Tome ir
j8 Du premier
Les personnes chrétiennes qui sont si grossicres^ gu^il leur esi moralement impossible d'apprendre les Vérités quVIIes doivent savoir de nécessité de précepte^ sont, exemptes de cette obligation , parce que leur stupidité les en excuse, eu les mettant dans l'impuissance d 3 satisfaire. Elle ne les dispense pas cependant de croire explicitement les vérités quelles sont obligées de croire de nécessité de moj^en, comme sont les mystères de la sainte Trinité, de Tincarnation et de la ilédemptlon:^ mais ilsufHt à ces stiipides, pour satisfaire à ce devoir, disent les docteurs, de croire ces vérités, etd^y adhérer par la foi, lorsquW les leur explique : c est assez, B cause de leur imbécillité, qu ils puissent les concevoir en ce moment— là, transUoriè ^ quoiqu'ils ne puissent pas les retenir.
Les fidèles q»û négligent d'apprendre les articles de foi ^ et ce qu'ils sont obliges de savoir, pèchent grièvement, 1® lorsque réflédiissant sur cette obligation, îFs ne se mettent point en état dy satisfaire^ 2® lorsqu^en ayant été avertis, ils forment dans leur cœur É dessein de ne se pas faire instruire^ 3° lorsque pouvant aller au Catécnisme, et aux autres instructions publiques, ou qu'ayant quelqu'autre occasion d'être instruits , ils négfigent d'eu profiter. Quicumque ne^ ^ligit habere^ velfacere id quod tenetur habere ^ çcl facere^ peccat pro peccaio omissionis^ dît saint Thomas (1.2.^. 76. a. 2. ). Undè propter negli-^ gentiam^ ignorantia eorum quœ aliquis scire tenetur^ est peccaium*
' Quoique tous les Chrétiens qui ont Fusage de leur toison, ^^eut obligés de nécessité de moyen , de croire explii^uin^ quelques vérités, et tenus de nécessité cfe précepte, d en croire quelques autres', tous ne sont pas obligés de les savoir également.
lia cbiinoissance distincte des articles de la foi doit être plus ou moins grande, selon l^état, la profession,' le caractère d'esprit, et les auti^es circonstances où S8 trouvent les' fidèles. Il est difficile de déiei miner
Commandement^ i^
ao juste et certaiuement , quel est le degré de con— Doissance disllncte^ nécessaire pour chacun. ?îous parlons ici des Cbréliens baptisés qui ont Tusage libre . de leur raison. Il n^en est point, ainsi que nous fa voue déjà fait voir, qui puisse être sauvé , sHl ignore les m]^ stères de la Trinité, de Fincarnation, & la ré— ' demption, et qui ne soit obligé, de s^instruire des commandemens de Dieu et de FEdise, du Symbole des apôtres, de FOraison dominicale, de ce que rÉ-* glise veut qu^il sache sur les Sacremeus qu^il doit recevoir, et des devoirs de Tétat où il est engagé j tout ceci regarda ' les plus simples d'entre les fidèles.
Quant aux autres articles, que chaque fidèle uest " pas obligé de savoir ni de croire en particulier^ quoi* qu'il suffise de les croire en général et d'une foi imf licite, en croyant fermement tout ce que l'Eglise croit, ou se peut trouver dans de certaines circonstances où l'on soit obligé de se faire instruire de quelques-uns, et de les croire d'une foi explic^ite: par exemple, lorsqu'on s'engage dans le mariage, on. doit savoir et croire ce que TEglise enseigné sûr ce ' Sacrement, et sur les <lispositio;is qu^il exige pour être reçu dignement. '
Ceux qui sont capables d^apprendre h fond la re« ligion, doivent s'en instruire le plus exactement qu'il leur est possible, afin de s'affermir dans la foi, de s'avancer dans la piété, et d'être plus en état die résister aux erreurs contraires à la foi et aux fausses maximes du monde. Ceux qui négligent cette' obli* gatîon, et qui vivent dans une ignorance voloti taire sur plusieurs points de la religion dont la connoîs— s^ce leur seroit très-utile , ou sur les règles des mœurs établies dans l'Évangile, ne les regai^dant qu'avec indifférence, ne sont pas excusables^ et ils ont lieu d'appréhender que les suites de leur négligence ne soient terribles au Jugement Combien ne. voit-on pas de Chrétiens cfncageV dans le monde, qui, au mépris de la reUgion, dédaignent d^employer, pour apprendre
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et pour approfondii* les vérile's împortantes cjnVlIe leur enseigne^ «un temps quHIs ne rougissent pas de prodiguer et de perdre pour des bagatelles!
A fe'gard des pasteurs et des prêtres, chargés par ëtpt d^nstruire les peuples, ils doivent connoitre eC ctoire plus distinctement^ et d^une manière plus parfaite, les vérités que nous propose ia religion : Su^ periores homines ad quos pertinet alios erudire^ tenentur liabere pleniorem notitiam de credendis^ et magis explicité credere^ dit saint Thomas (2. 2. {]. a* a. 6'.).
De Vohligation défaire des Actes de Foi.
