‹ Instructions sur le rituel (volume 3)Chapitre 38 sur 42 · Du DéCALoeuc · texte numérisé non relu

Du DéCALoeuc

damne le vîce^ Joi qui reeoipnriafKlfe à rhomtBe lotit ce qui peut le rendre digne 4^ Dieu f: utile et agréable à la société; qui Un interdit. .et li»i d(^end tout ce qui peut le souiller, le dégrader», et le rendre misérable. Dans la pratique de cette loi est renfermé tout ce qui peut nous rendre heureux stif la terre : elle règle le cœar , elle en corrige les jillections vicieuses ^ l'.lle nous change réellement ^ et nous rend tels au dedans , que nous devons paroUre au dehors ; elle nous oblige de nous élever jusqu^à Dieu, sans quitter la terre et rompre avec les hommes j elle nous ordonne d aimer notre prochain^ malgré ses défauts; de vouloir et de {aire du bi|2n à nos ennemis ; de cottibattre nos înclinatioiis et nos penchans; d'aimer notre ime, et de balr notre chair \ de nous détacher du monde que nous voyons ^ et de désirer le civique nous ne voyons pas« Elle nous défend non-seulement les actions criminelles y usais en* core les d(^sirs et les pensées qui favorisent et persna** den^ ]e crime* C'est une sourâe féconde de sainteté , d'où couletit avec abondance ces eaux salutaires qui désaltèrent ceux qui ont soif de la justice.

L9 loi de Di^ii peut seule former des hommes vraiment justes et venneux ^ elle seule peut former des hommes dignes du ciel et delasaciété-, elle seule peut for* mer Une société pure, innocente et utile. Il ne faut que de U raison , dit Tertullîen ^ pour en découvrir i excellence : ratio legem commendat. Et en effet ^ la rai* son respectera toujours une loi qui attache, avec a motir et soumission, l'homme à Dieu; qtii exige de lui un cuhepur et digne de Dieu; qui lui recomlmande le respect et Tobéi^sance envers ses supérieurs, la donceor et ÏBk ichtirité envers seis inférieurs; les égards, te» mépagemens , les dcfisrences envers ses égatix. Loi de Dteo, dont la sainteté es4 inséparable; elle désapprouve et coi)drimne tout céq^ûn^est pas pùreiiniiOcent.Efieseiile est Tennemi^ de tous les pencbans criminels, et de to'iteâ les încUnaiîovi corrompues: malUiœ hasthisê^ dit saint Chrjsostôme.

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> La loi du Seijgneur est sainte, dit le prophète, et elle ne s altérera jamais : lex Domini immaculata. ËHe ne ressemble point à celles que les hooimes éiablis^ieiit^ quelle qne puisse être la réputation de leur sagesse. Cette loi, comme nous croyons Ta voir déjà observé ailleurs, ne favorise en rien, ni nos passions, ut nos préjugés : elle ne dissimule aucun vice, elle ne permet^ ni n'excuse, ni ue tolère rien d'injuste relie condamne j^usqu'aux plus secrets désirs <, jusqu'aux pensées qtà demeurent sans exécution:. elle est contraire en tout à la cupidité j incapable d'ado ucissemens et de mitigatton^ inflexible , incorruptible \ aussi pure après plusieura siècles, qu'au premier jour qu^elle a été publiée j aussi sévère contre la multitude des pécheurs, que contre un seulj aussi parfaite et aussi entière, q(ioiqi>e tout le moude labatxdonne, que si tous y ctoient fidèles.

La loi d« Dieu est sainte, elle com^ertit les âmes ^ elle est la r^gle, et r^en ne peut la fléchir L^on ne peut devenir jusie, qu'en lui devenant conforme; et ce sera toujours inutilement qu'on entreprendra delà courber, «t de diminuer la distance qui est enir'eile et nous, en la rendant plus indulgente à nos foiblesses. Notre pre** mier devoir est le repentir de nous en être écartés : elle nous reproche nos égaremens , il faut respecter ses reproches : elle nous montre le mal que nous avons fait, il faut en faire laveu : elle parle contre nous, il faut reconuoure et répéter avec humilité tout ce quVIle eu dit} et quelle que soit la sévérité avec laquelle elle nous ccmdamne, il ne nous est jamais permis dVn mur-^ murer , ni d y être moins fidèlement attachés.

