‹ Instructions sur le rituelChapitre 18 sur 25 · Toutes les fois qu'un pénitent sera obligé de rece · texte numérisé non relu

Toutes les fois qu'un pénitent sera obligé de rece

ir la communion , soit à cause de la pâques, soit a

$on du péril de mort, qu'on ne le jugera pas indigne

bsoluiion, et qu'on ne verra en lui aucun autre em-

bernent, on doit présumer que ce chrétien, dès

m leconnoU instruit, apportera les dispositions ac-

les que l'Eglise demande , et lui permettre de corn—

ier. Il n'appartient pas alors au confesseur de le

Faire à une loi inviolable, qu'il est en état d'ac-

)lir. On ne doit pas exiger de lui qu'il ait satisfait

de communier, ni en tout, ni en partie à la

\ divine: on ne doit pas exiger non plus, qu^it

rrivé à cet amour pur et sans mélange ^ qui est

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plutôt le terme où la communion conduit ^qu^une dis* position riécessaire à ceux qui communient.

Lorsque le péiiiient est, conime il arrive souvent, une perbonne grossière et mal instruite, le confesseur doit èire anniiil. avaiit que de 1 absoudre^ à examiner quelles sont lis dispositions qu'il apporte à la sainte tabl<'.. (i s il a ct'lU*s rp.icuous avons dit être requises pour laiic r.iic couinuinlon agréable à Dieu. II doit lut apprendre et faidet à joiiidieà la pureté de conscience) une loi vive, une cspoiancc ferme, une charité ardente, nue hunâlttc profonde, une intention pure et droite de s'unira Jésus— Christ, un saint empressement, une dévotion actuelle et fervente. Quoique les curés doivent instruire leurs paroissiens dans les catéchismes et dans les prônes sur la nécessité de ces dispositions pour communier dignement, les confesseurs n^en doivent pas être moins attentifs à rappeler ces instructions à ceux de leurs pénitens qu'ils recounoissent en avoir besoin.

3. Si, par la connoissance que Ton a de rintcrietfr du pénitent qui se prépare à la communion pascale, on juge qu'il ne discernera pas sulfisamnieut le corpi du Sei(;neur, soit qu'il ne fut pas assez instruit, soi qu'il (lit occupé d'aflaires embairassantes qui TenleTe roient tout entier, qui lui ôteroient le recueillemen' l'attention, le respect nécessaires pour communier d gnement, on doit ou lui inspirer ces dispositions si le-champ., s'il est possible, ou l'engager à prendre temps suffisant pour se mieux préparer. En un mot. iloii lui différer la communion , si on voit en quelqu'obsiarle qui doive l'éloigner pour quelque le de la table sacrée. C'est pour cela que.» dans laloipc sur la communion pascale Je concile de Latran ne pliquc qu'en termes conditionnels ^ et laisse au fesseur la liberté de la différer : nisijortè de pi saccrdotis consilio duxerit abstincndum.

