Qu'ils ne doivent présenter Taspersoir pour
λrendre de Teau bénite à la main , qu'eau seul évêque : equel, prenant Taspersoir de la main de l'ofliciant. s'en asperse I ui-même le premier, etasperse ensuite roffîciant et ceux qui l'assistent; parce que l'évêque^ étant le supérieur du prêtre, et représentant Jésus-Christ plus parfaitement par la plénitude de son sacerdoce^ il doit servir de médiateur à l'officiant , pour qtie le Saint- Esprit le purifie. Le prêtre, en donnant faspersoir à Tévêque et en le prenant de sa main, bnise fanneau episcopal. Après que rofTiciaut a repris l'aspersoir, il continue l'aspersion sur le peuple.
2. Que par conséquent en donnant de l'eau bénite aux seigneurs et aux dames de paroisse^ auxquels on «donnera d'abord après le clergé, on ne doit pas présenter Taspersoir à leur main, alin qu^ils prennent euxûïêines de l'eau bi'nite au bout du doigt : la chose est expressément défendue par rassemblée générale du clergé des années \655 et i656. Les seigneurs et dames «e paroisse sont du nombre des fidèles; ils doivent comme les autres laïques, recevoir le Saint— Esprit signi- "C par l'eau bénite, et être purifiés de leurs péchés par '^ tninistère du prêtre qui fait faspersion sur eux. Toute '^ distinction qu'il en doit faire, c'est de les asperser •^parement et en face, avec une inclination de tête , poor montrer aux paroissiens le respect qu'ils doivent ^ ceux qu^il respecte lui-même malgré la diguiié ^e sa fonction.
:378 Du Sacrifioe
Du Pain béni.
l^E pain béni est un siipplénient de la communiog sacramrulelle. Dans lessîtclcs heureux de TEglise, ok tous les fidèles avoieut auiaut d'empresement à partie- :Ciper aux divins mystères , que de soin de s^en rendre digues, le pain béni n'étoît pas connu : H étoit Dièmc inutile , parce que lous ceux , ^ans exception , qui assistoient au saint sacrifice, avoient le bonheur dy comr fnunier. Dans la suilo^ le r^lâcbennent s'étant introduit à mesure que le nombre des fidèles augmentoit , It nombre de ceux qui ne communioient pas à ia roesst augmentant de jour en jour, l'Eglise pleine de cha-^rite et de tendresse pour sesenfans, voulut les dédom* xnnger en quelque sorte de la perte qtrils faisoieut eu ne communiant pas, dans le dessein de les disposer paf ^ette sorte de supplcmenl, à sic cendre digue$ de b communion.
Au lieu de consacrer, sdon f ancien usage , loiis iei pains qui étoicnt offerts par chacun des assisfans aii saint sacrifice , on n'en consacra plus que ce qui étoit nécessaire selon le nombre de ceux qui dévoient corn" munier^ mais on béiiissoit tout le reste des pains <i* ferts pour les distribuer au peuple en signe de coiiH munion. c est-à-dire, pour marquer quVn Jes regardoic toujours comme fidèles , quoiqu'ils ne parlici^
i lassent pas ce jour- là à la divine kucbaristie.^ e.t çestf à Tori^ine du pain béni.
La plus ancienne liturgie qoi parle du pain bénii rst celle de saint Grégoire le gr9nd , dans ie sixièine siècle. Il paroît par un concile de Nantes^ tenu dartf Je septième siècle ( Can. g ) que, quand on avoil choitf sur les pains offerts, ce qui étoit nécessaire pour h communion du prêtre et du peuple, onbéutssoitk reste, et on le dislribuoît ensuife à ceux qui assisloîen* au saint sacrifice saps cominuoier. Ce choix étant iàit|
DE LA MfSSF^ 3^0
43 plaçoît sur Faute! les oflTrandes réservées pour la oniujuuioii • et hors de l'autel , les ofFi arides réservées )Our elredistribures en sijiiie de ccrrmuiiion.
Uaus la suite, le soin de préparer les pains dont ou levoit se servir pour le sacrifice il pour la commulitin. fut cotifif' aux î^enls eccl/'siasliqnes; et depuis lors es fidèles n'ofliirent |»liis entre les uiains du prêtre )uedu pain à bénir ,les dimanches seulement , chaque Famille à son tour: le chef de famille ofT'roit au nom de toute sa maison^ une quantité de pains suffisante {M>ur tous ceux qui assistoient au saint sacrifice. Ce&t Tosage qui se pratique encore aujourd hui.
