Tome L B b
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Od publié lesmariages, pour découvrir s'il y aquelque empêchement, et pour engager le peuple à prier pour ceux qui se marient. On publie les ordinations , pour recommander aux prières des fidèles ceux qui doivent être ordonnés ^ et pour découvrir s'ils n'en sont pas indignes. On publie les monitoires, pour exciter les coupables à satisfaire , et obliger les autres à révéler ce qu'ils savent des faits y énoncés. Enfin , on publie les lois de TEglise et les ordonnances des évèques, afin qu'elles soient connues et mises à exécution.
La troisième et dernière partie du prône ^ consiste dans Tinstruction sur les vérités de la Religion et sur les devoirs du christianisme , que les curés doivent i leurs peuples. On fait la lecture au symbole des apôtres, de Toraison dominicale , des commandemens de Dieu €t de l'Eglise; on expose quels sont les Sacremens de' TEglise catholique , ou Ton explique en particulier quelqu'une des vérités de la Religion • ou quelque teite ce Tépître ou de TEvangile du jour , qu'on lit alors
Fubliquement en français à chaque prône où Ton veut expliquer* Les apôtres ne manquoient point d'instruire les fidèles, lorsqu ils les assembloient ; et cette fonction leur parut si essentielle , qu'ib crurent devoir se reposer sur les diacres du soin des pauvres et des veuva, pour donner tout leur temps à la prière et au ministère de la parole. Saint Justin^ dans la description quil BOUS a laissée de ces assemblées, dit qu'après la lecture des saintes Lettres, le président faisoit un discours pour instruire le peuple et Texhorter à bien vivre. La plo^ part des. homélies des Pères qui nous restent, ne sont que des explications qu'ik faisoient à la messe « de ïSr vangile ou de quelqu autre endroit de TEcnture )>i y avoit été lu.
Les lois de FEglise intiment presque p^r-tout tiiX pttHeurs la nécessité et l'obligation de fiiire endU' aptlit et solidement cette instruction. Il soffira de rel^' ▼oyer ici au saint concile de Trente {Sess. st4jC^
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7 , *fe Reformé ). Voici comme il s'exprime ailleurs : le saint concile ordonne aux pasteurs , et à tous ceuac qui ont charge dames , que souvent , au milieu de la célébration de la messe , ils expliquent eux-mêmes^ ou fassent expliquer par d'autres^ quelque chose de ce qui se lit à la messe ^ et particulièrement qtCils s'attachent à faire entendre quelque mystère de ce très-^saint sacrifice , sur-tout les Jours de dimanches et de fêtes (Sess. aa. cap. 8. de sacrif miss. )• Dans la citiquième session ( cap. a de Reform. ), il veut que les ëvêques usent de censures et d'autres peines , pour obliger tous ceux qui ont charge d'âmes , à instruire leurs peuples , à leur enseigner les choses nécessaires au salut, à leur faire connoitre les vices qu'ils doivent éviter et les vertus qu'ils doiventsuivre , pour se garantir des peines élernelleset pour arriver au bonheur élerncL Cette obligation si importante est , par la miséri-^ corde de Dieu , si universellement reconnue , qu'il est inutile de s'arrêter à la prouver. C'est ce qu'on ne cesse
{)oint de rappeler à ceux qui se préparent à recevoir es saints Orares. Les épreuves, les discours, les lectures leur inculquent cette obligation : bien plusi^ l'ancien comme le nouveau Testament n'est rempli que d'expressions qui font trembler , pour ceux qui négli— geroient un devoir si capital, lequel embrasse les prin* cipes de la foi , des mœurs et du salut des peuples qui leur sont confiés.
