Tome 1. B
i8 Dks Sackemers
Les prêtres ne peuvent donc être Irop alteotifs ï qieuer une vie pure, chaste et pleiue de piété, pour £tre préparés à exercer le saiut miDislère à toute heure et en tout temps. Âvaut d'en faire les fouctioDs, îU sonderont leur cœur, et s'ils se sentent coupables de péché mortel ( ce dont nous prions Dieu de préserver toujours tous les prêtres de ce diocèse et de toute l'Eglise )} ils ne doivent conférer aucun Sacrement , qu^ils De se soient auparavant confessés avec les dispositions nécessaires.
Si un curé} ou un autre prêtre chargé du soin des &mes, appelé pour adrOînistrer un Sacrement dans le temps ou sa conscience lui reprocheroit un péché martel, ue pouvoit alors recourir à on confesseur , à cause d'une nécessité pressaute , qui ne lui permeltroit pas de différer celte fonction, il devroit, s'il éloit possible, se sentant indigne de l'exercer, en charger un autre prêtre en état de suppléer i sou défaut. Celui qui j en pareil cas , n'a aucun prêtre dont il puisse disposer, doit, avant que d'admtnbtrer le Sacrement qu'on lui demande avec instance , gémir sur son malheur dans le secret de son ame^ faire tous ses efforts pour produire du foud de son cœur des actes de la contrition la plus parfaite; s^assurer , autant qu'il est en lui, de la sincérité de son repentir et de sa douleur^ et former une rorlê résolution , non-seulement de ne plus retomber , mais encore d'expier et de réparer au plutôt sa faute , selon les lois et l'esprit de l'Eglise^ Malheur à lui, li l'extrémité où il se trouve alors, ne lui sert pas désormais de leçon, pour exciter sa vigilance et pour rengager à vivre toujours dans la sainteté que sou élat exige !
Quand les curés et prêtres sont appelés pour donner les Sacremens, même à des heures incommodes, ils doivent être toujours prêts , et ne poiut témoigner de chagrin , pour ne pas ûter aux peuples la coi^nca et M liberté de s'adresser Jt eus j iu doivent i
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n^avoir jamais plus de joie , s'ib ont Tesprlt de leur état ) que quand ib seront occupés dans ces fonctions sacrées^ parce que rien ne peut être plus agréable à un vrai pasteur ^ que le salut des âmes et leur progrès dans la vertu. G^est pourquoi ils doivent avour soin, d^avertir leurs peuples de ne pas se priver, par la craints de les incommoder , des fruits qu ib peuvent recevoir en s^approchant souvent des Sacremens ^ et que ni la rigueur do temps , ni. la longueur et la difficulté des chemins , ni aucune autre incommodité ne les empê-« cheront jamab de leur donner tous les secours cfont ils auront besoin pour le bien de leurs Ames. Il faut qulb leur fassent même souvent connoître, qu^il faut les avertir promptement quand on aura besoin de leur minbtère. Ib doivent adminbtrer les Sacremens avec une égale charité , et sans aucune distinction , aux pauvres et aux riches^ ib ne doivent pas y apporter te moindre délai , sur-tout si la nécessité est pressante. Avant d'adminbtrer les Sacremens , autant que faire se pourra , ib doivent se mettre à genoux , pour de— mmder su Seigneur avec contrition le pardon de leurs péchés ^ pour se recueillir , dresser leur intention, réfléchir un peu sur la sainteté de faction outils vont faire, et pour obtenir de Dieu, par une humble prière^ h grâce de s^acquitter dignement d^une fonction si sainte^ et, pour les personnes qui doivent recevoir les Sacre-^ mens , la grâce d^en profiter. Ib doivent avoir soin que ceux qui se présenteront pour recevoir les Sacremens, le fassent avec toute la piété et la dévotion possibles; et, pour j réussir, ils expliqueront souvent aux peuples leur nécessité , leur institution , leur vertu , leur excellence, leur usage, leurs effets, et sur-tout les grâces qu^ib opèrent oans ceux qui les reçoivent bien pré-* parés , et les dispositions nécessaires pour sVu approcher dignement Ils doivent avertir aussi ceux qui sont présens lors de ladminbtration des Sacremens , de se tenir dans le respect ei la modestie que demandent
im Des SiCHCMiHS
les choses saîates ^ de n'y paroiire qu*en habit décent, de ny jamaîs parler sans nécessite , et de faire voir parleur retenue et leur gravite extérieure, les seQii-> mens d'estime et de vénération qu'ils ont dam le coeur pour les mystères de notre sainte Religion.
