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^aJ^es du peuple d'Israël, pour partager avec Moïse le soin de gouverner ce pcîiple^ et elle les avertit que , pour accomplir parfaitem^^nt celle figure, ils doivent, comme des dépositaires fidèles , garder soigneusement la loi de Dieu , et donner par leur science et par toutes leurs actions, de continuelles marques de la probité de leurs mœurs et de la maturité de leur ji>gement ; vos si quidem in septaaginta viris et senibus signât i cstis^ si pcr Spiritum septiformem decnlogum legis custodientes , probi et inaturi in scientiâ simi^ Hier et opère eritis. L'Eglise dit encore aux piètres, dans leur ordination , qu'ils reçoivent non-seulement le pouvoir d'offrir le saint sacrifice , mais encore une puissance sur le corps mystique de Jésus-(vhrist \ et comme cette puissance c<jn<iste principalement dans le pouvoir de remettre et de retenir les pèches par le Sacrement de Pénitence, et d'annoncer avec autorité la parole de Dieu , elle leur fait connoître que l'oblitialiou de s'instruire de la loi de Dieu est inséparable du sacerdoce, étant impossible qu'un prêtre puisiîe remplir l'étendue de ses devoirs , sans une en* tière et profonde connoissance des vérités de la loi divine.
Ainsi, avant que d instrtiire les fidèles de la science de Dieu et des vérités saintes de la lleligion , il est nécessaire que les prêtres s'instruisent eux-mêmes;, et qti'ils cherchent , dans la loi de Dieu , la connois^ sance de ce qu'ils doivent faire pour se sauver, en Iravaillani au salut de \e\iYs (ve.vf^s : 'vei liez sur vous mêine ^ à'vioii saint Paul à Timothée, en veillant sur Vinstruction des antres. Méditez les v^riiés qne vous devez leur enseigner^ occupez-vous-en.^ afin que cha^ cun connoisse que vous avancez dans la perfec-* tion : perséi^érez dans ces exercices : car , par ce tnojen ., vous twus saucerez vous-même.^ et vous saui^erez ceux qui vous écoutent. Et afin d'engager 6QU Uisci|jle à demeurer ferme dans les choses qud
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ai^oit apprises dans la lecture continuelle ries saintes Lettres . dans lesquelles il avoit été formé dès son enfance.^ ce graud apôtre lui dit, quelles peui'ent Hns-^ truire pour le salut par la foi qui est en Jésus- Christ^ dans laquelleelles raffermiront de plus en plus, en lui donnant toutes les lumières , tous les secours nécessaires pour bien s'acquitter de ses obligations : car toute Ecriture inspirée de Dieu^ est utile pour enseigner^ pour reprendre^ pour corriger^ pour instruire dans la justice^ et le prédicateur de TEvangile , et ceux qui doivent recevoir ses instructions^ et il suffit, <7/Z/z que Vhomme de Dieu ^ le ministre de Jésus-Christ, soit parfait et préparé pour toutes sortes de bonnes œuvres , qu'il en soit bien rempli.
El en effet , où les prêtres apprendront-ils à parler dignement des volontés , des ordonnances , des commandemens du Seigneur, de la sainteté de sa loi, de la magnificence de sesœuvres,de la farce de son bras, de rétendue de ses miséricordes , de la vérité de ses oracles, que dans les divines Ecritures^ dans ce livre d'orque que le Saint-Esprit a dicié , et qui est la source abondante de la vraie théologie? C'est dans ce livre divin , qu'un ministre de la loi nouvelle trouvera la suprême et infaillible vérité , émanée de la bouche de Dieu , qui ne peut ni nous tromper, ni être trompé. Veut-il s'instruire lui— mênae , ou se mettre en état d'instruire les autres? Qu'il lise, qu'il relise assidûment, avec humilité, avec simplicité, avec fidélité, les livres saints: il y trouvera ce qu'il doit savoir pour être pleinement persuadé, ^t [)Our convaincre les autres de l'existence de Dieu , de sa fidélité dans ses promesses, de la grandeur de ses récompenses, de la sévérité de ses jugemens, de l'obligation de l'adorer, de le craindre et de l'aimer ^ tout ce qu'il y lira, lui apprendra qu'il doit à Dieu l'hommatze de son cœur . le sacrifice de son obéissance, et quelle doit être l'étendue de cet hommage el de ce sacrifice. Cherche-t-il enfin de* figures du Messie et de
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l'Egiise? cberche-l-il à connoiire parfaitement la doc- Minc. de Jësus-^Clirist , la règle de la justice , rexcelience de la vertu , les préceptes, les maximes de perfeclion? Les livres saints en sout un Irësor inépuisable.
En un mot, lorsque les prêtres vaudront lire l'Ecriture sainte dans le même esprit qu'elle a clë faite, avec foi, flvec humilité, avec respect , avec docilité^ pour s'instruire , pour s'ëdificr^ en priant TEspril saint de leur en donner rintelligence , le goi^it , la pratique et les grâces nécessaires pour en | rêcher dignement toutes les vérités: lorsque les prêtres voudront méditer les divines Ecritures, en ne les regardant que comme la parole, la .sagesse . la force et la vertu de Dieu pour sauver ceuœ quL croient : lorsqu'ils les consulteront, pour en faiie Tunique règle de leurs actions , et des instructions que les [)cuple3 doivent attendre (Ytwx , ils ne pourront s'empêcher de reconnoUre qu'elles sont marquées au caractère du doigt de Dieu 5 que c'est le livre des livres; que tout y est grand et digne d'être recueilli, parce que Dieu y parle , y agit partout , et que tout semble disparoître sous la magnificence de ses opérations. Partout on y aperçoit des spectacles de Religion , des exem!pies de piété, des traits singuliers de vertu , des modèles de foi, des miracles de chasteté, de soumission aux ordres de Dieu, de charité et de patience. On reconnoit alors que la plume des écrivains sacrés a été guidée par TEsprit saint ^ et que sous sa direction ils ont efficacement travaillé à la gloire du Seigneur, et à la sanciificaiion du monde.