Il convient donc plutôt de donner ici un abrégé des règles de ce qui est à faire et de ce qui est à éviter^ pour remplir ce devoir important. S'être instruit soi-> même avant que de songer à instruire les antres ^ demander à Dieu , principe de toute lumière et de tout bien , le secours nécessaire pour dire ce que nous avons k dire de se^part ei en son nom , et le dire avec fruit } écarter de ^ous, de notre vie extérieure et intérieure^ tout ce qui pourroit affoiblir, déshonorer, rendre inutile notre ministère) rejeter bien loin de nos prédH
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cations tout ce qui peut ressentir la haine, h pasafooi Fintérèt, la vaine gloire^ c'est à quoi se réduisent à }>eu près les instructions que nous avons à donner. Songeons à nous premièrement: saint Paul dit aux ëvêques: attendue "vobis et universo gregi. Nous sommes le principal objet de nos attentions, et les premiers que nous devons régler^ étendons ensuite nos soins sur ies autres , et sentons combien nous aurons d avantage pour porter les peuples à s'élever au-dessus de rattachement aux biens de la terre, quand ils ne nous verront pas en être principalement occupés} combien ^os haines et nos inimitiés les scandalisent et les dé-« tournent du pardon des ennemis et de Tainour da prochain que nous devons leur inspirer j combien Tamour de la bonne chère etdes repas nous afibiblit dans les fréquentes occasions que nous avons de leur parler sur Tivrognerie et la crapule; et, pour ne point parUr de ce que saint Paul ne veut pas même qu'on nomme, combien Tinnocence de notre vie nous autorisera dans ce que nous aurons à leur dire pour la correction de leurs mœurs. Quoique Tétat des prêtres ne doive jamais être vide d'étude, il faut être pourvu de toute l'instruction nécessaire , avant d'être admis à nourrir les autres de sa plénitude.
Pour rendre plus utile aux peuples l'instruction qui doit être faite au prône, on doit s'étudier à s^accommooer â la portée de leur esprit, à leurs besoins, et à leur proposer les maximes ou les exemples de l'Evangile qui ont plus de rapport à leur manière de vivre, et i leur condition , en évitant de traiter des matières trop relevées, et d'entrer dans des questions inutiles. I/i habitans des campagnes étant communément plui grossiers et moins instruits, ils ont besoin d'instructiofif familières et sensibles, et qui tiennent plus du at^ chisme que du discours composé selon les règles de Farl* On ne s'attachera pas seulement, dans cette partie chi prône , à régler ]e$ mceurs des ndèles , les excita&i
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à pratiquer les vertus chrétieanes, et à fuir les vices qui leur sont opposés \ mais on doit encore s appliquer à les instruire des vérités quMIs sont obligés de croire pour être sauvés. Pour concilier ces deux obligations^ on ne peut mieux faire , que de suivre Tordre des matières du catéchisme du concile de Trente , expli— uant tout de suite les articles du symbole ^ passant e-là aux Sacremens , puis aux préceptes du décalogue ) et enfin à foraison dominicale. On s^assurera par-là de renfermer dans les prônes toutes les vérités essentielles , tant spéculatives que pratiques \ outre qu'oa trouvera dans cet ordne, un fond inépuisable d'instructions toujours utiles 6t diversifiées, et très-propres à nourrir la religion et la piété des auditeurs.
Les curés^ les secondaires, et tous les prêtres chargés de faire le prône, doivent toujours répandre dans ces instructions , ainsi que dans leurs sermons, quelque chose du catéchisme 5 ils doivent y ramener souvent lt;s mystères de Jésus-Christ et la doctrine des Sacre* mens 5 parce que ces cl^oses étant bien traitées , inspirent l'amour de Dieu et toutes les vertus. Les vér I ités qui regardent les mystères cl la vertu des Sacremens, étant bien entendues , contiennent la vraie semence venue du ciel , qui produit dans la suite les fruits des bonnes œuvres, quand la terre où on la jette est bien cultivée. C'est aussi la véritable fin de tous les mystères, Dieu n'ayant pas fait des choses si admirables, pour être la pâture dos esprits curieux , mais )our être le (bndemeni des saintes pratiques auxquelles a Religion nous oblige.
Et il est clair qu'en expliquant aux fidèles ce qui est opéré en nous par le Baptême, et à quoi nous nous sommes obligés, qtiellcs sont les lois de la pénitence chrétienne, quel est le dessein de Jésus-Christ dans l'institution de riiucharislie, et avec quels sen— timensil faut entendre la messe et communier, on produit ioseusiblement dans les cœurs la véritable piété ^
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jet Ton rend les hommes capables de profiter du service divJD auquel ils assistent.