Pour entretenir dans les fidèles la haute ide'e qu*ils doivent avoir de Texcellence des Sacremens, il faut que les curés, comme il est ordonna par le dernier concile œcuménique, leur en expliquent les cérémonies, suivant la doctrine des saints Pères et du catéchisme romain (nom- Hié communément le catéchisme du concile de Trente ) , ce qu'il est à propos qu'ils fassent quelquefob , lorsqu'ils les admiaistKut : et cela , auunt que le lieu et le temps le permettront^ ce qu'ils feront encore fort brièvement, en termes intelligibles , et d'une manière grave et dévote.
Fendant l'administration, ils s'y appliqueront uniquement, et y feront paroitre beaucogp de dévotioa et de modestie. Us prononceront distinctement , poscment, dévotement et à voix claire, mais sans affectation, la forme et les oraisons prescrite*^ ils liront exactement dans le Rituel , autant qu'il se poui ra , sans se 6er à leur mémoire souvent infidèle. Durant faction, ils ne salueront personne , ils ne parleront à personne, et ne donneront aucune marque de respect humain; en lin mot. Ils tâcheront d'honorer et de faire honorer leur ministère, comme il convient à des ministres de Jésus-Christ et à des dispensateurs des mystères de Dieu.
Après avoir administré le Sacrement, îk se mettront à genoux pour remeicier Dieu d'avoir bien voulu se servir d'eux pour une fonction si sainte, pour le prier d'en conserver le finit en ceux qui viennent de le recevoir, et pour demander pardon des fautes qu'ils y auroient commises.
Il leurest ex]>resspmenl défendu de rien exiger par parolesou par5ignes,nidirectement ni indirectement, pour radministralîoa des Sacremens , sous quelque prétexte
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e ce ptihse être. Ils doivent être infiniment Soigna e tout soopçoD de simonie et d'avarice ^ mais il leur est permis de recevoir ce que les fidèles offrent de leur bou grë par aumône ou par dévotion , sans aucqne exaction précédente. C'est aipsi que Tordoime le concile deLatran tenu sous Innocent III eu i2i5. D'une part ^ il défend toutes les exactions , lesquelles ne peuvent èire que niauvaises , quand il s^agit de l'administration des Sacremens ; de Fautre , il ordonne d'observer les Jouables coutumes que la piétë et la dévotion des fidèles a introduites , en faisant des offrandes k ceux qui servent à l'auieL Mais il n'est jamais permis de rien recevoir pour le Sacrement de Pénitence , quand même on offriroit volontairement.
Les fidèles doivent Tentretien nécessaire aux ministres du Seigneur ^ mais ceux-ci de leur côté doivent prendre garde à ne faire aucune convention de prix j ni tirer aucune assurance de paiement \ ni diff*érer ou refuser les Sacremens, parce qu'on ne leur paie pas les louables coutumes ^ ni témoigner plus d'empressement à ceux qui leur donnent plus ^ ni taxer d'avarice les personnes qui, après l'administration des Sacremens , leur donnent peu ^ ni rien demander au-delà des taxes réglées par laulorité légitime: bien plus, ils doivent avoir attention à ne pas obliger les peuples avec dureté et trop de rigueur à leur payer ces droits de louables coutumes, de crainte quon ne croie qu'ils les de* mandent comme le prix des Sacremens.
