‹ Instructions sur le rituel (volume 3)Chapitre 35 sur 42 · OU DE LA LOI DE DIEU · texte numérisé non relu

OU DE LA LOI DE DIEU

Xjr Décalogue est un abrégé de ce que nous devons faire, comme le symbole est un abrégé de ce que nous devons croire, et Toraison dominicale , un abrégé de ce que nous devons demander à Dieu. Cest une règle sûre et droite , à laquelle nous devons conformer nos mœurs et nos actions , si nous voulons qu'elle^ soient justes et saintes. C'est une instruction salutaire sur laquelle il faut nécessairement conformer notre vie et notre conduite, pour arriver à la gloire éternelle que Pieu a préparée i ses élus.

En un mot, le décalogue est Fabr^é de toutes les lois , legufn omnium summa et epitame , dit saint Augustin; c'est un abrégé des lois de Dieu contenues dans les saintes Ecritures, qui présente les devoirs de liiomme envers Dieu et envers le prochain»

Cest pourquoi, dit le catéchisme du concile de Trente, les pasteurs doivent s^appliquer continuelle^ ment à méditer le décalogue , non-seulement afin d'en faire la règle de leur vie, mais encore a&n d*y puiser les instructions nécessaires aux fidèles dont la cenduite leur est confiée : car les lèvres du prêtre seront les dépositaires de la science , dit Dieu , par un de sa prophètes ( Mal. a. 7. )i et c'est de sa bouche que ïen recherchera la connoissance de la loi^ parce quil

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est Fange du Seigneur des armées^ son ambassadeur vers les hommes , et rinterprète de ses volontés. G^eu sur-tout aux prêtres et aux pasteurs de la loi nouvelle^que 5* adressent ces paroles dg prophète, ajoute le catéchisme du concile )ie ministère de P esprit et de la justice quib exercent, éi^wi incomparablement plus glorieux qoe celui de l'ancienne alliance. Le même Dieu qui commandaque la lumière sortit des ténèbres^ a éclairé nos coeurs^ dit saint Paul, parlant de la sapërîorité des lumières que doivent avoir les ministres de TE- Tangile, au-dessus de celles des ministres de la loi de Moïse : afin que nous éclairions aussi les autres^ en leur découvrant la gloire de Dieu en la personne de Jésus- Christ. Ainsi nous tous^ qui avons reçu VEs^ prit de Dieu^ nous avons la liberté de voir Jésus-* Christ, nous n^ avons point de voile qui nous couvre le visage f et contemplant la gloire duSeigne^r^ nous sommes trans/brmés en son image , par Timpression que cette gloire fait sur nous : nous avançons de clarté en clarté par Villumination de V Esprit du Sei^ gneur f^ t\\kï nous communique tous les jours denou-* velles lumières ^ et qui nous donne de nouvelles con<« noissances , afin que nous puissions instruire et éclairer les autres. Or^ comment un prêtra pourra*t-il être le guide des aveugles , la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres , le docteur des ignorons^ le m/iître des simples y s'il ne cherche pas dans la loi de Dieu la règle de la science et de la vérité P

Aussi TEglise a-t-*elle toujours recommandé aux •prêtres de s'instruire à fond de la loi de Dieu. Elle ne s^est pas contentée de leur en réitérer l'ordonnance àaas ses conciles 9 elle leur a marqué encore en abrégé les raisons qui en font sentir Tobligalion.

Dans Tavertissement qu'elle leur donne, lors de leur ordination , par la bouche de levèque qui leur impose 4es mains, elle les compare aux soixante-dix ^('îeillards iqui iureut pboi&is. par Tordre de Dieu., entre les plus

