‹ Instructions sur le rituel (volume 2)Chapitre 8 sur 90 · De PREMIER · texte numérisé non relu

De PREMIER

des vérités que la foi nous enseigne, mais encore ceux qui nient quelqu'une des vérile's révélées, ou qui enseignent une doctrine contraire à la foi. On distingue plusieurs sortes d'infidélités : le pa-^

fanisme, le mahomélisme , le judaïsme, et Thérésie. iC paganisme est Finfidélité de ceux qui rejettent entièrement tout ce que la foi nous enseigne; qui ne Veulent reconnoître ni fanciett, ni le nouveau Tes—

et la venue d\ idoles ou faux I lu paganisme, ne connoit point de Dieu; et le déisme, qui s^en forme d'imaginaires.

Le mahomélisme admet Pùnité de Dieu; mais quoi-*

Su'il ait adopté quelques cérémonies de la religion es Juifs, il rejette néanmoins l'ancien et le nouveau Testament, et regarde comme une rêverie, la loi aa Messie et au rédempteur de tous les hommes. ' Le judaïsme ne reçoit que l'ancien Testament , rejette le nouveau, et attend le Messie, ne voulant pa^ reconnoître qu'il soit venu.

L'hérésie est rînfidéfité de ceux qui, faisant profession de recevoir Fancien et le nouveau Testament^ ne se soumettent cependant qua celles des vérités de la foi qu'il leur plaît de croii'e , et rejettent les autres; quelquefois même ils osent introduire de nouveaux articles de foi. Système entièrement opposé à la religion çàtholiqi^e, qui fait profession de ne croire que ce que Dieu a révélé à son Eglise, et de le croire généralement et sans aucune réserve. Nihil ex nostro erhiirio indueere Hcet^ dit Tertullien (t. de Prœscr. c. 6. ) , sed nec eU^ere çuod aliquis de arhitrio $uo induxerit.

On peut définir ITiérésie, une erreur volontaire opposée à quelque article de foi que PEglise nou^ propose de croire, el soutenue avec opiniâtreté par une personne qui fait profession du Christianisme. -

Laéràie e§t une erreur y un jugement de fenieu*

àsméhty qurcrott qu^une chose véritable est fausse, oo qu une chose fausse est véritable. Nous ajoutons que c^est une erreur volontaire^ parce que Thermie est uii péché énorme : or, il n^ a point de péché <jui ne soit volontaire^ ainsi, l'on n^est pa^ hérétique, SI Ton n^est pas volontairement oppose aux vérités catholiques.

Pour, être coupable (Thérésie, il faut que celui qui soutient une erreur , la. détende avec opiniâtreté : c'est la remarque de saint Augustin ( Ep. 43. )• Qui sen^ tentiam suam^ quann^is falsam atque perversam^

nuUd pertinaci animositale défendant corrigi

parati cian verum invenerint.... nequaquàm sunt inler hœreticos deputandu Cest pourquoi on ne doit point regarder comme coupable d^hérésie, celui qur, par une ignorance grossière, ou par défaut de juge*-* ment, a une opinion contraire k la foi, s'il nVst pas opiniâtrement attadié à son erreur. Errare poiero^ disoit saint Augusdn , sed hœreticus non ero ; parce

3uHl étoit toujours prêt à se soumettre au jugement e FEglise. Amsi , lorsque nous disons quW ne doit pas re^rder comme coupable d'hérésie celai qui est dans 1 erreur, c'est toujours en le supposant dans la sincère volonté de renoncer à son erreur, lorsque la voix de FËglise la lui fera connoitre, et lui apprendra que son sentiment est contraire à quelque vérité de loi. Mais si, outre cette ignorance affectée, H étoit encore dans la résolution de ne point croirez, Quand même son opinion se trouveroit contraire à la docnîne de d'Eglise, abrs 6n ne pourroit. l'excuser d'hérésie , à cause de son opiniâtreté dans son* erreur^ et de f injure qu'il feroit à l'Eglise, en jugeant qu'elle peut se tromper : car, selon la doctrine de saint Thomas, on est censé opiniâti*e dans son erreur, lorsqu'on la soutient sachant qu'eUe est contraire au jugement* de FEgKse, soit qu'on nie qu'elle ait décidé, quoiqu'on connoisse qu'eUe a parlé, soit qu'on mé-prise aa décision.

