‹ Instructions sur le rituel (volume 3)Chapitre 40 sur 42 · Tome ni. Çcc · texte numérisé non relu

Tome ni. Çcc

^7<> ^y DécàiiOGUE

ftcile de le coropreDdre ^ si Ton veut faire mtleziti6ni|M la pénitence produit dans l'homme pêcheur y la paix et le calme de la conscience ] qu^elle le remplit de la joie du Saint-Esprit, et qu'elle lui donne celte confiaoce chrétienne qui rassure contre les frajreurs que doit causer à rhomme la vue du jugement de Dieu. Paix que produit la pénitence dans i homme pécheur y paix qui fur passe tout ce quon peut en penser , qui met lere^ pos dans un cœur y qui en fait cesser les troubles ^ qui en apabe les remords.

Toutes ces vérités, bien développées, sont très- propres à tranquilliser le chrétien lâche , que l'obligation de faire pénitence intimide et décourage. Elles le consoleront , elles lui inspireront la résolution de se soumettre à celte loi , quelque dur que son joug lui paroisse j elles l'encourageront même à s'v soumettre de bon cœur, si pn lui fait voir que la pénitence apaise Dieu , qu'elle désarme Dieu , qu'elle nous rend amis de Dieu , et que d'un Dieu irrité qui n'avoitpour nous que des rigueurs, qui ne npus préparoit que des chàtimens , elle le force , s'il est permis de le dire , elle le force par une sainte violence, à devenir un Dieu qui n'a pour nous que des pensées de réconciliation et de paix.

Enfin I la pénitence nous remet bien avec Dieu , et par une suite infaillible , elle nous remet bien avec nons-lnêmes: car, comment serons-nous en paix avec nous-'-mémès , tandis que nous serons en guerre avec DieuF Or, qu'y a-t-il ^ que peut- il y avoir pour nous dans la vie , de plus avantageux et de plus doux que Cf tte double paix i Quoi qu'il nous en coûte pour Tavoir, la pouvons-nous trop acheter f Et quelque austèreqoe pous paroisse , et que soit même la pénitence , pouvonsnous ne la pas aimer, quand il s*agit de rentrer en grâce avec le maître de qui dépend tout notre bonheur; et de rétablir dans nous-mêmes une paix, qui, sur la terre, est le souverain bien , et qui ne peut compatir avec le péché P II y a bien de la différence, dit saint Paul, entre la tristesse qui porte à la pénitence ^etla tris-^

esse'âé ce monde. Celle-ci produit ta mûri |- celle- là, ^ ai est selon Dieu^ produit une pénitence qui assure e salut.

De la paix intérieure que donne une véritable péni-« ence, nait cette /oie que donne le Saint-Esprit. Qui »eut la connohre, cette joie, sans Ta voir sentie P Qui >eut comprendre quelle est la consolation dont est emplie une ftme qni a été criminelle , et qui est peui-» ente , lorsqu'elle est en6n parvenue à remporter sur lUe-méme , la victoire d'où dépendoit sa conversion ? orsqu^elle a fait à Dieu le sacrifice des passions dont elle Itoit auparavant esclave ; lorsqu'elle a enfin rompu ses iens, qu^elle commence k respirer la liberté des enfans le Dieu , et qu'elle peut lui dire : c'est vous , Seigneur, ui avez brisé mes chaînes^ c'est vous qui m'avez tiré e la servitude où le péché m'avoit réduit : je vous en bénirai ^ je vous en louerai , je vous en rendrai d*éter«aelles actions de grâces : dirupisti vincula mea , tihi \acrificaho hostiam laudis.