4* A plus forte raison dans les communions i

DE lTHuchakistik* 497

ont pas de précepte , par rapport à ceux même k qui *oii accorde labsolutioii) peut-on retrancher ou différer ivec prudence la communion , quand ils n'auront pas es dispositions actuelles , ou qu'il se trouvera en euK les obstacles peu compatibles avec la dignité du Sacre«* nent. On ne peut que blâmer un confesseur négligent^ |ui permet à ses pënitens de communier , sans prendre prae à Tirrëvérencequi se commet contre cedivin Sacrc^ nenL Cette négligence des confesseurs donne sujet lux fidèles de mépriser , ou pour le moins , de ne pas issez estimer cet auguste Sacrement: car un des effets les délais de la communion dans ces cas, c'est de faire connoitre la grande sainteté et divinité de lEucha-* ristie , et la pureté qui est nécessaire pour la recevoir. 5. Dans le cas d'une communion libre et volon-^ taire , on peut et on doit encore communément la différer, pendant quelque temps, à un pécheur qui sort Tune vie déréglée et scandaleuse, quoiqu'on ne le juge >as indigne de l'absolution : ce délai sera pour lui un lojen d'effacer la vive impression de ses désordres ; lui inspirera plus d'horreur de ses crimes ; il lui ra appréhender les rechutes , et lui donnera le temps la facilité de se mieux disposer. Cette épreuve et ce lai regardent sur-tout les pénitens qui ont été dans abitude de se souiller par les sales voluptés de la tir. Il est du devoir d^un confesseur de les éprouver s particulièrement , et de ne leur pas permettre de imunier aussitôt qu'ils se sont confessés , afin qu'ils préparent à le faire dignement et avee fruit, leur ëtantencore plusspécialementopposé àla pureté de hair adorable de Jésus «Christ, ^gnum Dei sine Uâ luxuriosi sumunt periculosiiis , dit Alger ^ ^ cum in Sacramenio Christ i^ ci mori debeamus ^rmitate passionis et munditiœ , nihil sic ad'^ fur passioni Chris ti^ ut voluptas ; nihil sic mun \ , utfœditas y nihil sic ejus uriitati^ ut fortn^

\>me /. I i

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carice societatis unitas ( Tract, de Sacrant, corp. et sang. Dont. lib.I. cap. 32.).

6. Dans les communions qui ne sont pas de précepte, toutes les fois que le confesseur sent qu^un délai seroit nécessaire ou utile aux pénitens pour les punir^ pour les mortifier, pour les humilier, pour les rendre pins attentifs et plus vigilans , pour les mieux disposerai! fait bien d'employer ce remède, qui, bien loin de tourner à leur désavantage , leur épargne au contraire des- communions tièdes et imparfaites, sources trop fréquentes des communions sacrilèges.

Dans le même temps que les Pères de FEglise supposent nécessaires, pour la communion en général, letat de ^râce , la pureté d'intention et le^ dispositions actuelles d'attention, de respect, de désir, ils demandent pour la communion fréquente une vie plus pure et plus parfaite^ ils veulent IVxemption a affection aa péché véniel , et un grand désir de la conuuunioD* JDe là il s'ensuit : I

1. Qu'on ne doit pas permettre la communion fréquente à ceux qui , conservant de Taffectiou pour le péché véniel, ainsi que nous Tavons expliqué ci-dessus, nourrissent volontairement dans leurHrœur la volonté de persévérer dans cette affection , sans crainte de déplaire à Dieu. Ainsi ceux qui sont adonnés aux mensonges ^ à la raillerie , aux médisances légères et aux autres péché véniels , et qui ne font aucun effort pour se vaincre et se corriger , ne doivent pas être admii à la communion fréquente.

2. A plus forte raison ne doit-on pas Fautoriser en faveur cfes personnes qui sont encore sujettes au pécU mortel : elles ne doivent communier que de temps en temps, quand leur confesseur rassuré sur leur état^li jugera convenable.

. 3vSi les personnes auxquelles on a permis les conuminions souvent réitérées , viennent à tomber ou dafl^ le péché mortel , ou dans le relâchemeitt ^ il e$t ^

DE L^ÊuCftÀRIStlE, 499

propos qu^un confesseur prudent leur cri retrancha quelques-unes : sans cela il seroit a craindre au moins que le respect dû au Sacrement ne s^afioiblit ou uô s'éteignit en elles.