Heureux donc le ministre de Jésus-Chrisl, qui fait ses délices de ce livre divin , et qui n'a d'autre étude qiie <i'en faire le sujet coîJtinu^^l de ses méditations! Comme un de ces arbres c[\\e, le pro[)bète Ezéchiel (47* '^* 3^'^^ sortir des eaux du Sanctuaire, scsjruit s serviront pour nourrir les peuples , et ses feuilles^ pour les guérir^ \i portera pour lui et pour les entres , des fruits de sainteté <e.t de saj^ esse 3 ses conseils de viendront uiilei 5 ses exhor*
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îatîans eliicaces , ses paroles seront des paroles de salut et dévie. Au lieu que sans ces eaux salutaires, dont les livres saints sont la source, eût-il d*aillcurs toute Terudiiion et toutes les richesses de réioquence humaine, lin ouvrier évangpiique ne sera jamais qu'un orateur fr(jid et st<'rile. N'ayant jamais puisé la Reh^ion à sa source , il n'en sentira pas les beautés , et ne pourra par conséquent les faire sentir aux autres: ses discours seront sans force, quoique pétillans d'esprit, et surchargés d'ornemens étrangers ; ils pourront saisir Fimaginalion , mais ils ne diront rien au cœur , s'ils ne sont pas animés de ces senlimens dont rEs[)rit saint est le père^ Cl qui enfantent des chréiiens. Tout y aboutira à faire (jiiciqncs peintures agréables du vice , à y rassembler des phrases et des périodes qu'on admirera, et que souvent on n'entendra pas ^ à donner peut-être des discours semblables à des habits cousus et composés de pi Asieuis lambeaux pris çà et là, pour plaire à un auditoire, sans travailler, sans penser même à le convertir. l'A voilà comment la Religion dépéril dans l'esprit et dans le cœurdes peuples. C'est qu'on ne la prêche plus^ c'est qu'on ne saftroit même la prêcher, sans l'étude et ie fjnd des divines Ecritures qu'on ignore. Elles dévoient servir de base à l'érudition, aux instructions d-es prédicateurs, des confesseurs, des pasteurs : la base manque*, faut-il donc être surpris de l'ignorance de ceux qui les écoutent?
Quels biens, au contraire, ne doit-on pas attendre, et quelle doit être l'efticace du ministère d'un ouvrier ('vangélique , qui ne travaille à la gloire du Seigneur, i'i à la sanctification du monde , que sous la direction de l'Esprit saint , dont la langue et la plume ne sont giiidérs que par TE^prit saint ^ dont l'Esprit saint règle toute la conduite , toutes les démarches , toutes les ionctions ; que TEspril saint instruit et éclaire dans tous >cs doutes . et anime dans tous ses discours T
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Et quel progrès doit faire dans la connoîssance des ve'ritës chréiieniies, dans la pratique de la vertu, dans l'exercice d ? saint ministère, celui dont le Saint-Esprit s'est lendii le maître? Ubi Deus magister est ^ dit saint Léon , qiiàmcitd discitur qiiod docetar!
Il est donc im[joriaijt , et d'une étroite obligation pour tous les prêtres, les prédicateurs, les confesseurs et les pasteurs , de chercher l'intelligence de la loi de Dieu dans les divines Ecritures* puisque l'Ecriture sainie est la source primitive deioutes les vérités qu ils doivent annoncer aux peuples , ainsi que l'ont remarqué les Pères de TEgJise^ et qu'ils y apprendront, comme saint Paul nous Ta déjà dit , tout ce qui est propre pour enseigner , pour reprendre é^ pour corriger^ pour instruire darw la justice. En vain se flatteront-^ils de posséder la connaissance de la volonté de Dieu . et tous les dons de sagesse et d'intelligence spirituelle , sans une étude profonde de ce livre divin.
« Dans Tincapaciié où nous sommes d'arriver à la » connoissance de la vérité par la voie de l'intelligence » humaine et de la raison , nous avons b^ soin d'une » autorité comme celle de TEcriture , dit saint Augustin, s> ( Confess. L. 6. C.S. ) : jp compris , ô mon Dieu , que y> vous n'auriez jamais permis qu'elle s'en fiit acquis •s> autant qu'elle en a par toute la terre, si vous n'a— » viez voulu que ce fût par elle que Tout crut en vous » et que l'on cherchât à vous connoître : 's> nisi et per ipsain tihicredi ^ et per ipsam te quœri voluisses.
Aussi ce grand saint étoil-il tellement petsuadé c^wQ l'étude de la loi de Dieu étoit absolument nécessaire aux ouvriers évangéliques , pour s'acquitter dignement de leurs fonctions, qu'il demanda à Yalère, lorsque cet ëvêque l'ein choisi pour travailler sous ses ordres au salut des âmes, la permission de se retirer pour un temps, afin de s'adonner avec plus de soin à la méditation des saintes Ecritures. <i. Je n'ai point étudié, dit-il à Valèrc, » les règles de la milice sainie j et la connoissance que
» j'ai de ma misère et de mon infirmité, me fait sentir •» qu'il faut au moins que j'aie recours à tout ce qu'il » y a de remèdes et de corifortaiifs dans les saujtes s» Ecritures^ et qu'à force de lecture et de prières, je » tâche d'obtenir des forces proportionnées à un em[)loi v> aussi périlleux que celui d'annoncer la j)arole de Dieu.»
Il scroit à souhaiter que tous les ministres de Jèsus- Christ suivissent l'exemple de ce saint docteur, et que l'Ecriture sainte fût la seule règle de leur conduite et de leurs instructions : on n'en verroit aucun sVgarer du droit chemin ; s'engager dans de fausses routes ^ se fier, dans ses décisions , à son propre sens , aux lumières iromj)euses d'une raison qui ne consulte qu'elle-même , aux sentimens corrompus de ces /au ao prophèf es ^ de ces hommes ignorons et légers , dont parle saint Pierre, ijui détournent l Ecriture sainte à un maui^ais senSj pour leur propre ruine ; qui ^veulent renverser l Evangile de Jésus-Christ ^ qui semblent avoir pris à lâche d'en afFoiblir les plus saintes mavimes, en les accommodant aux fantaisies, aux inclinations, aux passions des hommes, sans aucun respect pour la loi et la parole de Dieu. Heureux les peuples conduiis par des guides qui ne consultent point d'autres lois pour leur apprendre ce qu'ils doivent savoir et ce qu'ils doivent pratiquer, que les ordonnances et les volontés du Seigneur; qui ne sentent point Dieu en enseignant des maximes et des règles qui ne ^viennent que des hommes j qui sont convaincus que la règle du jugement décisif de notre bonheur ou de notre malheur éternel, sera, jion la raison, les passions, les coniumes, les opinions humaines, piais la parole que le Fils de Dieu a annoncée au monde! Scrmo quem locutus sum^ ipse judi^ cahit in novissimo die.
