‹ Instructions sur le rituelChapitre 12 sur 25 · Tome 1. A a · texte numérisé non relu

Tome 1. A a

S'jO ï)c Sacrifice

un saint respect, ^é* souvenant que c^est là f&aison mT X)ivA\ , et une makôh d'oraison.

Tous les dicnanclics, la mesise de paroisse doit éom-^ meucer toujours par la bt^iédicûon et Taspersioii de 1 eau bénite. La bcincdiciion de Feau doit se faire dans ce diocèse, à lasacrisii*:, immédiatement avant la messe })arois!>iaie; et ensuite le prêtre qui doit célébrer ^ doit aller au pied de Tautel commencer raspersion^ quit iora cuufoi ménieni ià ce qui e:>t prescrit dans le missel.

LVspcTsion de Teau bénite étant laice, le prêtre célébrant dort aller à la sacristie , aciiever de s'habiller pour* la messe ^ et ce[>endant le chœur commeticeraà chauter gravement et |)Osément la mosse, pour la eoutinuer jusqt/à rE\an^ile inchuivemeut.

Après rÈvangile, le cure ou un antre prêtre a sa^ place, fera le prône en Ta manière marquée dans le I\ituel. Après le prône , le prèlre qui dira la grand^messe remontera à Fautel pour la continuer.

La communion doit, autant qu'on peut, être distribuée au peuple aussitôt après la comimmion du prêtre/ Ccsi Tintention de l'Eglise qui paroit clairement , tant '

Îtar les i**^les prescrites sur ce sujet au missel et air lituel romain^ que par les oraisons qu'elle a ordonnée» à la (in de la messe pour tous ceux qui ont communié. Ou peut néanmoins oonner ht communion hors delà messej pour une cause raisonnable^ comme seroit rhifirmite ou les occupations nécessaires de ceux qui dé>ircut coir

lunnrer. Cette rèiilc doit être observée non-seulemeol

• aux messes de paroisse, mais encore à toutes les mess<»

Lasses où Ton a à communier quelqu'un. Les prêu'eSf

soit séculiers, soit réguhers, uy (ont très— souvent pa*

assez attenlionr A Têtard des messes de morts, la cod^

({relation des rits a déclaré que Ion peut y donner I*

communion aux fidèles, per modum sacrificii^ ti^

hosties consacrées à la messe à laquelle on commtiDi^Y

et non per modum Sacrameriti^ des hosties qui so»*

réservées dans le tabeniacle. 11 est recommandé à/^

BE iA. Messe "â^t

c dioirèse à lolis les prêires, soii séculiers, soîl réguliers, le se conformer à ce règlement de la congrégation des its. Les curés eu doivent instruire ausî^i les peuples. Pendant qu^ou distribue la communion au peuple , e chœur aux grand'messes chante l'antienne qu'on lomme communion^ qui est instituée pour élre chantée >récîscment lorsque le peuple communie, suivant Tusage |ui fut établi en Afrique, du temps de saint Augustin y ]in le rapporte. Après la communion du peuple , là préirc finira la messe.

On ne doit pas faire le prône en d^aulres jours que 1q ]imanche, quelque fête qu'on célèbre, à moins qu'ua mcien mage n'eût établi le contraire dans quelque église parlidulière. Mais après TEvangile, aux principales et plus grandes fêtes, le cmé lira ou fera lire par un autre prêtre, la formule du Rituel pour la publication del ces fêtes , sans lire les autres parties du prône ; à moins que le curé n'aime mieux faire alors ou faire faire une courte instruction, ce qui est laissé à son choix. Aux fttes solennelles qui n^arrivent pas le dimanche, on ne fera pas la bénédiction de Teau^ si Tusage est établi ea tjuelque église d'en faire l'aspersion , et de faire la procession avant la messe de paroisse , du continuera à l'y conformer.

