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serment Wil a prêté de dire venté, mab etïttïté à cause de Tobéissance qtiHl doit à son supérieur le^ gitime et qui a droit de Tinterroger, et dVxigerson aveu; cVst le sentiment de saint Thomas ( 3. 2* (j* 69. art. 1.) et des théologiens après lui. Le méiii^ saint docteur ajoute ( Quœst. 70. ari. i.) , que le. criminel peut sans péché refuser de répondre aune interrogation qui lui seroit faite contre les règles ^ou par un juge qui ne seroit pas compétent ; mais que s^il répond dans ce cas, il ne lui est pas permis de mentir.
Il est pareillement obligé de révéler ses complices, lorsqu'il est juridiquement interrogé.
11 n'est pas permis à un accusé qui est innoceot; <d^imputer un crime faux à son accusateur, ou aux. i témoiiis qui ont déposé contre lui : le pape Innocent ji XI, eu 1679, et le clergé de France, en 1700, ont ï condamné la proposition suivante : Il est probable \ tjue celui-là ne pèche pas mortellement , qui^ pour i défendre son innocence et son honneur^ impose à un autre un crime Jaux. Cette proposition, dk le clergé de France, est fausse, téméraire, scanda-^ leuse , erronée , et ouvre la porte aux plus grandes calomnies, et aux impostures les plus atroces. Et en ^« cftbt, ce n^est pas là la morale de Jésus— Christ| qui ordonne à ses disciples de ne répondre aux per-* sécutioris et aux fausses accusations que par des niai' faits et des prières : Benefacite lus qui odervaA n)os : orate pro persequeniibus et calomniantibuf M n)OS. Ce nVst pas non plus la morale de saint Panly 3 qui exhortoit avec tant de zèle les Chrétiens de Roine^ ^ à ne rendre jamais le mal pour le mal : NuUi mabff^ * pro ntalo reddentes. Ce n'est pas non plus celle dit ' prince des apôtres , qui , pour encourage les Chr&^ tiens à supporter arec patience les pcrséciitions et le^ calomnies des méchans , leur propose l'exemple à0 Jésus— Chrbt , qui avoit gardé le silence dans les in-^
juies , qui n'avQÎl pas doimé le moiadre signe d'in-^
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[ignation & ceux qui le faboieat soufïrir, et qui au ontraire se soumettoit voloiitairement à i^injuste coqamnatiou de ses juges : Qfû cum malediceretur on maledicebat ^ cUnt pateretur non coinminaba-^ 'AT ; tradebat autem judicanti se injuste.
Ceux qui fabriquent de faux actes , ceux qui s^ea îrvent, ceux qui les conseillent, pécheut mortellement: outre le huitième commandement , et sont obligés à L réparation du dommage quik ont causé par ce$ ctes supposés. Le péché seroit encore plus grief, si étoit de quelque officier de justice , comme avocat y rocureur ^ greffier ou notaire , parce qu^outre le tort ulis font au prochain , ils violent la sûreté publique ^ t agissent contre la fidélité que le public a droit attendre d^eux dans fexercice de leur charge. Oa istingue trois sortes d^actes faux : i* les actes qui iûtent si bien les écritures et signatures , paraphes et reaiix^ qu'on Jes croiroit véritables ^ 2*" ceux qui sont rais en eux— mêmes , mais altérés par faddition ou le itranchement de quelques lignes ou de quelques mots^ ti par le changement de quelques clauses ^ ou de la ite seulement^ 3^ ceux qui sont antidatés au préju^* ice d^un tiers , ou qui contiennent des clauses fausses*
Celui qui ayant payé une somme auroit perdu la [nittance^ ne pourroit, sans pécher mortellement, en lire une supposée , pour éviter de payer une seconde lis. La faculté de théologie de Paris condamna en i665 plusieurs propositions qui favorisoient cette ex« Qiise. Il est vrai que par cet acte supposé ou ne lait tort a personne ^ mais tout ce qu^on en pourroit contSnre , c^est qu'on nVst pas obligé à restitution ; car tm n'en est pas moins coupable ae péclié , pour avoir te une fausseté , ce qui n est jamais permis.
a. Du Mensonge^ . .