Mais il ne sufllt pas aux ministres du Seigneur, de faire leur capital de la lecture des saintes Ecritures, que les Pères et les conciles appellent le livre drs prêtres , ei qiîi, selon l'expression de saint Denys et du second
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concile œcuménique deNicée, fait le fonfls, la substance et le soutien du sacerdoce : Nostrœ hierarchiœ suhstantia^ sunt eloquia dUnriitiis tradita ^ h lecture et rétude de ce livre sacré demande encore des dispositions qu'il est nécessaire d'expliquer ici.
Il faut, I. avoir pour TEcriture sainte, un profond respect et une religieuse vénération. Car , qu'est— ce que l'Ecriture sainte ? C'est , selon l'expression d'un prophète , la bouche de Dieu : os Domini locutwn est, G^esl par elle que Dieu s'explique^ c'est par elle qu'il annonce aux hommes ses desseins et ses volontés ^ c'est par elle qu'il leur découvre ses secrets^ cVst par elle qu'il leur donne une connoissance anticipée de ces perfections et de ces grandeurs qu'il découvre clairement aux bienheureux dans le ciel. L'Ecriture sainte, disent les Pères, est comme un registre de la science de Dieu , l'organe de ses vérités , l'instrument de ses mystères , le code de ses lois , et l'abrégé de ses merveilles. Yojez avec quel respect, quelle vénération, quelle soumission , les lettres et les lois des rois de la terre, sont lues et reçues dans leurs étals. Or, notre dépendance de Dieu, dont nous sommes les créatures , est bien plus grande que celle des sujets envers leurs rois : avec quel respect devons— nous donc recevoir tous les oracles de sa parole , soit qu'elle nous propose les vérités et les mystères dont le Seigneur exige de nous la crovance, soit qu'elle nous prescrive les devoirs dont il ordonne la pratique ! Faut-il en demander d'autre raison . (^^^e la souveraine autorité de celui qui parle, et qui ne nous parle point pour ses intérêts, mais pour noire bien et notre avantage ? Os Domini locutiun est.
Mais pour faire encore mieux entrer ceux qui liront jcs saintes lettres , dans les sentimens de révérence et de soumission qui sont dus à ce livre divin , il est important dVxpliqner ici le bel oloi^e qu'en fait un ancien Père de l'Egiise . quarKl il l'appelle l'ouvrage du Père,,
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l'image du Fils et le sanctuaire du Saint-Esprit: Opus Patris^ Imago Fila ^ Sanctuarium Spiritus sancti. Elle est loiivrage du Père , Opus Patris. II est vrai que ce monde visible publie, avec une voix éclatante^ les grandeurs et les peiTeciions invisibles de son auteur. Sa puissarice infinie reluit avec un fclat merveilleux ^ dans la production de tant de différentes créatures ^ sa sagesse , dans l'admirable arrangement des parties qui composent le monde ^ son immensité, dans Téien^ due prodigieuse de la vaste macbinc de Tunivers^ son éternité, dans la durée permanente des globes célestes qui , depuis la révolution de tant de siècles, roulent toujours avec la mOme vitesse et h même régularité que le premier jour qu'ils furent crées. Sa majesté éclate dans le firmament parsemé et enrichi d'étoiles innombrables ^ sa beauté j dans le soleil bril/ant d'une si vive lumière ^ enfin , sa providence se montre à nous de toutes parts , dans rharmonie miraculeuse d'une infinité de créatures qui vont constamment au but qui leur est marque, et qui exercent tous les emplois auxquels elles sont destinées, avec une exactitude merveilleuse et surprenante. C'est ce qui a fait dire au prophète-roi , que les cieux publient la gloire de Dieu, en exposant à nos yeux ce qu'ils contiennent de merveilles , et en nous apprenant quel est celui qui les a formés : cœli enarrant gloriam Dei. La considération des choses qui ont été faiies dès la création du monde , ayant rendu visible aux hommes ce qui est invisible en Dieu, sa puissance même et sa divinité, dit saint Paul^ ils sont sans excuse ayant connu Dieu, de ne l'avoir pas glorifié comme l>ieu, et de ne lui avoir pas rendu grâces : Ita ut sint iîiecccusahiles . qui cum cogmwissent Deum^ non sicut Dcuni glori/icm'eriLnt, C'eil ce qui a fail dire à saint Prosper, qu'on voit éclater des traits sensibles des grandeurs de Dieu , dans tous les astres qu'il a créés, et qu'il n'est rien sorti de ses mains, qui ne porte de vives marques de ses periections adorables:
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cœlum , et terra , et elementa consono speçiei sua^ concenta ^ majestatem sui loqwintur auctoris.
Cependant Dieu voyant les hommes sourds à cette voix, ainsi que saint Paul vient de nous le dire, a ajouté à tout ce que leur enseigne l'univers, la voix des divines Ecritures, pour leur dofiner une plus juste idée de ses grandeurs. Il est vrai que Fon peut sViever de la conijoissance des cr^^aiures^ à la connoissance de Dieu , comme par des effets qui nous découvrent la noblesse et Texcelleuce de leur cause^ comme par autant de ruisseaux qui nous servent à remonter jusqu'à leur source- Si les hommes ont admiré le poussoir et les effets des créatures^ qu'ils comprennent delà^^M le sage, combien est encore plus puissant celui qui les a créées : la grande beauté de la créature peut J aire connoître et rendre en quelque sorte visible le créateur.
Mais que cette connoissance de Dieu parles créatures, est foible et imparfaite! quVUe est disproportionnée à sa majesté souveraine! quelle est inft'xieure à celle que les saintes Ecritures nous en fournissent! Et en effet , connoîtrions-neus Dieu comme nous le connoissons, s'il n'avoit pas daigné se peindre lui mêmedansTEcriture, et nous tracer dyns ce livre divin, par la plume des -écrivains sacrés qu'il a inspirés, le portrait de ses perfections et de ses plus profonds mystères? tout ce que les plus fameux philosophes en ont jamais pu découvrir par leslumières et par les efforts de leur raison, n'approche point de fidée que nous en donnent les livres saints. C'est ici où Dieu a pris plaisir de découvrir aux hommes ce qu^ily a de plus caché dans son être, ce qu'il y a de plus surprenant dans ses mystères , ce qu'il y a de plus impénétrable dans les desseins et les secrets éternels de sa providence. Eussions-nous jamais connu les choses que nous savons des merveilles et des perfections de Dieu, s'il ne nous les eût pas révr'léts dans h's saintes Ecritures ? sans ce livre divin eussions-nous connu les mystères adorables delà très-sainte Trinité, de fincar-
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nation, et tous ceux que la foi nous enseigne? qui auroit jamais pu se former une si haute idée de la puissance infinie d'i cre'aleur, que celle qne la Genèse nous en fournil, en rapportant la miraculeuse prodiiclion de funivers par une seule parole? qui anroit pu si bien concevoir quelle est la profondeur de la sagesse et de la science de Dieu , si les saintes lettres rje nous repre'senloient Les voies adorables de sa conduite dans le gouvernement du monde? Enfin, quoique tons les êtres publient la souveraine bonté de Dieu, en aurionsnous une idée égale à celle que nous en donne Œcriiure, en nous rapportant les prodiges de son amour, pour BOUS racheter de la mort? C'esi donc avec raison, que ce livre divin est appelé Touvrage de Dieu par excellence , opus Pat ris.
