Décalooub
cœlum , et terra ^ et elementa consono speciei sua concentu^ majestatem sui loquuntur auctorïs.
Cependant Dieu vo^^ant les hommes sourds à celte voix, ainsi que saint Paul vient de nous le dire, a ajouié à tout ce que leur enseigne Tunivers^la voix des diviiies Ecritures, pour leur donner une plus juste idée de ses grandeurs. Il est vrai que l'on peut s'élever de la conuoissance des créatures, à la connoissance de Dieu, comme par des effets qui nous découvrent la noblesse et Texcellence de leur cause^ comme par autant de twseaux qui nous servent â remonter jusqu^à leur source. éSï les hommes ont admiré le pouvoir et les effets des créatures^ quils comprennent de là ^ dit le sage, combien est encore plus puissant celui qui les a créées : la grande beauté de la créature peut /aire connoitn et rendre en quelque sorte visible le créateur.
Mais que cette connoissance de Dieu par les créatures, est foible et imparfaite ! qu'elle est disproportionnée ï sa majesté souveraine! qu'elle est inférieure à celle que les saintes Ecritures nous en fournissent ! Et eueffd, connoîtrions-neus Dieu comme nous le connoisspib, s'il n'avoit pas daigné se peindre lui- mèmedansTEcriture, et nous tracer dans ce livre divin , par la plume des écrivains sacrés qu'il a inspirés, le portrait de ses perfections et de ses plus profonds mystères? tout ce q^e les plus fameux philosophes en ont jamais pu découvrir par lés lumières et par les efforts de leurraison,n*approcbe
point de Tidée que nous en donnent les livres saiots. C'est ici où Dieu à pris plaisir de découvrir aux honnnes ce qu'il y a de plus caché dans sou être, ce qu'il y ^^ plus surprenant dans ses mystères , ce qu'il y a de pi^< impénétrable dans les desseins et les secrets éternel» de sa providence. Eussions-nous jamais connu les choses que nous savons des merveilles et des perfections de Dieu, s'il ne nous les eût pas révélét?s dans les saintes Ecritures F sans ce livre divin eussions-nous connu les mystères adorables delà irès-sainXe Trinité, deiiocarr
Ev GÉKÉiut. • 655
nation, ettbos ceux que la foi nous enseigne f qui auroit jamais pa se former une si haute idée de la puis— sanceiufinie au créateur, quecelle que la Genèse nous eu fouriiii , en rapportant la miraculeuse production de iVnivers par une seule parole P qui auroit pu si bien concevoir quelle est la profondeur de la sagesse et de la science de Dieu, si les saintes lettres ne nous representoient les voies adorables de sa conduite dans le gouvernement du mondeP Enfin, quoique tons les êtres publient la souveraine bonié de Dieu, en aurions* nous uqeidée égale à celle que nous en donne UEcriture, en nùiJ^s rapportant 1rs prodiges de siSa amour, pour nous racheter de la mortP C'est donc avec raison, que ce livre divin est appelé Fouvrage de Dieu par excel-^ Icnce , opus Patris.
Qu^est«ce que l'Ecriture sainte , dit le pape saint Grégoire P Cest une lettre du Tout-Puissant adressée aux hommes : quid est est Script ura sacra ^ nisi quœ^ dam epistola omnipotentis Dei ad crealuram suam P Mais une lettre, ajoute saint Augustin (in Fs. 90. Conc. a.), que Dieu nous envoie du ciel où il règne, pour nous inviter à la conquête de son rojaume , et pour nous marquer les voies qui peuvent conduire à ce boijieur : Scripturas divinas ad nos invitaiorias ^ per patriar^ chasetprophetas^ ad nos dignatus est mit t ère (Dcus) quitus nos ad œternam patriam invitaret : mais une lettre, observent encore ces Pères ^ que le Seigneur a revêtue de toute son autorité , et dont il préeend quQ nous recevions toutes les paroles avec le même respect et la même sooroissiôn que s'il nous parloit immédiatement par lui-même. Gardons^nous donc bien d'arrêter les yeux à la personne de David , de Moïse , des pr(>phèies et des autres écrivains sacrés: il faut les rJever a Dieu, dont ils ont été les interprètes et les organes j c'est Dieu qui nous parle dans les livres saints, quoi^ qu'il ait emprunté leur langue et leur plume pour nous annoncer ses oracles, et nous fair^conuoitre ses volontés/
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Avant décrire lui-même les paroles de Talliaiice snr tel secondes tables, le Seigneur ordomia à Moïse d'avoir soin de les écrire : scribe tibi i^erba hœc ( Exod. 34* 37.); ce qui nous apprend que,qttoiqne Dieasoit Tauteur des dix préceptes du décatogue, et qo'tl les ait écrits sur les tables de Falliance , il s^est servi de Mdise pour la annoncer à son peuple.