4o Du PREKICR •

Ainsi ^ on doit regai^der comme hà^éuqnes ^ i ^ cetbt qui étant attachés a une secte, font profession de 2*ejeter la doctrine y Tautorite et les pratiques de i^E^ glise ; Dk^ ceux qui sont tellement atèachés à one opinion, qu'ils sont résolus de ne la jamais rétracter^ quand même lIEglisela condamneroit : 3^ ceux qui^ par des formalités inutiles, et même difficiles et im*possibles à remplir, dont ils veulent que tes juge— ixiens del^glise soient reyêtus, pour exiger notre soo» iTiission, osent se réserver un moyen db dire qu^elIe jia pas parlé ^ ^ ceux qm, même après la décision de FËglise, répondent quUs sont prêts à se soumettre,, pourvu quW leur fasse voir par de bonnes et solides maisons, qu^ik sont dans Terreur^ 5*^ ceux qui croient les articles de notre foi, non parce que FËglise les leur propose et ordonne de les croire ^ mais à cause de Tévidence des raisons qui leur eu persuadent la vérité; résolus d^ailleurs de ne pas croire ces articles de foi, s^ils ne leur étoient pas démontrés; 6^ ceux qui doutent volontairement des vérités que TEglise leur ordonne de croire, soit en les jugeant incertaines ^ soit en suspendant leur consentement à ces vérités, à cause de certains motifs, contraires cependant à la foi, qui les eHraient et les empêchent de se soumettre. Douter d^une vérité que FËglise propose et ordonne de croire \ céder à la crainte qu^dile ne se soit trompée dans sa décision ^ c^est refuser de croire les promesses de Jésus— Christ ^ qui lui assurent son infaillibilité*

Enfin ^ nous avons dit que Fhâ'ésie est une erremr soutenue par une personne qui fait -profession du Christianisme^ ou de croire en Jésus— Christ. C^est }^urquoi saint Augustin (/. i8* de Civii. Dei. c. 5i.) dit que les hérétiques sont ceux qui, sub vocabulo chrislianOj docirime resisluni christiame»

Si cette erreur regarde toute la foi catholique en général ^ c'est une apostteie ; si elle ne regarde qu'un &eui, ou quelques articles de foi, c'est une nérésie; en

tîVst^ on ne peut pas é&re alors que celui qui ne me qu un seul ou quelques articles seulement, ait con* serve la foi^ car^ s^il admet les autres articles, cVst parce qui! trouve raisonnable de les admettre ^ et non parce que TEglise les lui propose comme révélés de Dieu.

On excuse dliérésiç celui qui, avant que l^lise ait prononcé son jugement sur une question, a dé* clare qui! soumet son sentiment à la décision de FEglise ^ parce qu^on présume alors qu^il a parlé sin— ^ cèremenL Si par ignorance il a soutenu une doctrine qui n^est pas orthodoxe, la disposition de son ccrar )e rend Catholique par avance. G^estle jugement qu^en porte saint Augustin (/• 3* de orig. an. c. i5«)/ Jbsit aulem , dit ce saint docteur ^ ui te arbitrer is^ hœc opinando^ àjide cathoUcd recessisse^ quamvis ea sint Jidei adversa ccuhoUccé^ si coràm Deo^ cujus in nullius corde oculus falUtur^ veracUer dixisse respicis.... studere te semper etîant pro^ priant senlentiam non tueri^ éi improhabilis de— tegalur : eo quod sit tibi cordi^ proprio damnato judicio^ meliora magis^ et quœ sunt veriora sec^ tarL Iste quippè animas , etiam in dictis per igno-* raiitiam non catholicis ,- ipsd est correctionis pra> meditatione ac prœparatione cathoUcus.

Telle est encore la doctrine de saint Thomas , qui,

2irès avoir cité les paroles de la lettre 43 de saint ugustin, que nous avons rapportées, dit qu^on ne peut re^farder comme hérétiques ceux qui ont avancé des erreurs dans des matières de foi, que l^lise nWoit pas encore décidées : et voici la raison qu^il en donne ( s. :i. </• ii. a. a.) : Quia scilicet non %ar bent electionem conlradîcentem Ecclesiœ doctrinal» Quoique celui qui est prêt à réli*acter son erreur| lorsqu^il saura qu'elle est condamnée par FEglise, ne toit pas hérétique; il n^est pas cependant sans péch^ à son erreur vient d^un ignorance crasse et aUectéei dans laquelle il se trouve par sa faute, ignorant Ci ^'û doit savoir et qu^il a pu apprendre*

4^1 Du PREMIER

Un homme peut n^être hérétique quHntérieuremisat^ et sans se faire connoitre tel : il ne Test qu^exté-i> rieurement, lorsque les signes qu^il en donne , n^ viennent pas d'un esprit hérétique : il Test intérieu-* ment et extérieurement , s'il adhère avec opiniâtreté h quelque erreur contraire à la foi, en se déclarant au d^ors.