Qu'est ce que lEcriture sainte , dit le pape saint Grégoire? G est une letlre du Toul-Puissawt adressée aux hommes : qiiid est est Scriptura sacra., nhi quœdam epistola omnipotentis Dci ad creaturani suani r* Mais une lettre, ajoute saint Augustin Ç in Ps, Qo. Conc. 2.), que Dieu nous envoie du ciel où il règne, pour nous inviter à la conquête de son rojaume , et pour nous marqijer les voies qui peuvent condr.ire à ce bonheur : Scripturas dis^'inas ad nos iniitatorias^ per patriar— chas et prophetas.^ ad nos dignatns est mittere (^Drus ) quibus nos ad œtcrnam patriaui invitaret /mais une lettre, observent encore ces Pères, que le Seigneur a revêtue de toute son autorité, et dont il préfend que nous recevions toutes les paroles avec le même respect et la même soumission que s'il nous parloii immédiatementpar lui-même. Gardons'-nous donc h\en d'arrêter les yeux à la personne de David, de Moïse, des prophètes et des autres écrivains sacrés: il fjul les éJever à Dieu, dont ils ont été les interprètes et les organes; c'<^st Dieu qui nous parle dans les livres saints, quoiqu'il ait emprunté leur laugneet leur plume pour nous annoncer ses oraclefc',eliious faire connoître ses volonté*.
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Avant d'écrire lui-même les paroles de ralliancc sur tes secondes tables, le Seigneur ordonna à Moise d'avoir soin de les écrire : scribe tibi verbahœc {Exod, S^i 27.); ce qui nous apprend que,quoique Dieu soit Tauleur des dix préceptes du décalogue, et qu'il les ait écrits sur les tables de Talliance, il s'est servi de Moïse pour les annoncer à son peuple.
C'est ainsi , dit saint Grégoire ( Prœf. Mor. in Job. ) , que David et tous les écrivains sacres , étant animés de Tesprit de Dieu, parlant de sa part, et ne faisant que suivre ses inspirations et ses mouvemens, se sont considérés comme revêtus de son autorité divine , et ont exigé des hommes la même soumission et la même déférence à leurs paroles, que Ton doit à celles de Dieu. Quia ipsius auctoritate loqidtur .^ dit ce grand pape ^ en parlant du roi prophète, c?^/m5 inspiratione loquebatur.
Saint Auguslin fut consulté pourquoi le Sauveur du monde qui avoii inslruitîeshommesde vive voix pendant sa vie, n'avoit pas écrit sa doctrine^ pour Tinsiruciion des siècles futurs. îl répondit que la question qu'on lui proposoit, renlèrmoit une fausse supposition^ parce que le Fils de Dieu a consigné ses enseignemens à la postérité par écrit, lorsqu'il Ta lait par la main de ses apôtres ^ el que ce qu'ils ont écrit par le mouvement et finspiration de leur divin Maître, doit être attribué à Jésus-Christ, plutôt qu'à ses disciples. Car que nous ont transmis les apôtres r ils ont écrit ce qu'ils a voient appris desabouche, et ce qu'il leur a inspiré d'écrire. Il s'est servi , à la vérité, de leurs plumes et de leurs mains , poLr nous transmettre sa doctrine^ il ne faut point regarder les mains de ses membres, comme des mains empruntées et étrangères, mais comme les mains de ce divin chef, ayant été animées de son esprit, et n'ayant agi que sous sa conduite el par ses ordres. Ciim iUi{ Aposloli) scripserunt^^quce ille ( Christus)ostendit et diocit, nequoquàm dicenduntr est^ quod ipse non scripserit^ dit ce samt Docteur ( L,
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1 . de consens, ei^ang, c. 35. ) , quaiidoquidcm mcmhra ejusidoperatasunt^quod dictante capitecognoi^erunt» Quidquid enim ille de suis factis et dictis nos Lgcre {>oluit^ hoc scrihendum il lis, tanquam suis manibus^ iiTi" perai'it. Ainsi, conclut ce même Père, on doil regarder ce que les disciples de Jesus-Cbrist ont e'crii dans TEvangile, de sa vie et de sa doctrine, comme si Ton avoit vu ce divin Sauveur Fecrire de ses propres mains, ^oc unit al is consortium, et in div^ersis ojficiis concordium jïienihrorum sub uno capite ministerium quisquis intellexit. non aliter accipiet quod narranlibus dis-* cipulis Christ i in Evangelio léger it , quàm si ipsûrrt vianum Domini^ quam in proprio cor pore geslabat^ scribenteni conspexerit.
Il n'en est pas, dit encore saint Augustin , des auteurs ecclésiastiques, comme des écrivains sacrés. Quelque Jurande réputation qu'ils aient acquis par Témineuce de leur savoir, ou par l'excellence de leurs ouvrages, il nous est permis d examiner leurs senlimens : ce n'est point manquer ao respect que nous leur devons , de croire qu'ils se sont quelquefois trompes^ il nous est libre de rejeter les dogmes que nous ne trouvons pas établis par des preuves assez solides. Voilà, dit-il à saint Jérôme {Ep. 82. ), comme j'en use à leur égard. Ce n est point leur autorité qui me fait entrer dans leurs senlimens , mais les j)reuves de lEcriturc, ou Tcvidence des raisons qu'ils emploient pour les établir, solis eis Scripturarum libris , qui jam canonici appellaninr , didiciJiunc timorem hnnoremque déferre^ ut nullum corum auctoreni^ scribendo aliquid errasse firmissiniè credam^é, cdios autem ila lego , ut quanlâlibet sanc-* tiiate^ doctrinâque prœpolleant , non ideo verum putcm^ quia ipsi ila senserunt j sed quia mihi ^ vel pcr illos auctorcs canonicos ^ njcl probabili ratione^ quod à uero non abhon eut . persuadere pntueruut. Je \ois une très— grande dilïerencc entre les Ici lies de Cyprien et les Epîires des apôtres . ajoute ce Père Tome IIL ' T i
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( Z. 2. contr, Crescen, C. 32. ),• je ne veux point juger de celles-ci ^ je sais que je dois m y soumettre aveuglément : mais lorsque je lis les lettres de Cyprien, il m'est permis d'examiner ses seniimens , et de les improuver ou de les embrasser, selon qu'ils me paroissent contraires ou conformes aux divines Ecritures. Litteras Crpriani , non ut canonicas haheo j sed eas eoc ca— nonicis considero^ et qiiod in eis dwinnrum Scripturarum auctorltati congruit^ cuni laude ejus accipio^ quod autem non congruit , cum pace ejus respuo.