Mentir, c'est exprimer volontairement par paroles^ AC^OQs ^ ou si^es extérieurs , des choses contraires k
:tQ2 Du fiUITIÈItE
ce qu'on pense , in mentem ire ; d'où il suit qu il ^ a toujours une espèce de fourberie dans le mensonge
5)arce qu'on veut surprendre ceux a qui on parle, c eur faire concevoir autre chose que ce que Ton pense d^où saint Augustin conclut que le cœUr do mentea est double , parce qu'il pense une chose toute ditTa rente de celle qu'il veut persuader à ceux à qui
Êarle. Ce n'est pas que tout mensonge soit une foui «rie à la rigueur du terme \ aussi 1 essence du mei songe ne consiste pas à tromper pour faire tort , ma à tromper simplement ^ ce qui arrive dans tout men songe, même en celui qui n'est proféré que pa plaisanterie.
L'essence du menspnge ne dépend pas non phis de la vérité ou de la fausseté de la chose que Ton dit, mais de la conformité de la parole avec la pensée^ ainsi , lorsqu'on aflSrme une chose que l'on croit vraie^ «t qui ne l'est pas, c'est se tromper, mais ce n'est point un mensonge ^ à moins qu'on ne veuille F^p-* peler avec les théologiens , mensonge matériel Pff la raison du contraire , en affirmant comme véritable une chose vraie que l'on croit fausse , on dit itfi mensonge en disant la vérité.
On voit par la définition du m^songe , qu'il J > àts mensonges qui ne sont point exprimés par dés pai*oles, mais par des lignes ou dès actions^ il y * en effet des actions et des signes qui expriment le contraire de ce que Ton a dans l'esprit on dans U cœur ; ou va donc alors contre sa pensée f on corooMl donc un mensonge. Cependant le terme de mensoiK^ n'est attribué qu'aux paroles , et on a donné à cêbi des actions le nom de simulation et hypocrisie.
On distingue trois sortes de mensonges : ssâot Augustin , qui a approfondi cette matière , en compta buit autres; mais elles se réduisent à ces trois— ci: k • joyeuac , Vofficieuac et le pernicieux. Le mensonge fofeuac' est celui que l'on dit pour s'amuser , ou pool mn$er les amures , sans qu'il en résulte rien de oést
CoWifÀirDBicKirT: !ig3.
x & qui (fie ce soit : car si par ce BUmsonge usoit) ou Ton amusoit les autres aux dépens [o'uD , il ne seroit plus simplement iojreujc ^ :ore pernicieux , ce quil faut bien distinguer sssion 9 ainsi que la qualité du tort que Ton 1 pu faire en mentant par plaisanterie. Il ea \ de même du mensonge officieux : il est eut officieux lorsqu^on ne le dit que pour sa itilité, ou pour celle d'autrui, sans qu'il en an à persomie : mais il devient en même temps IX ^ lorsqu^il aevient préjudiciable à un tiers ; lorsque pour s'excuser , ou pour excuser na m impute la faute à quelqu^un qui n^y a i de part.