Ceiui qui par légèreté, par complaisance, par crainte, ou quelqu'autre mauvais motif, donneroit des signes extérieurs dliérésie, et qui néanmoins conserveroit intérieurement la foi, pécheroit mor-^ tellement, et pourroit être regardé comme un mau* Tais Chrétien^ mais il ne seroit pas proprement hérétique.

2. L'apostasie dont nous parlons iciy est Tentier abandon qu'une personne baptisée fait de la foi en Jésus— Christ, pour professer le judaïsme, le paganisme, le mahométisme, ou Pathébme.

Lapostasie est un pédié plus énorme encore que Finiidélité du Juif, du Païen , du Mahométan ^ parcQ que , suivant la remarque de saint Augustin ( Lih. si.ae Civit. Dei. c. aS. ), un déserteur de la foi est pire que celui qui ne Fa jamais reçue : Ciim pejor sii desertor fidei^ et èœ desertore oppugnaior efus effectus^ quàm ille qui non deseruit quant nun^ quàm tenuiU Aussi Tapôtre saint Pierre dit qu'il est jfflus avcmtageuac de n^ai^oir point connu la voim de la justice^ que de retourner en arrière après Tavoir connue.

On distingue trois sortes d'apostasies de la foi« Loi première est purement intérieure ^ c'est celle des personnes qui renoncent dans le cœur à la foi en Jésus ^ Christ, sans le manifester au dehors en aucune manièie. Telle est celle des athées, qui vivent comme des Chrétiens, et qui n'ont dans Fànie (aucune religiou.

» La seconde est purement extérieure \ c'est celle des {personnes qui fout semblant ou feignent d'ei^brassar

CoMIMrAKDFMENT. 4^

wie Êu9se religion, sans renoncer intériairement à celle de Jésus- Clhrist^ ainsi que font plusieurs Ghrétiens ) lorsou^iis sont pris par les infidèles.

La troisième est intérieure et extérieure tout ensemble; cVst celle des personnes qui prouvent par leurs actions, qu'ils ont intérieurement renoncé à la foi de Jésus— Christ ; comme faisoient dans les premiers siècles de FEglise, quelques Chrétiens lâches qui retournoient au paganisme.

De VEspérance.

J-j^ESPÉnANCE est une venu théologale par laquelle nous aueiidons avec confiance et certitude, de la bonté infinie de Dieu , la béatitude éternelle , et les moj'cns dy parvenir.

L'espérance est une vertu ^ une habitude surnaturelle, qtie nous ne pouvons avoir de nous— mêmes ^ c'est Dieu qui la répand dans nos âmes. Saint Paul écrivant aux Romains, prie por.r eux, qtie le Dieu qui est Fauteur de r espérance^ les remplisse de toute sorte de joie ^ et quHl leur donne abondam^ ment sa paix dans lu foi ^ afin qu'ils soient en— richis de Pespérance et de la vertu du Saint-^ Esprit.

Nous disons que Pespérance est une vertu théolo^ gale^ parce qu^elle regarde Dieu, comme notre fin dernièpe qui doit faire notre bonheur éternel; et comme la cause efficiente de notre salut, que nous ne pofiveu5 opérer sans le secours de sa grâce.

Par Pespérance nous attendons la béatitude éternelle : car. Pacte propre de 1 espérance est un désir eflicace d'obtenir la béatitude, que nous concevons rtre un bien difficile à avoir , auquel cependant nous pouvons arriver; car on n'espère point, dit saint Ihomas, ce quon juge ne pouvoir acquérir. Nullus

44 C^ PREIHIE»

moi^etur ad hoc quod estimcU impàsstbile adijrisi Par l'espérance nous atlendoQS la béatitude éta Mette avec coniiance et certitude. Elle est pour nou dit saini Paul ( Hebr. 6. i8. iQ* )) uf» puissm motif de consolation^ dans les diHerentes pemes afflictions de cette vie : toute notre ressource est € nous attacher fermement à V espérance qui wh a été proposée^ comme à une ancre sciidé^ai met notre âme en sûreté^ qui la rend iHebranlao au milieu des troubles et des agitations.