4* Il s'ensuit encore, que les confesseurs doivent user de plusde réserve par rapport auxjpersonnes peu avancées en âge: voici la raison qu'en donne saintFrançois de Sales (Z. ÎLep, 38. ):Jene voudrais pas que vous portassiez votre Jille à une si fréquente corumunion , quelle nesache bien peser ce que c'est que La fréquente coin-* munion. Il y a de la différence entre discerner Id communion d entre les autres participations^ et dis^ cerner la fréquente communion d'avec la rare com^ munion: si cette petite âme discerne bien ^ que. pouf fréquenter la sainte communion ^ il faut avoir heau-^ coup de pureté et de ferveur , et quelle jr aspire ei soit soigneuse de s^en parer ^ alors je suis bien d'avis qu'on t en fasse approcher souvent ^ c'est-à-dire ^ dé quinze en quinze jours / mais si elle n^a point d'autre ardeur qiCà la communion^ et non à la mortifica^ tion des petites imperfections de la jeunesse ^ j6 pense qu'il suffirait de la faire confesser tous les huit jours ^ et communier tous les mois. Ma chère fille , je pense que la communion est le grand moyen d'atteindre à la perfection ; mais il faut la recevoir avec le désir et le soin d'ôter du cœur tout ce qui déplaît à celui que nous y voulons loger. La jeunesse est sujette à l'inconstance et à plusieurs autres défauts 9 elle manque ^ pour lordinaire, du discernement requis

))Our la communion fréquente. C'est pourquoi un coni esscur doit être plus réservé à l'accorder aux jeunes^ personnes, qu'à celles qui sont dans un âge mur el avancé, sur— tout quand il y a long-temps que cellesci se sont données au service de Dieu. Cette règle doit lervîr aux confesseurs , pour permettre la communion plus ou moins fré«|uente aux personnes grossières 5 aux* quelles leur esprit et leur état ne donnent pas ordi-"

li a

$OÙ Du SACRBHBlfT

Bairement le discernement nécessaire pour approdier aussi souvent de la sainte table.

5. Un pénitent^ sujet à commettre des péchés vénieb, ne doit pas être pour cela privé de la fréquente communion : ce seroit une privation injuste et dan* gereuse ^ puisqu^il n^y a personne qui ne tombe souvent dans des pécbés véniels. Ce sont des péchés dont nous ne pouvons pas être entièrement eicemps en cette vie, peccata^ dit saÎQt Augustin, sine quibus esse non possumus : et il est vrai que, si cette pleine exemption éloit nécessaire pour communier , nous ne serions ia-* mais en état de nous présenter à la table sacrM. Qoi pourroit en effet alors y être admis P Si nous disons que nous sommes sans péché ^ nous nou^ trompons nousrjnémes^ dit Tapôtre saint Jean, et la *véritérCest point en nous.

Loin d'écarter de la sainte table les personnes qui ne se trouvent coupables que des péchés Téniels qui échappent à Tin firmité humaine, et dont ell^ gémissent et sliumilient dès qu'elles s'en aperçoivenl, il faut leur dire, qu'elles ne doivent pas s'éloigner de la coromonion j qui est elle-même le remède de ces fautes , d qui a \tk vertu d'en purifier les flmes lorsqu'elles n^ ont point d'attache, et qu'elles se voient avec pebe couvertes de défauts et de taches en la présence du Saint des Saints: ce sont- là des infirmités légères que la nourriture céleste dissipe, et contre lesquelles elle donne des forces. L'Eucharistie, dît le concile de Trente, est comme un antidote par lequel nous sommes dât^ yrés de nos Jautes journalières. On doit donc encore, et à plus juste titre, conseiller la fioqneute communion aux personnes qui s'efTorceiit de plaire à Dieu, qui renoncent à tout ce qui peut lui déplaire* qui fuient l'oisiveté et le monde^ et qui travaillent continuelleneiit à vaincre leurs passions. Veacpériencc^ dît saint François de Sales ( liv. II. épît. 4^0; ^<^f^it toucher ca

DK Xi^UCHÀRISTIB. 5oi

^ingt-cing ans que je sers les dmes^ la toute—puis--' santé vertu de ce divin Sacrement^ pour fortifier les cœurs au bien , les exempter du mal , les con-saler ^ et en un mot ^ les diviniser en ce momie j pourvu qu^il soit hanté avec la foi , la pureté et la dévotion convenables.