Enfin , tous ceux qui seront chargés de l'admiotistration des Sacremens, doivent se pourvoir des livres dans lesquels ils pourront apprendre plus à fond toutes les fonctions de leur ministère; ils doivfut avoir soin, sur-iniit ceux qui seront nouvellement éta Mis pour les fonctions curiales , de lire «souvent le Rituel de leur diocèse tout eniit,T, atin d^ètre styles à bifn administrer les Sacremens, et à faire, comme ils doivent, les autres ibnctioos qui y sont prescrites.
Des &4CREMEKS
Du Sujet des Sacremens,
Vjomme Jésus-Christ a institué les Sacremeos seulement pour les hommes, eux seuls en sont les sujets^c'est-à-dire qu'eux seuls peuvent les recevoir. Le Bapl£me est pour tous; et il faut nécessairement Tavoir reçu, pour recevoir tous les autres. Tous ceux néanmoins qui sont baptisés , ne sont pas capables de les recevoir tons : une femme , par exemple , ne peut recevoir l'Ordre; les enfans, le Mariage avant Tâge de puberté, ni la Pénitence avant Tâge de raison.
Il faut aussi, dans tes adultes, Tinlention véritable et intérieure, ou la volonté de recevoir les Sacremens^ et on ne peut en administrer aucun à celui quin'au— TOÎt jamais donné aucun signe qu'il voulût les recevoir, quoiqu'il eût pu témoigner sa volonté làdessus : si Ton conféroit un Sacrement à un adulte contre sa volonté , le Sacrement seroit nul , et n'aurait aucun effet.
11 faut excepter cependant de cette règle, quant i la nullité du Sacrement en pareil cas, le Sacrement de l'Eucharistie, qui ne cousiste pas dans l'usage et dans l'application que l'on fait du Sacrement, mais dans une cho«e permanente et qui existe indépendamment de la volonté de celui qui le reçoit , quoiqu'il ne produise pointson effetà légarddes adultes, sans leur intention.
II faut que celui à qui l'on administre le Baptême et la Pénitence, s'il a perdu l'usage de la raison, ait voulu être baptisé on se confesser ; et que cette volonté, n'ayant point été rétractée, soit réputée persévérer.
L'inteolion de recevoir les Sacremens n'est nécessaire que dans les adultes: car, pour les enfans, on les baptise sans qu'il soit besoin d'attendre ou de pré-
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fopposer leur consentemeDi , et d^en exiger auame préparation : autrefois même on leur admiiiisiroit les Sacremens de CoDfirmation et d'Eucharistie. Il faut dire la même chose des insensés qui ont toujours été privés de Tusage de la raison : pour ceux qui ont de bons intervalles, on tâchera de les étudier, et d'en
1>rofiter pour leur faire recevoir les Sacremens^ et à i égard de ceux qui sont sourds et muets de naissance, ou doit consulter l'évéque ou ses grands-vicaires, avant de les y admettre.
Des Cérémonies des Sacremens.
I /Eglise a institue plusieurs cérémonies qu^elle veut être observées dans Fadministration des Sacremens^ ce sont des actions pleines de religion et de mystère ^ qui rendent le culte de Dieu plus majestueux et plus vénérable. L'Eglise se sert de cérémonies dans lad— ministration des Sacremens, pour nous faire comprendre lexcellence et lasainteté des Sacremens; pour mspirer de ladévotioni ceux qniles reçoivent et quiles administrent} pour exciter la piété de ceux qui assistent à cette ad-ministration; pour représenter plus sensiblement Veffei de chaque Sacrement, et les obligations que Ton contracte en les recevant. Enfin , ces cérémonies élèvent Tesprit de ceux qui les observent exactement et qui les considèrent avec attention, à la contemplation des choses les plus sublimes; et elles excitent et augmentent en eux la foi et la charité. C'est ce qui oblige les pasteurs à apporter plus de soin , pour faire connuitre aux fidèles ce que signifient les cérémonies dont TEglise se sert dans Tadministration de chaque Sacrement. Tout est raisonnable, tout evt saint, tout est auguste, dans la pompe extérieure des Sacremens: on ne peut en être blessé que par défaut de lumière; et, si les pasteurs étoient éclairés et appliqués à instruire, le
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peuple serott toujours plein de vénération pour tOQtes le» cérémonies de l'Eglise. C'est parce que les pasteuri ont oublié leur devoir, que le peupteoublie son rang: il ne mépriseroit, il ne ceosureroït rien ^ si on lui expliquoil tout ce qu'il doit savoir.