ITous attendons aussi les secours et les moyens néca saires pour parvenir à la vie éternelle ; puisque la v éterf telle est le don de la grâce de JXeu^ pi Jésus^Christ notre Seigneur^ dit saint Paul ai Ilomains : et telle est la confiance que nous avoi en Dieu par Jésus— Christ ^ car nous ne sommes p capables de concevoir par nous-mêmes aueui bonne pensée^ comme venant de uous^ ajoute < grand apôtre, parlant aux Corinthiens : mais ton notre capacité vient de Dieu. Si nous étions ass* téméraires pour croire pouvoir obtenir la béaûtuc

Ear nos propres forces , sans la grâce et sans faire < onnes œuvres, notre espérance seroit vaine et m pure présomption. Il faut donc attendre de Dieu I secours et les moyens nécessaires pour obtenir la v étemelle, c^est— à— dire, les grâces qui nous sont dog Bées par Jésus-Christ, pour être justes et pourfaû de bonnes œuvres; car nous devons aussi coopér a la grâce de Dieu, pour mériter la vie éterôdl iSï quelqu^un dit que le libre arbitre mu et eopci de Dieu , en donnant son consentement à Dieu q\ t excite et qui V appelle^ ne coopère en rien à ; préparer et à se mettre en état d'obtenir la gréU de . la justification } et qiCil ne peut refuser se consentement^ sUl le veut; mais qiCil est comn quelque chose dinanimé^ sans rien faire ^ et pu rement passif : quHl soit anathême , dit le couci de Trente (Sess. 6. can. 4* ^^ Justif.)

Commandement. 45

Par Fespérance nous pouvons même attendre de Dieu les biens temporels, comme des moyens qui peuvent servir à nous faire arriver à la béatitude éternelle. Car nous pouvons espérer de Dieu tout ce fme nous lui demapdons dans la prière que Jésus-* Christ nous a enseignée^ et c'est Dieu qui nous donne ces biens : mais nous iie pouvons ni les souhaiter^ ni les demander, que relativement au salut, c'est— i-dire^ autant que Dieu juge qu'ils peuvent contribuer à nous Tobtenir.

.Nous avons dit que nous attendons la vie étef'* nelle par le secours de Dieu ^ car il n'est pas possible aj parvenir par les seules forces de la natore. Cest pourquoi ou dit mieux nous attendons que nous tspéronSy parce que, comme l'observe saint Thomas (i. %• q. \o. a. 2 >'. Quod aliquis sperat per propriam virtutcm c -ipisci^ non dicitur expectare^ sed sperare tauinn: ; cd propriè dicitur cxpectare^ ijuoa sperat ex nnxillo virtntis nlienœ.

L'espérance a i\y.\c p')nr objet propre et principal b bàititude éleri^-ile, q li consiste .à. posséder Dieu. Les antres biens sj)n iincls et temporels,' en; tant quils nous sont utiles pt>ur le snlut, sont son objet moins principal. Spes pvincipaUter quidem respicU bea-titudinem œternam^ dit saint Thomas (2. 2. q, 17. a. 2.); alla ucro quœ petuntur à Deo^ respicU secondario in ordine ad bentitudinem œternam»

Si nous voulons ouvrir les livres de l'ancien et du nouveau Testament, nous y verrons quelle est Fo- U^tion que Dieu nous impose d'espérer en sa bonté: il seroît difficile de recueillir ici tout ce qu'ils nous en disent. A^oa^ qui craignez le Seigneui^^ espérez en lui^ nous dit l Esprit-Saint ( Eccle. 2. 9.), et sa miséricorde viendra vous combler de joie. Aussi uint Paul, nous recommande— t— il ( ^(?/>r. 10. aS. ) de conseri^er inviolahlement Vespérance que nous W)ns dans les promesses du Seigneur j puisque i ^qui nous les a faites^ est JiàiU.' Telle eij|f