Quelle paix pour une àm^ pénitente , lors(^u'eIle ré- 9échit que , quelque rigoureux que soient les sacrifices c[ue le Seigneur exige d'elle , ils serviront k expier ses péchés, et seront par-là un motif de consolation pour slle, lorsqu'elleverra approcher son juge, dans l'attente de la miséricorde qu'elle aura lieu d'en espérer. Tels seront, dit saint Grégoire, les transports de joie du juste, qui) appuyé sur sa confiance dans les bonnes oeuvres que la gr^ce du Seigneur lui aura fait pratiquer , verra avec joie , au moment de sa mort, l'arrivée de son: juge dont elle attendra la couronne de justice que Dieu réserve à ses fidèles serviteurs ; quiautem desuâspeet operatione securus est^ puisant i confestim aperit^ quia làetus judicem sustinet; et ^ ctim tcmpus propinquœ mortis advenerit , de glorid retribut ionis hilarescit. Nous avons dit que les sacrifices auxquels la pénitence nous condamne , servent à expier nos péchés. La raison en est évidente. La pénitence doit faire en nous la fonc«

. ij c ;: 5^

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tion de la juslice déDieu , et de la colère de Dieo : de la jus* lice de Dieu, pour nous condamner; et de la colère de Dieu , pour nous punir. Pœnitentia Dei indignations j^ng'/fiir ,dit Tertullien. Elle doit prendre contre bous les intérêts de Dieujelle doit réparer en nous les injures &itrs à Dieu \ elle doit , aui dépens de nos personnes ^ venger et apaiser Dieii ^ elle doit , à mesure que nous sommes plus ou moins coupables ^ nous faire plus on moins sentir Tindignation et la haine de Dieu \ cW-à-dire^ autant que de foibles mortels en sont capables, cette haine parfaite que Dieu a du pëché^ cette sainte in— dignation qu'il ne peut s'empêcher, parce qu^il estDieu^ de concevoir contre le pécheur. Yoilà le caractère de b vraie pénitence : car il faut qu'il y ait delà proportioo entre la pénitence du pécheur^etla justice vindicative de Dieu.

Ainsi , la fin de la vraie pénitence , est de condamner 9 de punir le péché. Il faut que Thomme pécheur, ou se juge lui-même volontairement dans cetie vie, ou que malgré lui , il soit jugé après la mort : il eft impossible qu'il évite Tun et Pautre ^ parce qae tout péché attire un jugement après soi^ et par conséquent, si nous ne nous jugeons pas nous-*mêmes , tandis que nous sommes sur la. terre , ou si nous nous jugeons mal , le Seigneur nous jugera lui-même. Yérité que saint Paul nous enseigne, lorsqu'il dit que Dieu nous juge, parce que nous ne nous sommes pas jugéb nousmêmes : quàd si nosmetipsos dijudicaremus , non utique fudicaremur.

C'est pour cela que les saints docteurs ont si hautement exalté le mérite de la pénitence, en dûani qu'elle a le pouvoir de nous affranchir , en quelque sorte, de la jurisdiction de Dieu. Que ce jugement que je fiûs de moi'-même, m^est avantageux! disoit saint Bernard, puisqu'il me soustrait an jugement de mon Dieu, qui est si terrible : quàm bonum pœniteniiœ JudidÊtm , quod disirielo Deijudicio me suhducit ! Oui , ajonle ce saint abbé , je veux , quoique "pécheur , quoique

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!;1iargé d^'DiquIté^ me présenter devant ce formidable uge ; mais je veux m^y présenter déjà tout jugé, afin |u'il ne trouve plus rien à juger en moi ; parce que je sais bien , et qu'il m'a lui-même assuré , qu'il ne jugera jamais ce qui aura une fois été jugé : w/o vultui iras judicatus prœsentari^ non judicandus y quia bis nonju4icat in idipsum. Nous nous jugeons exactement Bt sévèrement , disoit Tertullien , parce que nous som* mes assurés que la justice rigoureuse de Dieu nous attend : apudnos districtè judicatur ^tanquam apud certos de divino judioio.