XL n.e suffît pas au Chrétien adulte qui a Fusage libre dç sa raison, d*avoir la foi habituelle^ il faut encore qu^il en produise des actes : et pour satisfaire à toutes les obligations que le précepte de la foi lui impose^ il)ie lui suffit pas d^en faire des actes intérieurs^ il est encore nécessaire de nécessité de salut., quil la professe par des actes extérieurs. Corde enim cre-^ ditfir ad justUiam^ dit saint Paul; ore autem con^ féssio fit ad salutem.
'Quelques théologiens ayant osé enseigner une doctrine contraire à ces vérités, le pape Alexandre VU condamna en i665 la proposition suivante : Homo nûllo unquàm tempore tenetur actuum fidei^ spei et charilatis^ ea: vi prœceptorum dipinorum^ ad eas vir tûtes pcrtinentium. Le pape Innocent XI censura par son décret de 1679 ^^^ propositions suivantes : Fides non censetur coder e sub prœceptwn spéciale ^ . et secundùm se. Satis est actum fidel semel in çitd elicere. Sufficit illa mjsteria semel credidisse.
Pour savoir en quel temps , et de quelle manière BOUS devons professer e:^térieuremeDt notre foi, il
Tant observer que cette obligation renferme un double précepte; Fun qui est négatif, et Tautre qui est affirmatif. Le précepte deia foi qui est négatif, nousaéfend de refuser notre consentement aux vérités de la foi que TÉgiise nous propose de croire , et d^en révoquer aucune en doute, en la regardant comme incertaine; il nous défend de nier notre foi, et de la renoncer devant les hommes. Ce précepte, ainsi que tous ceux qui sont n^atils, oblige en tout temps : semper^ etpro jemper^ comme s^expriment les théologiens.
Le précepte de la foi qui est afïirmatif , nous cirdonne trois choses : la première, de savoir certaines vérités de foi; la seconde, de les croire; la troisième, de faire une profession extérieure de notre foi : il n oblige qu^en certaines occasions, ainsi que tous les préaptes aflirmatifs, qui, selon cette autre maxime. de Tecole, ohligant semper^ sed non pro semper. Nous ne sommes pas obligés de faire à tout moment des actes de foi ; mais seulement eh éértaifis temps, et dans de certaines circonstances^ Mais quels sont lés temps, quelles sont les cîrconi^lances ou cette obligation a lieu? cVst ce qu^I est difficile de marquer précisément, et ce qui partage les sentimens dés docteiirs.
Sans entrer dans le détail de leurs dîfferens sentimens, nous rapporterons seulement ce qu'enseignent sur cette importante matière, de célèbres théologiens, et qui nous paroit mériter attention.
Yxk premier lieu , disent-ils , on ne peut douter que ïc précepte affirmalif de la foi ne nous oblige souvent durant la vie , d'en l'aire des actes , soit par lui-même, soit par accident, et à raison des différentes circonstances où nous nous trouvons. Pour s'en convaincre, il suffit de méditer ce que nous apprend saint Paul, lorsqu'il nous dit qu'on doit croire de cœur^ pour obtenir la justice; confesser de bouche^ pour obtenir le salut; et fiue le juste vit de la foi. Or, comment l'homme pourra— t-il persévérer aans cette justice^
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espérer ce salut ^ conserver en lui celte î>ie^ sans produire souvent des actes de cette foi si nécessaire pour être juste ^ pour être sauvé ^ pour vivre d'une manière qui rende agréable à Dieu^ de cette foi qui est le commencement du salut de Vhomme^ le Jonde^ ment et la racine de toute justification.
L'exemple suivant rendra sensible cette vérité. L'obligation de conserver notre vie demande que nous mangions autant quHl est nécessaire pour ne pas mourir de iaim ; et quoiquHI ne nous soit pas ordonné de manger précisément à telle ou telle hcture, celui qui passeroit un temps considérable sans manger, et qui se mettroit par— là dans le danger de mourir , seroit homicide de lui— même. Ainsi, quoîquHl ne nous soit pas toujours commandé de faire des actes de foi, précisément en tel et tel moment, néanmoins nous sommes obligés d^en produire autant quHl faut pour ne pas labser affoiblir notre foi; parce que nous ne pouvons nous conserver longtemps dans la foi et dans la justice, sans faire des actes de cette foi dont vit le juste, justus ex fide vivitj et qu'elle est ab- .^solument nécessaire pour plusieurs actions qui doivent ^^tre fréquentes dans la vie chrétienne; comme sont^ prier Dieu, lui rendre des actions de grâces, etc.
3° Le précepte de la foi oblige d'en produire des actes sur les vérités dont la, connoissance est nécessaire de nécessité de moyen , et sur celles de nécessité de précepte, lorsqu'elles sont sufiisamment ex— pliquées, et que l'on connoit l'obligation de les croire: tel est le devoir d'un infidèle, d'un hérétique, de celui qui, baptisé dans son enfance, a atteint l'usage de sa raison, auxquels on propose ces vérités. Ils ne
1)euvent dans ce cas refuser de les croire, ni suspendre e consentement qu'ils doivent y donner, sans mépriser l'autorité de Dieu, sans s'exposer au dangep lie s'endurcir dans fincrédulité, et de périr éteruellemeuu .3* Le précepte de la foi oblige d#n faire des actes, lorsqu'on est en danger de mort^ car, alors nous de—
CommawdemmtJ 23
rons faire tous nos efforts pour nous unîr à Dieu; Or, la foi nous approche delnî, dit saint Augustin: Non enim ad Cnristum ambulando currimus^ sed credendo ; elle nous fait triompher du monde dans CCS derniers momens : Ha^c est nctoria quœ vincit mundum^ Jides nostra^ et s'il y a un temps où nous ajions besoin du bouclier de la foi, pour pouroir éteindre tous les traits enjlammcs au déinon^ c*est surtout dans ces instans redonlables qui doivent dàûder de notre bonheur ou de notre malheur éternel. Aussi, les pasteurs et les prêtres charges d'assister les mouranS) ont— ils soin de leur faire faire des actes de foi^ et l'on peut dire que celte sage pratique est universelle dans FEglise catholique.