^6 Du PRBMIËH

encore la doctrine qu^eDseigne Tapôtre saint Pierre ( I. Ep. 5. V. 7.)^ lorsqu'il nous dit de Jeter danÉ le sein de Dieu toutes nos inquiétudes et nos peines f parce qiCU prend soin lui-même de nous. C'est pourquoi le Sage demandoit quW lui montrât quel* qu^un dans toutes les natioQS^ qui s^étant abandonné au Seigneur, en obéissant à sa loi, en eût été rejeter Scitote^ quia nuUus speravit in domino , et confusus est* Quis enim permansit in mandatis ejus , et derelictus est P Aut quis in{>ocavit eum , et despexU iUum {Eccle. 2. 11. 12.)/*

Mais remarquons, et surtout ne Toublions jamais^ si nous voulons e'viter les erreurs des faux mystii» eues sur cette importante matière, que si nous tious abandonnons à Dieu, dans cette persuasion que notre salut n'est jamais tant en sûreté, que lorsque nous remettons notre sort enlre ses mains; cet abandon est un abandon de confiance , comme dit saint Fran«« çois de Sales; un abandon d'un enfant docile, entre les mains d'un père d'une bonté et d'une sagesse infinies, et non un abandon de désespoir; ce n'esl point, dis-je, l'abandon d'une âme qui, pour marquer son amour à Dieu, ose renoncer au sort de ses en« fans ; et qui fait consister sa perfection , à ne désirer ni craindre les biens et les maux que les Saints ont désirés et craints.

Quoique rcs|>érance ait toujours le mbaie objet ^ elle n^est pas la même dans tous les Chrétiens. Elle est accompagnée de la charité dans les uns; elle en est séparée dans les autres. Lorsque Fespérance est séparée de l'amour de Dieu, elle est imparfaite, in-^ forme, insufiisante. Elle se trouve dans les Chrétiens qui ont perdu la charité par le péché, si ce péché n^est pas celui du désespoir. Le concile de Trente ^ en nous parlant de ceux qui se disposent à la jus* tUication , nous enseigne ( Sess. 6. c. 6. de Justif. ) que fespérance peut être dans les pécheurs , quoique «privés xle la charité. Si fespéfcince agit quelquefois sans

CoatMAtlDEMËlfT. 47

fa charité ^ ces œuvres, quoique surnaturelles , tiesoat qa^des dispositions à la justiiication^ et elles ne peuvent mériter la vie ëieruelle. Lorsque Tespérauce est ac-* compagnée de Tamour de Dieu, c'est une espérance we , comme Tappelle saint Pierre ^ et elle nous établit dans une confiance qui ne nous trompe pas, dit saintPauI: &P€S autem non confondu , quia charitas Dei dif^ fusa est in cordibus nostris.

L^espérance nous fait attendre avec confiance et certUude^ la béatitude éternelle ^ lorsque nous considérons quelle est fondée sur la promesse de Dieu ^ qui ne peut et ne veut point nous tromper^ sur ta toote^puissance, sur sa oonlé, sur sa miséricorde^ ior les mérites de Jésus— Christ, qui n^est veau sur h terre , et qui n^est mort que pour nous sauver. Scia €ui credidi^ disoit saint Paul; et certus sum^ quia potens est depositum meum seruare* Ainsi, Tespé— rance suppose en nous une conviction causée par U foi, laquelle nous assure que Dieu , qui est une source inépuisable de bonté, nous conduira à la béatitude étemelle quil nous a promise, si nous sommes d^ dèles à sa grâce. Deus enim^ nisi ipsi {hofuinesy iUius grcuiœ defuerint^ sicut cœpit opus boniun^ ità perficiet ^ dit le concile de Trente (^Sess. 6. cap^ i3. de Justif. )•

Mais la confiance avec laquelle nous attendons ce

Se Dieu nous a promis , doit être mêlée de crainte^ sque nous faisons attention que nous pouvons manquer à ce que Dieu demande de nous pour ar-* river à TefFet de ses promesses ; et que nul ne sait ifil est digne damour ou de haine , et s'il perses Tttera jusqu^à la fin. Cest pourquoi le concile de Trente ( ihid) nous dit «f que personne ne peut se w promettre rien de certain s?ur le salut, d'une cer- <r titude absolue, quoique tous doivent mettre et éta- «î blir une confiauce très— ferme dans le secours de *» Dieu : mais cependant, ajoute ce concile avec saint «Piiul| que ceux qui vr oient ctre debout ^ prcn-^