Nous avons donc eu raison de dire que la vraie pénitence donne au pécheur celte confiance chrétienne qui le rassure contre les frayeurs du jugement de Dieu, puisqu'elle est pour lui un moyen efficace et puissant d'expier toutes ses iniquités. Nous ajoutons que la i^erilahle pénitence est la seule qui puisse avoir cet effet ^ parce que , si en faisant pénitence , nous nous flattons nous-mêmes ^ si nous usons de dissimulation avec nous-mêmes ^ si nous sommes d'intelligence avec nos

J>assions ^ si nous nous prévalons contre Dieu de notre ragilité ^ si nous qualifions nos péchés dé la manière qu il nous plaît 9 adoucissant les uns, déguisant les autres, donnant à ceux-ci une droite intention , couvrant ceux-Iâ du prétexte dWe malheureuse nécessité ; si nous décidons toujours en notre faveur j enfin si , pour ne pas nous engager dans un examen qui nous causeroit un trouble fâcheux , mais un trouble salutaire , mais un trouble nécessaire , nous nous contentons d^ une revue précipitée : alors nous nous étourdirons sur les difficultés de notre conscience, et nous ne les éclaircirons pas; alors notre pénitence ne sera plus qu'une pénitence chimérique et reprouvée de Dieu , parce qu'elle ne sera paSi,comme elle doit Têtre, conforme au j sgemen t de Dieu. Quand on veut sincèrement satisfaire à la justice divine, on est bien éloigné de se contenter d'une pareille pénitence* Une âme véritablement jpénitente craint

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toujours de n^en pas faire assez pour aparser le Sei-» gneur i et quelque rigoureuses que soient les peines qu'elle souffre pour expier ses iniquités, elles ne servent qu'à la consoler. Je souffre ^dit— elle alors , mais je nen rougis point , parce que je sais quel est celui à qui je confie le drpôt de mes larmes ^ et je suis assurée quil est assez puissant pour me le conserver jusqu'au der^ nier jour , et que sa colère ne tiendra point contre ce sacrifice dun cœur contrit et humilié.

Cesidouc en vain, et ce sera toujours i sacondam-' Dation, que le pécheur cherche des excuses, pour justifier sa désobéissance à la loi de Dieu. S'il trouve des dillicultés insurmontables danâ lobservanàe de cette loi sainte , qu'il s'en prenne à son orgueil et à sa lâ«jchetë. Dieu est fidèle^ ait saint Paul, et il ne permettra point que nous soyons tentés au-dessus de nos forces; mais il nous fera même tirer as^antage de ïa tentation, en sorte que nous la puissions soutenir.

Dieu ne cofnmande pas des choses impossibles^ nous dit le concile de Trente («Se,fi. 6. C. ii.de Justif.)} mais en commandant , il avertit défaire ce que ton peut , et de demander ce quon ne peut faire f et U aide ^ afin quon Iq puisse.

Eu apprenant à ceux que l'on est chargé d^instruire , quelle est l'obéissance qu'ils doivent à la loi de Dieo, il est important de leur recommander de n^oublier jamais u'ilest iufînimeni dangereux de négliger, dans la voie a salut , les devoirs qu on orôit de peu d'importance} et qu'en tout ce qui louche l'observation de la loi, la Religion et la conscience , il n'y a rien de si l^er qui nt mérite nos soins ^ et qui ne demanjde upe fidélité parfaite et une entière soumission.

Manquer volontairement et habituellement aux moiodres^devoirs, c'est s^exposer à violer bientôt en mille rencontres les plus grands préceptes, éi ce. que la lot pous ordonne sous les plus grièves peines. Si Ton de- Xi^ande ce qife fait dans l'hoinme celte Jiberlé pràomp»

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aense qui le porte à négliger certaines obligaiidos dé onscienoe moins rigoureuses et inoiqs étroties^ il est icile de faire voir qu*elle produit en lui les plus fti^ lesies effets ; qu^elle lui fait perdre insensiblement \6 espect et Tobéissance qu il doit à Dieu ^ qu^elle étouffe ^u à peu dans lui la crainte des jugemens de Dieu \ [u^elle le rend bardi à tout entreprendre contre la lot le Dieu; qu'après lui avoir fait contracter Thabitud^ les petits péchés, et lui en avoir ôté la honte, elle lui lonne bientôt cette. audace qu^un prophète appelle un ront de prostituée, qui ne veut rougir de rien, et qui e fait gloire des plus grands crimes.