Quoique ces cérémoDies ne soient pas essentielles aux Sacremens, on ne peut néanmoins ^ sans péché j les omettre ou les changer de sa propre autorité, soit en ajoutant, soit eu diminuant. Voici de quelle manière s'en explique le Concile de Trente: {Sess. 7 , can. i3, Je Sacram, ) Si quelqu'un dit que les cérémonies reçues et approuvées dans l'Eglise Catholique, et qui sont d'usage dans l'administrât ioit des Sacremens ^ peuvent être méprisées sans péché ^ ou omises selon quil plaît aux ministres ^ ou quelles peuvent être changées en d'autres nouf elles par tout pasteur , quel quil soit , qu'il soit anathéme.
On ne peut donc ^ sans irréligion , négliger on mépriser ces cérémonies. Et que a'auroit-on pas s craindre, si on les abandonnoit aux idées et au caprice de chaque ministre P On commence des changemens, que l'on croit de petite conséquence j mais on ne sait point où l'on ^Wrétera, quand on quitte les principes, et qu'oa ose censurer quelque chose de ce que l'Eglise pratique et commande.
Ainsi, avant que d^administrer les Sacremens, let
Srétres doivent avoir soin d'en prévoir les cérémonies, e les apprendre et de sy exercer, aSo d'acquérir la facilité de les faire avec toute la bienséance et la gravité requises. ïb s'iosiruiront aussi de leur signification, a6a de pouvoir quelquefois les expliquer aux peuples
Il leur est défendu très-expressément dans ce diocèse, tous peine de suspense encourue par le seul fait, d'administrer aucun Sacrement, ou de faire aucune fonction •acrée en habit court. Cette peine ne s'étend pas aux cas d'une nécessité urgente et véritable, laquelle surpren-* droit co babtt court, taudis qn'il ftudroii administrer
sros délai les Sacremens de Baptême et de Pénitence» Hors ce cas de nécessité , ik ne doivent administrer aDcuo Sacremeot* qu^ils ne soient revêtus d'onesoutane| d'un surplis et d^une étole de couleur convenable ^ excepté le Sacrement de Pénitence ^ qu'on peut administrer sans ëtole h i'église , et même sans surplis dans les maisons aux infirmes. Pour ce qui est du Baptême, de TEucharisiie , du Mariage et de l Exlrame-OnctioU| ils doivent 9 outre le surplis, mettre encore Fétole, et se faire accompagner, si cela se peut, d'un ou plusieurs clercs, selon le besoin et la commodité; et il est bon que les clercs soient revêtus dliabits longs et de surplis, si cela se peut. Au défaut de clerc, ils doivent tâcher d'employer avec eux des laïques sages , en état de les aider et de leur répondre pendant ces saintes fonctions. Ceseroit même une bonne oeuvre, digne du zèle des curés, dans les campagnes, de choisir dans leurs paroisses des jeunes gens modestes et pieux , pour les instruire et les former, de manière qu'ils pussent aider les pasteurs ^ dans ce qui leur seroit prescrit , k>rs de Tadmiuistration des Sacremens.
L'attention des prêtres doit encore sVtendre sur tout ce qui sert à Tadministration des Sacremens , tenant dans nnc grande deceuee et propreté les vases sacrés, les calires^ les ciboires, les ornemens et les linges; prenant garde sur-tout qu'ails ne soient ni troués, ni sales . ni déchirés.
\\s cousc^rveront avec grand soin les anciens et les oouvfaiix registres des baptêmes, des mariages et des sépiiUures; ils auront soin dy écrire ponctuellement, selon les fermes prescrites dans le Rituel de ce diocèse, tout ce dont on doit conserver les preuves, pour y avoir recours lorsqu'il sera nécessaire. On trouvera dans le Rituel , les prières qu^on peut faire avant et après ladministration d'un Sacrement
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