Tome IK K
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1 . Lorsqu^on a jure de faire une chose maùvabe^ parce que le serment^ qui de sa nature est un acte de religion, n^a pu être établi pour être un lien d^iniquité , et pour déshonorer Dieu ^ c^est cependant ce qui arriveroit, si pour Taccomplir onétoit obligé de faire le mal auquel on a paru vouloir s^engager. Aussi trouve— t— on dans le droit cette règle : Non est ohligatorium contra bonos mores prœstitum juramentum. \jn pareil serment est un pèche ^ non-seu* lement on n^est pas obligé, mais ce seroit encore un autre péché de Faccomplir. Nous Favons déjà remarqué en disant qu^on doit jurer avec justice.
On ne peut donc pas dire que celui qui par serment se seroit engagé à faire un péché véniel, un mensonge oflicieux , par exemple , devroit plutôt faire ce péché et mentir, que de manquer à son serment j
Sour ne pas faire un parjure. Car, pour êtreparjure^ faut manquer à une promesse quon peot remplir , et dont Dieu , duquel on a interposé Fautorité , a été en quelque sorte rendu garant : or , on ne peut pas dire que Dieu soit garant de Hniquité , et qu^il in-^ ferposé son nom pour la confirmer. Il n^ a donc ^ue du mal à accomplir une telle promesse, et que du bien à aller contre.
Satis examiner ici les différentes raisons qui partagent les théologiens sur la question : Si celui qui juré de faire un péché véniel pèche mortellemenif tïous remarquerons seulement en passant^ qu^il y n bien de fimprudence et du danger dans ces sortes de juremens; et que pour les excuser de péché moi^ tel, il faut faire bien des précisions cru^on ne iait guère en pareil cas, surtout si on a rhabitude de jurer. Cest pour celte raison, que, quoiqu'il en soit du tond de la chose , un confesseur éclairé doit traiter les pénitens qui ont eu la témérité de faire da tels sermens, comme gens très-suspects d'une faute qui \' n'est pas légère.