4* Le précepte de la foi oblige d'en faire des actes ^ lorsqu'ils sont nécessaires pour repousser des tentations contre cette vertu. Uapôlre saint Pierre nous avertit de veiller^ parce que le démon nôtre ennemi tourne comme un lion rugissant autour de nous pour nous dévorer. Résistez-^lui^ nous dit ce prince des apôtres , en cous tenant fermes dans la foi. Nous devons donc dire alors à Dieu : Augmentez en nous la foi} je crois ^ Seigneur^ aidez-^moi dans la foiblesse de ma foi.
rious avons dit que le précepte de la foi nous oblige quelquefois par accûie/i^, d'eu faire des actes : c'est ce qu'il est nécessaire d'expliquer ici. Ce précepte nous oblige par accident .^ lorsque nous ne pouvons^ sans un acte de foi, ou accomplir un autre précepte que celui de la foi, ou éviter un péché contraire à une autre vertu que la foi. Comment, par exemple, pouvoir adorer Dieu en esprit et eu vérité ^ faire des actes d'espérance, de charité, de religion, de pénitence^ comment pouvoir résister à certaines tentations violentes, qui ne sont cependant pas directement contre la foi, saiis actes de foi au moins implicite ? Wcst-re
itoint ce que saint Augustin a voulu encore nous divei» orsqa'il nous assure ( Serm. 8. de decem plagis et
ai DtJ PREMIER
prœceptis^ c. io)que la foi doit précéder les bonnes œuvres, Nemo bene operatur^ nisi fides prœcesserit. Ijc pape saint Léon ( Senn. 4- ^^ Naiiv. ) nous dit aussi : Nihil sine Jlde sanctum^ nihil castum^ niltit vivum.
On est obligé de produire des actes de foi. pour être justifié par les Sacremens de Baptême et de Pé- , Tiitence, ou par la contrition lorsqu^il n^est pas possible de recevoir ces Sacremens. Le pécheur ne peut être justifié sans concevoir la douleur d& ses fautes ^
{)ar un motif surnaturel que la ibi snggère. CVst par a foi quon se dispose à la Justification, dit le concile de Trente ( Sess. 6. c. 6. de Justif.); Disponuntur
autem ad ipsam justitiam^ dum eaccitati divitiâ gralid^ et adjuti^fidem ex euiditu concipientes ^ libéré movenlur in Dcum^ credentes ueraesse quœ divinilÎLS reçelaCa et promissa sunt. Foi, ajoute ce concile ( ibid. c. 7. ) , sans laquelle personne n^a été justifié : Sine qud nulli unquàm contigit justi/icatio. Cest pourauoi saint Augustin nous enseigne {Serm. 38. ) que ta foi est le commencement de la religion et de la vie chrétienne. Hoc est initiant religionis et i^itœ nostrœ , Jixum habere cor in fide. Toutes ces raisons prouvent encore qu'on ne peut sans la foi recevoir dignement la sainte Eucharistie. Et sans la foi, comment pourrions— nous espérer que cette divine nourriture nous procurera la vie éternelle ?
Les théologiens remarquent cependant, qu'il n'est pas nécessaire , pour recevoir dignement et avec fruit ces Sacremens, de produire des actes formels de fui^ et qu'on est censé les faire en produisant des actes d'amour de Dieu et de contrition, dans lesquels ceux de foi sont véritablement renfermes. Et comme alors on n'est pas obligé de produire des actes de ibi, précisément et directement en vertu du prérepic de la foi, mais iiidircclemeut et par accident, à raison de ces Sacremens ^ parce qu'on ne [)ent les recevoir dignement et avec fruit sans la foi, qui y e4t up« dis«-
COMMANBEMEKT. ^
position nécessaire; ainsi, on ne commet pas un péchë prticiilier contre le précepte de la foi, en omettant oen faire des actes quand on approche de ces Sa— cremens : c'est pourquoi on n'est pas obligé d'exprimer spécialement cette faute en confession, parce qu'elle est la même que le défaut des dispo'sitTons requises pour recevoir ces Sacremens.
Ceux qui sont chargés de la conduite des Âmes, doivent exhorter ceux qu'ils instruisent, à produire des actes de foi les jours de dimanche et de fête : rette pratique est un des bons nî^jens de sanctifier cf^ joui*s spécialement consacrés au Seigneur. Ils doi- ^nit encore les engager à ne pas omettre ces actes , lorsqu'ils assistent a la messe , et dans leurs prières iin matiu et du soir.