6. Un coufesseur^ pour permettre à un pénitent la fréquente communion, doit, comme le dit saint Thomas (4* Sent.dist. m.quœst. 3. art^ i. ), examiner les dispositions de Tâme de ce pénitent , et les progrès qu^il fait dans les vertus chrétiennes. Il doit voir si^ eu communiant souvent , il se sent plus porté aux bonnes oeuvres , plus circonspect dans ses paroles et dans ses actions^ s'il augmente eu charité envers Dieu et le prochain^ si son respect envers le Sacrement adorable de TEucharistie , croit à mesure qu'il s'en approche ^ alors il peut juger que la fréquente communion est utile à ce pénitent , et par conséquent la lui permettre , quoiqu'il ne soit pas entièrement dé-gagé de toutes les imperfections dont il gémit en son cœur, ni guéri de toutes %es langueurs : car il faut distiuguer les maladies des saintes âmes , d'avec les plaies des autres pécheurs-, elles sont pleines de contrariétés apparentes ) quant à la partie inférieure. Si, au contraire, le confesseur aperçoit que la communion ne produit point dans le pénitent tous ces bons effeis, s'il ne reconnoit en lui aucun progrès dans la piété , s'il voit qu'il ne se corrige |>oint de ses défauts^ et n'en prend pas les vrais moyens^ que sa dévotion et son respect pour le Sacrement diminuent , et qu'il ne devient pas meilleur en s'approchaut souvent de la sainte table^ c'est une marque queses commuiùons sont stériles, ouqu^aumoinsilen tire peu de fruit 5 c'est un avertisse— meut qu^'l doit communier moins souvent |iour se mettre en élat de s'y mieux préparer , d'y apporter de plus dignes dispositions , et d'en retirer plus de fruit : ainsi

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Soi Du SAcninwïKT ^

qu lin médecm liabile et sage qui permet ddns les maladies du corps, la nourriture à ceux auxquels elle profite « et qui la retranche à ceux à qui elle ne profite pas. Si le pénitent refuse ce régime pour ia santé de £OTi âme , et insiste à demander dansdët état la communion fréquente, il faut, en la lui refusant, lui dire avec saint hovayeniure : majorem e/JicaciamrecipiC fiomo in unâ manducatione cum bond prœparatione , cuàm in multis. si non se pra?paret diligenter. Mais on ne doit pas oublier d'avertir ce pénitent ,

3ue Téloignement de TEucharistie , quoique nécessaire ans bien des cas , n'est pas par lui-même le remède de la maladie, et de Télat triste qui en provient: en se tenant dans cet éloignement, sans désirer d'en sortir, sans travailler à préparer son cœur au Seigneur , on s'expose visiblement à devenir plus foibic , plus languissant, plus malade, et sans doute à mourir après toutes ses défaillances. L'homme qui devient inârae^ dont l'esiomac s'afToiblit, ne se rétablit pas, s^il n'a d'autre remède que de s'abstenir des alimeûs solides qu'il ne peut plus soutenir, il faut qu'il prenne soigneusement les remèdes et les nourritures propres i son état. Le pénitent auquel on retranche la communion, pour les raisons que nous venons d'expliquer , doit donc pareillement travailler à se guérir, â se parificT des moindres fautes par la prière, l'huaitUation et la pénitence^ il doit employer ces délais à appro* fondit' les secrets mouvemens de son cœur, à faire plus d'efforts et à prendre plus de précautions pour se corriger de ses défauts, et pour éviter les occasions qui le font tomber dans les péchés véniels auxquels ii al lus sujet; à en extirper de son cœur Tafiection et attache; à orner et à embellir rhabilation qu^il prépare à Dieu; à exciter en lui une faim et une soif plus ardente de la justice et de Tunion avec Jésus- Cbrii^t ; à conserver toujours dans le fond de son cœpr

tin aideat dé^ir^ une 3^iute impatience de retourner

DE l^Ecchahistie. 5o5

a la communion ^ ea un mot ^ à faire voir par se» œuvres un renouvellement de ferveur , une vie toute nouvelle, et quHl n'a différé de s'approcher de Pagneau, que pour être plus digne d'être à sa suite, eb de participer, comme tant d'âmes saintes, à son festin.