Dans les églises où l'on ne peut paschanler la messe de farcisse, on la dira du moins d^ln ton haut et inlelli— feiblc, et toujours gravement et fort posément; mais on fera tous les dimanches la bénédiction et aspersion de tcau, le prône, l'inslruciion , tout ce qui dt)it Hre fait ^l dit aux messes paroissiales, et la communion d'i peuple immédiatement après celle du pfêirè,si quelqu'uii woif communier.

Il est important que les curés soîetit instruits de l'an- ^niié et des raisons des cérémonies de la bcn^^diction ^^de l'aspersion de l'eau , du pain béni et du prône *finde les expliquer de temps en temps à leurs paroîs-i ^^ûSjeidcleur en inspirer plus de vénération. C'est auss*

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pour cette raison que nous avons ajouté ici les iostnictioDS suivantes. Nous ne parlerons point de la procession , ni de Toffrandc , parce que ces cérémonies ne sont pas en usage dans ce diocèse aux messes de paroisse.

D£ l'Eau Bénite.

JuA coutume de benîr Feau est très-ancienne dans l'Eglise : dès les premiers siècles on s'en servoit principalement pour la guérison des maladies corporelles ^ pour chasser les diimons , et pour dissiper les impressions et prestige!» de ces malins esprits. L'auteur des constitutions apostoliques , qui est reconnu pour un auteur qui écrivoit en Tun des trois premiers siècles, et qui rend témoignast de beaucoup de pratiques de ces premiers temps de FEglise, rapporte la prière dont l'évêque ou , en son absence, le prêtre, se servoit pour be'uir Teau^ et par laquelle il demandoit à Dieu qu'il sanctifiât par Jésus- Christ cette eau , en lui donnaut la vertu d'opérer la santé ^ de guérir les maladies, de mettre le démon en fuite et de renverser tous ses mauvais desseins.

Ce sont aussi les effets que les saints Pères et les autres anciens auteurs ecclésiastiques témoignent avoir itiB opérés par Teau bénite.

Saint Epiphane fait mention d'un juif converti à I^ foi de Jésus*Christ , qui , faisant bâtir par Tordre d^ l'empereur Constantin une église à Tjbériade, fitarro-^ ser aeau bénite les fourneaux où l'on cuisoit de la chauiC pour ce bâtiment, et par ce moyen rendit inutile 1^ malice des démons qui empêchoient Tactivité/du feU' de ces fourneaux , ensuite des enchantemens dont \eS Juifs du même lieu s'étoient servis pour s'opposer à 1^ contruciion de cette église.

Marcel, évèque d'Âpamée, au rapport de Théodoret^ chassa avec de l'eau bénite le démon , qui empèrboi^ la démolition d'un temple dédié à Jupiter. Le mcDk0

DE L4 Messk. 3-^3

Theodorcl rapporte qu\m homme d'une grande sainteté, ayant fait jeter de l'eau beiiite dans le champ d^un pauvre homme, qui n'avoit que ce champ pour la subsistance de sa (àmille, eu détourna les sauterelles qui înondoient tout le pays.

Saint Grégoire le grand , dans ses dialogues ; saint Bernard, dans la vie de saint Malachie, et plusieurs autres auteurs rapportent divers autres miracles faits par le moyeu de feau bénite.

On ne doit pas douter que ce niaient été ces effets

miraculeux de feau béuite, qui ont donné lieu à la cou^

tame qui est aujourd hui dans toute TEglise, d'en faire

h bénédiction et l'aspersion sur le peuple tous les di-*

manches , et , en quelques endroits , aux fêtes les plus

solennelles, avant de commencer la messe de paroisse.