Quel serott le bonheur , quelle seroit la sainteté des hommes sur la ierre, s'ils étoient tous fidèles obser-* valeurs de la loi de Dieu ! Pour sVn convaincre, il suffît de Sfe représenter une société d'hommes purs et iuDOçens, pértétrés du néant de It créature, el de la grandeur du Créateur^ détachés de la terre, et ue désirant que le ciel : société oit règn«roient la probité ^ la vérité, la justice, la douctur , |a Religion^ TE van-

'jSù Dt7 DéCAtOGUÊ

gite de JÀus—Clif ist ; où chacon poss^deroît paisible^ ment ses héritaees^ sa rép«itatioD^ où les inierieurs seroient soumis, Tes supérieurs , tendres el compaliasaDs j où les uns obëiroient sans œurniure , et les autres coinmaoderoient sans fierté ^ où les misères seroient sou-^ lagées, les défauts excusés , les offenses pardonuées* Peut-on douter du bonheur de celte société f peut-on douter de sa sainteté! Or ^ telle seroit la société que la loi de Dieu formeroit de tous les hommes , si tons les hommes Taccomplissoient , et la prenoient pour Tunique règle de leur conduite et de leort sentiment La loi de Dieu ne peut donc que rendre Thommc heureux sur la terre , puisqu'elle ne veut que le rendre saint; elle ne peut que le rendre heureux dans le del| puisquVlle n'a . pour fin que son safut. En fàut-il davantage pour nous déterminer à en faire le sujet continuel de nos méditations, et pour nous (aire sentir combien nous sommes à plaindre , de n y pas trouver notre trésor et nos délices î

2. Au caractère de sainteté inséparable de la loi de Dieu , est encore réuni le caractère de sagesse. II suffit, pour le reconnoître , de lire , d étudier , de méditer cette divine loi. On y verra qu'elle règle les penchaiu et les inclinations de ThommC) qu'elle le précautionne contre toutes les illusions^) les séductions et les égaremens de Tespril humain ; qu'elle prévoit toutes les circonstances ) les objets, les évènemens) les obstacles, qui pourroient le troubler et le séduire; qu'elle assure à chacun des jours doux et tranquilles ; qu^elle forme une société aimable et un gouvernement pacifique. Sans .elle , comment trouveroit-*on la sagesse parmi les hommes ? et d'où pourroit-on l'avoir r^a/^rert^ia verô, ubi inçenitur P L'homme n'en connoh pas le prix ; elle ne se trouve point dans la terre où nous vivons : nescit komo pretium ejus^jyitu seul counoîf le chemin pour arriver jusqu'à elle ; lui seul connoit le lieu où elle réside : Deus intelligit viam ejus , et ipse novit lociim

EN Gtntukî,. ^Si

'lUùs* Et tl a dit à rhomme : la crainte du Seigneur »t la sagesse ^ et riutelligeoce consiste à s'ëloigoer du nal j à obéir par conséquent k celle sainte loi : et dixit homini : ecce timor Domini , ipsa est sapientia ; et ^ecedere à malo , intelligerUia.

La véritable sagesse ne se trouve donc que dans l'observance de la loi de Dieu. Ce ne son l paslessavans leuls et les génies sublimes qui ont droit d''y prétendre \ A\t devient le partage des simples et des ignorans^comme les plus docles^ elle est communiquée aux petits comme lux -grands. Elle rend témoignage à la fidélité des pro* nessesdu Seigneur et de son amour pour les hommes j ît, loin que les sciences et les dignités y donnent plus le droit^ilfaut devenir humble et petit, pour parvenir i cette sublime sagesse, et en être un disciple accompli.

Les doctrines purement humaines laissent toujours les doutes et des ténèbres dans Tesprit*, elles laissent lu cœur ses inquiétudes et sa tristesse, parce qu'elles y laissent toutes ses passions. Mais la loi du Seigneur, en bannissant du cœur toutes les affections criminelles, en bannit le trouble, et y rétablit la tranquillité. L'homme livré à ses passions, est en proie à mille ennemis se«> :rets qui le tourmentent et qui le déchirent^son âme est ie séjour affreux de Tennui, des remords cruels, des plus tristes agitations. La paix est le fruit de Finnocence ieule^ et Tinnocence est un bienfait que Thommene peut devoir qu'à l'amour et à la pratique de la loi de Dieu. GVst elle qui fait tout notre bonheur sur la terrej parce que c'est elle qui rétablit Tordre dans nos cœurs ^ 5t avec Tordre, la paix et la joie qui en sont inséparables.

