DE BAPTÊME
J JE Sacrement de Baptême est le premier et le plus nécessaire de tous les Sacremens : le premier, parce qu'il tait naître en Jésus— Christ ceux qui le reçoivent , qi/il leur donne l'entrée en la Religion cbrétienne, et droit aux grâces et aux autres Sacremens de la toi. évangélique; le plus nécessaire, parce qu'il oblige tous les hommes , non-seulement les aduliea , mais encore les enfnDs même des fidèles baptbés , qui ne peavent, sans le recevoir, être sauvés et tirés de la corruption que le péché ori^jinel a répandu sur toute la nature humaine. JtUus-Christ lui'-méme l'a déclaré en ces termes: ( Joan. 3. ) En vérité ^ en vérité /'e vous dis ^'tjue quiconque ne renaît pas de l'eauet du Saint-Esprit , ne peut entra- dans le Royaume de Dieu. Le péché est entré dans le monde par un seul homme ^ dont lequel tous ont péché^ dit St. Paul. Le péché originel étant une injustice réelle qui donne la mort àl'àme, qui rend l'homme ennemi de Dieu , l'objet de sa colère , esclave du dÂmon , et les enfans ajant commis ce péché dans Adam , on doit dire que tous les enfans qui ne renaîtront pas en Dieu par la gr&re du Baptême , n'auront reçu la vie de leurs pères fidèles ou infidèles, que pour périr et être éternellement malheureux.
Cesi pourquoi les pères et mères ne doivent point différer le Baptême de leursenfans. Il ne faut pas, sous prétexte d'aitendre un parrain ou une marraine, ou
Sour quclqn'autre ^ison que ce soit, les exposera la amnalion éternelle , s'ils étoient surpris de la mort y comme il arrive aisément à cet âge.
Ainsi, il est ocdonn^ dans ce diocèse , que les enfans
nv Baptême» a^
seront baptisés dans les vinst-quatre heures après leur Daissance. Si Ton diffère plus de vingt-quatre heures le Baptême ou les cJrémouies, les curés et secondaires ^ après avoir averti les parens de ne plus différer ^ doivent donner avis de ce retardement au promoteur, pour y être ^ pourvu à sa diligence. Les pasteurs ne peuvent avoir trop de zèle et de vigilance , pour administrer un Sacrement si nécessaire , et empêcher , autant qu'il sera possible , qu^aucun enfant ne meure dans leurs paroisses sans Ta voir reçu.
Par la déclaration de 1698, art. YIII, le roi enjoint à tons ses sujets de faire baptiser leurs enfans à Téglise de leurs paroisses dans les vingt-quatre heures après leur naissance, s^ils nont obtenu permission de lévèque de différer les cérémonies du Baptême: enjoint aussi aux sages-femmes et autres personnes qui assistent les femmes dans leurs accouchemens, d'avertir les cura des lieux de la naissance des enfans , et aux officiers de la justice d jr tenir la main.
Il j a dans ce Sacrement , comme dans tous les autres , certaines choses qui sont absolument nécessaires d'institution divine , pour le conférer validement , conune la matière, la forme et le ministre; il y en a d'autres qui sont requises pour l'administrer solennellement dans FEglise: telles que sont plusieurs cérémonies qui ne sont pas, k la vérité, d'institution divine, mais qui, étant très-augustes, très— anciennes, la plupart instituées par les apôtres et canonisées par les écrits des saints Pères , ne peuvent être omises sans péché; excepté dans le cas de nécessité, ainsi que nous le remarquerons dans la suite.
Le martyre, appelé Baptême de sang^ tient lieu du Sacrement de Baptême , si celui qui le souffre , n'a pu recevoir auparavant ce Sacrement. Le vœu même ou désir du Baptême , appelé Baptême du désir ou du feu^ supplée au défaut de ce Sacrement; ce désir doit provenir d'une foi vive , et être accompagné d'une
■ 3$ Do Sacrïment
contrition parfaite; il ne tient lieu de baptême dVan, que dans le cas d'une fâcheuse et absolue nécessite qui empêche un adulte d'être baptisé: il n^y a que le Baptême d'eau qui soit un véritable Sacrement; l'elBcacité des deux autres, bien loin d'afToiblir sa nécessité, L contîrme;et l'acte decharîté, en produisant la gr&ce sans le Sacrement , laisse néanmoins l'obligatiou de le recevoir réellement, si od le peut dans ta suite.
II est important, dit le catéchisme du concile de Trente, que les pasteurs soient persuadés qu'ib rnns- Iruiront jamais assez les peuples , de ce qu'ils doivent savoir sur le Baptême; c'est pourquoi ils doivent ne perdre aucune occasion de leur en expliquer les mystères. Celle qui paroîtia plus propre et la gilus favorable pourcela, est, lorsqu'un curé se trouvant obligé d'administrer ce Sacrement, il voit une grande multitude de personnes assemblées pour assister à cette administration. Car alors, s'il n'a pas le temps de leur dire tout ce qu'il doit leur en apprendre et leur rappeler coU'» linueflement, il peut leur en expliquerait moins un ou deux points, et le faire avec d'autant plus de succès , que ses auditeurs, voyant les vériiés qu'ils auront entendues, parfaitement exprimées par les cérémonies de ce Sacrement, seront par-là plus en état de les goûter: ce qui ne peut que les engager à prier pour celui qui sera baptisé eu leur présence ; a remercier Dieu d'avoir reçu la grâce du Baptême, en leur faisant renouveler les promesses qui ont été faites alors en leur nom ; et, par une suite nécessaire, à considérer si leur vie rrpond a la sainteté de la profession des véritables chrétiens.