On ne peut donc, sans un attentat énorme à Tautorité divine, douter ni faire l'esprit fort , quand il s'agit de l'autorité des saintes Ecritures \ il n y a d'autre parti à prendre, quand elles parlent , que celui d'une aveugla déférence à ce quelles nous disent^ il n>st pas permis de demander d'autre assurance de leur témoignage que leur parole^ elle seule doit nous suffire, et nous tenir lieu de toute raison et de toute preuve. Lorsqtie le Seigneur se fait entendre, l'homme doit se taire : verbum ejus^ summa mihi ratio est»
Sî vous eussiez oui, dit un Père, cette parole impérieuse et souveraine, qui tira le monde du néant, qui enpeupla toutes les parties, de piaules, d'arbres, d oiseaux , de poissons et de tant de sortes d'animaux ^ qui fut si efficace et si féconde , dans la production de tant de merveilles , quel auroit été votre étonnement? Combien eusfiiez^vous été vivement touché de tous les prodiges qu'elle opéra f avec quel respect , quelle admiralion , quelle religieuse attention Teussiez-vous reçue? C'est cependant le même Dieu, qui parla si puissamment et si efficacement lorsqu'il créa l'univers , qui nous parle dans ses Ecritures. C'est par la voix des patriarches, des prophètes et des apôtres, qu'il s'y explique^ c'est par Torgane de ces saints hommes, remplis de son esprit, qu'il nous y révèle ses mystères, et qu'il nous y déclare ses volontés. Nous devons par conséquent, la même soumission et le même respect à tout ce que nous ont
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dit de sa part ces écrivains sacrés, que si Dieu même nous parloil, puisque tous leurs livres sont marqués du sceau de son autorité divine.
Ajoutons que si nous devons tant de respect à l'Ecriture sainte, parce que c'est Touvrage par excellence du Père, et qu'elle e!\ a l'auiorilé^ nous lui devons encore cette vénération , parce qu'elle est Tirnage viv ante du Fils ei qu'elle en possède la vérité- opusFatris^ imago FiliL
Si saint Jérôme a pu dire, que tout l'iinivers ne publie que Jésus-Christ: totius rnundi iina vojc, Christus est ^ nous pouvons dire, avec encore plus de raison, que toute lEcriture sainte n'a de voix que pour annoncer les mystères et représenter les adorables qualités de Jésus- Christ : totius Scripturœ una rr^o:, Christus est* Il est en ed'et partout le principal sujet qu'elle traite , la fm de toutes les vérités qu'elle nous découvre , Tobjet de toutes les ligures qu'elle pro[)Ose. (Test Jésus-Christ princi[)alement que l'Ecriture considère dans tous les grands hommes dont elle nous lait le portrait^ si elle s'arrête à nous décrire leurs actions, c'est pour nous y tracer quelque imai^^e de ses merveilles : ou ne trouve, on ne découvre dans ces livres divins, que Jésus-Christ exprimé en [jlusicurs mani(!res. Tous les persoimages les plus illustres, qui aient vécu sous l'ancienne loi, sont ses figures ou ses hérauts ^ toos ceux de la nouvelle, sont ses interprètes ou ses images: tous les sacrilices, toutes les cérémonies, toutes les ordonnances, tous les mystères de la loi de Moise, Ti'oniélé que divers crayons des mystères les plus au^\»sies de la vie de Jésus- Christ^ ions les livres de la nouvelle loi ne sont qu'une histoire fidèle de ce qu'il a fait sur In terre: ou de la vie qu'il continue de mener dans son corps mystique, depuis qu'il est monté au ciel.
Saint Ambroise demande ( Comm. in Luc. ) pourquoi Moise et Elie furent préférés aux antres [)rophèles, pour être témoins de la transfiguration de Jtsus-C^hrist sur le Thabor : et il répond, que Moïse y parut au nom
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de la loi, et £!ie, au nom des prophètes^ pour nous marquer que la loi et les prophètes ont un tel rapport à Jesus-Christ , que s'il y en avoit quelque partie qui ne se rapport^ât pas à lui, elle perdroit par^là tout son poids et toute son autorité : Moïses et Elias^ idest , lex et prophetœ cum f^erbo : neque enim lex potest esse sine P^erbo ; neque propheta esse potest , nisi qui de Dei Filio prophetaverit.
C'est pour cela que saint Paul appelle Jesus-Christ, la fin delà loi ^ finis legis Christus. Il ne veut pas seulement dire, que Jésus— Christ a rempli par sa venue les figures de la loi; qu'il en a dissipé toutes les ombres par la lumière et Téclai de sa présence^ qu^il Ta accomplie, en ajoutant à ce qui manquoit à sa perfection ^ mais encore, ce grand apôlre a voulu nous apprendre , selon la remarque de plusieurs Pères de TEglise, que Jésus-Christ est comme le but où tendent tous les mystères de la loi, et le principal objet que ses prophéties et ses figures avoient en vue : in omnibus ^ dit saint Hilaire, lex Christi meditabatur adventum. Aussi ce divin Sau— Teur voyant que ni la sainteté irréprochable de sa vie, ni Féclat de tous ses miracles n'avoient pu i{agner 1 esprit de ses ennemis, leur disoii : scrutatnini Scripturas^ quia vos putatis in ipsis \>itani œternam habere j et illœ sunt ^ quœ testimonium perhibent rfe me. Tous examinez les Ecritures, parce que c'est par elles que vous pensez avoir la vie éternelle^ ce sont elles aussi qui rendent témoignage de moi. Lisez , sondez-les , vous y trouverez partout les preuves authentiques de ma mission \ vous y verrez éclater de toutes parts, des témoignages de ma divinité et de mes mystères.
