‹ Instructions sur le rituel (volume 2)Chapitre 33 sur 90 · DU IV*^ COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

DU IV*^ COMMANDEMENT

1 DUS les devoirs de Fhomme à Fégard de son Dieu sjrant été fixés et déterminés par les trois préceptes contenus dans la première table de la loi, ses devoirs envers le procham lui furent prescrits dans la seconde table. Et con^me le père et la mère tiennent le premier rang, le devoir des enfans à leur égard est Tobjet du quatrième commandement, qui est le premier de cette seconde table.

Ce commandement est exprimé en ces termes : Honorez 'votre père et <voire mère , afin de vUre longtemps sur la terre que le Seigneur votre Dieu doit vous donner ( Exod. so. i^. ). Saint P«ul remarque que c^est le premier commandement auquel pieu ait attaché ime récompense, quod est Wiandaium primurn in promissione ( Ephes. 6. 2. ). Mais cette récompense n^est que pour ceux qui ho* nûrent leurs pères et mères en vue de Dieu , c'està-dire, qui considèrent Dieu dans leurs personnes , tt Qui rdpporirat à Dieu^ comme à leur uoique et

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véritable pcre, riiomieur quils rendent à ceux qui le représentent sur la terre, et auxquels il a coufié son autorité sur eux.

Le Juif u'^envisageoit dans cette promesse qu^une -vie longue et heureuse dans la terre de Chanaan; mais le Chrétien voit sous i'écorce de la lettre, une autre vie plus solide, plus heureuse, et dans un pays plus agréable que la terre promise. Il est ce--

{)endant vrai à la lettre, que Dieu récompense sur a terre ceux qui observent bien ce commandement, par une vie non— seulement longue, mais heureuse et remplie de bénédictions; les livres saints enfour* ubsent des exemples sans nombre; et si Ton voit mourir jeunes des personnes qui Fobservoient le plus exactement , il n^en laut pas conclure que Dieu n^est pas fidèle à sa promesse, mais plutôt que Dieu prétend les récompenser plus avantageusement par. une mort qui les délivre des maux de cette vie, ou qui les arrache aux dangers de se perdre par une vie plus longue.

Le saint apôtre nous apprend encore dans le même chapitre , que le mot père ne s^entend pas seulemeit de ceux de qui nous avons reçu la naissance, mais encore de tous ceux à qui Dieu a donné quelque autorité sur nous : tels que d abord nos pères et nos mères, ensuite nos pasteurs ecclésiastiques, nos souverains et nos magistrats politiques; les maîtres pour leurs élèves; et pour les serviteurs, ceux au service desquels ils se trouvent engagés. Toutes ces persondo ont des devoirs réciproques marqués par ce quatrièoM commandement.

Deç^oirs des Inférieurs envers leurs Supérieurs.

X^^HOMïEUH que Dieu ordonne aux enfans de rendre, à leurs pères et mères , renferme essentiellemeut ism

choseï

thoses qui sont autant de devoirs pour eux , savoir : famour, lobéissauce et Tassistance. Dieu s est servi du terme honorer , plutôt que de celui iTaiiner ou d^ craindre^ parce que celui iVhonorer renferme tout^ dit le Catéchisme du concile de Trente; eu eifet^ oa peut aimer quelqu un, sans le craindre et le respt^cter^ on peut le craindre sans Taimer; mais on ne peut rhonorer véritablemcut sans avoir pour lui des seutimens d amour, et sans craindre de lui déplaire; dou le Catéchisme conclut que Dieu, en commandant aux enfans dlionorer leurs pères et mères , a voulu leur apprendre, i® qu'ib doivent les aimer, et par conséquent les craindre d'une crainte filiale; ces deux choses étant tellement de Tessence de Thouneur qu'ils kur doivent, qu'elles en spnt inséparables. 2" Leur obéir , puisque ce seroit se moquer de dire qu^oa honore une personne qu^on n'écoute point, ou dont on. méprise les avis, ou dont ou se met peu ca peine ateécuter les ordres. 3^ Les assister dans leurs besoins spirituels et corporels, s'intéresser à ce qui leur est avantageux ou désavantageux , faire tous ses efforts pour leur procurer du bien et leur épargner le mal. Honorare quid sU^ dit ce Catéchisme P est de aliquo honorificè sentire , et qiiœ îllius sunù maximi putare omnia.

Premier devoir : famour envers les pères et les mères. Cet amour est naturel; cela est si certain qu^il est inutile dTen donner la preuve ; les Paiens mêmes ont reconnu cette vérité, et il n'y a aucuue nation qui ne regarde comme un monstre , un enfant qui manque à ce devoir. Mais cet amour en tant que naturel ^ n^a aucun mérite, parce que la grâce n'en est pas le principe. Or , lorsque Dieu en a lait un préctpte positif^ il a voulu le rendre méritoire , eu. obligeant les enfans à aimer leurs pères et mères, non— seulement par un mouvement de la, nature, mais par obéissance à Dieu qui Tordonne. L^amour des parens dirigé par ce motif de soumission à Tordre de Dieu, est uqi Tome IK ^

i42l Dtr QtrATÈitiffi

amour religieux , un acte de pieté , et par conséqneu un acte méritoire qui distingue les enfans chrétiebi d^âvec ceux qui ne le sont pas ^ ou qui n'aeissen pa^ comme tels dans Thonneur qu^ils rendent a leur jpères et mères.

Les confesseurs , les prédicateurs et les catéchiste Ae doivent pas négliger sur ce point ceux qu^s ins* truisent, grands ou petits; car^ outre que faute d'ins fruction la plupart n^aiment leurs pères et mères qw d'un amour naturel et sans mérite , ils les aimeroien plus solidement et plus afTectuensement slls éioien animés par un esprit de piété; les seniimens naturel d^amour s'éteignent par d'autres sentimens naturel! de haine que peuvent produire les déÊiuts et les mau* ^B\9es manières des pères et mères; a^u lieu que h piété ne sOuffie point d'exception; elle ordonne aui enfens Pamour de leurs pères et mères quels qu'ill Soient, bons ou méchans^ parfaits ou vicieux, bito* faisans on intraitables.

Par le mot en fans ^ on doit entendre ici quiconque a son père ou sa mère, k quelque âge qu'il soit pa^ Ténu, i quelque dignité qu'il soit élevé. Honores ^otre mère tous les jours de sa vie , disoit Tobiê à son fils f souuenez-^vous de ce qu^eUe a souffert^ et des grands dangers auxquels elle a été ex^ posée lorsqu'elle vous portoit dans son sein.