Quoiqu'il y ait une diflërence entre lancienne c^ la nouvelle manière d'offrir àfautel, fEglise conserv«5 toujours en substance son ancien usage, puisque le
Îrétre beoit le pain immédiatement après qu'il a offert i matière du sacrifice* comme pour marquer la ^e'par^lion qu'on faisoit alors des pains à consacrer, d'avec les pains à bénir ; et c'est encore pour celle raison qu'il bénit le pain hors de laulel.
La distribution du pain béni se fait vers la com-r munioii , comme pour avertir les fidèles à qui on le /donne, que quoiqu'ils ne participent pas à la divine eucharistie avec le ministre des aulcls qui vient d'offrir pour eux le sacrifice, TEglise ne laisse pas de les admettre dans sa communion, c'est-à-dire, dans la Pariicipation de ses autres biens spirituels, dont le pain wui qu'on leur présente doit leur servir de gage, d 1^ iuviter à se rendre dignes de recevoir le corps de Jésus-Christ, qui est la vraie nouriiture de leur âme.
Le pain béni a , comme les autres sacramrnfnnx > M force d'efi'acer les péchés véniels, non par hii-mém^f fx opère operato^ comme s'expl'qneni les ihéologif-ns^ P>ais ex opère operantis ^ par les bonnes dispositions ^♦îcçloi qui le mange. Le prêtre, en bénissant le pain, Pemande au liom de TEglistf à Jésus-Christ , qui est F paiu des anges et la nourriture cleraelle des Saints,
38o Du Sacrifice
« de daigner bénir lui-même ce pain qui lui estpr^ p sente ^ par la même puissance et la mcme bonté avec > laquelle il avoit autrefois béni cinq pains dans le 9 désert^ afin que tous ceux qui en mangeront^ en re- » çoivent la santé de Tâme et du corps.» Vt omnes eac eo gnstantes , inde corporis et animœ percipiani sanitatem.
La santé de Tâme et du corps de ceux qui doivent manger de ce pain ^ est donc le motif que se propose l'Eglise dans cettebénédici ion. Aussi a^t-on vu sofiventdes efTets admirables du pain béni. Des pécheurs le niaiigeant avec foi, et s'exciiant au regret de s^être rendus indignes de participer aux saints mystères, y ont trouvé des grâces spéciales de conver&ion. Des justes, par la morne foi^ y ont trouvé des remèdes efficaces contic les plus violentes et les plus dangereuses tenlations. Le pain béni a souvent opéré des guërisons miraculeuses; il en opère encore tou<» les jours, lorsqu'il est reçu avec foi- il ny a pas jns(^u\iux animaux ,àquion en a &^ manger dans des maladies épidémiques, qui n'aient été ' guéris. On a vu aussi les plus violens incendies subi' lement arrêtés^ en mettant du pain béni dans le feu.
Les curés I, vicaires et autres prêtres chargés defiiU" truction des fidèles^ auront soin de leur parler quelquefois du respect qu'ils doivent avoir pour le pain bëiii) de la foi et de la dévotion avec laquelle ils doivent fA faire usage. Us auront soin de s'^informer si les peupks qui leur sont confiés, n'emploient point le pain bàii à des usages profanes ou indécens , ou , ce qui seroit encore pis, à des pratiques superstitieuses.
Ils doivent par la force de leurs discours, corrige les abus qu'occasione le pain béni, tels que sont les festins, les danses et les dépenses considérables qui, ea certains endroits, ont passé en coutume^ abus qui,p*r une corruption déplorable , changent une cérémonje toute spirituelle eu une fête mondaine, et qui fait revivre le paganisme 3 abus qui réduisent les familles d*uJ>e
curés ne doivent pas soiilliir qu'aucun cheJile '-'^
? s'exempte d'olli il le pain à h. nir à son tour Pour lier cet abus qui liinoil à consc'qnmce , lorsque Tuii refusera de se contorracr à cet usage, ils it recourir au bras séculier, pour obliger, par 3 de la contraintre , celui qu'ils u'auront pas pu
par la voie de Texhortaiiou. Dans les villes, les '1 de police, dans les campagnes , les ofKciersde *e, ont, de tous les temps ^ forcé les rebelles poinl. Les cours souveraines ont souvent donné réis de règlement. En Tan 1612, 28 janvier, lement de Paris donna nn arrêt contre ceux qui ient de présenter à leur tour du pain à bénir. 1 que le prétexte de pauvreté n'occasione cet
bien des curés zélés pour le bon ordre fourt du pain à ceux qu'ils connoissent hors d^état lire les frais*
>iqu'il ne soit pas à propos de déranger le tour l chacun doit offrir le pain à bénir, dans les Its où le curé et le seigneur de la terre ont dans e un jour fixe pour l'offrir , on peut se conformer asage.