leux premières sortes de mensonge ne sont hés véniels , lorsqu'ils sont simplement joyeux ieux; c^est le sentiment de saint Augustin
5. ) : Duo sunt gênera mendaciorum ^ in non magna est culpa , sed tamen non sunt Ipàf cimi aut jocamur ^ a ut ut proxbnis [S ) mentimur. Ils peuvent cependant devenir Qortels par accident , lorsque sans perdre leur naturelle ^ ils renferment quelque chose de ablement pernicieux. Ils peuvent aussi devenir à raison du mauvais motif, ou du scandale» ensonge pernicieux est celui qui est nuisible bain , soit qu^on ait eu cette intention en le soit quW ne Tait pas eue. C'est cette der— pèce de mensonge qui est péché mortel de sa
et que FEcriture , les Pères et la raiscm elle* réprouvent avec horreur et indignation. Le
bien— aimé déclare ( i. t/oan. 3. >i. ) que onge vient du démon comme de son principe : mendacium ex veritate non est; c'est-à«-« ue ne pouvant être selon Dieu, il est fœu-
démon. Cest pour cela que Jésus^Christ ppelé le démon menteur y et père du meiw-
llle cùm hquUur mendacium ^ ex propriis
âQ4 ^^ BDITÏÈBCC
loquUur^ quia mèndàx est et pater ejus. (Joan. l 44* )• L^riture ne se contente pas de nous décou Trir la source et la malice du mensonge ; elle nous ei fait voir encore les terribles suites. La bouche qui meut dit le Sage , donne la mort à Tâmc : Os quod men tUur occidit aniinam. ( Sap. \. v. 1 1 . )• Lîe roi pro pliète assure que le Seigneur exterminera tous ceu qui disent des mensonges : Perdes omnes qui lo quunlur mendacium ( Ps. 5. v. 7. )» St Augusti (m lih. de menduc. et in lib. contn mendacm prouve évidemment qull n'est jamais permis de m^i tir , pas même dans le cas où il s^agiroit de détourna un très-grand mal ; pas même pour conserver la ir de quelqu^un, ajoute le pape Alexandre III : Z^ animas suœ voceant^ dum prœstare vilam alieni carni nituntur. ( Cap. Super eo. de usuris. )
Ce que dit saint Augustin au sujet d^un cas encore plus intéressant , décidera cette question, tr On f nous oppose , dit ce saint docteur ( in libr. conin c mend. c. 20.), qu'au moins il doit être permisse r mentir dans les cas singuliers où Ton ne pourroic p autrement procurer a son prochain le bien ineslif mable de la vie étemelle. Par exemple , un enfaut r est prêt à mourir sans avoir reçu le baptême, et f je me trouve dans des circonstances où je ne puis r le lui donner sans faire un léger méninge ^ cloisf je le laisser périr éternellement , ou ne me fair€ r aucun scrupule de mentir , surtout si mon men** w songe ne fait tort à personne , et procure certain f nement le baptême à cet enfant? O vérité! c'est f à vous que j^ai recours pour me défendre conir* •f les sophismcs des docteurs du mensonge» Vous tofi r condamneriez , ô suprême vérité ! si ne pouvatt* ff baptiser cet enfant sans commettre uti adultère 1 r j'éiois assez lâche pour commettre ce crime. VoiU r me condamneriez donc aussi , si je profërois ufi Tf mensonge pour le régénérer dans les eaux du bap^ «f tême. ii
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Tel a toujours été le sentiment des saints Pères avant et après saint Augustin. Saint Thomas ( a. 2. q. 9Q. a. 3. ) , pour prouver la vérité de ce sentiment , dit qull n^est jamais permis de faire une chose mauvaise en elle— même \ nulle circonstance , nulle inten— tioQ , quelque bonne qu'elle soit , ne peut dépouiller de sa malice ce qui de sa nature est un mal. Or ^ sdon ce saint docteur^ tout mensonge est un mal condamné même par les seules lumières de la raison \ puisque la raison veut qu^en parlant nous nous servions des termes établis pour expliquer nos pensées ^ les paroles ne sont instituées et reçues parmi les hommes que pour cet eflet. Cest donc violer la loi commune du genre humain ) aller contre Tordre général , et troubler la société , qui exige quW ne se trompe poiat mutuellement Ces raisons sont si solides , ajoute saint Thomas , qu elles ont fait dire à un sage Païen , cV^t Aristote, que tous les hommes doivent avoir horreur du mensonge. Il y a encore d^autres espèces de mensoDges , qu on appelle amphibologies , équii^oques , restrictions mentales ; nous en avons fait mention en traitant du jurement.