L'amour des enfans à l'égard des parens ne doit pas tellement être renfermé dans le cœur, qu^il ne $e manifeste au dehors dans les occasions, comme d'avoir toujours à leur égard un air honnête, des mihtiières polies et prévenantes, des paroles douces et respectueuses, des attentions et des complaisances ^ prenant intérêt à leurs joies et à leurs déplaisirs*

Il ny a qu'une seule occasion où non— sealemem il eit [>ermis, mais encore ordonné aux enfans de hatir leurs parens, c'est lorsqu'ils sont pour eux nA obstacle au salut. Mais cette haine, dit &L Bos$iiet| ne toiâbe pas directement sur les pai^ens , mais seiH-

COHMillDEMEirT. ^^3

iement sur Tobstade qu^ils mettent au salut; Dieu étant le premier, et à proprement parier le seul père de tous, il faut Faimer plus que toutes choses , et par conséquent résister aux parens lorsqu'ils veulent détourner de cet amour souverain qui n^est du qu^à bi seuL

Second devoir : l'obéissance aux pères et mères. Celui— ci est une suite du précédent; il consiste à ieor obéir comme a des supérieurs et à des maîtres taxquels de droit divin il appartient de commander ^ puisqu'ils tiennent la place de Dieu , et qu'ils cxer-« cent son autorité.

Dieu ordonne dans la loi , les peines les plus ri-* goureuses contre les enfans désobéissans. Si Un homme a un fils rebeUe et insolent^ est— il dit dans le Deu— téronome (31. i;. 18—21.), qui ne se rende cas commandement ni de son père^ ni de sa mère^ et qui ayant été repris , refuse a%^ec mépris de leur obéàr ^ Us te prendront et le mèneront awjc anciens de la ville ^ et à la porte où se rendent les ju^ gemensi ^^ '^ '^w diront : f^oici notre fils qui t$t un rebelle et un insolent ; il méprise et refuse^

d^écouter nos remontrances jilors le peupla

de cette ville le lapidera / il sera puni de m%rt^ ûfin que vous étiez le mal du milieu de vous , et que tout Israël^ à cet exemple , soit saisi de crainte.

Quoique cette loi ne soit plus en vigueur quant k la peine qu'elle décerne, elle subsiste tout entière à regard de l'obligation d'obéir. Les saints patriarches^ Isaac, Jacob, Joseph et les autres, avoient pour leurs pères une soumission qui doit servir de modèle aux enlans chrétiens. Jésus-^Christ lui— même obéissoit à k sainte Vierge sa mère, et à saint Joseph qui lui leqoit lieu de père; c'est même la seule chose que PEvangile nous apprend de sa vie cachée* jEt erat subditus illis. En/ans , dit l'apôtre saint Paul ( Co— &>$$• 3. 20. )i obéissez en toutes choses a vos

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pères et à vos mères ^ car cela est agréable- au Seigneur. Et ce n'est pas seulement pendant l'enfance qu'on doit leur obéir ^ mais dans tout le temps de leur \ie, et même après leur mort, en exécutant avec respect leurs dernières volontés.

Ce que dit saint Paul aux enfans ^ qu ils doivent obéir à leurs pères et à leurs mère^ en tontes choses j demande explication. L'autorité paternelle étant subordonnée à celle de Dieu, il faut que les enfhns aient toujours devant les yeux cette maxime de saint Pi«rre et des autres apôtres, il vaut mieux obéir à Dieu qiHaua: hommes ; et par conséquent ils doivent obéir en toutes choses qui ne sont point opposées à la loi de Dieu ; mais ils doivent aussi ne point obéir lorsque les choses que leur comman— » dent leurs pères et leurs mères ^ sont contraires à la loi de Dieu. Cest le seul cas, selon saint Augustin, dans lequel les enfans sont dispensés de Tobligation due à leurs pères et mères. Dans tous les autres las | Je devoir les oblige de les écouter comme Dieu mêœe^ puisque c'est Dieu qui leur ordonne Tobéissance. In ed re sold filius non débet obedire patri suo^ si ûliquid pater ipsius jusserit contra Dominum Deum ipsius. ISequ^ enim débet irasci pater quando ei prœponitur Deus. Ubi autem hoc jubet paier quod contra Deùmnonsit^ sic audienaus est quo* « modo Deus^ quia obedire patri jussit Deus^S, Aug* enarr. in PsaL 70. serm. !.)•

Ainsi, lorsque le devoir est clairement marqué dans la loi de Dieu, les ordres injustes et contraires à cette loi ne doivent point être exécutés. Jésu»- Christ a daigné nous instruire sur ce point d^untf manière si précise que nous ne pouvons nous y mé*^ prendre. N'ayant que douze ans il demeura & Jà-u-^ salem à l'insu de la sainte Vierge et de saint Joseph; et lorsquHIs lui en firent des plaintes , il leur réponoit ^ Pourquoi me cherchiez—vous F Ne saviez— vous pas du! il faut que je sois occupé à ce qui concerna^

(ïdtoHÂifBEMEiiT. a 45

k service de mon père ?, Comme s'il eut voulu leur dire : ce Je me suis rendu exact à vous prévenir , tr et à vous rendre compte de toutes mes démarches tr jusqu^à présent^ mais la gloire de mou pèi*e r)e— t: mandait mon séjour à Jérusalem^ je Tai fait à votre tr insu et sans votre agrément^ parce que quand mon (r père commande, je ne connois pomt d^autre autr torité ^ vous n^igiioriez pas quelle est ma desdua« «f tion, vous connoissiez ma soumission à vos ordres ^ ir de ces deux connoissances vous deviez conclure tf que dès que je m'étois arrêté sans vetre partici— <r palioo^ il fàlloit que des ordres supérieurs m'eus— (f sent détenu dans cette ville. j< Aux noces de Gaua, il parla durement en apparence à sa saiute mère qui le pressoit de faire un miracle : Femme ^ lui dit-il, qay a-^t-^il de commun entre vous et moi? Il rappelle femme ^ et non pas ma mcre^ parce quun mb-acle étant un effet de la toute-^puissance de Dieu , il ne sauroit être du ressort de fciutorilé maternelle; rafleclion même d^uu tils pour sa mère , ne doit pas être un motif suflisant pour des opérations toutes surua-^ turelles» 11 voulut par— là insti uire ceux qui dans la suite dévoient être les dépositaires de son autorité, et leur apprendre à ne se conduire dans leur ministère, ni par la soumission, ni par raHection enversr leurs pères et mères, mais à n'avoir d'autre règle ni d'autre motif que la volonté de Dieu seul.

Dans ce cas unique où les enfans peuvent et doivent résister à leurs pères et mères pour obéir à Dieu, ils doivent cependant le faire avec tous les méuagemens et les égards possibles, en leur témoignant un profond respect, et une disposition sincère de leur obéir en tout le reste. .