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sages du peuple dlsraël, pour partager avec Moïse le soin de gouverner ce peuple; et elle les avertit que, pour accoraplir parfaitement cette figure , ils doivent, comme des dépositaires fidèles , garder soigneusemenl la loi de Dieu , et donner par leur science et par tontes leurs actions ^ de continuelles marques de la probité de leurs mœurs et de la maturité de leur }^ge^ ment : "VOS si ^guident in septuaginta wris et senibus signât i cstis^ siper Spiritum septiformem decalogum legis custodientes ^ probi et maturi in scientiâ simi-' Uter et opère eritis.UE^lïse dit encore aux pêires, dans leur ordination , qu'ils reçoivent non-seuiemenl le pouvoir d'offrir le saint sacrifice ^ mais encore nue puissance sur le corps mystique de Jésus-Christ ; et comme celte puissance consiste principalement dans lo pouvoir de remettre et de retenir les péchés par le Sacrement de Pénitence , et d'annoncer avec au« toriié la parole de Dieu ^ elle leur fait connoître qne l'obligation de s'instniire de la loi de Dieu est insé* parable du sacerdoce, étant impossible qunn prêtre puisse remplir Tétendue de ses devoirs , sans uoe entière et profonde connoissance des vérités de la loi divine.

Ainsi, avant que d'instruire les fidèles de la science de Dieu et des vérités saintes de la Religion, il est nécessaire que les prêtres s'instruisent eux-mêmes^ et qu'ils cherchent ^ dans la loi de Dieu , la connois-« sauce de ce qu'ils doivent faire pour se' sauver, en travaillant au salut de leurs frères : veillez sur ^ous^ meme,disoit saint Paul à Timothée, en veillant sur Vinstruction des autres* Méditei lés vérités cpie vous devez leur enseigner ^ occupez-vous-en^ afin que chacun connoisse que vous avancez dans ta perfec'tion -^ persévérez dans ces exercices : oar , par ce moyen y vous rons sauverez vous-mâine^ et ^vous sauverez ceux qui vous écoutent. Et afin d'engager sou disciple à demeurer ferme dans les choses qu'il

aî^oit apprises dans la lecture continuelle â^s saintes Lettres ^ dans lesquelles il aypit été formé dès son enfance^ ce grand a()ôtre lui dit, quelles peuvent tins^ truire pour le salut par la foi qui est en Jésus- Christ j dans laquelle elles raffermiront dcplui en plos^en lui don- Haut tontes les lumières y tous, tes secours nécessaires pour bien s^acquitler de ses obligations : car toute Ecriture inspirée de Dieu^ est utile pour enseigner^ pour, reprendre^ pour corriger ^ pour instruire dans la justice^ ex le prédicateur de TEvangile , et ceux qui doivent recevoir ses instructions; et il suOit^^n que l'homme de Dieu ^ le ministre ae Jésus*Christ, soit par/ait et préparé pour toutes sortes de bonnes œuvres ^ qu'il en soit bien rempli.

Et eu effet) où les prêtres aprprendront-ils k parler dignement des volontés ^ des ordonnances , des cornmandemens du Seigneur , de la sainteté de sa loi , de la magnificence de ses œuvres^ de la force de son bras, de retendue de ses misëmcordes ^ de la vérité de ses oracles^ que dans les divines Ecritures^ dans ce livre d'orque que le Saint-Esprit a dicté , et qui est la source abon-* dante de la vraie théologie f C'est dans ce livre divin ^ qii^un ministre de la loi nouvelle trouvera la suprême et infaillible vérité , émanée de la bouche de Dieu^ qui ne peut ni nous tromper, ni être trompé. Veut-il s*ins«< trnire lui— même , ou se mettre en état d'instruire les autres? Qu'il lise, qu'il relise assidûment, avec humilité^ avec simplicité, avec fidélité, les livres saints: il y trouvera ce qu'il doit savoir pour être pleinement per« suadé, et pour convaincre les autres de l'exi&tence de Dieu , de sa fidélité dans ses promesses, de la grandeur de ses récompenses, de la sévérité de ses jugemens, de l'obligation de l'adorer, de le craindre et de l'aimer^ tout ce qu'il y lira, lui apprendra qu'il doit à Dieu l'hommage de son cœur , le sacrifice de son obéissance, et quelle doit êire l'étendue de cet hommage et de ce sacrifice. Gherche-t-il enfin des figures du Messie et de

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FEf^H^e P chcrche-l-il à çonnoiire parfaîcemenlla doctr inc de J&us-Cbrist , la règle de la justice , lexcelleDCS de la vertu ^ les précepie/s , les maximes de perfection P Les livres saints en sont ud trésor inépuisable.