eroit à désirer que , selon fancien usage^ le chef
Himîllp nfrrif Ip nnîn n Vipnîr pî non la fpnnnnp r
382 ï)u Sacrifice
présenté ^ i • par un excommunié dénonce : tons les' canons de TEglise excluent de Toffrande ceux qui sont exclus de la communion ^2. par ceux qui sont infâmes par leur état y comme h;s comédiens et les farceurs^ 3. par les femmes qui' oseroient se présenter avec h gorge découverte, et d^une manière scandaleusement immodeste \ 4* P^i* toute personne qui causeroit actuellement un scandale public dans Féglise où Ton est assenjbi(\
Celui ou ceux qui distribuent le pain béni, doivent ctre commis par le Curé; si toutefois Fusage esiétabir que celui qui: TofFre, désigne ceux qui doivent le dis« tribuer^ le curé pourra le tolérer; mais il aura alten--' tion que cette distribution soit faite avec la décence due à la chose sarutc qu'on distribue, au lieu saint oà Ton est , et au saint sacrifice qu'on célèbre. S^il arriva qu'un de ces distributeurs fasse quelqu^ndéccnce, il 1 exclura pour toujours de cette fonction , et aura recours à cet effet au bras séculier.
Parmi les instructions que les curés doivent faire à leurs paroissiens au su^t de ToATrande du pain hétij ils s\'ittaclieront principalement à les faire entrer dant Tesprit avec lequel ils doivent aller à ruflTrande. Il* leur dirout^ qu'à l'exemple deis premiers fidèles, en: ofiTrant le paiuau prêtre , ils doivent s'offrir eux— mêmfJ à Dieu intérieurement , et que cette offrande extérieure ne doit être que le signe sensible de leur offrande iiiiérieurc. lU les exhorteront à y aller avec lin esprit de 'paix , conformément à ce que dit Jésus-Chrisl : 5* a.'ons offrez votn* don à Vaittel ^ et que n>ou5 vous sofweniez pour lors que votre frère a lien de SB plaindre de a^ons^ laissez— là votre présent dei*(P^ l'autel ^ allez vous réconcilier avec votre frère ^f^ vous viendrez ensuite offrir votre don. Que c'est po^' cela qu'aiicicnneraeut on s'embrassoit dans plusîeof' églises avant l'offrande, comme le clergé le fait encore aujourd'hui en plusieurs églises avant la commuDio07
DE LA Messe, 383^
que cest dans la même vue que le criébrani fait baiser à ceux qui vienneui à rt)(rrande^ le crucifix ouuii autre ÎQstruuieut de [)aix, eu disant ces paroles, /^<7X tcciim^ L paix soit avec TOUS, iïntiu ils tâcheront de IcAir faire sentir combien sont coupables ceux qui font de cette sainte ce'remonie, un trophée de vanité, et qui s'acquittent de ce devoir avec une pompe toute séculière| sans entrer danî> l'esprit de cette action.
L'ordre de la drsiiibution du pain bcni^ est de commencer par le cierge, ensuite le seigneur, la dame et leurs enfans, et eutin tous les autres lidèles, sans distinction même des otiiciers de la terre.
Ou ne doit pas condamner la pratique de plusieur#
fersonnes qui mangent leur portion de pain bJni dans église même , lorsqu'elles le font pour entrer dans Fesprit de TEglise, qui le leur donne pour lour servir de supplément à la communion. Il seroit même peutêtre plus à propos que cette pratique devînt gt»nrrale^ pour ne pas exposer le pain béni à difforenies profanations, et plus encore pour rappeler dans f^spril de [ ceux qui le mandent ainsi , que c'est par leur faute ^ quils sont réduits a ce pain , tandis qu une nourriture ^ plus précieuse et plus efticace leur éloit destinée.
r Du Prône.
X AR le prône on entend les prières, annonces et instructions qui se font au milieu de la unisse de paroisse. Ainsi Ton peut y distinguer trois prniies.