Cesl ainsi , dit saint Grégoire ( Pnef. Mor. in Job.) , que David et tous les écrivains sacrés, étant animés de resprit de Dieu, parlant de sa part, et ne faisant que suivre ses inspirations et ses mpuvemens, se sont considérés comme revêtus de son autorité divine ^ et ont exigé des hommes la mâme soumission et la même déférence à leurs paroles, que Ton doit à celles de DieQ« Quia ipsius auctoritate loqmtur , dit ce grand pape , en parlant du roi prophète, ciyu5 inspiratione loquebatur.
Saint Augustin fut consulté pourquoi le Sauveur du monde qui avoit instruitks hommes de vive voix pendant sa vie, n'avoit pas écrit sa doctrine} pour riostruction des siècles futurs. Il répondit que la question qu'on lui
{)roposoit,ienfermoit une fausse supposition; parce que e Fils de Dieu a consigné ses enseignemens à la postérité par écrit, lorsqu'il la fait par la main de ses apôtres; et ue ce qu^ils ont écrit par le mouvement et Tinspiraliou e leur diyin Maître, doit être attribué à Jésus-Christ, plutôt qu^â ses disciples. Car que nous ont transmis les apôtresr ils ont écrit ce qu'ils avoient appris de sa bouche, et ce qo^il leur a inspiré décrire. Il s'est servi , à la vérité, de leurs plumas et de leurs mains , pour nous transntetue sa doctrine; il ne faut point regarder les màiùs de ses membres, comme des mains empruntées et étrangères, mais comme les mains de ce di'vin chef ^ a^ant été animées de son esprit, et n^ajant agi que sous sa conduite ejt par ses ordres. Cùm illi ( Apostoli) scriDserimt^quœ ille(Ckristm)ostendit et dLxdC^nequaquatn dicendum est^ quod ipse non scripserit ^ dit ccsaint Docteur (L
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1. de consem. evang. c* 35. ) , quandoquidem memhra ejusidoperatasunt^quqd dictante capitecognoverunt» Quidquid enim ille de suisfactis et dictis nos légère voluit^ hoc scribendum illis^ tanquam suis manibus^ im* peravit. Aiosi, conclut ce même Père, on doit regarder ce que les disciples de Jésus- Christ ont écrit dans TEvangile^ de sa vie et de sa doctrine, comme si Ton avoic vu ce divin Sauveur Tifcrire de ses propres mains. ^oc unitatis consortium^ et in dii^ersis officiis côncordium membrorum sub uno capite ministerium quisquis intellexit^ non aliter accipiet quod narrantïbus diS'^ cipuUs Ckristi in Evangelio legerit , qiiàm si ipsam nianum Domini^ quant in proprio cor pore gestabat^ scribentem conspexerit.
Il n'en est pas, dit encore saint Augustin , des auteuru
ecclésiastiques, comme des écrivains sacrés. Quelque
grande réputation qu'ils aient acquis par Téminence de
leur savoir, ou par Texcellence de leurs ouvrages, il
nous est permis d'examiner leurs sentimens : ce n'est
point manquer au respect que nous leur devons , de
croire qu'ils se sont quelquefois trompés \ il nous est
libre de rejeter les dogmes que nous ne trouvons pas
établis par aes preuves assez solides. Voilà , dit-il à saint
Jérôme {Ep. 82. ), comme j'en use à leur égard. Ce
n^est point leur autorité qui me fait entrer dans leurs
sentimens ) mais les preuves de rEcrItnrc, ou Tévidence
des raisons qu'ils emploient pour les établir, solis eis
Scripturarum libris , qui jam canonici appellantur ^
didicihunc timorem Iwnoremque déferre ^ ut nullum
eorum auctorem^ scribendô aliquid errasse Jirmissimè
credam..», alios autem ita lego , ut quantâlibet sanc^
titate^ doctrinâque prœpolleant , non ideo ^erum
putem^ quia ipsi ita senserunt f sed quia mihi ^ ^vel
pcr illos auc tores canonicos ^ "vel probabili ratione^
quod à vero non abhorreat , parsuadere potuerunt*
Je vois une très-grande différence entre les lettres
de Cyprien et les Ëpitres des apôtres , ajoute ce Père