DE LA RESTITUTION
jN| ous parlerons ici des biens dans lesquels on peut nuire au prochain^ el de la restirulion à laquelle engage le tort qu'on lui fait dans ses ^iens, les principes généraux que nous avons donne's jusqu'ici sur la res» titulion, ne sufTisant pas pour résoudre un grand nombre de diffîcuîlés qu'on rencontre dans cette matière. Ijcs biens que Ton possède sont , ou les biens spi- Tiiucls, ou les biens du corps , ou les biens de Thonneur et de la réputation , on les biens qu'on appelle de la fortune, c'est-à-dire, les richesses.
De la Réparation du tort qu on fait au prochain^ en ce qui concerne les biens spirituels.
Jr AR le nom de biens spirituels , nous entendons ici non- seulement ceux qui conduisent ou immédiatement au saint, comme la grâce, ou médiatement, comme l'étal religie«JX , mais encore ceux qui servent d'une manière éloignée, comme sont les biens de l'âme, soit naturels , comme la mémoire et reniendement , soit acquis, comme la science et Tart. Quelques théologiens demandent même, à cette occasion, si Ton doit restituer ce qu'on a reçu pour faire un bien qu'on éloit déjà ubligé de faire, ou po\ir s'abstenir du mai, ou ponr commettre une mauvaise action contraire aux lois de l-i justice, ou pour en commettre une criminelle ri mauvaise d'clle-rncme, lorsqti'elle n'est pas contraire aax lois de la justice. Nous allons expliquer
EN PARTICULIER. 3r)l.
•ceci en delail , en pnrlanl craboid de la rcslIlLition qu'exige le tort fait au prochain, dans les biens qui conduisent immédiatement ou mediatement au saiuf. Il est certain, i. que celui qui a engage quelqu^ui à faire une aciion criminelle , laqueiio a porté préjudice à un tiers , est obligé à restitution: cela suit de ce que nous avons dit ci-dessus des obligations de ceux qui ont fait tort au prochain , par de mauvais conseils: 2. que cebji qui est aux autres une occasion de scandale et de chuie, pèche grièvement contre la charité^ 3. que ceux qui sont ainsi corrupteurs de leurs frères , sont obligés à la restitution, en ce sens qu'ils doivent faire tout ce qui dépend d'eux pour réparer leur scandale , en tâchant d'obtenir du Seigneur, par leurs prières, la conversion de ceux qu'ils ont jetés dans le précipice, et pour les rappeler de leur égarement dont ils sont la cause.
Lorsque par force, par crainte on par fraude, on
a porté les autres à pécher, ou on les a fait sortir du
chemin de la vertu dans lequel ils marclioient, on
est obligé, par justice, à procurer la réparation de ce
tort qu'on leur a fait: car Ton n'est pas moins obligé
de restituer, lorsqu'ori a porté par force, par crainte,
par fraude , son prochain à se nuire à soi-même dans
les biens de l'âme, que lorsque, par les mêmes moyens
iniques, on l'a ens-^pé à se nuire dans les biens de
la lortune; au contraire, on y est encore plus onligé^j
quand il s'agit des biens de Tâme , qui sont d'un ordre
supérieur aux autres. >
^ D'oii il s'ensuit, J. que celui qui,, par crainte,
retient mi antre dans 1 hérésie . le scliisme , l erreur ,
est o])ligé dit faire cesser celte injuste et nlFreuse
vexalioîi , pour lui l.iisser la liberl*' de j)rofesser In
docttino de rJlglise » à bquelle il doit tnre soumis^