L'obéissance que ce quatrième commandement exige des enfans à l'égard de leurs pères et mères, nest pas une simple exécution extérieure des ordres qu'ils reçoivent; elle doit avoir des qualités qui la rendent «lurétienue, méritoiie et véritable* Obéii* parce qu^oa

d^S Du QùÂTnitMê

craint la pnohion, cVst obéir en esdave; oIm

Î tarée que la chose commandëe plaît ^ et qu'on eroit iDdëpendamment du commandement ^'n^est p obéissance ^ mais amour propre ; obéir pour faire coor à son père ou à sa mère, dans riuteiitii d^obtenir une prédilection , c'est intérêt, ambidoi jalousie^ obéir en murmurant, ou avec un secret dépi c'est réAister intérieurement à Fautorité, tandis qui s^y soumet en apparence. Pour obéir vérhablemen il faut exécuter promptement et avec joie les ordr qu^on reçoit. Pour obéir chrétiennement, il faut rc garder Dieu dans la personne de son père et < sa mère, et leur obéir non— seulement par un sei] timent naturel, mais comme obéissant a Dieu lu mcme qui le commande.

Le péché de désobéissance peut être mortel i véniel; et dans l'une et Tantre espèce, il peut êl plus ou moins grand , suivant qu il y a plus ou moi de résistance, d'opiniâtreté, de mépris; suivant en coï^e que Tordre est de plus ou moins grande coi] séquence.

Troisième devoir : Fassistance due aux pères mères par leurs enfans. C'est celui— ci que Dieu eu principalement en vue lorsqu'il a ordonné ai enfans d nonorer leurs pères et mères ; car dans style de TEcriture, honorer se prend queiquefi pour assister. Saint Paul ordonnant d^assister pi particulièrement les veuves qui sont véritaUeme telles, se sert de ce terme : honora viduas (i. 7Ë 5 V a. ). Dans le même chapitre il se sert encore < terme honneur , pour marquer l'assistance ou la n tribu tion qu'il veut être donnée à ceux d^entre I prêtres qui remplissent le mieux leurs fonctions. Q ^ henè prœsunt preshyieri^ duplici honore digni n beaninr. C'est dans le même sens que Jésus— Chri reproche aux Pharisiens qu'ils transgressent le coa mandement de Dieu pour suivre leur tradition. Cel tradition portoit qu'en iaiaant à Dieu des offrande

CoVMAVDEllESr. ^4?

m assistoit asseï son père et sa mère^ p^ce que

ces offrandes leur étoient méritoires devaut Dieu^

tandis que le commandement de Uieu i)ortoit ex-^

pressëment d'assister ^ ou ce qui e;»t le mwàfi chose ,

cTbonorer son père et sa mère.

Les enfàns doivent à leurs pèies et mères une double assistance par rapport aux deux sortes de besoins qulls peuvent avoir ^ c'est— à— dire , fiissis— tance spijiuielle et lassistauçe corporelle, i^ Ils leur doivent Fassistance spirituelle. Quelle conspiatiou pour un enfant si ses parens étant plongés dans le vice^ il parvient à les en retii-er , ou à les instruire des de\ oirs de la religion qu^ils ignorent ! Puisque chacun de nous est chaigé du salut de son prochaîp : f//iicuique mandavit Deus de projcimo suo^ puisque TEvangile nous ordonne de faire du bien à nus eu— nemis mêmes, et de leur procurer autant qu'il est en nous , les secours dont ils ont besoin pour con— noitre Dieii et Jésus— Christ, et pour e^itrer dans la \oie qui conduit à la vie^ à coiubi^u plus ibrte raison est— on obligé de rendre cet important service à ses pères et mèies, lorsque Diel^ en fournit les occasions et les moyens. Lorsqu'ils sont dangereusement malades , leurs eufans ne doivent rien omettre pour les engager à se confesser et à recevoir les autres Sacremens^ bien loin d^écouter cette fausso timidité et cette injuste tendresse qui cherche à leur cacher le danger pour ne pas les effrayer, et le3 met souvent dbns fimpuissauce de recevoir les plua importans de tous les secours.

Quant à fassistance corporelle, les enfans ne peu<vent, sous quelque prétexte que ce soit, se dis[>euser de procurer à leurs pères et mères b nourriture et Fentretien dont ils ont besoin, soit qu'ils jouissent des biens dont leurs parens se sont dépouillés en leur faveur, soit que n^ayant rien reçu d'eux, ils soient devenus riches aailleurs. Dans le premier cas, la

xeconiUMSsance et féquité parlent en laveur des pa--»

^48 Du QTJATRIÈMB

reDs; et le refus de se rendre à ces deux voix puissanies^ seroit ingratitude^ injustice et cruauté. Dans ia seconde supposition ^ la tendresse, la pitié , la nature même dictent assez que les enfans ayant reçu de leurs parens les plus essentiels de tous les biens, qni sont la vie et réclu(*alion 9 il V auroit de Finlamie à leur refuser une portion des biens qu^on a acquis et qui peut-^tre sont le Iruit des soins que leurs parens ont pris de les bien élever. Saint Àmbroise 5^^xplique là— dessus avec une énergie bien propre À remuer les entrailles des en&ns. En ^^ici un morf:v!M\ tiré dn livre 8 sur saint hue* O fiU^ quantum tihi sumis judicium si non pascas parenlem! iUi debes quod habes^ cui debes quod es. Si pai^eris vtairem , adhuc non reddidisti dolores^ non red^ didisti cruciatus quos pro te passa est ; non red* didisii obsequia quibus te il/a gestavil ; non red^ dulisti alimenta quœ tribuii tenero pietatis affectu^ immidirens labiis tuis ubera ; non reddidisti for^ mem quant pro te illa tolérant^ ne quid qued tibi noxium esset ederet , ne quid quod iacti no* cet et hanriret.

(je que nous venons de dire des enfans par rapport à 1^111*5 pères et mères, doit s'entendre de tous ceux qni en tiennent lieu^ comme les tuteurs, eu— riHenrs, et autres proches parens qui veillent à F^ duration et au {^ouvernemeul des biens des enfans^ 'les parrains et marraines qni veillent à l^ur éducation S{>irituelle : ces personnes méritent le même respect que les pères et mères, puisqu'ils en font les fonctions et rendent aux enlans les mêmes services. Ceux— ci par conséquent contractent a leur égard les mêmes dévoilas d amitié et de recQunoissance.

En vertu du quatrième commandement, les inftrieurs doivent aussi le respect et Tobéissance à leurs supérieurs, soit ecclésiastiques , soit civils.