Et en effet, Texpérience apprend qu^un pécheur ]ui suit le cours et les mouvemens de sa passion ^ I force de franchir le pas dans les moindres occasions , sn vient enfin jusqu'au point de ne trouver plus rien )ui Tarrête dans la voie de Tiniquité ; parce que le comble du péché exclut alors les remords et la crainte, dit saint Bernard ( Tract* de grad. humiL et super b, (7. 2 1 . ) : consummata iniquitas foras mit lit timorem. C'est la vérité qui rassure le juste dans le chemin de la vertu ^ c'est Taveuglement qui tranquillise le pécheur dans la voie du désordre • ajoute ce saint abbé ; illi Veritas , huic cœcitas dat securitatem. Cest ainsi que Fimpie qui n'écoute plus la raison , et qui ne craint plus Dieu, court hardiment à la mort éternelle: impius pro malo usu^ non ratione se gubernans^ non amorisfrtno retentans , intrepidus festinai ad mortem.

Mais avant que le pécheur en soit venu là, n*a-t«il rien à souffrir r reprend saint Bernard. Il jr en a qui SQuffrent, répond-il^ et ce sont ceux qui voudroient tenir le milieu, c'est-à-dire , ces âmes imparfaites qui vondroient secouer le joug de la conscience et de lat Religion dans les petites choses, et qui ne voudroient point le rompre dans les grandes : medii sunt , quifa^ iigantur et angustiantun Car ceux-là, dii-il, souffr^em de tous les cotés; et du côté de la grâce, à laquelle

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quOlj a peu dé personnes qui le trow^ent ! Et Toilà pourquoi Jésus-Qirisi nous a tant aveim de nous (àtre vîolenceà nous-^mémes; parce que /e royaume duciel doit être attaque par la f orée j *ei que c'esi la ^io^ fence qiùtemporte. Efforces^vous, nous dk encMece Dieu Sauveui*) efForcez-^vous d'entrer par la porte étroite : car je vous déclare, que plusieurs ehercfaeront k y entrer , et ib ne le pourront : contendite intrare per angustam portant : quia muUi ^ dico vobis^ quœreni intrare , et non poterunt. G*«st donc une erreur grossière, et contraire à la parole de Jésus— Christ , de croire que la porte du ciel sVlargisse ou qu^elle se rétrécisse a notre gré. Prenons telles libertés <|u^il nous plaira) accordons-nous à nous— mêmes teb privilèges que nous voudrons, jamais la loi de Dieu ne changera, lii ne pliera ^ et tous les «doncissemens dont noos oserons , ne la feront pas relâcher d'un seul point : au contraire, plus nous entreprendrons sur elle , et plus elle deviendra redoutable : car alorselle s'élèvera contre nous , et nous condamnera. Je vous dis en vérité^ nous assureje Fils de Dieu, que le ciel et la terre passeront^ plutôt qu'un seul point de la loi ne soit accomplL

Or, cela supposé, comment devons**nous agir ^ n nous sommes sages F comment devons-nous raisonnerf Le chemin du salut est étroit, devons-nous dire, il&at donc aussi resserrer notre conscience: car ii ny a point de danger pour nous à no us restreindre dans les bornes du devoir ; mais nous devons tout craindre , si nous venons à les franchir. Nous ae pouvons être trop soumis à Dieuf mais nous courons risque de nous perdre, si nous ne le sommes pas assers : el cet esprit d^indépendance, qui pourrait peut«»è(re nous réussir en traitant avec les hommes , ne sauroit nous attirer que la malédicUon de J3ieu , et notre perte éternelle»

Etre exacts et religieux , fusques dans les plus petites choses , c^est donc le seul parti que nous ayons à prendre, et Tunique moyen dç réparer notre ignorance, en