Saint François de Sales écrivant à une dame d'une grande vertu, et à laquelle il rend ce témoignage si avantageux, que le sentiment qu'elle avoit d'être toute à Dieu n'étoit pas trompeur, approuve que son confesseur lui eût retranché pour quelque temps la con— » solation de communier souvent, pour dés impatiences auxquelles elle étoit sujette. Vous avez bienfait^ lui dit-il, d obéir à votre confesseur ^ soit qu il vous eût retranché la consolation de communier souvent pour vous éprouver^ soit qu'il fait /ait parce que^ vous riLavez pas assez de soin de vous corriger de vos impatiences. Si vous obéissez humblement^ une communion vous sera plus utile que dcucc ou trois faites autrement : car ilny a rien qui rende la viande si profitable^ que de la prendre avec appétit et après r exercice : or^ le retardement vous donnera t appétit plus grand ^ et V exercice que vous ferez à mortifier votre impatience , redonnera la vigueur à votre estomac spirituel»

7* En général , lorsqu'il s'agit de faire communier régulièrement des personnes tous les jours, toutes les semaines ou tous les mois, il ne faut pas se contenter de leur avoir fait faire une bonne confession , il faut encore examiner si elles ont tout ce qui est nécessaire pour communier si souvent. Quand un confesseur ne prend pas cette précaution à l'égard de ceux qu'il conduit, les uns vont à la sainte table sans préparation y les autres tombent dans la vaine estime d eux-mêmes ^ se croyant meilleurs que ceux qoi communient plus rarement \ d'autres se relâchent , croyant être déjà arrivés à la perfection ; d'autres enfin , par une vie qui ne répond pas à leurs fréquentes cummunions, donnent

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5b I Du Sacrement

occasion au commnn du monde , de mépriser la fré^ queniaiion des Sacremens el de parler miaJ de k dé* \otion. Il faut donc examiner si les pënitens ont un grand éloignement pour le péché ^ quel est leurpro** grès dans la piété ^ s'il leur est facile, eu égard à leurs emplois et à a'autres circonstances , de communier avec le recueillement ei la dévotion convenables î s'ils pour* ront dans la suite continuer la même fréquentation \ s'ils ont un désir spirituel et tel qu'ils doivent l'avoir, ui les porte à s'unir plus étroitement à Dieu et k proter du Sacrement^ en un mot^ quelles sont leurs dispositions, quel est leur état, quels sont leurs besoins, quelle est leur soumission , quel est leur âge , leur discernement.£n s'appliquant à rendre l'usage des Sacremens plus fréquent, on ne doit jamais afioiblir en rien la sainteté que celte fréquentation demande , afin qae cette participation soit tout à la fois et plus sainte et plus utile. y

Il faut d'autres dispositions pour communier fréquemment que pour communier rarement. Un confesseur éclairé ne se persuadera jamais que des fidèles, pour avoir communié à ]>âques, soient dès lors en droit et eu état de communier fréquemment. Le témoignage de leur négligence passée, celui de leur foiblesse présente , le besoin qu'ils sentent avoir de s'éprouver pour la suite, s'opposeroient bientôt au conseil imprudent et téméraire de celte fréquente communion. Un pécheur converti, réconcilié, et qui a mérité par un sincère et véritable repentir de tous ses désordres et de sa vie criminelle^ d'être admis à la communioii pascale, est pour l'ordinaire un convalescent qui sort d'une maladie dangereuse et quelquefois invétérée ;k principe de son mal est heureusement enlevé, il est même guéri ^ mais il lui reste une foiblesse plus ou moins grande dont il ne revient que par degréi. H craint de retomber^ il observe avec soin un régime: il mange peu d'abord , et du reste il est sobre, ré^lé)