Dans la première, on indi<pie et on lait des prières pour tous les ordres de TEglise, pour le pape, pour févêque diocésain , pour totjs les évêques, pour tous les paslenrs et pour tout le clergé séculier cl régulier, pour le Roi et les princes chrétiens, pour les seigneurs des paroisses, pour tout le peuple, pour les nécessités
384 ^^ Sacrifick
publiques , pour les fruiis de la terre et pour tous les besoins du peuple chrétieu , pour les fondateurs et les bienfaiteurs de TEglise, pour les fidèles qui sont morts. Saint Paul exhorte son disciple Timothée à faire en sorte que Ion prie pour tous les hommes ^ pour les rois , pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que les fidèles puissent mener une vie paisible et tranqtiille dans la pratique d'une véritable piété. 11 paroit par divers conciles et par plusieurs autres monumens de l'histoire ecclésiastique, que ces prières sont anciennes, et même qu'elles se faisoicnt, il y a enviroa mille ans, au proue, comme elles se font aujourd'hui. Le curé doit avertir ses paroissiens , d'être atientiÊ et de s'unir à lui du fond du cœur , quand ces prières se font au prône de la messe.
Dans la seconde partie on annonce les fèles, les jeûnes^ les abstinences, les processions, les autres actions de piété qui se doivent faire dans la semaine^ on publie les bans de mariage^ les mandemens, les monitoires pour venir à révélation , les excommunications fulminées ou à fulminer, les indulgences accordées par le pape ou par levêque diocésain, et ce qu'il Nut faire pour les gagner, les titres cléricaux, les noms de ceux qui doivent être promus aux ordres sacrés, et généralement tout ce que TEglise juge à propos d^annoncer au peuple.
Les curés doivent savoir qu'il n'est pas permis de publier au pioneles afi'aires temporelles, par exemple^ les baux à ferme, les ventes , les biens en décret, les louages des maisons, les droits dus aux seigneurs, lei criées d héritages, les choses perdues ou dérobées, et autres choses semblables. Ces sortes de publications oe conviendroient pas à la sainteté de l'Eglise, non plt» qu'à la dignité du ministère^ et Ton conçoit fàcilemcot que TEglise, en interrompant les saints mystères pour faire le prône , n'a jamais eu l'intention dy entre' tenir les fidèles ae ces sortes d affaires ^ qui neleuir cao"
seflt
DE tk Messc« 395
lent que trop de distractions dans le cours de la se-^ maine. Ces raisons ont engagé plusieurs conciles de France à condamner Tabus qui sVtoit introduit de leur temps, de faire ces publications dans les églises. Elles doivent donc se faire à la porte de Téglise après la grand"messe de paroisse , par des officiers laïques. Les curés ou autres prêtres pourront néanmoins avertir en gé-< serai au prône, les paroissiens, qu^il y aura quelquo publication ou proclamation k faire à Tissue de la grandemesse, hors de la porte de Téglise, afin que ceux qui pourront y avoir intérêt, soient présens. Voici ce que porte Tarticle de Tédit du mois d'avril iCgS.
Les curés , vicaires et autres ecclésiastiques ne se-^
vont obligés de publier aux prônes , ni pendant Vof^
fice dii^in , les actes de justice et autres qui regardent
tintérét particulier de nos sujets* flouions que les
publications qui en seront /aites par les huissiers ^
sergens ou notaires , à Vissue des grand'messes de
^ paroisse , or ec les affiches qui en seront par eux po^
h iies aux grandes portes des églises^ soient de pareille
? Jorce et "valeur^ même pour les décrets^ que si les-^
i dites publications avoient été faites auxdits prônes j
i nonobstant toutes ordonnances et coutumes à ce con^
traires , auxquelles nous aidons dérogé à cet égard.
Le roi , par la déclaration de 1698, a ordonné que
la mêmt^ chose auroit lieu , même à Pégard de ce qui
l'egarde ses propres affaires ; et que les publications en
seroient faites seulement k l'issue des messes de paroisses,
par les officiers qui en sont chargés. Tout ce que les
Curés peuvent faire, quand ces sortes d'actes leur sont
adressés, c'est de les faire publier, après le service divin,
ia porte de Téglise, pour en donner leur certificat aux
officiers du roi qui le demandent.
On aura soin d'apprendre aux peuples quelles sont
Ws intentions de l'Eglise dans les publications qui se
font au prône, afin qu^îls puissent s y conformer. On
l^ablie lesfètes et les jeûnes , pour avenir de l^ observer^