i(S Du PREMIER

w nent garde de ne pas tomber ^ et qnils tra vailIeDt , re i leur salut ^ avec crainte et tremblement ^ dans les ff travaux^ dans les veilles^ dans les aumônes , dnns les rr prières^ dans les oiTranues, dans les jeûnes , dans la er pureté : Car^ sadiant que leur renaissance ne les fc met pas encore dans la possession de la gloire ^ ce mais seulement dans Fespérancç de Fobtenir^ ils ont er sujet d'appréhender pour le combat qui leur reste te a soutenir contre le démon ^ le monde ^ et la chair; er dans leauel ils ne peuvent être victorieux^ s^ls ne fc se conforment) avec la crâce de Dieu, aux sen«^ [ rr tioiens de saint Paul, qui nous dit : Que ce ri est rr pas à la chair que nous sommes redevables^ f f pour vivre selon la chair ; que si nous vivons f r selon la chair , nous mourrons ; mais que si ce nous mortifions par l'esprit les œuvres de la f f chair , nous vivrons. "

Cest donc être téméraire, que de se flatter qu'on, obtiendra certainement le salut, puisque nous pouvons empêcher par notre faute, Taccomplissement aes pro-^ messes de Dieu en notre ' faveur ; mais nous devons espérer et attendre avec une grande confiance , de la ' bonté et de la toute-puissance de Dieu, les grâces ' et les secours nécessaires pour être justes en sa pré- ' sence, et pour &ire les bonnes œuvres qui nous, obtiendront le salut. Confiance qui n^exclut pas toute crainte, et qui n^exclut que le desespoir. Qui liment ^ Dominum^ speraverunt in Domino^ dit le roipro« '^ phète.

Nous devons mettre notre espérance en Dieu seuL * Ecoutons ce que nous en dit le prophète Jérémie ( Cap. 17. V. 5. 6. 7. ) y Voici ce que dit le Sei-^ gneur : maudit est Vhomme qui met toute sa con^ Jiance en fhomme ; qui choisit pour appui un bras de chair ^ et dont le cœur se retire du Seigneur. Il sera semblable à la bruj ère ^ qui est toujoui^ste- ] rile dans le désert^ et il ne verra point, le bien . oue Pieu d^svera a ses jEidèlea serviteurs, lorsqu^if

€H arrivera

G0HMÀ5DEMEVT 49

en arrivera; mais il demeurera dans la sécheresse^ dans une terre brûlée et inhabitable , où il ne portera aucun fruit. Au contraire, heureux Phomme ui met sa eonfiance au Seigneur ^ et dont le \eisneur est Vespérance.

Il faut cependant observer que^ quoique nous ne devions espérer quen Dieu seul, comme première et principale cause de notre béatitude, nous pouvous néanmoins espérer en quelques créatures, eu tant qu'elles contribuent en quelque manière à nous ob— teoir de Dieu celte béatitude : c'est pourquoi nous nous adressons aux Anges et aux Saints, pour ob^ tenir de Dieu les grâces qui nous sont necossHÎrrs. Cest la remarque de saint Thomas (2. a. q, 1 7. a. /\.)n Liçet autem sperare de aliquo homine^ vcL de aliqud creaturâ^ sicut de agenie secwidario et ifhtrumentali , pcr quod aliquis adjuvatur ad quœcumque bona consequenda in beatitudincm ordinalai et hoc modo ad Sanctos convier tinuir^ et ab omnibus etiam aliqua pelimus.

U est nécessaire de nécessité de moyen et de précepte aux adultes, de produire des actes intérieurs d'espérance dans le cours de leiu: vie, pour être sauvés. Nous ne rassemblerons point ici tous les textes des livres sacrés, qui nous avertissent de Tobligaliou de mettre en Dieu toute notre espérance : ceux que nous avons rapportés, nous démontrent celte importante vérité 5 un plus long détail nous mèneroit trop loin. En combien dendroits de l^ Ecriture nous tst-'il commandé de croire et d espérer en Dieu ^ nous dit saint Augustin ( Tract. 83. in Joan. ) F la nombre en est si grand , qu^il seroit comme im^ fossible de les ramasser tous , et de les rapporter* avec eocactitude.

Mais nous ajouterons que^dès— là qu il est certain

qac Dieu nous ordonne d'espérer en lui, on doit

iidlspensablemcnt en conclure la nécessité de faire

<ks actes d^espérançe dans le cours de la vie^ poujr

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