Nous avons dit nue le précepte de la foi, en tant que négatif, nous défend de refuser notre consentement aux vérités que FEglise nous propose à croire; car, si faulorité de Dieu, qui a révélé ces vérités, Dous oblige d'y adhérer fortement, elle nous défend au<;si de les désapprouver. Celui donc à qui Dieu inspire de consentir aux vérités de foi, est coupable d'infidélité, s'il rejette cette inspiration. II faut le regarder comme celui qui refuse d'écouter les vérités de loi que l'Eglise lui annonce : celui— ci pédie -, parce qu'il méprise la foi; le premier pèche, parre qu'il Insiste à la foi. C'est pourquoi le pape Innocent Xt a condamné cette proposition : Potest quis prudetUer repudiare assensum^ quem hahebat supernaluralem. Le précepte de la foi, en tant qu'il est négatif, défend de douter des articles de foi. On en doute, lorsque fesprit est incertain, irrésolu, et ne sait s'il doit croire ou ne pas croire ces vérités. Si ces doutes ne sont que des pensées vagues contre la foi, qui ne présentent aucune raison de douter, et qui cependant le— branlent, quoique légèrement, on doit ordinairement U regarder comme un pur eliet d'une imagination êdiault ée , ou de la suggestion du démon. Ijc conseil
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qu^on doit donner à ceux qu'elles affligent, est de les mépriser, de ne point s'en inquiéter, de n'en faire aucun état, d'agir comme si on n'en étoitpas travaillé, et d'implorer le secours de Dieu. Si ces pensées ont quelaue cause, il faut remédier à cette Cause, selon les règles de la prudence. On peut lire te que nous avons dit sur cette matière, en parlant des scrupules. Souvent les doutes contre la foi sont accompagnés de raisons fausses, mais apparentes, qui frappent l'es-
{)rit : s'ils ont pris leur source dans des entretiens ibres, ou trop curieux, sur la religion, ou par la lecture des mauvais livres , il faut en demander pardon à Dieu, sliumiliant profondément devant lui; et y ajouter des actes de foi, sur les vérités qui sont l'objet de ces doutes.
S'ils n'ont point d'autre cause qu'un esprit qui s'égare, et qui n'est pas maître de lui— même, on doit les mépriser, en soumettant cet esprit à Tautorité de l'Eglise, par un acte de foi implicite, qui renferme tout ce que l'Eglise croit et enseigne : mais il faut se donner bien de garde d'entreprendre de réfuter les raisons de douter, par d'autres raisonnemens; ce parti seroit d'autant plusclangereux, qu'on n'auroit jamais fini, et que dès qu'on auroit examiné un acte de foi, par la raison , on sengageroit insensiblement et aussitôt après k l'examen d'un autre : ce qui n'aboutiroit qu'à troubler davantage et déranger la tête, à jeter une âm^ dans de nouvelles et cruelles inquiétudes, et enfla dans le désespoir. Il faut donc que la foi se moque de tous les i^oisonnemens que la raison nVst pas capable de démêler. C'est être superbe comme les hérétiques, dit saint Augustin (in ps. lo»), lorsque tes/trit ne peut comprendre la lumière intérieure de la vérité^ de ne se pas contenter de la simpl& Joi catholique^ qui est le seul salut des petits.
Lorsqu'on néglige de rejeter les doutes que l'on a sur quelque vérité de foi , il y a plus ou moins de péché) selon que la négligence est plus ou moins*
COMMAVDEMEIIT. a'J
grande. Mais si Ton s^arrête volontairement dans ce ooute, el qu^on y consente de propos dëlibeVé, cVst un péché mortel; et si Ton sait alors que TEglise tient pour article de foi , la vérité sur laquelle ou est en suspens^ on devient hérétique; parce qu^alors on est censé juger avec opiniâtreté , que cet article de foi est incertain : dubius infide , infidelis est. Cette hé« résie n^étant qu intérieure ^ nVst pas un cas réservé.
Lorsqu'il nait dans Fesprit quelque doute sur la foi^ soit par la suggestion du démon, soit par quelque raison trompeuse qui vient dans la pensée; si on eii ressent de lennui et du chagrin , par laversion quon a pour Terreur, et par Faniour qu'on conserve pour la vérité; et si on s efforce de s élever au— dessus du doute, et de le combattre , le doute est alors involontaire^ quoiqull demeure longtemps dans fesprit : dans ce cas, bien loin de pécher, on peut tirer avantage de la tentation; et on doit se consoler en se rappelant cette vérité que nous enseigne saint Paul : Dieu est Jidèle^ et Une permettra point qne vous soyiez tentés au'-'dessus de vos forces ^ mais il vous fera même tirer avantage de la tentation .^ en sorte que vous la puissiez soutenir. C'est à quoi les confesseurs doivent faire attention pour ne pas fomenter les scru^ pules des âmes timorées.