Eu un mot,lorsque les prêtres voudront lire TEcrilare sainte -dans le même esprit qu'elle a été faite) avec foi, avec' ''*' ' * j---i:--«- — ^

tru en

gi âces nécessaires pour en prêcher dignement toolci les vérités: lorscpe les prêires voudront méditer les divines Ecritures, en né les regardant que commela parole^ la sagesse , la force et la vertu de Dieu pour sauver ceuœ qui croient : lorsqu'ils les consiilteront , pour en faire Tunique règle de leurs actions ^ et des insirnclîoDJ que les peuples doivent attendre d'eux , ils ne pourront s^em pêcher de reconnoître qu'elles sont marquées au ,caractère du doigt de Dieu ; que c'est le livre dies livres; que toul y est grand et digue d'être recueilli, parce que Dieu y parle , y agit partout , et que tout semble disparoUre sous la magnificence de ses ojpérations. Partout on y aperçoit des spectacles de Religion , des cxem? pies de piété, des traits singuliers de vertu , des inodcles de foi , de^ miracles de chasteté, de soumission aux ordres de Dieu , ;de charité et de patience. On re-

gloi sanctification du monde.

Heureux donc le ministre de Jésus-Chrîst., qui fcît«« iilélices de ce livre divin , et qui n'a d'autre ^lude que J'en faire le sujet continuel de ses méditations ! Comme un de ces arbres que le prophète Ezéchîel (4?- ta.)'^* Mrlir des eaux du Sanctuaire, ses Jruits servir ont pùiff fiourrir les peuples , et ses feuilles.^ pour les guérir i n portera pour Iniél pour les autres «> des fruits de sainteté ^i- âç spgessc ; ces .conseils 4ey iendUonl ulules , sesi exborr

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talions efficaces ) ses paroles seront des paroles de salut ei de vie. Au lieu que sans ces eaux salutaires , dont tes lirres saints sont la source, eût-il d'ailleurs toute Térudîtion et toutes les richesses de Péloquence humaine ^ un ouvrier ëvang^lique ne sera jamais qu^un orateur froid et stérile. N'ajant jamais puisé la Religion à sa source , il u^en sentira pas les beauiés, et ne pourra par conséquent les faire sentir aux autres : ses dbcours se-rontsans force, quoique pétillans d'esprit , et surchargés d'ornemens étrangers ^ ils pourront saisir Timagination , mais ils ne diront rien au cœur, s'ils ne sont pas animés de ces sentimens dont TEsprit saint est le père, et qui enfantent des chrétiens. Tout y aboutira k faire quelques peintures agréables du vice , à y rassembler des phrases et des périodes qu'on admirera , et que souvent on n^entendra pas *, à donner peut-être clés discours semblables à des habits cousus et composés de plusieurs lambeaux pris çà et là, pour plaire à un auditoire, sans travailler , sans penser même à le convertir. nt voilà comment la Religion dépéril dans l'esprit et dans le cœurdes peuples. C'est qu'on ne la prêche dIusj c^est qu'on ne saftroit même la prêcher , sans l'étune et le faad des divines Ecritures qu'on ignore. Elles dévoient servir de base à l'érudi^on, aux instructions des prédicateurs, des confesseurs, des pasteurs : la base manque^ faut*il donc être surpris de l'ignorance de ceux qui les écoutent ?

Queb biens, au contraire, ne doit-*on pas attendre, «t quelle doit itre l'efficace du ministère d'un ouvrier évangélique , qui ne travaille à la gloire du Seigneur , et à la sànclificatjon du monde , que sous la direction de l'Esprit saint , doat la langue et la plume ne sont guidées que par TEsprit saint ] dont l'Esprit saint rè^ gle toute la conduite , ioutes les démarches , toutes les ibnctions ^ que l'Esprit saint instruit et éclaire dans ,tous ^e^ domes« et anime dans tous ses disiu)urs.f

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El quel progrès doit faire dans la conaojssaace des yérités chréliennes, daus la pratique de ta vertu, dans Texercice da saint ministère , èelui dont le Saiut^^Esprit s^est rendu le maître? Ubi Deus magisler est ^ dit saint ïiéon , quàm cito discitur quo4 docetar !