UEglise attend encore les mêmes effets qu'autrefois^

de la b'^nédiction qu'elle fait de feau : cela paroît par

les exorcismes que Ton fait sur le sel et Teau, quand on

les béuit. Mais de plus, les cérémonies de TE^^lise ayant

tté instituâmes , les unes pour marquer Topéralion de

Dieu en nous et en toutes les créatures par la vertu de

son esprit, lesautres pour nous faire souvenir des grâces

feçues de son infinie b >nté, et d'autres pour nous faire

connoitre les dispositions intérieures dans lesquelles

nous devons être, quand nous faisons quelque action

extérieure de piété , on peut dire avec raison que tout

^la se rencontre dans la seule eau bénite, et dans fas-

persion qui s'en fait sur le peuple.

1. Le Saint-Esprit s'élant reposé sur les eaux à la création du monde, et étant assez souvent signifie dans 1^ saintes Ecritures par feau , et sur-tout par une eau pure et nette, selon ce qui est dit dans le pro|)bète EzécM:/e répandrai sur vous une eau pure ^ et vous *^rez purijiés de toutes vos souillures : feau bénite ïïous marque principalement cet Esprit saint, n la saiu- ^té qui nous est communiquée par son opération, nons^ulement à nos âmes et à nos corps , mais a\issi diux

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autres créatures , lesquelles sont sanctifiées par Is) vertu de cet Esprit divin , et deviennent wn moyen de sauctiGcation à ceux qui s'en servent dans Tesprit de FEglise. C'est aussi pour cette raison que TEglise, dan;

Eresque toutes les fonctions ecclésiastiques et dans la énéuiction des autres choses , emploie Teau bénite, f)Our montrer qu'il ne peut y avoir rien de saint que pac a communication du Sainlr-Esprit, qui est la source de toute sainteté.

3. Ueau bénite nous fait souvenir de Teau de notre Baptême et de la grâce que nous avons reçue dans ce Sacrement , par lequel ayant été lavés de nos péchéf dans le sang de Jésus- Christ, nous avons été incorporés en lui , et faits par lui epfans de Dieu et héritiers du royaume du ciel.

3. LVau bénite nous fait voir que, quand nou$voulonf nous présenter devant Dieu, nous devoris nouç puri-« fier parles larmes de la pénitence des taches du péché; mais sur— tout que pous devons être purs et nets de toute tache, autant que la fragilité humaine {>eutle

Î)crmcttre, lorsque nous offrons le sacrifice de la messe] equcl étant le seul sacrifice digne de Dieu , demande une grande sainteté dans ceux qui ToArent.

On mêle le sel dans Tenu en la bc'nissant ,par.ceque le sel est le symbole de la prudence et de la discrétion} et l'Eglise par-là veut nous ap(>rendre, que Tesprit de Dieu, en nous sanctifiant^ produit en pou$ lapuretéde la colombe et la prudence du serpent.

Les effets de celte eau sont assez iparqués dans If? prières que l'Eglise fait en la bénissant. Le prenaiff jcffet est de laver les taches des fautes journalières , et? excitant ceux qui y ont recours , à çopccvoir de cc^ fautes une donlour sincère et véritable.

Le second effet, est d'attirer en nous l'esprit de

prière, d'écarter tout ce qui ponrroily être un oîisiaclei

• ^t de nous faire écouler fivornblement de Dieu , coDitne

jxipmj^res de spn Egliie, C'est pourquoi oif en use|$uff

DE LÀ Mes SI. 37$

font avant la messe de paroisse, afin d*averlîr les fi-déies^du besoin qu'ils onî uoii-seiilemeiildese purifier^ mais aussi de se remplir de iVsprît de Dieu , pour assis- 1er et participer au saint sacrifice.

Le troisième effet, est dVIoigner les démons, de les chasser, et dVmpêcber qu'ils ne nuisent aux corps et aux âmes. C'est pour cela qu'on en use dans les exor-— cismes, et qu'il est très— utile de s'en servir pour résister aux tentations.