Par supérieurs ecclésiastiques, on entend principalement les pasteurs du premier et du second oïd/e,

GOMMAIIDBMKICT. a^Q

qui ont reçu de Jésus— Christ la puissance et rau-torité pour conduire les fidèles dans Fordre spirituel. Par supérieurs civils, on entend les souverains, et ceux qui gouvernent sous leur . autorité dans Tordre politique, ^ar rapport à tous leurs sujets; les seigneurs^ par rapport à leurs vassaux; l'es ofHciers de police, par rapport aux habitans d^une ville ou fune teire.

Qu^on doive le respect et la soumission aux supépérieurs ecclésiastiques , rela est hors de ilonte : indépen- (iaoQment des tén)oigua(fe.s de écriture, qu^il seroit trop loDg de rapporter, la raison dicte que les pasteurs étant , par rapport aux fidèles commis à leurs ^oins , les priucipes de la régénération et de leducation spirituelle, .comme le père et la mère sont les principes de la génération et de l'éducation naturelle par rapport à leurs enfans, il doit y avoir au moins une égalité (ie respect et de soumission.

. A regard des supérieurs dans Tordre politique, on leur doit, i^ le respect; il ne faut qu'écouter les apôtres failli Pierre et saint PauL Honorez le roi , dit saint Pierre , regem honorijicate. Si on demande la raison, saint Paul la rend ^ cest, dit— il ( liom. l'i. 4- )^p^rce (ju^il est ministre de Dieu^ et établi de Dieu pour gouverner les peuples. Ce nest pas sans cause que k prince porte tépée^ car il est le ministre de Dieu. ^" On leur doit Tobéissance, quand ils ne commandent rien de contraire à la loi de Dieu. Soyez soumis pour famourde Dieu^ dit saint Pierre ( i. Ep. c. 2. i3. ), au roi comme souverain^ aux gouver^ neurs comme envoyés de sa part pour punir les malfaiteurs ^ et traiter J'avorablement ceux qui font bien* Saint Paul ordonne à son disciple Tile, d'a^ vntir (Ceux qui sont sous sa conduite , détre soumis aux princes et aux magistrats ^ de leur rendre obéissance , et d'être prêts à faire toutes sortes de bonnes œuvres. Ce n''est pas seulement par craiule et pour éviter le châtiment qu'il faut ieui*

a5ô Du QUATRIÈW

obéir ^ dit If même apôtre^ mais r ncore para! que c^esf un deroir de conscience : Ideo neoessitMe suhdiii est oie ^ non soliim pr opter iram ^ sed eliam propter conscieniiam ( Rom. 1 3. 5. )• Kt il nHmporle que les souverains ou ceux qui commandent soient infidèles, hérétiques, schismatiques, déréglés dans leur conduite; leurs erreurs ou leurs crimes ne diminuent lien de leur autorité, et par conséquent ne peuvent en aucun cas dispenser les sujets de la fidélité et de la soumission quils leur doivent.

La famille de Jacob, captive en Egypte, obéissoit aux ordres de Pharaon, prince idolâtre et persécu* leur. Parmi les rois qui gouvernèrent le peuple juii^ plusieurs étoient corrompus dans leurs mœurs et mémo coupables d^dolàlrie; et cependant les prophètes, et ceux qui demeuroient fidèles à la loi de Dieu, no cessèrent point de leur obéir dans tout ce qui cou— ceriioii Tordre public et la police générale. Ils ne leur refusèrent fobéissance que quand ils voulurent les contraindre à adorer les faussés divinités. Pendant la captivité, ils furent parfaitement soumis aux princes de la Chaldée, et aux gouverneurs qui représentoient ces princes idolâtres.

Marie et Joseph ne cj'urent pas être exempts de la loi qui obligeuit à se faire enregistrer dans le liea de son origine, sous prétexte que fempereur Auguste^ qui avoit fait cette loi, étoit Païen. Jésus— Christ luimême ^ tout souverain maître qu'il étoit , a confirmé cette doctrine, soit par ses exemples, en se conformant toujours aux lois établies, sans les enfreindre dans aucune occasion, soit par ses paroles, eu die^ clarant expressément qu^on doit rendre à César ce qui est à César. Ces paroles , selon la remarqn». d'un grand prélat ( Bossuet^Def. DecL Cler. GaUic.\ renferment un ordre précis d'obéir à César, quoî-^ qu'il fut infidèle.

Dans le temps même où les apôtres donnoient ani Ëhréiteus Tordre d'obéir aux princes ^ îiérou, ce

GOVIVIÀIID EKf KVT. sS'l

m dlmpudicit^ , d'impiété et de barbarie, occupoit rnnpire \ et c^étoit à lui qu^iis voiiloient que les fidèles fussent' soumis ; il ny a donc point de raisons qiii puissent les soustraire k leur autorité.

En censécnience de cette doctrine, qui est celle des livres saints, de la tradition, deTE^^lise^ et eu particulier du clergé de France, les curés, vicaires, confesseurs , doivent veiller à ce que les fidèles con> mis à leur soin, aient pour les souverains, et à proportion pour ceux qui les gouvernent de leur part, le respect, Tamour, la fidélité et la soumission^ qu'ils n'en parlent qu avec respect ^ qu'ils s'intéressent à leur bonheur; quHIs prient le Seigneur avec zèle, pour leur ronservation et pour leur prospérité temporelle et ipirituelle; qu'ils exécutent ponctuellement et sans murmure leurs ordres, quelque durs et pénibles qu'ils paissent être; qu% paient avec fidélité et sans contrainte les tributs et les subsides qu'ils leur doivent, fdon la doctrine de Jésus-Christ et des apôtres; qu'ils nnamineitt point la conduite personnelle, ni 1 administration publique de ceux qui ne sont comptables (pi'à Dieu de l'une et de lautre; et enfin, qu'ils se louvieunent qu'il ne peut y avoir aucun motif, ni aucune puissance sur la terre qui les dispense de la fidélité et de l'obéissance qu'ils leur doivent; si ce n'est k cas unique où Ic^s souverains oi*donneroient quelque chpse de contraire h la loi divine, parce que les prinees tenant leur autorité des mains de Dieu, cette ntorité doit être subordonnée à la sienne.

Les serviteurs doivent à leurs maîtres , le respect, f(d>éissance , la fidélité et le service.