Il ne suOit pas (^'apprendre aux fidèles les premien eléroens de la foi , il faut s'ctudier à les rendre capables peu à peu des instructions plus solides. Il est important de leur en inspirer le goût, et de leur donner quelque teiuture du langage de TEcrilure et de TFIglise, afm qu'ils soient en état de profiter desser^ mous qu'ils entendront.
Il ne faut pas croire que les peuples, et même les gens de travail^ soient incapables a entendre ces choses: Texpérience fait voir au contraire que, pourvu qu^on s*y prenne bien, et qu'en exckant en eux le désir d^ap« prendre, on se montre toujours prêt à les instruire, tant en public et dans IVglise , que dans le confessionnal, ou même en particulier et à la maison lorsque la prudence et la bienséance le permettront, on les peut avan** cer beaucoup dans la connoissance de Dieu et de son royaume.
On trouve dans certains diocèses , des villages qui, pour avoir eu seulement quelques bons curés ^ qui se sont donnés tout entiers à les instruire , ont fait de si gjands progrès dans la doctrine chrétienne, qu^on en est surpris : de sorte que quand on se plaint avec tant d'af^ fèctation que les peuples sont incapables d mstructioO| il est à craindre que ce ne soit un prétexte ^ pour se décharger de la peine de les instruirez
l/exemple mêmedes hérétiques peut fermer labouçbe à ceux qui cherchent une excuse à leur négligence dans l'incapacité des peuples. Car enfin, on y voit les phn grossiers artisans, les femmes même et les enfans, dltf l'Ecriture et parler des points de controverse^ et. qaoH que ces connoissances dégénèrent en un babil ddOr gereux , et se consument en vaines disputes , c^en est assez pour nous (aire voir de quoi Ton pourroit rendre les peuples capables, en tournant mieux les instructioitf* En un mot| il est bon de prendre tout le corps dit
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erîtës de la Religion , pour en explique;* quelque partie haque dimanche , d'une manière claire, méthodique t suivie^ en sorte que le peuple, par la succession des smps , soit pUinemeut instruit de tout ce que TE"» lise croit et pratique ^ et qu il puisse pénétrer le sens t Tesprit de toutes les prières et cérémonies qu^elle m ploie.
Si tous les curés ci tous les prêtres, chargés de faire i prône, s'appliquoieut ainsi à expliquer dans leurs istructions , les difTereiites parties du catéchisme; et ils nVtoient attentifs qu'à développer les vérités de U »i et de la morale chrétienne, d'uue manière simple | itellîgible et familière , les fidèles retireroient plus de uit de leurs discours que des sermons , où l'on ne lercfae le plus souvent, que la politesse et les orneens d une éloquence dont le momdre mal est de n'être aucune utilité.
Ils trouveront dans cet ouvrage une ample matière
mr Texplication des Sacremens ; et pour les autres
'ets, ils auront recours au catéchisme du concile de
ente, qu'ils doivent lire avec d'autant plus d'atten—
1 et a assiduité , qu'il a été composé par l'ordre de
laint concile pour l'usage des curés; qu'ib y pui-*
nt une doctrine très-pure, et qu'ils en tireront
maximes sûres pour leur propre conduite et pour
ruclion des fidèles.
»rsqu'ils annonceront quelque fête de Notre-Sei-?
