Du Défaut du Corps
Ce n'est ni par la loi ancienne, que Jésus-Christ a abrogée , qu'il faut juger de l'irrégularité qui naît des défauts au corps , ni par la pratique de l'Eglise dans les trois premiers siècles. Dans ces temps offU' reux où les plus ferveus Chrétiens étoient les (^ exposés à être défigurés par les ^tyrans, la mutilatilB
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él la difTormité ëtoient eu quelque sorte dâs titres d*él]gibilit<^^ et on regarrloit principalement Tintcgrité des mcEfurs , sans avoir égard aux qualités du corps,
L^EgUse^ sans changer d^espiît, a changé de dis* eipline \ parce qu'elle s est aperçue qu^on lui présen* toit des hommes chez qui les défauts du corps n^étoient pas compensés par les vertus de Tâme , et qui De pauvoient manquer d^exposer au mépris des peu^* pleS) leurs personnes et leur ministère.
Le défaut du corps rend aujourdliuî irrégulier ^
riand il est Peflet^ ou la peine du péché, quand rend incapable de faire les fonctions ecclésiastiques,
on qu^il empêche de les faire d^une manière sûre, ou
fD^enfin il ne permet pas de les faire avec la décence
CMiveuable.
Par le défaut du corps qui rend irrégulier, étant
TeSet ou la punition du péché , on veut parler d'une sorte de mutilation qui s'entend assez. Ceux qui s% traitent ainsi, croyant mal— à— propos plaire à Dieu, oa mieux garder La chasteté, sont exclus de la clérieature par les canons. II en seroit de même, se— km Yves de Chartres , s'ils avaient eu dessein de se guérir de Fépilepsie ^ et à plus forte raison, s'ils n'a- ^ient pensé qu'à se conserver la voix. Ce seroit autre diûse si les chirurgiens avoient été obligés d'en venir i cette opération, ou quelle eut été taite par une ^lence mjuste^ mais un homme qui se la seroit attirée par le crime, seroit irrégulier, selon le sentiment le plus suivi. On regarde encore comme ir- ^olier , celui qui par colère , ou par une espèce d'inl^omanité sur lui— même, se seroit, par exemple, coupé ou fait couper un doigt, ou quelqu'autre de ^ membres; quand même cette mutilation ne le rcn- <iroit ni diflêrme, ni inhabile aux ordres. On doit^ a proprement parler , regarder l'irrégularité que fou encourt par dépareilles cruautés sur soi-même, comme ^t ea: delicto^ et non ex defectu; parce qu'on ^aki alors principalement faire attention à la mau-* taîse volonté de celui qui se traite de la sorte.
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Llmpuissance d^exercer les fonctions ecclésiastiques^ ou le danger de ne pas les faire d^une manière asses sûre, rend irréguUer. Cela anîve , i "^ quand on manque d^une main , ou d^un pouce; soit qu^on ait dôoné Heu à ce retranchement .par sa faute , ou qu^on n^ ait point coopéré. !)? Quand on n^a que le pouce et Fmaex. 3^ Quand le défaut d^ongles aifoiblit les doigts, au point quon ne pourroit faire félévation du calice, sans s^'exposer à le répandre. Il en est de même, et par la même raison , quand les mains trenobblent beaucoup. 4^ Quand on est muet de nature ^ ou par mk^ Lidie. 5" LorsquVn parlant, on balbutie de manière à faire rire, ou à manger une partie de ses mots, ô*"" Quand on est sourd jusqu a ne pouvoir enteudrep ce seroil autre chose, si on avoit seulement loreille un peu dure. 7" Quand on ne voit pas : et cela soit qu'ion ait les yeux ou arrachés, ou crevés, ou seulement couverts d'une taie qui en empêche Fusage. Celui à qui on a arraché un œil, cpoiqu'il voie bien de Fautre, est aussi irrégulier. Celui qui a ses deux yeux , mais qui ne voit point d'un des deux, iùl-ce de Fœil gauche, n'est pas exclu des ordres, pourvu qu il voie assez de Fœil droit pour lire à Faute! d'une manière qui ne choque pas. 8^ Enfin, ceux qui ne peuvent boire de vin sont moins iixéguliers, qu*inepies de droit divin à recevoir le sacerdoce^ le pape njcmc ne peut les dispenser, parce qu'il ne peut pcrn)eilre de consacrer sous la seule espèce du pain.