1* Le respect. Que tes serviteurs ^ dit l'apôtre ( 1 . Tim. 6. I . ) , regardent leurs maîtres comme dignes de tout honneur : ainsi, ils pèchent contre ce commandement, lorsqu'ils racontent les défauts ca— diés de leurs maîtres , lorsqu'ils les exagèrent de malucre à détourner les autres d'entrer à leur service; lorsqu'ils se moquent entre eux de leturs maîtres , et

!^52 Dit quatrième

les tournent en ridicule. Ces cas $ont fréquent ^ et b parole de Jésus-^Christ se vérifie très— souvent, due les eDDemis les plus dangiïreux sAut ceux que um a dans sa maison : Inimici hominis^ domestid ejus. 2* L obéissance. Sen^Ueurs 4^ dit encore le mènie apôtre ( Jiphes. 6. 5. ) , obéissez à vos maâres iem-^ porc.ls^ et nonseulemerU à ceux qui sont doux et trait fibles , ajoute saint Pierre , mais même à ceux qui sont durs et difficiles. Ainsi, ceux-là pèchent contre Toiiéissance , qui se répandent en murmurei lorsqu^on leur commande quelque chose ^ qui feignent d^avoir obéi lorsquHl n^en est rien ^ qui ont un mensonge toujours prêt pour s^excuser lorsquW les re- - Erend. Quant aux ordres qui seroient contraires à la >i de Dieu, ils doivent être exceptés de Tobligation où sont les serviteurs d^obéir k leurs maîtres.

3^ Le service raisonnable, cr Que les servlteurii vr dit saint Paul aux Colossiens (c. 3. 22.), servent ce leurs maîtres avec exactitude , soit qu'on ail les yeux (c sur eux, ou non, parce qu^ils ne doivent pas s^ea cr tenir à plaire aux hommes; mais comme des ser— ff viteurs de Jésus— Christ , ils doivent, en servant tr leurs mailres, iravoir d autre vue que de faire la €f volonté de Dieu, j* Op, cette volonté de Dieu est ■■ que ceux a qui Ton paie un gage pour servir, soieal actifs et laborieux , et non paresseux et oisifs. Ainsî| •< les domestiques pèchent lorsqu'ils perdent du tempSi * soit par plaisir, soit par oisiveté \ lorsquils se font suppléer par d'autres à finsu des maîtres et à leurs dépens; lorsqu'ils font leur service avec indolence et lâcheté, parce qu'on n'a pas les yeux sur euxj lors- " que par leur paresse ils font fâcher leurs maîtres. 4^ La fidélité. Exhortez les serviteurs^ dit Tapotro

(lit. 2. 10. ), â ne détourner rien du bien de leur maître^ mais à montrer en tout une exacte fidi^ lité. Les domestiques étant en quelque sorte les dëf positiiires des biens de leurs maîtres, la moindre in*:

iidcliié seroit un vioiemeut de la bonne loi , et w '

CcmVAVDEMeiVT. !|53

bé plus considérable que tout autre voh Aussi les civiles punissent plus rigoureusement les moindres s domestimes que les vols faits par des étrangers. Lies domestiques pèchent lorsqu'ils n'ont pas un soin ivenable des choses qui leur sont coutiées ; lors— ib les laissent gâter , perdre , voler par aautres oestiqoes ou par des étrangers ; lorsque peu cons du gage convenu , ils tbnt une compensation ea * nant secrètement quelque chose^ lorsquils se paient leurs mains ^ quand même ils ne preudroient que dont on est convenu; lorsqu'ils volent des vivres ^^ I grains et choses pareilles , quand même ce seroift ir les enfans ou pour le bétail de leurs maîtres; iqn'ils boivent et mangent les choses que les maîtres sont réservées ; lorsqu'ils font manger et boire des mgers contre la volonté ou du moins sans la par* palion de leurs maîtres; lorsqu'ils donnent l'aune du bien de leurs maîtres sans leur consente-» nt, parce qu'ils n'ont pas droit de disposer d'ua Q qui ne leur appartient pas.

n^oirs des Supérieurs envers leurs Inférieurs^

m$ pères et mères doivent à leurs enfans deux >ses en général , qui renferment toutes leurs obliions^ savoir : i. le soin temporel; 2. l'éducatioa ■etienne ou le soin spirituel.

Premier devoir : le soin temporel , qui comprend iz choses ; le soin d'éloigner tout ce qui peut leur e nuisible, et le soin de leur procurer tout ce qui nécessaire à la vie.

1* Le soin d'écarter le mal de leurs enfans est lement un devoir pour les pères et mères, que la ture, et les lois civiles et canoniques concourent semble pour le leur enjoindre. La nature en eifet M qu^oiè doit coq^vv l^i vie à ceux à qui on l'a

a54 Du QUATRiiiie

donnée ; aussi , voit--on que les bêtes kf plus féroces DouriLssent avec soin leurs petits et les defendeut de toutes leurs forces contre les hommes ou les animaux qui veulent leur nuire. Le droit civil impose cette obligation aux pères et mères ^ aiasi qu'on peut le voir dans le corps du droit ( Leg. i* a ef 3. CoJL de alendis liberis). Le droit canonique s'explique min6\^( Cap. i4- Dist, 3o. ) : Si quis dereliquerit proprios Jilios et non eos aluerit . • • • sed sub oocasione coniinentiœ negligendos putauerii^ ana^ thema sU.

Ainsi ^ les pères et mères pèchent grièvement, i. lors* qu'ils ne prrnnent pas des précautions autant qu^ est morali*ment possible pour éviter qu'il n arrive qudque mal à leurs enfans , surtout lorsqu'ils sont petits; par exemple , lorsqu'ils n'empêchent pas , le pouvant avec un pieu de soin, que leurs enfâus ne deviennent louches , boiteux , ou qu'ils ne contractent qudque autre difformité^ qu'ils ne tombent dans le fèa ou dans l'eau; lorsqu'ils les exposent à être étoufféi en les faisant coucher avec eux, même pendant la première année , ee qui est cas réser%'é en plusieurs diocèses. C'est encore un plus graud péché pour les mères qui, pendant leur grossesse, fotit toutes sortes d'imprudences, comme de courir, sauter, danser,, travailler de force, manger des choses nuisibles, au grand risque de perdre leur fruit pour le temps et pour l'éternité. C est un graud péché de même pour le père qui^ par une cruauté également funeste i la mère et à lenfant qu'elle porte, la tourmente, la chagrine, la frappe^ etc.

a^ L'obligation d entretenir leurs enfans des choses nécessaires a la \ie, n'est pas un moindre devoir pour les pères et mèies; ainsi ^ ils péclient grièvement, s'ils refusent à leurs enfans le logement, h: nourriture , Thabillement convenable à leur état , les remè<les dans la maladie, des frais funéraires déceo» après leur mort, ainsi que des prières pour le reposa

CoMlIfAllDKMElIT. a55

de leur Ame; toutes ces obligations supposent que

les enfàns n'ont pas d^ailleurs de quoi se plisser dVux.