Le quatrième, est de purifier Tair , de dîssîpe^^es tempêtes, de guérir les maladies, et même de donner la fertilité aux terres. L'Eglise demande toutes ces choses dans la prière qu'elle fait pour bt'nir 1 eau j et celle prière ne peut manquer d'être écoutée de Dieu : car,s'il a prorois { Mai th. 18.) que tout sera accordé à la prière d« deux ou trois unis ensemble , au nom de Jésus-Christ, comment refuseu'o.it — il quelque chose à celle de toute fEglise.

Les curés instruiront leurs peuples de la vertu do

œiie eau , fondée sur les prières de fKglise. Ils les

exhorteront à lliire en sorte dVn avoir toujours chez

€"X , pour en prendre en se levant, en se couchant,

avant de commencer leurs prières . quand ils sont tentés,

^iiand il fait quelque orage, et d en jeter ^ur les malades,

sur-tout lorsqu'ils sont proche an la mort, et sur les

lieux où l'ona Jieu de craindre la malignité des démons.

Ils leur apprendront ausssi l'esprit dans lequel il faut

eu user; c'est— à-dire, en unissant leur intention à rell«

de rFglise^ eti s'en servant avec foi et componction j

<*veci(>i , parce que cette eau n opère que dépendam—

^^ni de la foi de celui qui en use ^ jointe aux prières

^eTEglise^ avec componction, parce qu'on n'obtient

point de pardon de ses péchés sans la douleur à laquelle

^^le eau nous excite, et dont elle nous obtient la

€^àce par les prières de ICf^lise.

On jette aussi de l'eau bénite sur les corps morts ^ ^^f le$ tombeaux et dans les cimetières, afin d'obtenir

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de Dieu , qu^ayant égard aux prières qoe TEglise t faites en la bénissant , il veuille purifier au plutôt les âm^s des fidèles qui sont morts en sa grâce^ et leur accorder le soulagement des peines qu'elles souffrent en purgatoire.

On aura soin quMly ait toujours de Teau bénite dans les bénitiers, afin que les fidèles puissent en prendre en entrant dans l'église et en emporter dans leurs maisons. On la renouvellera de temps en temps. On aura soin que l'eau que Ton bénira soit pure et nette, et que les vases ou bénitiers pour la conserver, soient aussi tenus propres et nets.

Quoique la bénédiction de l'eau^ dans le besoin, se puisse faire tous les jours et à toute beure du jour, Ton xi'omet}ra point de la faire les jours de dimanches, et de faire Taspersion de Teau bénite avant la grand^messe. Celte aspersion est une partie de TofTice paroissial^ ain^ les curés avertiront leurs paroissiens de s y trouver et de ne pas attendre qu'elle soit finie pour entrer à Téglise.

Ou commence Taspersion par Tautel, pour en écarter les malins esprits, et les empêcher de troubler par leurs suggestions les prières des ministres qui y servent. Ensuite on la fait sur le clergé et sur le peuple , afin d obtenir de Dieu , la pureté, la tranquillité et la grâce da Saint-Esprit nécessaires pour assister dignement au saint sacrifice.

On ne doit point jeter d eau bénite sur Tautel quand le saint Sacrement y est exposé; parce que sa présence chasse les démons et sanctifie les lieux qui en sont ho-^ norés. Mais alors le prctre qui fait Taspersîon se pros^ terne à genoux in piano devant les marches, ensuite il bnise Tautcl en faisant devant et après, les génu*" flexions ordinaires.

Le dimanche de pâqncs et celui delà pentecôte,oo ne fora pas la bénédiction accoutumée de Feau. Mai* en CVS deux joisrs on fera Taspersion avec Tcau qui aura été bénite la \ciUc pour les fonts baptismaux. Et, à ccC

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effet, avant de verser les saintes huiles dans Teau baptismale, on en réservera aulanl qu^il en faudra pour Taspersion du lendemain etpour mettre dans les bénitiers. II est bon d'avenir les curés et les autres prêtres, qu^ils doivent observer deux choses eu faisant 1 aspersion de l'eau bénite.

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