Il est donc important, et d'une étroite oblîgatîoa pour tous les prêtres, les prédicateurs, les confi»seun (et les pasteurs , de chercher Tintelligence de la. loi de Dieu dans les divines Ecritures^ puisque rEcriture :^aioie est la source primitive detputes les vérités qu ils doivent annoncer aux peuples . .ainsi que l'ont remarqué la Pères de TEglise; et qu'Us y apprendront, coibme saint Paul nous Ta déjà dit ^ tout ce gui est propre pour enseigner , pour reprendre^ pour corriger^ pour instruire dam Injustice. En vain se flatteront-ils de pas-séder la connoissance de la volonté de Dieu , et tous les dons de sagesse et ^intelligence spirituelle ^ sans une étude profonde de ce livre divin.

€ Dans Tincapacité où nous sommes d'arriver â la » connoissance de la vérité par la voie de riotelligence » humaine et de la raison , nous avons besoin a une ». autorité comme celle de TEcriture, dit saint A^ugustin, > ( Confe^s. L. 6. C5. ) : je compris, ô mon Dieu , que p vous n'auriez jamais permis quelle s^en fut acqub » autant qu'elle en a psir toute la terre, si vous o'a- » viez voulu que ce lut par elle que l'ont crût en vous » et que l'on cherchât à vous connoitre : » nisi et per ipsam tihi credi , €t per ipsam te quœri voluisses^

Aussi ce grand saint étoit-il tellement persuadé que )'étude. de la loi de Dieu étoit absolument nécessaire 9U|C ouvriers évangéliques , pour s'acquitter dignement 4e leurs fonctions, qu il demanda à Yalère, lorsque cet évéque l'eût choisi pour travailler sous ses ordres au galutdes Arpes^la permission de se retirer pour un temps, ^fiii de s'adonner avec plus, de soin à la méditation des saintes Ecritures, c Je n'ai point étudié , dit-il à Yalère, » les règles de la milice mainte ^ et la connoissance que

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» )*ai de ma misère et de mon infirmité , me fait sentir » qu'il faut au moins que j'aie recours à tout ce qu'il » Y a de remèdes et de confoitatifs dans les saintes » Ecritures j et qu'à force de lecture et de prières, je » tâche d'obtenir des forces proportionnées à un emploi > aussi périlleux que celui d'annoncer la parole de Dieu.» Il seroit à souhaiter que tous les ministres de Jésus- Christ suivissent l'exemple de ce saint docteur, et que TEcriiure sainte fut la seule règle de leur conduite el de leurs instructions : on n'en vcrroit aucun s'égarer da droit chemin ; s'engager dans de fausses routes^ se fier, dans ses décisions, à son propre sens, aux lumières trompeuses d'une raison qui ne consulte qu'elle-même , aux sentimens corrompus de ces Jaujo prophètes , de ces honxnles ignorons et légers ^ dont parle saint Pierre, qui détournent t Ecriture sainte à un mauvais sens^ pour leur propre ruine ; qui veulent renverser lEvan-' gile de Jésus- Clirist ^ qui semblent avoir pris à tâche d'^en afToiblir les plus saintes maximes , en les accom«^ modant aux fantaisies, aux inclinations, aux passions des hommes, sans aucun respect pour la loi et la parole de Dieu. Heureux les peuples conduits par des guides qui ne consultent point d'autres lois pour leur apprendre ce qu'ils doivent savoir et ce qu'ils doivent pratiquer, que les ordonnances et les volontés du Sei-* gneur; qui ne servent point Dieu en enseignant des maximes et des règles qui ne viennent que des hommes f qui sont convaincus que la règle du jugement décisif de notre bonheur ou de notre malheur oterneK sera, non la raison , les passions, les coutumes, les opinions humaines, mais la parole que le Fils de Dieu a annon* cée au monde! Sermo quem locutus sum^ ipse/udi^ cabit in novissimo die.

Mais il ne suffit pas aux ministres du Seigneur, de faire leur capital de la lecture des saintes Ecritures, que les Pères et les conciles appellent le livre des prêtres , et qui , selon l'expression de saint Denys et du second

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concile œcuméniqne deNicée, fait le fonds, la si^bstaoce el le soutien du sacerdoce : Nostrœ hierarchiœ substantia ^ sont eloquia divinitiis tradita ; la lecture et rétude de ce livre sacré demande encore des dispositions qiril est nécessaire d'expliqser ici.