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e qoî cohcerne la cooduîce du saiut : point d'autre voie^ n effet) pour éviter les suites funestes de cette igno--« ance , que d'être fidèles à Dieu dans les plus légères obligations^ et dans laccomplissement de nos moindres levoirs. Sans cela il est impossible que nous ne nous égarions pas, et que nous ne tombions pas dans des abîmes lont peut-être nous ne pourrions jamais nous retirer : ;ar il n'y a rien où Pbomrae soit plus $ujet à se trom-« )er) et où les erreurs soient plus dangereuses qu'en :e qui regarde ta conscience et la Religion* Il n'est que rop aisé den avoir des preuves convainoantes par l'expérience journalière que nous en faisons.

Faut^il donc être étonné que son aveuglement le précipite dans toutes sortes d'illusionsf En cette ma-^ tière^ faut-il être surpris qu'il suppose pour légères des fautes qui sont en effet importantes; qu'il traite de bagatelles ) en matière de conscience et de Religion , des choses où la Religion néanmoins et la conscience se trouvent notablement intéressées ; qu'il ne compte pour rien ce qui, devant Dieu, doit être censé pour beaucoup; quUI juge pardonnable et véniel, ce qut de soi-même est criminel et mortel; qu'il diminue, par de fausses opinions , la rigueur des plus étroites obligations: car ce sont-là autant d'effets de laveugle^^ ment de l'homme. Et parce que cet aveuglement ne le justifie pas, parce que c'est un aveuelement, on af-feclé par malice, ou formé par négligence, ou fo-^ mente par passion, qu'arrive»til encore? ce que nous éprouvons tous les jours : que, pour connoitre mal les

f)etites choses, l'homme est exposé à manquer dans es plus essentielles; que, suivant les erreurs dont il se prévient sur ces fautes prétendues légères y il est en oaoger de commettre de véritables crimes ; el que , pensant ne faire qu'un pas dont les suitiM sont peu importantes, il court risque de se précipiter et de se perdre, s'il ne s'impose cette loi, d'avoir pour Dieu .ii^ne fidélité entière, et de* ne pas négliger -même le^

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plus petites choses. Car cette loi , bien obsenrée , le met il couvert de tout , et lui servira de guide drat des cas où, sans elle , il seroit fort embarrassé.

Il est donc d^une importance extrême de se resserrer toujours dans ce qui tOQche. la Religion et la conscience, plutôt que de s^écarter ou de se reiÂcher. Jogeons-eo par les exemples qui sont continuellement sous nos yeux. Ne vojons-nous pas tons les jours, que le relâchement sur certains points qu'on estime peu nécessaires, est un des pièges les plus dangereuse , et par lequel nous sommes conduits aux plus grands dé* sordresf Nous ne parlons ici que de ce qui r^ardeles mœurs et la conscience : Tapplication ae cette vérité à la foi et à la Religion, demanderoit un détail qui nous mèneroit trop loin.

Combien de péchés toujours grie6 en certaines matières, dès qu'ils sont volontaires, mais qu^une infinité de chrétiens mettent au nombre des petits péchés! L^impureté, par exemple, est du nombre de ces péchés sur lesquels nous nous trompons toujours, lorsque nous les supposons légers ^ parce qu'ils ne sont jamais tels aux yeux de Dieu. En cette matière rien de lé* ger, rien de véniel, lorsqu'il y a un consentement volontaire ^ c'est une doctrine constante et si autorisée parmi les théologiens , qô'on ne pourroit la contredire sans témérité et sans scandale. Cependant, tous les chrétieùs en sont-ils persuadés f tous prenneut-^ils la peine de s'en instruire? Combien y a-t-ll là-dessus d'erreurs dans le monde? Et, par une suite nécessaire, combien de crimes se commettent tons les jours, dans la fausse et honteuse prévention que ce ne sont point des fautes qui attirent la haine de Dieu?