Non " seulement toute l'Ecriture sainte rend témoignage de Jésus-Christ , mais elle est encore un miroir, une expression et une image sensible du Fils de Dieu dans tous ses étals ^ soit que nous le considérions dans le sein de son Père, ou dans le sein de la sainte Vierge, ou dans le saint Sacrexnenl de l'autel. Dans le sein du
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Père éternel , il possède la vie , les connoissances et toutes les richesses de Dieu ; il y pos>ède la vie de Dieu, en qualité de fils de Dieu; il y vil de la même vie que Dieu sou père : car, comme le Père a la vie en lui-»même, il a aussi donné au Fils d avoir la vie en lui-même; sicut Pater luihet vitam in semetipso^ sic dédit et Filio hahere i^itaui in scmetipso. « Le Verbe étoii aiï corn— s> mencement , dit saint Jean ; et le Verbe éloit eu » Dieu, et le Verbe étoit Dieu, il étoit au commcnce- » ment en Dieu^ la vie éloit en lui, et la vie étoit » la inmièrc des hommes.» Dans le sein de Dieu, il possède les connoissances de Dieu , en qualité de Verbe de Dieu : tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu sont rejifennés en lui. Il est la ivraie lumière qui éclaire tout homme qui vient dans ce monde. tnfm, en qualité d'image du Dieu invisible^ de splendeur de sa gloire , d'expression de sa substance , il possède avec son essence tous les biens, toutes les perfections, toutes richesses de Dieu; il est son Verbe coéternel et consubstanliel , son premier-né aidant toutes les créatures^ dont il est lui-même le créateur: c'est par lui que toutes les choses visibles et invisibles ont été faites dans le ciel et sur la terre j soit les trônes^ soit les dominations^ soit les principautés ^ soit les puissances., tout a été créé par lui et en lui ^ il est avant tous, et toutes choses subsistent par lui ^ parce qu il a plu au Père que toute plénitude résidât en lui.
Il est descendu du ciel dans le sein d'une Vierge, il est "venu chercher et sauver ce qui étoit perdu , nous disent les livres saints. Fils de Dieu , image et expression sensible du Père , reprœsentator Pat ris , dit Tertuliien. Qui le voit ^ voit aussi so?i Père^ et son Père est en lui; le Père aime son Fils ^ et il lui montre tout ce qu il fait : comme le Père ressuscite les morts et leur donne la vie , ainsi le Fils donne la vie à qui il lui plaît. Le Fils ne peut rien faire de lui-même, que ce au il voit faire au Père : car
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tout ce que le Père fuit ^ le Fils le fait aussi de même. Le Père ne juge personne / mais il a donné au Fils toute la puissance de juger , afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père : celui qui nhoîiore pas le Fils ^ n honore pas le Père qui ra envoyé. Celui qui écoute la parole du Fils et qui croit à celui qui ta envojé^ a la vie éternelle^ et il ne sera point condamné ^ mais il est passé de la mort à la vie. Le Fils ne fait rien de lui-même^ mais il parle comme son Père l'a enseigné. Le Père et le Fils sont une même chose ^ personne ne vient au Père que par son Fils ^ qui esi la voie , Ja vërilé et la vie : la voie, qui nous met dans le bon chemin^ la ve'rité , qui nous éclaire:, et la vie, qui nous soutient : la voie qui nous mène à la vie^ la vériié dans louie sa doctrine; la vie du salut : la voie dans les exemples merveilleux qu^il nous a laissés* la vérité dans les promesses qu'il nous a faites, el la vie dans les récompenses éternelles qu'il nous a préparées : via duccns .^ dit saint Augustin, Veritas lucem.^ vita pascens. Fia vit ce .^ veritas doc^ trinœ.f vita salut is. l^ia in exemplo ^ veritas in promis so , vita in prœmio»
Et que n'a pas fait pour nous ce Fils, qui, possédant la nature divine , s'^est toutefois anéanti lui— même en prenant Informe et la nature d'un esclave .^ en se rendant semblable auoc hommes F « Le Verbe îi» de Dieu a été fait chair, et il a habité parmi nous; » nous avons vu sa gloire, sa gloire, dis-je , comme » du Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité. » Il est venu chez lui , et les siens ne font pas reçu. * L'esprit du Seigneur sVst reposé swv lui, à cause s> qu'il Fa sacré par son onction. Il Fa envoyé pour » annoncer TEvangile aux pauvres, |>our guérir ceux » qui ont le cœur brisé, pour prêcher aux ca|)tifs » leur délivrance, pour rendre la vue aux aveugles, » pour délivrer ceux qui sont dans l'oppression, pour » publier raimée des grâces du Seigueur, et le jour
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» auquel Dieu rendra à chacun selon ses œuvres. Allant » d'un lieu en un autre, il faisoit du bien partout; il » guérissoit tous ceux que le diable tenoii dans l'op— » pression , parce que Dieu ëloit avec lui ^ c'est de » lui dont il est ëcrii que Dieu a rendu témoignage, par » les vertus , les prodiges et les miracles qu'il a opérés » par lui au milieu des Juifs.