II arrive quelquefois qu'un pénitent ne peut eypliquer si ses doutes ont été involontaires, parce que les* tentations contre la foi causent le trouble et la confusion dans Fesprit; alors le confesseur, pour connottre quelles étoient les dispositions de ce pénitent dans le temps de la tentation , lui demandera ce qu'il a uroit répondu à celui qui, lorsqu'il étoit agité, l'auroit interroge sur Farticle de foi qui lui faisoii de la peine.^ S'il dit, sans hésiter, qu'il auroit répondu sur-lechamp qu'il croyoit cet article, ou qu'il croyoit tout ce que FEglise propose de croire, on doit juger que le doute n'a pas été volontaire; mais si ce pénitent pa- KMt incertain de ce qu'il auroit répondu dans le mo-
â8 Du PREMIER ir
ment, parce qu^il étoit alors trop cLancelant, onpeot ^ prendre cette réponse pour un signe que le doute « a été volontaire, surtout si cet état de trouble ne id j^ faisoit pas beaucoup de peine. ^
Les doutes involontaires sur la foi, sont censés vo* * lontaires dans leur cause, et par conséquent criminels^ j^ lorsque en a été soi— même la cause; par exemple, , lorsqu^on y a donné occasion par la lecture faite sans ^ ^ nécessité des mauvais livres, par des discours trop '^ libres sur les matières de foi, par la fréquentation des hérétiques.
De Vohligation de professer extérieurement
la Foi.
lious avons dit que pour satisfaire au précepte de la foi, il ne sufBt pas dVn faire des actes intérieurs^ qu'ail faut encore, pour être sauvé, la professer extérieurement, et que cette obligation renferme nn double précepte, Furt afBrmatif et l'autre négatif : notis allons donner quelques détails sur ce sujet important. 1® Le précepte aflirmatif, qui nons commande de professer extérieurement notie foi, n^obiigepas toujours et en tout lieu, mais seulement lorsque la gloire de Dieu ou le salut du prochain y sont mtéressés et le demandent. Telle est la doctrine de saint Thomas ( a. 2. q. 3. a. a.) ; CoNjiteri fidem^ non semper^ veqiie in quolibet loco , est de necessitate saliUis ; Sed in aliquo loco et tempore : quando scilicet , pet omissionem hujus confessionis^ subtraheretur honor débitas Deo^ aut etiamutilitasproximisimpendendcu On y seroitdonc oWigé, si le silence ravissoit à Dieu rhonneur et la gloire qui lui sont dus, s'il donnoit
CoMnfATfDFMENT. TQ'
In hnjusmf%di casibus^ ajoute saint Thomas, \fessio Jidei est de necessUate salutis. C'est uâ oir que la foi exige de notre langue comme de re cœur, dit saint Augustin (^de Jid. et srmh. .): Fides ofjiciwn cocigit à nobis^ et corais^ et ItuB. Car^ ajoute ce saint docteur (Serm. 24.)^ î 11005 sert de croire de cœur pour obtenir la tice^ si ta bouche désm^oue les sentiinens du tr^ et nose les confesser pour obtenir le salut? cofiuneBt pourroit^on douter de retle importante ilé) apris la menace terrible que Jésus-^Clirist fait Quiconque le renoncera de^^ant les hommes , de renoncer aussi devant son Père qui est dans Ciel?
Unsi, lorsque est interrogé sur la foi par un juge K>sitaire de raulorité publique, on est iudispen-* lement obligé d^en faire hautement profession, dùtsexpoàer par— là à la perte de sa vie. Se taire alors^ 1 tiahir la vérité, c'est rougir de Jésus-Christ de ses paroles. Aussi, le pape Innocent XI a— t— il idamué la proposition suivante : Si à potcstate ^licd quis interrogetur , fidem ingénue corifiten\ Deo et fidei gtoriosum consulo; lacère^ ut pec^ ninosum per se non damno. Proposition que le rgé de France en 1700 a jugée scandaleuse, faércae , et ouvertement opposée au précepte de TEvan- ; et des apôtres.
D D^importe que la personne publique qui interroge t ou ne soit pas le juge légitime de celui qui est errogé, ni que Finterrogation se fasse en secret ou
public; parce que ne pas professer sa foi dans ; circonstances, c'est refuser à Dieu Thommage i lui est dû, rougir de sai religion, s'exposer au ril de renoncer sa foi, et scandaliser son prochain. On est encore obligé de professer extérieurement
foi, lorsqu'on a lieu d'appréhender, en se taisant, î passer pour impie j ou d'être censé au jugement 3^ personnes prudentes, nier impUciieraem la foi,
3o Di: ?r.FM:FR
et adliérer aux senlimens des infidèles et dos luTitlique^.
C'est nctre Chrélieu que de nom, et être indit^ férentpourla gloire de Dieu, que de ne pas s'oppo'Ser hautement à Paudace d'un païen ou d'un hérétique , qui publiquement se mocpieroit de la Coi de FËglise, vomiroit des outrages et dos impiétés contre Jésus- Christ, décLireroit ou fouleroit aux pieds les images des Suints. On est alors indispensablement obligé de professer la (bi , quand il en devroit coûter là vie. II est cependant nécessaire d'observer ici, que si le zèle pour la défense de la foi ne devoit aboutir qu'à lui auirer de plus grandes persécutions, il faudroit plutôt se taire que de les occasionner en s'opposant à ses ennemis 5 c'est ainsi que l'Eglise approuve la conduite que ses enfans tiennent aujourd'hui à Tunis, à Alger, à Consuntinople, et dans les pays de la domination des infidèles et des hérétiques.