Ils pèchent encore lorsqu'ils n^ont pas soin de pour-

Toir à Taveiiir^ eu leur apprenant ou faisant apprendre

mie profession ^ ou en travaillant à leur laisser du

Uen. QuHs prennent garde cependant qu^en voulant

templir celte dernière ooligation , ils ne tombent dans

injustice, on dans Tavarice; car il n'est pas permis

d'enrichir ses enfans aux dépens d^autrui par clés ra—

mnes, ni aux dépens des pauvres par le refus de

laumône.

Ils pèchent très— grièvement ^ si^ sans une nécessite vraiment urgente ^ et seulement pour éviter la dépense, ils exposent leurs enfans même illégitimes, anx portes des hôpitaux pour sVn débarasser : ils Mit alors obUgés à restitution envers les hôpitaux.

Us pèchent lorsqu'ils empêchent leurs tilles de se marier par le refus d'une aot convenable; lorsqu'ils refusent à leurs enfims de Fun et de l'autre sexe, la dot nécessaire pour feutrée en religion ou pour vivre dans rètat ecclésiastique , quoiqu'ils en aient les moyens.

Cest encore un péché très— grief , si , après la mort d^un des deux, celui qui reste fait de faux inventaires dans Fintention de se remarier, et de favoriser la nouvelle épouse ou le nouvel époux , et les enfans qui en viendront, au préjudice de la légitime due lux enfans du premier mariage.

Les pères et mères pèchent lorsque par une piété liai entendue ils font tant de fondations qu'ils sont hors dfétat de pourvoir à la décence de l'état présent et t venir de leurs enfans.

Uohligation des pères et mères d'avoir soin de leurs enfans, comprend même les femmes de leurs cnfàns^ parce que le père et la mère qui ont marié leur enfant doivent l'aider à remplir son obligation de nourrir et entretenir sa femme ; et si le fils est lors d^ètat de le faire, le père et la mère en sont chargés, suUant qu'il est en leur pouvoir.

a56 Du QUATRIÈME

Srcond devoir : le soin spirituel ovt Yéôucz^on chrétienne. Telle est la fin que Jésus— Christ sW proposée en élevant le mariage à la dignité de Sacrement. Dans sa première institution « le mariage fut destiné à la multiplication de Tespèce humaine ^ et à être le nœud de la société^ dan3 sa secpjade institution, il a été destmé à peupler le Ciel, et à entretenir et perpétuer sur la terre un£ société de saints, c'est— à— dire , de Chrétiens^ or, comment une fin si noble auroit— elle son eftèt, si les pères et mères nétoient pas obligés, en vertu du Sacrement qii'ils ont reçu, de former leurs enfans au christianisme, et jde les mettre dans le chemin qui conduit au Cielf Aussi Tapôtre ne craint pas d'avancer (i. 7ïmoih.5» 8. ) que quiconque n^a pas soin des siens , est censé avoir renoncé à la foi, et qifil est pire qu^un in6déie. Si auis siwrum , înaa.imè domesticorum , curam non habet^ fidem negaçit^ ci est mfideli deterior.lXesX* ce pas en effet renoncer à la foi , que de la mépriser, ou de la icgarder comme une chose indifférente? Et y a— t— il mépris ou indifférence plus Bwrquée que de refuser d^y élever ceux à qui on a doDiié ' la vie i" CVst aussi être pire quùun iujidcle ,. puisque .' les Païens u^ont rien plos à cœur que de transmettre > à leurs enfans la religion de leurs pères , toute fausse quelle est.

1^ Ce soin spirituel exige des pères et mères, kl ^ obligations suivantes : faire baptiser leurs enfans aa ' plutôt, pour ne pas les laisser exposés à la mort sans ^ avoir été rrgéuéies en Jésus— Christ; leur apprendre *• de très— bonne heure fOraison dominicale, la Salii- ' tation angélique, et le Symbole des apôtres; les leur expliquer stlon leur portée, de manière que peu ï ' peu ils compienueut en substance ce qu^ils ciisent) et qu'ils soient en état de les répéter, non comme des mstrumens qui ne rendent que des sons» mais comme des personnes qui s(^ tbiment au culte de Dieu ; leur . apprendre k connoitre Dieu , dès qu'ils

commencent

CoMMANtoEMEKT. afif-J

amencent à avoir du sentiment, et les fornoer iusibienient à aimer celui qui est leur premier pi iu-* e et leur dernière fin , eu leur en faisant pio^ re des actes ^ leur taire apprendre le (>areVIiisme , les envoyer encore assidûment à ceux quon lait I paroisse; les accoutumer à aller à lV<^lise^ et veilà ce qu'ils s^ tiennent avec respect et attention } faire confessep de temps en temps , leur donner goût pour la vertu, et leur inspirer de Thorreur ir le vice; les exhorter, lorsqu'ils sont un peu plus mcés • en âge, à mépriser les biens , les honneurs les plaisirs du siècle; leur en faire sentir le néant la vanité; profiter même pour cela des exemples rse présentent fréquemment : rien ne donne tant poids aux paroles, rien ne frappe tant un jeune ur que li:s exemples dont il cbt le témoin , lors— on s'en sert pour le détourner du mal et pour le rter au bien.

i^ Ce soin oblige les pères et mères à instruire rs enfans par eux— mêmes , quoiqu'on ne puisse pas idamner ceux qui confient ce soin à d'autres^ ils Ment cependant coupables s'ils le conlioieut au ard et sans choix, s'il s'en déchafi^eoient t^lle— Ht qu'ils ueussent pas de temps en temps r<iei' et les enfans, et sur ceux qui les élèvent. Li^s (^ercsmètes doivent être les premiers précepteurs de •s enfans; saint Augustin les appelle /e^ évéques leurs maisonSy ils ont reçu au Sacrement de riage une grâce d'état qui donne à leurs avis plus Uorité, plus de force et plus de succès que ntu, . communément ceux des étrangers, dont pour dinaire Fintérêt est le seul mobile.