Combien pourrions-^nous encore compter d^eutres

I)échés, dont nous mesurons souvent- là grièveté ou a légèreté, non suivant ce qu'ils sont en effet, et eu égard aux circanstancés , mais selon nos idées , selon les désirs de notre cœur, et les divers intérêts qoi

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nous gouvernent F Par exemple^ avons-nous fait au prochain riiijure la plus atroce ? ce n'est rien, à nous îû croire: mais, s'il nous a offensés, la moindre injure ]ue'nous en avons reçue, est toujours extrême à nos l^eux. Jamais lagresseur a*t*il reconnu tout le tori :ju'il a? et jamais l'offensé est— il convenu du peu de tort qu'on lui a fait î L'un Taugmenie , fantre le diminue, chacun comme Famour— propre et la passioa l'inspirent. Jusque dans le tribunal de la Pénitence | DU nous prétendons agir avec Dieu de bonne fui, combien de railleries et de médisances , combien de paroles piquantes, que Ton compte pour des bagatelles^ et sur quoi l'on ne daigne pas même s'expliquer? Est* ce qu'elles sont toutes légères en effet , et qu il n'y en ait aucune qui doive nous causer de justes remords? EsUce que nous voulons mentir au Saiut-Ësprii , et les dissimuler malgré les remords de la conscience ? non } mais c'est que nous sommes aveugles, et que notre aveuglement nous empêche de les apercevoir et d'en être touchés.

Quel remède et quel parti prendre pour se garantir des suites d'un aveuglement si pernicieux f C'est de se contenir dans les bornes d'une exacte et entière soumission à la loi de Dieu^ c'est de ne se permettre quoique ce soit qui puisse en quelque sorte bleÂer la loi de Dieu î c'est de ne se livrer jamais à cette faosse liberté qui, lors même qu'on l'ignore, et parce qu'on l'ignore^ rend si souvent prévaricateur delà loi de Dieu. Voilà les moyens que l'on doit mettre en œuvre, et sans lesquels nous lommes en danger de périr : car il faudroit , pour que uoire aveuglement cess&t, qu'une étude constante et assidue de nos devoirs , suppléât aux lumières qui nous manquent. Or<, il est vrai que nous pouvons combattre notre ignorance par des réflexions continuelles sur le nombre et la qualité de nos devoirs: mais le ferons-nous toujours^ ei quand nous le ferions, aurons-nous

toujours assez de lumières pour y réussir ^ c'est-*à-dire.

tjBa Du Décàlogue en Géhé&ai.

pour connoiire clatreméûl et disthictemeot ce qui est aune obligation rigoureuse, et ce qui ne lest pasf Et quaud enfin nous le conuoitrions, aurons-nous tou* jours assez de force et assez de résolution pour agir selon nos connoissances f

Il est dotM: bien plus court et bien plus sur de s^o^ terdiretout péché, de quelque nature qu'il puisse être* Outre qu'on aura Favantage den être plus agréable aux yeux de Dieu ; outre qu'on aura le mérite de vivre dans un plus parfait attachement aux volontés de Diea ; outre qûè c'est une consolation de tâcher d'être du nombre des fidèles serviteurs de Dieu , on n'a plus besoin alors, quand il s^agit de la loi de Dieu, de l'examiner de si près, ni de chercher tant d'éclaircissement, et d'aller à tant de conseils, qui souvent nous flattent au lieu de nous instruire , ou qui nous embarrassent au lien de nous calmer. Cette exactitude, cette régularité dans les plus petites choses ^ tient lieu de tout le reste.

N'oublions donc jamais que nous sommes foibles, et que nous ne pouvons mieux nous précautionuer contre le péché, qu'en évitant jusqu^i 1 ombre même du péché. Méditons bien cette maxime de saint Bernard , que ce seroit un miracle , si celui qui se permet tout ce qui lui est permis, ne se laissoit pas emporter à ce qui lui est défendu. Et pensons continitellement à cet oracle du Saint-Esprit, que quiconque méprise les petites choses, tombe peu à peu, et même sans y prendre garde, jusqu^â se rendre coupable des plo* grandes : qui spcmit modica , paulathn decideté

Fin du Tome troisième*

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