• ou de la Saiuïe Vierge , il convient qu'ils ex—
mt en peu de mots ce que l'Eglise noas enseigne
'Stère que nous y honorons, qu^ils montrent ce
ous sommes obligés de faire pour eu témoigner
notre reconnoissance , quels sentimens il doit
spirer; et qu'ils excitent les fidèles à réveiller leur
à s'approcher des Sacremens dans ces grandes
es, ann de les célébrer avec plus de piété.
nçant la (ele d'un saint , il sera bon qu ib dbent
le sa vie , qu'ils fassent le récit des principaux
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actei de vertu qi^il a pratiqués , ou qu'ik rapporteuc quelque sentence ou maxime de piété avancée par ce saint, exhortant leurs paroissiens à Timiter, à implorer sou secours auprès de Dieu , et à pratiquer ce qu'il a enseigné de parole et d'exemple. Mais ils ne doivent le faire qu'en peu de paroles , pour ne pas fatiguer les auditeurs. C'est pourquoi il ne convient pas de leur parler de la vie de tous les Saints dont on doit célébrer la fête durant le cours de la semaine ^ dè« que ces fêtes ne sont pas solennelles. On doit prendre garde à ne pas dégoûter des instructions ceux qu'on est obligé d'instruire , en lassant leur patience. Pra^ çidendnm qunque est sollicita intentione rectoribus^ dit saint Grégoire , ut ab eis non soliim prava nuUo modo , sed ne recta quiâem nimiè et inordinatè pro^ ferantur ,• quia sœpè dictorum virtus perditur , ciun apud corda audientium loquacitas incautd impor" tunitate levigatur.
On doit instruire les fidèles , en publiant un monitoire, des causes pour lesquelles ils peuvent demander des monitoires , des dispositions où ils doivent être en les demandant, et des obligations qu'on contracte par leur publication. On trouvera , dans ce que nous dirons des monitoires en parlant des censures, tout cequil est nécessaire d'apprendre aux fidèles sur cette matière.
Les prêtres qui feront le prône, pourront quelque^ fois , après avoir publié les bans de mariage , eu prencire occasion d'expliquer les dispositions qu'il faut y apporter, les empêchemens les plus ordinaires au mariage, ou traiter des obligations des personnes mariées , le tout avec prudence.
Si les curés s^aperçoivent que quelque abus s^iotro-' duit dans leurs paroisses ^ ou que quelque vice y té^t^ ils les combattront dans leurs prônes, non pas en dé* clamant contre ces désordres d'une manière sèche et lujurieuse, ce qui seroit capable d'irriter le mal plutôt que de le guérir ) et moins encore en nommani ott
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'Signant aucune personne en particulier, ce qui est pressément défendu dans ce diocèse ; mais ils
livent le faire avec sagesse.
Quoiqu'il soii quelquefois à propos de caractériser ccr— insvices^pouraiderceuxquiensontcoupables^às'appliler à eux-mêmes les motifs proposés pour en inspirer dé lorreur , ou doit se souvenir qu'on ne peut , sang esser la charité, désigner les pécheurs de manière à i faire connohrc aux autres, ni même les représenter ! telle sorte , qu'on put soupçonner que celui qui êche , auroit quelqu'un en vue. On doit se garder t-tout de satisfaire son ressentiment dans la chaire de rite, eu y invectivant contre ceux dont on auroit lu de se plaiudre , ou avec qui on auroit des droits 1 des intérêts à discuter. On conçoit asses que de tels scours ne seroient propres qu'à scandaliser les fidèles, les aigrir contre leur pasteur , et à les éloigner de s instructions.
On ne doit donc être occupé , en instruisant les itres , que de ce qui intéresse leur salut, et qu'à leur oposer les raisons propres à donner de l'horreur >ur le péché, en leur enseigant les moyens efficaces i l'éviter. Cet avis doit servir de règle aux curés et IX prêtres pour toutes les instructions qu'ils feront r les vertus et sur les vices , étant presque inutile en parler, si Ton n'excite à la pratique des vertus, ir des motifs tirés de leur excellence, de leur beauté, » avantages qu^on en retire, et de la récompense qui ur est promise , de leur nécessité, utilité, facilité, des :emples des Saints ^ et, si Ton ne porte à la fuite des ces, par des raisons tirées de leur laideur, de leurs fets, de la haine que Dieit leur porte, des supplices emels qui en seront le châtiment , etc. Au reste, les curés doivent faire attention que, s'il$ fuient expliquer aux peuples la doctrine chrétienne ^ une manière qui leur profite , ils doivent dire peu t choses à la fois, les répéter souvent, et le^ inculquer