* Dieu néanmoins Fayant abimdonné à ce peuple 5> ingiat et rebelle, par un décret de son conseil et » par sa prescience , ils l'ont fait mourir , le crucifiant » par les mains des mécbans. C'est alors que se vérifia » la prophétie qui annonçoit que ce Dieu Sauveur » seroit sans beauté et sans éclat aux yeux des hom- » mes. Nous l'avons vu, disoient-ils, et il n'avoii rien » qui le rendît digne de nos regards^ aussi Tavons- » nous méconnu j il nous a paru un objet de mépris, y> le dernier des hommes , un homme de douleurs , 3> qui sait ce que c'est que de souffrir ^ son visage étoil !& comme caché. Il a pris véritablement nos langueurs » sur lui , il s'est chargé lui-même de nos douleurs. » Les Juifs l'ont considéré comme un homme frappé » de Dieu, et humilié pour ses propres péchés^ mais » nous savons qu'il a été percé de plaies pour nos iniï» quiiés, et qu'il a été brisé pour nos crimes. Le chà- » limeni qui devoit nous procurer la paix est tombé sur 3> lui, et nous avons éié guéris par ses meurtrissures. Nous » nous étions égarés comme des brebis errantes ^ cha- » cun s'éloit détourné pour suivre sa pro[)re voie: et y> Dieu l'a chargé lui seul de liuiquité de nous tous : ^> il a été oflert en sacrifice, parce que lui-même Ta » voulu . et il n'a point ouvert la bouche pour se plains> dre. Il sera mené à la mort sans résistance, comme » une brebis qu'on va égorger- il demeurera dans le 2> silence sans ouvrir la bouche . comme un agneau v> est muei devant celui qui le tond. Il est mort au » milieu des douleurs d'un cruel supplice, ayant été » condamné par des }»'gcs impies. Q«i j^ourra raconter
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!> sa genéralion ^ il a été retranché de la terre des » vivans. Je Fai frappé, dit le Seigneur, à cause des ^ crimes de mon peuple. Il aura les impies pour le » prix de sa sépulture ^ et les riches , pour la récom- » pense de sa mort^ parce qu'il n'a point commis » d'iniquité, et que le mensonge n'a jamais été dans sa » bouche. Le Seigneur Ta voulu briser dans son infir- » mité , ayant livré son âme à la mort pour détruire » le péché. Il verra sa race durer long-temps , et la » volonté de Dieu s'exécutera heureusement par sa » conduite. Il verra le fruit de ce que son âme aura » souffert , et il en sera rassasié : car comme mon » Serviteur est juste , dit le Seigneur , il justifiera par » sa doctrine un grand nombre d'hommes, et il por- » tera sur lui la peine duc à leurs iniquités. C'est pour- 5> quoi je lui donnerai pour partage une grande mol- *> litude de personnes , et il distribuera les dépouilles » des forts ^ parce qu'il a livré son âme à la mort ^ » et qu'il a été mis au nombre des scélérats^ qu'il a » porté les péchés de plusieurs , et qu'il a prié pour » les violateurs de la loi. »
Peut-on être chrétien, et ne pas reconnoître dsns ce portrait , Jésus-Christ, Dieu et Homme? Car tout ce qui a été prédit de Jésus- Christ^ son avènement, sa naissance, sa mort, sa résurrection, la glorificaiion do son corps , sont comme autant de dénouemens de l'Ecriture, dit saint Augustin ( Jî^p. i4o. ). Peut-on être chrétien , sans y voir ce Christ qui est le hras du Seigneur ; ce cher Fils , dans le rojaume duquel Dieu le Père nous a transférés , en nous rendant -par sa lumière^ dignes de participer au sort des Saints^ et en nous retirant de la puissance des té-^ jièbres F Peut-on être chrétien , et n^ pas a.dorer ce Fils qui nous a rachetés par son sang , et qui nous a acquis la rémission de nos offenses?
Cest lui qui est le chef du corps de V Eglise^ Cdst lui qui est le principe de la \ïq et le premier-né
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d'entre les morts : nfui quil ait la primauté en toutes choses.,, il a plu au Père de réconcilier par lui toutes choses a^-ec soi ^ ajin que par le sang qu il a répandu sur la croix , la paioc fut faite entre ce quiestdansle ciel^^etcequi eU sur la terre. Cesl enfin celle pierre que les Juifs ont rejele'e en balissani, et qui a ete niibe dans la |)rincipale place defan^^Ie* et le salut ne pt'iit venir que de lui seul: car il n'est point sous le cie-L d autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être satives.
Oc, comment pourrions-nous connoîlre tous ces grands et profonds m} stores, si le Seigneur ne nous les a\oil jias révèles dans les divines Ecritures?
Knlin elles nous représentent encore Jésus- Christ réelleoieni présent dans Tadorable Sacrement de nos autels. IJleîi nous ajiprenneni que, sous les voiles impénétrables qui le couvrent, il y est ce Dieu "vraiment cachetée Dieu d'Israël ^ce Saui^eur quia été si souvent annoncé aux hommes par les prophètes. Elles nous y montrent < ceUe no'jrriture qui demeure pour la vie » éternelle, et que le Fils de Ihomme nous adonnée; » ce [^ain de IJieu descend j d^j ciel, et qui donne » la vie au monde: ce pain dont il est dit, que si » quelqu\m en mange, il vivra éternellement. »
Elles nous y présentent « la chair donnée pour la f> vie du monde, cette chair et ce san^^ dont il est 5> écrit : si vous ne mangez la chair du Fils do 1 homme, » et si vous ne h ivez son sang, vous n'aurez point la ï> vie en vous^ celui q li mange ma chair et qui boit » mon sang, a la vie éternelle, et je le ressuscifcrai au 5> dernier jour; ma chair est véritablement viande, » et riinii sang est véritablement breuvage : celui qui s> mange ma chair et qui boit mon sang, demeure 5> en moi, cl je demeure en lui. »
On [>eiit dire encore que l'Ecriture sainte est Timnge du V'*U de Dieu réellement présent dans le Sacrement de lanlel; à cause des merveilleux npports que Ici
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Pères ont remarqués entre sa parole et le Sacrement de son corps. Ce Sacreaieul a été institué pour rendre Jésus- Christ réellement et substamiellement pre'sçnt sur nos autels, et pour le distribuer ensuite aux fidèles^ et le Fils de Dieu nous a laissé sa parole, pour étendre son corps mystique sur la terre. Sur nos autels, le corps de Jésus-Christ est immolé par un sacrifice non sanglant, pour conticuer celui qu'il a offert pour nous sur la croix, et pour nous y offrir avec lui à son Père, conmie des victimes qui lai sont unies: et la parole du Fils de Dieu nous est donrif'ti dans les livres saints, pour faire de tous ceux qui s'en nourrissent, autant de victimes vivantes, par la destruction du vieil homme, et la production du nouveau. Dans TEucharistie, quoique nos yeux n'y voient que les espèces et apparences du pain et du vin, nous croyons cependant que Jésus -Christ tout entier j est con^ tenu véritablement ^ réellement et substantiellement ^ sous les voiles de ce mystère. Ainsi, quoique les livres saints soient écrits d'un langage simple, et où il ne paroît rien de grand, on ne peut néanmoins douter qu'ils n'enferment de grands mystères sous cette écorce, et tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu. Dans TEiichariitie , au lieu de s'arrêter au goût sensible que Ton trouve dans les espèces , on doit pénétrer jusqu'aux grâces intérieures et invisibles qu'elles renferment, et qu'elles communiquent aux personnes bien disposées. Dans la lecture de TEcriture sainte, au lieu de s'arrêter à la lueur des vérités surprenantes qu'elle nous montre, on doit penser à nourrir son esprit et son cœur de la doctrine salutaire qu'elle nous enseigne. S'il ne sert de rien de manger la chair du Sauveur , lorsqu'on ne la reçoit pas avec la piété et les sainics dispositions qu'elle demande ; parce que, comnie nous dit Jésus- Christ , spiritns est qui njii^i/icat , caro non prodest quidquam: il sert peu au^si de lire souvent lEcriture suinte, si ou ne la lit point avec
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la pi'^'té et les senrimens que,Ile exige; puisque, selon les PtMes, elle duit ùlre lue dans le même esprit qu'elle a ^'té t^'ciite.