]>B l'Eucharistie. 5o5

tempérant ^ il se re'tablit enfin et se fortifie par le pain qui devient sa nourriture ordinaire. Comparaison sim-* pie, mais naturelle, que les Pères ont souvent employée en pareilles circonstances : pour rétablir ou fortifier la santé des âmes, ils ont usé des mêmes précautions, ils ont prescrit le même régime \ et c'est par-là qu'ils ont parfaitement rétabli des âmes foibles, qu^une nourriture trop forte et trop précipitée auroit fait retomber dans leur première maladie. L'aliment solide^ c^est le corps de Jésus- Christ^ dit saint Ambroise. Le breuvage fort^ c'est le sang de Jésus-Christ. On ne nous donne pas d'abord toute sorte dalimens , ni toute sorte de breuvages ( in Luc. L 6. c. 9.). Il faut user de discernement dans la distribution du pain eucbaristique, de peur que celui qui est infirme, ne soit accablé par uti aliment trop fort^ ou que celui qui est en sauté, ne soit point rassasié par des alimens trop légers : ne aut injirmum validior cibus opprimât^ aut \^alidum exilia alimenta non satient. Ce saint docteur veut donc que le pain céleste soit ménagé et prudemment distribué, selon les diflfërens degrés de sauté et de force de ceux qui le reçoivent : or, où seroit cette sage économie, si, dès qu'Hun homme est exempt de péché mortel, et admis à la communion pascale, il pouvoit sans délai communier tous les jours , et s'il ne falloit pas plus de

i)réparation pour la communion quotidienne, que pour a communion annuelle ?

D*où Ion doit conclure que, par rapport aux justes foibles ou forts, novices dans la piété, ou solidement établis , il faut mettre de la différence entre la communion de huit jours ^ et celle que Ton accorde après un intervalle de temps plus long et proportionné à Tétat et aux dispositions personnelles ces pénitens ^ comme ^iire la communion de tous les jours, et celle de huit jours. Il y a des chrétiens qui sortent du vice, et qui commencent de pratiquer la vertu ; d'autres qui sont plus avancés^ et il y en a de .plus parfaits. Les com-

Se6 Du Sackement

iDunions, selon ces diffërens états ^ doivent être où pktf rareS) ou plus fréquentes.

Ge que nous venons de dire, suffit pour condamner la pratique d^un grand nombre de pénîtens, qui, sans consulter ceux qui les conduisent , croient qu^on peut pour toute préparation à une action aussi grande que celle de recevoir Jésus— (Christ , régler ses communions

Î>ar les intervalles des temps et par la .rencontre des Stes. J'en vois plusieurs^ dit saint Chrysostôme, qui se contentent de s'approcher de VEuchm istie comme par occasion , et plutôt par coutume que par goût et par choix. Ces personnes veulent participer au mjf stère ^en quelque état quelles soient^ à cause que c^est le temps du carême ou de Vépiphanie. Mïds ce T^est pas le temps qui nous met en état de/aire cette action sainte : car ce n"" est ni le carême^ ni répiphor nie qui nous rend dignes de nous approcher du Fils de Dieu^ mais la sincérité et la pureté du cœur.

8. Dans la plupart des communautés religieuses^ la communion est fixée par leurs statuts à certains jours assignés ^ mais, pour approcher plus souvent de la sainte table que ces statuts ne le demandent, il faut une permission expresse des supérieurs. Les confesseurs oe doivent pas s^éloigner de cet usage, qui>est approuvé par le saint siège, qui entretient Tobservance religieuse, et conserve Tobéissance qui en est lappui et le fondement.

9. Quoique les personnes consacrées à Dieu doivent être portées, par leurs confesseurs, à se mettre en état de communier plus souvent que le commun des fidèles, on ne doit cependant leur permettre la fréquente cornmmunion, qu'à proportion de leurs dispositions^ et, lorsque ces personnnes viennent à se relâcher , il faut leur retrancher quelques-unes de leurs communions ordinaires. Les règles de saint François de Sales doivent leur être appliquées aussi bien qu^aux autres fidèles.

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