y Ce soin oblige les pères et mères à corriger rs enfans : c'est les hair, dit le Sage , que d epar— cr les chàtimens : Qui pareil virgœ^ odit Jilium ?rwerb. i3. 24* )• ^^ "'^^^ P^s que les punitions, rporelles soient un moyen de donner du* goiit ppiii: vertu , puisqu^au contraire rien ne la rend si duré Tome Ir. R '^

a5$ fiu ÇtTAfRlÉRfË

et si odieuse; mais cVst qiiil nest pas possible Se faire aimer la vertu sans avoir détrait les vices qui y sont opposés : or , il va des caractères si pofles au mal que les avis réitères ne sont pas capd>Ie8 de les arrêter , et auxquels les çhàtimens deviennent indispensables. Les pères et mèrts ^ pour ne pas se tromper sur ce point, doivent également éviter la trop grande iuduigeuce^ et la trop grande sévérité. La première rend les enfans vicieux, la seconde lefl rend stupides ou furieux. Ainsi , ils doivent toujours avoir devant les veux ces deux choses pour garder un Juste milieu. La punition du grand— prêtre Héli^ qui avoit repris ses enfans, mais qui ne les avoir pas corrigés , est un exemple frappant peur les pères et mères trop indulgeus : la correction , dit saint Jérôme, ne consiste pas seulement à reprendre lesfau' tes , mais à les détruire. JHeli corripuii filios et pUr nitus est^ quia non corripere solnm , sed abjicere debuit. D'un autre côté , ils doivent se souvenir de Tavis que leur donne Tapôtre (Coloss. 3. ai.), de ne pas provoquer à la colère leurs enfans par une sévérité outrée, de crainte de les décourager. Patres^ nolitc ad indignationem provocare JiHos vestroSj' ut non pusillo animo fiant. Les enfans , tout enfauf qu'ils sont , savent très— bien se rendre justice : si on jie les punit que lorsque le cas y est, si le châti- > xnent est proportionne à la faute , si la punition est ^ infligée sans passion, et surtout si tous les coumk bles sont punis sans prédilection, ils ne s^irritent pomtf ^ quoiqu'ils soient sensibles à la peine, et le châtimeDl ^ a tout reflet qu^on a dû avoir en vue. ■ ' m

11 ne sufKt pas aux pères et mères de ch&tier etde ^ «Corriger les enfans lorsquHls ont fait des fautes^ ib ^ doivent les prévenir , en empêchant que leurs eu(VBl fréquentent de mauvaises compagnies , qu% foeol j^ dé mauvais livres , etc. \ ils doivent leur repéter son* ^ tëiit cet avis du Sage : Mon fils, si les pécheuTt ^OUs attirent par leurs caresses , ne les écoaUi

o^ • • • • Gardez-^ous bien daller at^ec eux^ toutes urs démarches tendent vers le mal. Us doivent /oir soÎQ de séparer leurs eofdns de diftcrent sexe^ lême dans leurs amusemens^ les mères devroient^ îlon Tavis de saint Jérôme, apprendre "à leurs filles ne s^amuser ^avec leurs frères qu^avec crainte. Ils oivent encore être plus soigneux de ne pas confier înrs enfans à des domestiques d'un sexe différent ; le «faut de cette précjaution est d^une très— dan]gereuse ODsëquence. Ils doiyent éviter de les faire coucher vec eux 9 et encore plus de faire coucher ensemble s frère^ et la sœur ; il faudroit même ^ s'il se pou-« roil, les séparer de chambres. On apprend à faire e mal avant que de le connoître^ et lorsquW le X)nnoit, lliabitude est si enracin/fe qu^on la détruit vement) ou difficilement* 4* Les pères et mères sont obligés de former leurs nfans à la piété parleurs bons exemples. C'est ici une des Sligations la plus importante et en même temps la us négligée. On croit avoir tout fait lorsqu'on a fait Belles leçons aux eofaiis , et qu'on les a repris de rs fautes; et on ne fait pas attention que les en— 9 ont naturellement les yeux sur leurs parens^ Is les observent, qu'ils les regardent comme leurs! lèles 9 et que les actions dont iJs sont les témoins ^ rappent bien plus fortement que toutes les iusions et les corrections. Que sert— il en effet de istruire et de les reprendre, si on fait le Mn— de ce qu'on leur dit, et si on tombe dans les s fautes qu'on leur reproche ? N est— ce pas déd'une main ce que l'on bâtit de l'autre î' »i, les pères et mères pèchent grièvement contre îté et contre la justice, lorsqu'ils mènent une ndaleuse; lorsquil^ blasphèment, qu'ils jurent^ nédisent, qu'ils mentent, qu'ils profèrent des obscènes, qu'ils s'enivrent, qu'ils s'emportent e, qu'ils disent des injures à tous venans et calier à ceux de la maison ^ lorsqu'ik se van^^

iiGù Du QtJATlViÈrfE

tent (levant eux de quelques mauvaises actions, otf quiU se glorificnl de leur impiété ou de leur iadé— votion; lorsqu'ils assistent rarement à T^Iise, qu^ib marquent du mépris ou de rindifTérence pour la pa^ rôle de Dieu ou pour les Sacremens. G^est avec raisoa que saint Gyprien met dans la bouche des enfans que le mauvais exemple de leurs parens a damnés ^ ces paroles touchantes : ISous sommes perdus par la faute d^autrui^ no» parens ont été nos parricides. PerdidU nos aliéna perjidia^ parentes sentimas farricidas.

5^ Enfin, les pères et mères doivent aimer leur^ enfans, non— seulement de cet amour que la nature imprime assez, mais encore de cet amour surnaturel dont Dieu est le principe et Tobjet, de cet ;amour qui les rende attentifs à tout ce qui peut pro* curer k leurs enfans le bonheur éterueL S^il n^est pas possible en certains cas que les pères et mères ne sentent aucune prédilection pour quelques-uns de leurs enfans , il ne leur est cependant pas permis de la faire paroitre , ni de la mettre en usage. Les livres saints en fournissent des traits, et en parti-- «ulier celui de Jacob à Tégard de Joseph , qui mon-* Irent assez combien est dangereuse cette prédilection, ^quelles eu sont les suites funestes , et avec quel soin on doit réviter,

G^est une mauvaise excuse de dire qu^on ne peut s^empêcber d'avoir plus damitié pour un enfant qui* a toutes les qualités du corps, de Fespritet du cœur, que pour les autres à qui ces qualités manquent^

Earce que , quelles que soient les qualités d^un enfant, onnes ou mauvaises, il n'appartient pas moins à se$ parens que les autres ; (railleurs , il semble que Thu-^ manité et la charité dictent que plus un enfant est* dépourvu de qualités, plus il est digne de compas* sion et de soius* Quand ils seroient vicieux , débauchés, rebelles, ce n'est pas une raison de les haïr}- Ifi» pères ei mère$ doivent ea ce cas se comporteor

GoMMÂlVDEMElfT. ^t

a regard de leurs enfans, comme Dieu lui— même se comporte, i f^ard de tous les hommes quMI veut bien regarder comme ses enfaus ; il déteste le vice ^ et il aime tendrement le vicieux ; il menace . il punit, parce qn^il déteste Hniquité; mais il attend, il patiente , il diffère , parce qu'il aime le pécheur. Tant qne dure le dérèglement des enfans ^ que les parens apprennent de sainte Monique ce qu'ils leur doivent^ et lorsqu'ils viennent à résipiscence , qu'ils les reçoivent avec cette tendresse que Jésus— Christ nous a exprimée dans la parabole de l'enfant prodigue.