Enfin, on doit professer sa foi lorsqu'on a des raisons fortes de croire que par cette confession on. opérera la conversion de qucl({ue infidèle ou hérétique qui auroit persisté dans Terreur, ou qu'on pourra confirmer dans la foi, des Catholiques qui l'auroient abandonnée. Si telle est alors l'obligation que la charité exige des simples fidèles , quelle doit être à plus forte raison celle que la justice demande des pasteurs^, qui doivent donner leur vie même pour leurs brebis!
a° Le précepte négatif qui nous défend de nier notre foi, oblige en tout temps ^ en sorte qu'il n'est jamais permis, même pour conserver sa vie, denier sa foi et sa religion , ou de feindre d'être d'une autre.
Nier extérieurement sa foi, est un péché très-* grief^ car, si le cœur est alors (faccordavec la bouche, on devient infidèle, apostat, ou hérétique : si l'on conserve la ibi dans le cœur, . lorsque la langue ne veut plus la reconnoitre, ou fait outrage à Dieu par ce détestable déguisement^ on déshonore TEglise et sa religion^ on scandalise son prochain.
On nie la foi , noa-sculcm^ut lorsqu'on refuse de
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reconnoUre les vérités quelle enseigne, mais encore lorsque, sans combattre ces vérités, ou aéclare sérieusement qu'on n^est pas Chrétien , qu^on n^est pas Catholique. C'est ce que nous fait remarquer saint Augustin ( Tract, no. in Joan. ) : Debemus advertere ^ dit ce Père, non soliim ab eo negari Christum^ qui dicil eum non esse Christwn^ sed ab illo etiam^ qui cian sii , negat se esse Christianum. Dominas enim non ait Petro^ disdpulum meum te negabisf sed , me negabis : negavit çrgo ipsum , ciun se ne^ gavit ejus discipuJum.
Celui qui se trouvant dans^un de ces pays où Ton ne regarae qu^avec mépris FÉglise romaine, y as— soreroit qu^il nVst pas Papiste^ doit être censé avoir nié sa foi : car, dès que les hérétiques se servent de ce terme odieux , pour désigner les Catholiques ^ leur dire qu^on n'est pas Papiste, c'est ne vouloir passe déclarer Catholique.
Cest aussi en quelque manière nier sa foi, que de Jouer ou approuver une fausse religion^ en oisant, par exemple , qu'on peut se sauver par quelque re— Êgion que ce soit.
Celui qui a fait un acte qui, dans l'opinion commune, est un signe d'apostasie^ qui, par exemple, a brillé de Fencens devant une idole , ou s'est soumis à des cérémonies qui indiquent qu'on adopte ou approuve les erreurs des hérétiques^ doit être censé avoir renoncé à la foi. Mab s'il n avoit fait que des actions qui, quoique propres aux infidèles ou aux hérétiques , peuvent avoir une autre fin que celle de professer une Êiusse religion, il ne devroit pas être taxé d'avoir voulu par ces actions renoncer à la religion catholique, à moins qu'il ne les eût faites en haine de cette religion , ou pour protester qu'il étoit de quelque &us5e secte. Cest sur ce principe que saint Paul permit aux fidèles de Corinthe, de manger des viandes immolées aux idoles , lorsqu'il n'eu pouvoit résulter ancuu scandale.
3a pO PREMlEli *
Ou peut coîîoUirc de là , qu'un CailmUqne qui , sans une véritable nécessité , mangeroit de Ja viande 9UX jours où elle est défeudue par FÉglise^ qui as— sisteroit aux assemblées des hérétiques, dans un État dofit le souverain^ en haine de la religion catholique, auroit déiëndn d^observer les jours d^abstineuce prescrits par rÉglise , ou ordonné de 3e trouver dans les temples aux assemblées des hérétiques, pour y faire preuve de la religion reçue; ou peut conclure, disje, que ce Catholique, par ces actions, auroit renoncé a la foi. Mais si, hors cette circonstance, un Catholique avoit, par exemple, dans un jour d^abstinence, mangé de la viande par gourmanaise, ou assisté à ces assemblées par pure curiosité, il ne devroit pas être censé avoir renoncé à la foi par ces actions, quoiquW ne puisse les excuser de péché.
On doit être censé nier sa foi, lorsqu'étant parmi
dans leurs temples : le tuil)an, qui est la marque des Mahométans ; le chapeau jaune dans les pays où il ost ordonné pour distinguer le Juif.
II nVst jamais permis à un Catholique de feindre d^ètrc d'aune autre religion, et de cacher sa foi, même pour sauver sa vie. Oiî ne demandoit pas à Eléazar de renoncer à sa religion^ ni de rien faire contre la loi; mais seulement de le feindre pour éviter la ihàtl. Cependant il refusa généreusement' 'de déférer au idonseil de ses amis ; et il préféra la mort i la honte' et au crime d'abandonner sa religion; tt Préférant une ff fDort pleine ûe gloire à une' vie trîmînelle, il alla tr volontairetnent et de lui— même au supplice; résolu et de ne rien faire contre la loi pour 1 amour de la tf vie, il répondit aussitôt , selon les ordonnaiicés do «r la loi sainte étsablie de Dieu , qu'il aimoit mieux rr descendre dans le tombeau , que de faire ce qu^ou ff lui prqposoit. Jaltirerois, disoitr-il, par cette feinte
dont.