Quant à la dilïormilé, soit quelle vienne de maladie, ou d'une certaine conformation des organes extérieurs, on convient qu'elle produit l'irr^ularilé, quand elle va jusqu'à iuspirer une sorte d'horreur, ou de scaudalc aux assistans. C'est sur ce fondement que les canooistes regardent communément comme ii'réguliers, non— seulement les monstres à deux têtes, ou a quatre mains, ou ceux qui auroient deux mainf à un bras ^ mais encore ceux qui ont le visage dé* figuré d'une manière à faire peur^ la bouche extrê*
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Diraient de travers, les lèvres si rongées qu^à peine couvrent— elles les dents; les .yeux tournes, ou si chassieux que cela cause une {i^*ande répugnance; une « tache à l'œil avec une diflormité considérable; la taille de géant ou de p^gmét^; un ventre énorme; trop ou trop peu de nez; une jambe ou un pied de bois^ ceux qui sont si extraordinairement boiteux, qu'ils ne peuvent faire les génuflexions à Tautel, ou célc— brer la messe sans un bâton, ou sans uue grande ÎDdëcence.
Cesl une règle certaine, qu'il n^ a point d'îrré—
Sularité occulte ex defeclu corporis ^ parce quun éfâut corporel ne rend un homme irrégulier, que lorsqu^il le rend .incapable de faire les fonctions des ordres, ou qu'il Ut rend diiforme. Si une mutilation cachée rend irrégulier, ce nVst pas à cause du défaut du corps, mais à cause de la laute de celui qui Ta faite sur soi— même, ou qui a péché pour l'avoir fiiit faire.
Quant à ceux qui, étant déjà engagés dans Fétat ecclésiastique, devieimenl irréguliers ex defectu^ on ne les ti*aite pas comme on traite celui qui est encore séculier. Celui-ci ne doit pas même être admis à la tonsure; mais ceux— là ne sont privés ni de leurs bénéfices, ni de Texercice des ordres quils peuvent remplir avec décence, ni par conséquent incapables de recevoir des bénéfices qui ne demandent pas d autres fooctions que celles qu'ils peuvent faire. Si le défaut €(Arporer survenu à uu homme depuis son ordination, ne le rend inhabile quà quelques fonctions, il peut iaire les autres : par exemple, un prêtre qui ne pouiloit célébrer, parce qu'il seroit devenu estropié d'uue siiiU) pourroit confesser, prêcher, baptiser.
Dans le doute si quelque défaut du corps rend irr^ulier, c^est aux évêques qu^il appartient den juter. Les supérieurs mêmes d'une communauté u^ont pas ce droit à fégard d<'S religieux qui leur sont soumis. Il j a aussi certaines maladies que les docteurs
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estimait roidre UD honune irrëgulier: tdfes sontcdks qui causent une difFormitë si notable^ qu'il ea paot naître du mëpris^ de iliorreur) ou du scandale; comme est la lèpre. Telles sont encore celles qui causent une foiblesse qui empêche de faire les fbnciioos des ordres. Si ces maladies surviennent à celui qui est déjà ordonné , il en est comme des défauts corpcitd» qui lui arrivent*
irrégularité du défaut du corps cesse, i* par II guérison du mal. a* Par la dispense, qui est r&ervée au pape. Cependant si un homme s etoit volontairement mutilé , ou s'il s^étoit attiré cette mutilation pir ^a faute, Tévêque pourroit le dispenser, pourvu que la chose fut secrète ^ parce qu'alors rirrégularité vient du crime , et non du défaut