Les tuteurs et curateurs sont juridiquement substitués au lieu et place des pères et mères pour le soia des enfans ^ leurs devoirs sont donc les mêmes. ^ Ainsi, ils sont obligés de la même manière à veiller à ^éducation temporelle et spirituelle des enfans j ils leur doivent l'instruction, la correction, et le bon exemple^ ils doivent gouverner leurs biens au moins avec autant de soin que leur propre bien ^ les augmenter même autant qu'il est en eux , toutefois selon les lois de Dieu et de l'Eglise^ enfin, ils doivent leur rendre compte de leur administration au temps prescrit par les lois.

Les supérieurs ecclésiastiques ont de très— grands devoirs à remplir à l'égard des fidèles. Les curés et autres ministres de TEglise trouveront ces devoirs répandus dans tout le cours de cet ouvrage , et principalement dans le tome I, où il est parlé des i2evoirs particuliers des curés.

Les supérieurs dans l'ordre civil doivent protection à la religion et à FE^Iise: ensuite ils doivent fleurs sujets, ou aux sujets de ceux quils représentent, i*ae bcms exemples^ 2^ un soin paternel; 3^ une exacte justice, et avoir soin qu'elle leur soit rendue.

Les maîtres doivent à leurs domestiques, 1^ l'amour. Les domestiques sont égaux à leurs maîtres ar la nature , ils peuvent être au— dessus d'eux par dons de la grâces Les maîtres doivent les con-

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sidérer comme leurs fireres, comme les enfâns d Pieu^ et les membres de Jësus-Christ ^ <pii son destinés par leur vocation à r^ner éternellement ave eux dans le Giel^ où la distinction de maître, et d domestique sera anéantie. Des maîtres chrétiens n doivent pas abuser de fhumiliation où la fortune rc duit ceux qu^ils ont à leur service^ mais plutôt il doivent les traiter avec bonté, leur adoucir autai qu^ils peuvent les amertumes de leur état, et t&ch< par de bonnes manières à leur eu rendre les peine suuportables. C'est principalement lorsque sont fi dèles et de bon service, dit le Sage , qu'on doit les pcM ter dans son cœur, et avoir pour eux une affectio toute fraternelle. Si est tibi servus fidelis , sU iU quasi anima tua y et quasi /ratrem ^ sic tracta ew {Eccli 33. 3i.).

a° Us leur doivent Tinstruction , soit par eux*mêmej soit en veillant à ce qu'ils assistent aux instruction qui se font à la paroisse , qu'ils prient Dieu le matii et le soir, qu'ils approchent des Sacremeus, etc.

3'^ La correction. Saint Augustin ( Lib. de Cii^ii Dei. 19. cap. i6.), dit que les maîtres sont vérita blement pères de famille, et qu'en cette qualité il doivent corriger ceux qui troublent la paix de 1 famille, ou qui agissent contre les lois divines o humaines ^ ils doivent les corriger ou par paroles , ou si elles ne suffisent pas , par des châlimens justes i permis. Or , pour que les cbâtimens soient justes 1 permis , ils doivent être proportionnés k la qualité d laiaute. Ainsi, ce seroit excéder les bornes dune jusl correction que de maltraiter de paroles^ ou même d coups, un dfomes tique pour une légère faute, ou pou une petite imperfection. Les fautes qu'ils doivent prin cipalement reprendre et corriger, sont celles qui cl feiisent Dieu ^ il n'est cependant pas rare de trouve des maîtres qui ne pa&seroient pas la moindre faut qui regarde leur service, et qui ne dbent pas le me loi:3que Dieu est ^ITensé.

GOMMAKDEIIENT. !^

4* Geat un devoir étroit de pajer poncUiellement les gages des domesiiqaes. L^criture sainte ordoone qu'oQ les paie si exactement, qu^eïle défend de les garder jusqu^au lendemain matin de Téchéance. Nojt morabitur opus mercenarii tui apud te usquè ad manè ( Lei^U. 19. i3. ). Elle compare Tinjustice de ceax qui retiennent le salaire des mercenaires , et par conséquent les g9ges des domestiques, à celie des homicides* Qui effimdit sanguinem^ et qui frau^ den facit mercenario ^fratres suru ( BccL 34. 27.'). Ainsi, les maîtres pèchent en refusant à leurs domestiques le nécessaire à la vie ^ en différant de payer leurs gages ^ ils pèchent lorsqu'ils abusent de la malheureuse situation d'un domestique qui est sans maître, pour ne lui promettre que le plus petit gage possible^ ou lorsque le prenant cnez eux sans faire de convention, ils refusent ensuite de lui donner ce qui est juste.

Les maîtres péchant lorsqu'ils n'ont pas soin dé leurs domestiques dans leurs maladies; il y a de la cruauté lorsqu^on est riche, d'abandonner des do—» mastiques qui tombent malades à notre service, et de les obliger ou à dépenser alors le peu qu ils ont amassé par leur économie, ou à se faire porter dans des hôpitaux qui ne sont destinés que pour ceux qui n'ont point d'autre ressource. L'exemple du Cen»tenier de FEvangile doit confondre les maîtres chrétiens qui, sous prétexte qu'ils ne sont pas obligés en rigueur die justice de payer le médecin et les remèdes de leups domestiques malades , oublient les sentimens d'humanité, de charité, et en quelque sorte de re-coBUoissauce. Ce grand homme dont Jésus— Christ admira la foi, ayant épuisé les ressources de la mé<^ decine à ses frais en faveur de sou valet malade, ne s'en tint pas là ; ayant appris que Jésus— Christ étoit

r'ssant en œuvres, il lui envoya des messagers pour prier de venir guérir son valet, et y alla eiisuite^ lui-même^ ue croyant pas, comme les maîtres do

is64 I^U CINQUIÈME

nos jours, qull fût indigne d'un homme de qualité de se donner tant de mouvemens ei dé peines pour un domeistique.

^-Les maîtres pèchent encore lorsquHU négligent de procurer à leurs domestiques les secours spirituels clans la maladie*

Uestencoredu devoird'un bon maîtrede ne pas laisser manquer du nécessaire, les anciens domestiques qui se trouvent hors detat de gagner leur vie. Gomment des maîtres, après avoir tiré des services utiles de leurs domestiques, pendant un grand nombre données , peuvent— ils se résoudre, à les renvoyer, lorsu^accaolés de vieillesse ou d^inûrmitéli habituelles, s sont réduits, pour subsister, à demander Taumône? C'est une dureté ci'iante et pourtant très— ordinaire. Si Ton étoit bien convaincu de cette maxime, qu'on ne doit pas faire à autrui ce qu^on ne voudroitpas qui nous lïil fait à nous- mêmes, on ne verroit pas tant d'exemples de Tinhumanité des maîtres à Tégard de leurs vieux domestiques.

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