COMSÀVDEMCKT. 33
ir dont faorois usé^ une tache honteuse sur-moi, ce tr feiécration des hommes sur ma YieiUesse : car , n aooique je me délivrasse présontement des supplices ft aes hommes^ je ne pourrois néanmoins fiiir la main * n du Tout—Puissant ^ ni pendant ma vie , ni après V ma mort, j*
Il fiiut lire sur cette question ce oue dit saint Cy— prîen^ dans ses lettres ( Litter. i5. ot. 5:i. ), et dans son traité de Lapsis^ où il blâme avec zèle ceux (jni , dans la persécution ^ avoient pris des billets des magistrats, pour prouver qu^ils av oient obéi aux édits fies empereurs par lesquels il étoit ordonné à tous les Chrétiens de sacrifier aux idoles^ qu€>ique réellement ib ne Teussent pas fait. Ce crime parut si grand à Ce saint évèque<, qu^il condamna à la pénitence public|ne ivux qui y étoient tombés.
L) après cette règle, que doit-on penser des sentîmeus des confesseurs , des prédicateurs , des docteurs, des pasteurs qui, par crainte, ou par une criminellci compkiisancc pour ceux dont ils veulent ménager l.i protection, la iâveur, les bonnes grâces et Tamiliéj ou enfin, qui, par un asservissement honteux à la morale relâchée, qu'ils ne craignent point d'adopter et de soutenir , ne rougissent pas de renverser L-E^ vangile de Jésus^Christ.
Jugeons par la même règle, comment nous devons regarder ces lâches et mauvais Chrétiens , qui n'osent marquer leur indignation, ni s'opposer lorsqu'ils le peuvent faire , aux incrédules et aux libertins, quand ceux-ci ont l'audace de tourner en ridicule les choses saintes , de se moquer des cérémonies de l'Eglise et des ministres des saints autels»
Impies, dont la langue n'épargne rien sur la terre, et dont la bouche insolente ose attaquer le ciel même, en vomissant des blasphèmes contre le Seigneur. Impies, qui font gloire de traiter avec profanation les choses de Dieu , de parler insolemment de nos mystères, de se jouer des plus horribles sacrilèges, et Tome IV* C
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d'employier ce quHi y â de plus saint et de plus èhm à leur arnusemeiiL Scenam de cœlo faciurU^ ei Deus noster Indus est. Impies, que Ton voit s'ap^
Slaudir continuellement de leurs détestables railleries-t s raillent des personnes de. pieté , et cela détourne les esprits foibles de la voie de Dieu : ils raillent des pàstetu's des âmes^ des pontifes du Seigneur, des vicaires mêmes de Jésus^Christ ; et cela avilit leur autorité, et les empêche de glorifier Dieu dans leur ministère : ils raillent des prédicateurs et des prédis cations, et par-là ils font abandonner la divine parole: ils raillent des dévotions de TEglise, les traitant de crédulité , d^imagination et de vision , dans les peuples qui les pratiquent^ et cela tourne au mépris de FEglisé , qui autorise ces actes de piélé : ils raillent (le la fréquentation des Sacremens, des Sacremens mêmes, et de là vient que ces sources de grâces^ ces remèdes salutaires sont négligés, méprisés, profanés* Impies, qui prononcent des malédictions contre tout ce qu'ils ignorent : Quœcumque ignorant ^ hlas^ phemant ] qui corrompent artificieusemeiit la foi par leurs discours téméraires ^ qui traduisent en ridicule la religion et la vertu ; qui blasphèment contre la n)oie de la mérité ^ qui tiennent des discours pleins d^ orgueil et de folie^ en se glorifiant d'avoir quitté le droit chemin^ et des grands progrès qu ils font faire à timpiélé.
Cependant on les écoute volontiers , sans se sou-* cier du péril où Ton expose sa conscience et sa foi ^ sans se mettre en peine des outrages faits à Dieu , sans s'effrayer des progrès que leurs discours fout faire à Tirréligion : et ou n'ose prendre le parti de Jésus^Cbrist', ni marquer son attachement pour la vérité. Que la religion soit en danger^ que TElglise de Jésus—Christ soit humiliée, quelle soit méprisée, ' insultée, on n en est nullement ému^ on se tient en paix^ dn entend tout, on souffre tout, on ne s'élève ^Cir rien^ c'est, à ce qu'il semble, une sagesse de se
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taire ; comme si dans la cause de Dieu ^ font liomme ti'àoit pas né soldat; comme si jamais il ëtoit permis a des eofaiis de rester neutres entre leur mère et ses ennemis; à des sujets^ entre leur prince légitime eC des peuples révoltés; k des Chrétiens et à des Ca-^ thoIi(fues, entre TEglise et des rebelles qui lui dé-* cfaii^ent le sein.
Or^ est-ce là ce que saint Paul nous recommande^ lorsgu^il nous enseigne que, pour acquérir la justice chrétienne et pour parvenir au salut , il faut deux choses^ croire dans le cœur^ et faire au dehors pr^^ fession de sa créance : Corde creditur ad justi^ iiam , etc. P ITest— ce pas plutôt désavouer so foi dans la pratique, et en rougir devant les hommes f^ Ne nous faisons donc point illusion; la profession ds notre foi, et Fhonneur qu^en retire la religion, est pour nous d^un devoir tellement rigoureux, que nous ne pouvons y manquer sans en devenir responsables^ tt: à Dieu, et à FÈglise, et à toute la société des fuléles. Si nous sommes Catholiques, soyons-^le pleine^ ment, en faisant gloire de fétre : cest ne Tétre qu^à demi, que de ne le vouloir pas paroitre. J^ai cru^ disoit le prophète roi ; mais je ne m^en suis pas teon là; je B^ai point cherché à déguiser mes sentimens^ ni ma créance; je n^ai point eu peur quW en fut instruit et qu^on les connût; mais dans la persuasioa où jai été et où je suis encore, que je devois cet liommagcà la vérité, je m'en suis expliqué dans tous mes discours et dans toute ma conduite : Credtdi^ prùpier quod lociUus sum.