3. Non-seulement nous devons remarquer , dans la loi de Dieu « les caractères de sainteté et de sagesse qui Y brillent ce toutes parts , mais encore elle l'emporte îur toutes les lois humaines par }in caractère de vé-^ rite, dont il ne nous est pas permis de nous écarter. Tous vos commandemens sont la vérité même, disoit

«Sa Dv Décaloguk

à Dieu le propbèie«rai::am#iia mandata tua^veriias. Vous perdrez tous ceux qvM diseuL des paroles de m eo- 30Qge ) qui s'éloigneut de votre loi saiute , qui la ài^ figurent) en la rendant impraticable^ ou en Taccommodant aux passions des hommes \ perdes omnes qui /oquufitur mendaçium. Cest votre vérité sainte qm les condamnera \ c^est en la comparant avec leur» seotimens et leur conduite , que vous leur (eie%^ sentir toute la fausseté de leurs maximes ^ et que vous les convaincrez^ eu les immolant à votre juste veageauce, de la vérité de votre parole^ qui atmouce des malheurs éternels à ceux qui oseront la mépriser: et in ^eriiate tud dis perde illos.

Le témoignage du Seigneur est fidèle, dit^pacore ce saint roi : testimonium Domirù fidèle, il appelle la loi du Seigneur un témoignage^ parce quelle nous apprend les volontés de Dieu et nos devoirs. Témoignage qui dépose en notre faveur, si nous sommes Bdèles , ou contre nous, quand nous n'obéissons pas^ ui est une protestation publique contre les victsj onné par un témoin que aous ne pouvons corrompre, et auquel nous ne pouvons éviter d'être confrontée. Témoignage fidèle, c^est-àdire, véritable, sincère, exarr, sans exagération, sans excès ^ dès qu^on y ajoute ou qu'on en retranche, on le falsifie. Tout j doit être pris à la lettre ; il n'a besoin , iii d'interprétation , ni de ^lose^ les promesses et les menaces sont exactement conformes à la réalité des biens et des maux. Les règles pour la vertu , sont précises et mesurées : on ne peot aller au-delà^ ni en faire moins \ il faut les embrasser également, et Ton ne peut choisir entr 'elles.* Tous les vices sont également réprimés, et nn seul quW voudroit réserver, ne pourroit trouver d'indulgence. Quiconque, ayant gardé toute la loi, en viole un seul précepte^ est coupable comme Tayani toute violée : qui-^ cumque autem totam legem seruai^erit , offendat ouatent in uno ^/actus est omnium reus. Ce n-est point

id

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ici une règle dont là sagesse humaine soit maîtresse^ elle doit écouter, obéir et se taire.

Les doctrines humaines varient sans cesse : les dis<^ ciples ajoutent aux découvertes de leurs maîtres \ mais la loi du Seigneur est toujours la même. Le . ciel et la terre passèrent ^ les siècles et les mœurs changeront, les monumens de Torgueil seront détruits , on en élèvera d'autres sur leurs ruines; la révolution des temps effacera les titres et les inscriptions les plus superbes, mais elle n'effacera jamais un seul point de la divine loi. Mes paroles ne passeront point, dit le Seigneur : Cœlum H terra transibunt ,• a>erha aiitem mea non praste*^ rihunt. C'est le caractère de la seule vérité, de demeurer toujours la même. Cette immutabilité Ta toujours justifiée, et là défend contre toutes les entreprises de Terreur et de la nouveauté ; elle rend et elle rendra toujours inexcusables les enfans de rébellion et d'^in-* docilité, qui ont abandonné et qui abandonneront la stabilité de sa doctrine , et tous ceux qui se laissent entraîner ^ tout vent des doctrines flottantes et étrangères.

Il ne suffit pas d'apprendre aux fidèles Tobligation 3e méditer la loi de Dieu , et de leur en faire vdir ['excellence , il faut encore s'appliquer à les convaincre le l'obéissance qu'ils doivent à cette règle souveraine 3e notre conduite et de nos sentimens^

De t Obéissance à la Loi de Dieu.

Pour faire connoîire à ceux que Ton est chargé d'instruire, quelle est l'obéissance que l'homme doit k la loi de Dieu , il faut s'atlacher à leur faire bien sentir réiendue du domainedc Dieu» Domaine de Dieu , qui , îiam aussi infini que lui-même, exige de Thomme une obéissance sans bornes à ses volontés, edui démontre [a dépendance entière et parfaite où il doit vivre enveis :e souverain Etre* ^ ,

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