la personne qui emploie des cérémonies Ié« gilimes. Le culte des Juifs, depuis l'avènement du Messie . est un culte faux de la première sorte , parce que l'aaoration qu'ils rendent à Dieu est composée de cérémonies qui expriment la foi au Messie qui doit venir ) tandis qu'il est déjà veniu Lie cuite seroit faux
Commandement. gt
delà seconde sorte ^ si par un dévotion mal entendue on célébroit la sainte Messe sans être prêtre^ sous pré-rtexle que le Sacrifice de la Messe est le culte le plus gnnd quW puisse rendre à Dieu ; ou si Ton se ser- Toit de prières bonnes et saintes en elles-mêmes , mais dans un temps ou d^une manière défendue par TEglise.
On tombe dans le péché du culte faux et peini-^ deox^ 1^ lorsqu^on honore ou qu^on expose à la véimtion, de fausses reliques; c'est faire tort à la religion que de confondre les fausses reliques avec les vraies ; aussi , le concile de Tiente a proscrit cet abus^ et a défendu d^exposer aucune relique avaut quelle ait été reconnue et approuvée de Tévêque d\i lieu.
Lorsque les curés trouvent des reliques faus.ses dau^ I^r église^ telles que du prétendu lait de û B. Y. Bitarie, etc., ou des reliques suspectes qui auroieiU échappé à la vigilance de leur évêque , ils doivent , saDS attendre une visite pastorale, les supprimer eux— mêmes secrètement.
a* On tombe dans ce péché , lorsqu^on publie de faux miracles, de fausses visions, de fausses révélations. 3^ Lorsqu'^on expose des images de faux Saints, ou si étant l'image d'un vrai Saint « elle représente des choses fausses et capables d^inauire les peuples à erreur. 4^ Lorsqu'on invoque et quon honore publiquement comme Saint, un homme mort en odem*
lier plus lorie raison « lorsquoa
honore comme Saint quelqu'un quon a tout lieu de croire ne fctre pas.
Le culte faux et pernicieux est péché mortel de sa nature, parce que c'est un mensonge en matière de religion, qui lui est par-là même très— injurieux et très— pernicieux : saint Thomas ( Quœst. c;3.) dit cependant qu'il peut devenir véniel, à raison de FigQorance.
gi t)u PHEMIER
Le culte qui n^est que superflu et înutiTe^ est eelWi qui n ayant rien de faux^ est néanmoins superstitieux^ en ce qu'on «e sert pour honorer Dieu , de choses qui sont contre Tordre et Finstitutioa de Dieu ou de rElglise, et contraires aux coutumes uniTersetlement reçues; ce qui fait que Dieu est plutôt déshonoré qulionoré. Lesignorans, et surtout les femmes^ tom-bent souvent dans ce péché; comme il a beaucoup^ de rapport avec la vaine observance^ nous ne répé-» tefons pas ce qui en a été dit.
On tombe dans ce péché, lorsqu'on ajoute^ oit qu\)n retranche j ou quW change quelque chose aux cérémonies prescrites par tes rubriques de la Messe.» de TofEce y de Tadministration des Sacremeus , quana même ce seroit par dévotion. Voyez ce que nous^ avons dit à ce sujet, dans le Traité du oacrificEfi tom. L
Les théologiens conviennent communément ^ que le culte superflu n^est péché mortel, i* que quand il renferme un pacte exprès ou tacite avec Te démon ç 2* lorsqu^il renferme un mépris formel des relies do^ FEglise; 3® lorsqu'il en résulte un scandale^ 4" lorsu'on fait un mélange odieux des choses saintes avee. es choses mauvaises par elles— mêmes, comme 'des^ cantiques spiritueb avec des chansons honteuses ^.^ ce qui arrive quelquefois à Noël 5 c^est ce que les^ théologiens appellent le culte honteux^ 5^ lorsquele changement des rubriques est considérable, on^ doit expliquer ces circonstances en confession.
Lorsque le culte superflu vient de grossièreté, dïgnorancc, <le simplicité, ou même de dévotioa^ là liV^il que péché vcnieL
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