Puisque, dit saint Paul, nous avons le même esprit de la foi, suivant celte parole de FEcriture^ J'ai cru^ c'est pourquoi fai parlé ^ nous croyons ^ussi , et c^est ce qui nous fait aussi parler : Habenles autem ewndeni spirituni fidei ^ sicut scriptum est : credidi^ pr opter quod locutus sumf et nos cre^ dintus^ pr opter quod et loquirnur.
• Jtt est quelquefois* très— utile, ^t même nécessaÎM^
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i3e disputer contre les hérétiques ^ comme les Saints fout tait souvent ^ pour soutenir et pour défendre la vérité : Oportct adjidei conjirmationem ^ aliqiiando 4)um injidelihus disputare ^ dit saint Thomas ( a. 2. <f. 10. a. 7*); quandoque quidem^ defendendo jidem^ qunndàque aritem^ ad convincendas erroreSé Mais il faut être attentif à ne pas le faire sans né< cessité, ou sans une utilité évidente; parce crue le plus souvent les hérétiques n^entrent pas es cuspuie pour s^éclaîrcir de la vérité ^ mais seulement pour faire croire aux peuples quHls en ont eu le dessein , el quW u^a pu les convaincre d'erreur; d^où il urive ^souvent que ces disputes ne produisent d'autres eflfeti
Îie ceux dont parle Tertuiiien (^L de prœscr. c. 1 5.) .* ïrmos quidem fatigant ^ infirmos capiuni^ médias cum scrupulo dimittunt.
C'est aux lèvres du prêtre^ qui sont véritable^ ment dépositaires de la science^ que sont réservées ces sortes de disputes, lorsnuVlIcs sont nécessaires; -xnais ils doivent être attentifs à ne point les entre— prendre sans le consentement de leur évêque.
A regard des laïques, il leur est défendu dans le Droit, sous peine d'excommunication ( Ckip. Qui-^ cianque. de hœret. in 6.), de disputer des vérités de la fol, soit en particulier, soit en public Mais il faut remarquer, i. que cette excommunication n^est que comminatoire \ a. que plusieurs docteurs pensent ^'elle ne regarde pas le cas où au défaut aecclé— siastiques capables de combattre et d'instruire les hérétiques, on ne trouveroit que des laïques savans dans fa foi, et en état d'entrer en dispute avec ces frères errans^ surtout s'il étoit à craindre que ces 4lerniers ne séduisissent les simples par leurs artifices et leurs chicanes ^ et qu'il fut nécessaire de rassiu-er les foibles contre leurs subtilités et leur mauvaise foi« Il faut empêcher, dit saint Tliomas (3. 2. q. lo. a. 9*), les simples et les foibles dans la foi, de cdOY^rs^r sans nécessité avec les infidèles^ et prim*
ConnrrjiviycBrEirT. 3j
cipaIeBia:lt d'entretenir aucune familiarité avec eux» iSIf auiem sint simpkces , et injirmi in fide , de quo^ rum subf^ersione orobabditer limer i possit^ prohi-^ bendi sont ab injideliuni communionef et prœeipué ne magnam /amiliariêatem cum eis hakeant.
UEguse a toujours défendu^ sous de grandes peines^ ks livres hérébques et impies, comme om source^ d'erreurs et de doutes contre la foi, de lifiertinago* et d'athéisme, et dune infinité de péchés contre Uk îeligioa. Inexpérience n'en donne que trop de prenves» scandaleuses et dignes de larmes* On voit de tous^ côtés les ravages causés par la licence que presqua^ tout le monde se donne de lire sans permission les^ £?res qui attaquent 1»' foi et la religion. Il est dut devoir des pasteurs et des confesseurs de faire, sentip: à ceux qu^its conduisent, de quelle importance est. pour leor salut k défense de ces^ sortes de lectures^ de leur apprendre qu'ils ne peuvent demander la» permissicm de lire ces ouvrages pernicieux ^ que lors-* que leur emploi, ou quelque cause légitime les y obGçe^ que s'ils la soUicitent uniquement pour sa-» ûsÊore leur curiosité , ou par quelque mauvaise in^ tention^ ils ne peuvent s en servir, au cas qu'ilsc f obtiennent, sans se rendre coupables devant IXieu,| et sans agir contre Eintentioa de TEgliise*
Des Péchés opposés à la Fou
JNout ne parlerons ici que des péchés tellement opposés à la foi^ qu'ils ne peuvent en aucune ma— ^ niere compatir oans Fâme avec la foi habituelle,, efc aulis Fen bannissent entièrement- Telles sont Fia—^ fidâité et Tapostasie.
I. Kou8 entendcms ici par infidélité, ceBe que les liiâ>to^ens appellent positive ^ et dont sont coupables^
' ceux qui ne veulent croire aucuaai