L'Ecriture sainte est donc une image fidèle du Fils de Dieu , mais une image à laquelle on doit appliquer les expressions dont se sert Athanase , lorsqu'il parle du Fils comme Timage de Dieu son Père. Il e>t , dit ce saint docteur , une image bien difTtfrenie de celles que font les hommes: car, quelque perfection qu'ils soient capables de leur donner, elles ne sont jamais ce qu'el/es lepre'senteni: images toujours muettes, fart ne pouvant leur donner la parole; images toujours mortes, il n'est pas au pouvoir des hommes de les animer. Mais le Fils de Dieu est une vraie et parfaite image de Dieu son Père, puisqu'il est Dieu comme lui; ce n'est [)oint une image muette, puisqu'il est la parole subslanlielle du Père; ce n'est point une image morte, puisque le Saint-Esprit procède du Père et du Fils , et que tout ce g lie le Père fait ^ le Fils le fait aussi de même. Imago ista non est Jalsa^ quia veritas • non muta^ quia verbum y non mortua ^ quia vita.
C'est ainsi que TEcriture sainte est une image du Fils de Dieu, mais une image très-vèritabie et trèsfidèle, puisqu'elle exprime si vivement ses grandeurs et ses perfections adorables : non falsa ^ quia veritasj cetîe image n'est point muette, puisqu'elle est sa pro* pre parole, el qu'elle célèbre [)erpétuellement sa gloire: 7ton muta^ quia verbum. Enfui, ce n'est point une image morte, mais vivante el animée de son esprit, et qui communique une vie toute divine à ceux qui la lisent avec l'humilité et la docilité qu'elle exige : non mortua^ quia vita. Son étude, dit saint Justin , ne 'VOUS rendra ni poètes^ ni grands orateurs^ ni grands philosophes ^ tnais elle vous rendra immortels^ et elle vous fera vivre dune vie toute divine.
Voilà comment on peut dire que l'Ecriture sainte Cil, ïjon-seulement l'image par excellence du Père^
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et qui en a rauloritë^ mais aussi Timage du Fils, dont elle nous représente^ comme un miroir fidèle, tomes les excellences et les perfections, et elle en possède la verilé. Ajoutons qu'elle est encore le sanctuaire auguste du Saint-Esprit.
G*est-là qu'il répand des lumières abondantes pour éclairer et conduire TEglise; elle y trouve des armes invincibles que ce divin Esprit y a renfermées pour la défendre contre ses ennemis^ elle y voit la force des grâces et des richesses spirituelles dont il la pare et 1 embellit 5 elle y admire les merveilleux secours que cet Esprit consolateur lui a promis pour la soutenir et la fortifier dans tous ses maux ^ elle y puise les remèdes puissans qu'il lui fournit pour la guérison des j^laies et des maladies de ses chers enfans ^ elle en tire pour leur salut, les instrumens dont cet Esprit de vérité \{M a confié le précieux dépôt. Enfin , c'est par TEcriture sainte, que le Saint-Esprit préside dans les assemblées de TEglise; qu'il éclaircit et résout ses doutes, et qu'il prononce ses oracles dans ses conciles. Voilà la raison de l'ordonnance et de la pratique des conciles, qui meitoient l'Ecriture sainte sur un lapis richement paré^ et placé au milieu de la salle où se lenoit l'assemblée j pour avertir tous les Pères du concile, de la consulter avec respect dans les décisions qu'ils alloienl prononcer: Sancta et adoranda verha Scripturarum.
C'est avec raison , dit saint Grégoire, pape ( in L Reg. C. 2. Expos, Llb, 2, ) , que TEcriture sainte est appelée le cœur et Tâme de Dieu , puisqu'elle nous df'couvre les plus profonds desseins de Dieu, et qu'elle nous représente d'une manière si vive et si animée, les prodiges de son amour envers les hommes. Qaid cor et aniinam Del , nlsi sacram ejus Scrlpturani accipirniis F Quia ergo in sacra eloqido , consilia omni— potentis Dei agnoscimus ^ ihique amorem quo genus hwnanum dlleocit invenimus ^ ipswn eloquium cor et anima ejits rationahillùer désignant. Suint Auguslia
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dil aussi que rEcriiure sainte est le c/.ir de Dieu: Cor Dei Scriptura ipsius ( In psalm. 21. ).En faut-il davantage pour faire sentir quelle doit être la ve'nëraiiou et la soumission avec laquelle nous devons lire et p'tudier TEcriture sainte, que ce que nous venons de dire, en prouvant qu'elle est l'ouvrage du Père, Timage du Fils, le sanctuaire du Saint-Esprit f
« C'est dans ces livres divins que se trouvent les » oracles qui communiq«ifnt la saj^esse aux humbles, » dit saint Augustin fZf^. 1^. Coiifess. C, i5. ). Je ne » connois point de livres qui soient capables, comme j> ceux-là , de détruire foigueil et d'abaitre les ennemis » de Dieu, ajoute ce saint docteur. L'Ecriture sainte, 5> dit-il ailleurs dans le même ouvrage, est le fondement » de la foi. C'est un livre inacccijsible à Torgueil des » sages du siècle^ il ne se découvre qu'aux humbles î> et aux petits. Il n'appartient point à l'homme de » juger ce que le Seigneur a porté à un si haut point » d^autorilé : et bien loin de nous établir juges de ces » divins livres, d'où distille un miel céleste, et qui ^ brillent des clartés de la lumière éternelle de Dieu, » nous devons recevoir avec une soumission respec- 3) tueuse tout ce que nous y trouvons, et même ce T> qu'ils ont d'impénétrable ^)Our nous: parce que nous ï> sommes assurés que ces choses- là même, qui sont » voilées à nos yeux , sont non-seulement vraies , mais » même énoncées comme elles dévoient l'être. Il faut T/ que rhomme , quoique déjà spirituel , se borne à » pratiquer la loi, et qu'il n'aille pas jusqu'à s^en cons- » lituer juge. 1»
La lecture et l'étude de l'Ecriture sainte demandent donc un esprit pénétré de respect pour les grands mystères qu'elle renferme. Elle interdit tonte curiosité profane, elle rejette cet esprit cri'iqne qui voudroit en j'^gtr comme des ouvraj^es écriis par les hommes. A Dieii ne plaise que nous examinions ce qu'elle nous dit , par les principes et les règles des autres sciences.