U faut) t. avoir poHr FEcritare sainte , an profond respect et une religieuse vénération. Gir^ qu est-ce que rEcriture sainte P Cest, selon Texpression d'on prophète , la bouche de Diea : os Domini lacutum est. Cèsi par elle que Dieu s^eicpUque y c'est par elle qu*il annonce aux hommes ses desseins et ses volontés { c^est par elle qu'il leur découvre ses secrets^ c^est par elle qu^il leur donne une connoissance anticipée de ces perfections et de ces grandeurs qu'il découvre clairement aux bienheureux dans le ciel. L^Ecritnr^ sabte, disent les Pères , est comme un registre de la science de Dieu , Forgane de ses vérités , Tinstrument de ses mystères , le code de ses lois , et Tabrégé de ses merveilles. Voyez avec quel respect, queue vénération , quelle soumission , les lettres et Us lois des rois de la terre, sont lues et reçues dans leurs états. Or, notre dépendance de Dieu, dont nous sommes les créatures, est bien plus grande que celle des sujets envers leurs rois : avec quel respect devons— nous donc recevoir tous les oracles de sa parole , soit qu^elle nous propose les vérités et les mystères dont le Seigneor exige de nous la croyance , soit qu'elle nous prescrive les devoin dont il ordonne la pratique ! Faut-il en demander d'autre raison , que la souveraine autorité de celai qui parle, et qui ne nous parle point pour ses intérêts, mais pour notre bien et notre avantage P OsDonm locutum est.

Mais pour faire encore mieux entrer ceux oui liront lés saintes lettres , dans les sentimens de révérence et de soumission qui sont dus à ce livre divin , il est ioBportant d^expliquer ici le bel éloge qu'en fait un ancien jPère de l'Eglise , quand il l'appelle rouvrage du Pèrei

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rimage du Fils et le sanctuaire du Saint-Esprit : Opus Patris^ Imago Filii^ Sanctuarium Spiritùs sanctL Elle est Touvrage du Père , OptAS Patris. li est vrai qne ce monde visible publie, avec une voix éclatante, les grandeurs et les pei'fections invisibles de son auteur. Sa puissance infinie reluit avec un ^clat merveilleux , dans la production de tant de différentes créatures j sa sagesse^ dans ladmirable arrangement des parties

3ui composent le monde ; son immensité^ dans leten— ue prodigieuse de la VMSte machine de Funivers ; son éternité 9 dans la durée permanente des globes célestes qui , depuis la révolution de tant de siècles , roulent loujours avec la même vitesse et la même régularité que le premier jour qu'ils furent créés. Sa majesté éclate dans le firmament parsemé et enrichi d'étoiles innombrables ^ sa beauté , dans le soleil brillant d'une si vive lumière^ enfin, sa providence se montre à nous de toutes parts, dans Tharmonie miraculeuse d'une infinité de créatures qui vont constamment au but qui leur est marqué, et qui exercent tous les emplois auxquels elles sont destinées I avec une exactitude merveilleuse et sur-

{>renante. C'est ce qui a fait dire au propbète-roi ^ que es cieux publient la gloire de Dieu, en exposant à nos yeux ce qu'ils contiennent de merveilles , et en nous apprenant quel est celui qui lès a formés : cœli enarrant gloriam Dei. La considération des choses qui ont été faites dès la création du monde , ayant rendu visible aux hommes ce qui est invisible en Dieu, sa puissance même et sa divinité, dit saint Paul; ils sont sans excuse^ ayant connu Dieu, de ne l'avoir pas glorifié comme Dieu, et de ne lui avoir pas rend ivgr&ces \Ita ut sint inexcusahiles . qui ciim cosnovissent Deum , non sicut Deum glorijicas^trant* C'est ce qui a fait dire à saint Prosper , qu'on voit éclater des traits sensibles des grandeurs de Dieu , dans tous les astres qu'il a créés ; et qu'il n>st rien sorti de %^ mains , qui ne porte de vives marques de ses perfections adorables :

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