Etre insensible à l'honneur de cette auguste qualité, ce seroit en ^ire indigne. C'est pourquoi les pasteurs ne petivent trop exciter, dans leurs peuples , le désir de se faire instruire des glorieux avantages que leur procure le Baptême, et des obligalious qu'ils ont contractées en le recevant: Sacrement qui, comme le dit saint Çyprien , est Torigiae de la foi du chrétien , ion entrés
DK Baptèmv^ ag
dans l'espérance de la vie éternelle, et le premier eflêl des miséricordes de Dieu a son égard : cîmi indè in^ cipiat omnisjidei origo ^ et adsptm vitœ œterrue sa-^ luiarh ingrcssio : Sacrement qui nous a tirés de TétaC effroyable auquel nous avoit réduis la désobéissance de notre premier père. ]Nous étions nés euiàns de colère^ mais par le Baptême nous avons été lavés, nous a\ ons éié sancliliés , nous avons été justifiés au nom de ^oireSeigneur Jésus*Christ, et par Tesprit de notre Dieu : Sacrement qui nous communique des grâces ineffables, que nous ne pouvons vouloir ignorer, sans mépri>er la dignité à laquelle il nous a élevés, sans^ manquer de reconnoissauce envers Dieu ^ sans nous, exposer à violer tous nos devoirs*
De la Matière du Baptême.
A matière éloignée du Baptême est Peau pure et naturelle. On appelle eau pure et naturelle ^ celle d'une rivière, d\ine fontaine, d'un puits, d'une citerne, d'^un étang, d'un lac, de la mer, même feau de pluie et de rosée ^ et celle de fontaine, même souffrée et minérale. L'eau artificielle , comme leau rose , et tout autre suc tiré des fleurs , des fruits , des herbes, des plantes, en un mot^ toute eau produite par les distillations chimiques et par Tartitice des hommes, n'e^t pas la matière du Baptême ^ nVtant pas proprement de Teau. L'eau qui coule de la vigne au printemps, la sueur , les larmes, la sali^'e, l'eau de sel fondu, ne peuvent être aussi la matière du Sacrement de Baptême.
On doit ^autant que Ton peut, ne baptiser qu'avec de l'eau pure et nette ; si Peau étoit entièrement corrompue ^ elle ne seroit pas sufHsante pour baptiser* Dans la nécessité pressante, on peut, au défaut d'eau pure , baptiser a\ec de Peau seulement un peu altérée, et ott il y a quelqu autre matière étrangère mêlée |
30 Dv SicvEttenr
comme est Teau de lessive, l'eau bourbeuse^ mais il hwi bieo prendre garde que, par le mélange d'une matière étrangère en grande qiiamité, l'eau n'ait cessé d'être de vraie eau, et ne soit devenue un autre corpsj car si on baptisoit avec ce composé , le Baptême seroil nul j mais lorsque dans un trâoin pressant ou a été force f faute d'eau pure et nette, de baptiser avec de l'eau douteuse une personne prête à expirer, si elle survit, on doit la baptiser derechef sous condition.
On ne peut validement baptiser avec de la glace ni avec de la neige , parce que n'étant ni fluides ni liquides, elles ne sont pas propres à laver j il faut les nire fondre pour s'en pouvoir servir dans le Baptême.
Quoique ta bénédiclion de l'eau ne soit pas essentielle au Baptême, il est néanmoins k propos, même dans le cas de nécessité, dese servir d'eau bénite pour baptiser, si l'on peut en avoir. Mab, lorsqu'on baptise solenaellement, on doit se servir de l'eau qui a été bénite la même année, le samedi saint ou la veille de la Pentecôte. -C'est pourquoi on doit conserver soigneusement cette eau dans un vase bien net, renfermé dans les fonts baptismaux, afin de s'en servir seulement pour baptiser ^ et, lorsqu'on voudra en bénir de nouvelle , on versera l'ancienne , non dans lei bénitiers y mais dans la pîscinede l'Eglise, ou dans celle du baptistère. Si Ton donne de celte eau aux fidèles, lorsque la bénédiction s'en fait les jours du samedi saint ou d« la veille delà Pentecôte, afin d'en porter dans les maisons , on leur en donnera avant qu'on y ait m£lé du saint-chrème. On aura soin de bénirune quantité d'eau assez considérable, tant pour qu'elle se conserve mieux. que pour qu'elle puisse suffire jusqu'à la nouvelle : st aie diminuoit en sorte qu'on ne crût pas eo avoir assez jusqu'à la veille de Pâques ou de la Pentecôte , on pourroit y en mêler d'autre non bénite, pourvu que ce (ut en moindre quantité que celle qui reste: que , si elle venoU à manquer tout-à-fàitj & se répandre ou
DE Baptême. 3i
â se corrompre , il faudroit ^ après avoir bien ntOLoyé le vaisseau, en béoir d'autre de 1» maxâéte presailé dans le Rituel.
Si Teau des fonts se trouve gel^ ou trop froide lorsqu'on veut baptiser) on en prendra dans un vase des^ tinë i cet usage , et on la (èra dégeler ou tiédir , soit en la mettant auprès du feu , soit en y versant uu peu d*eau commune qui soit chaude \ afin qu'étant moins froide , on puisse s'en servir pour baptber les petits enfans.
La matière prochaine du Baptême est Tablution, ou Tapplication de Teau sur le corps du baptisé. Elle peut se faire en trois manières. Premièrement, par aspersion^ eo jetant seulement quelques gouttes d'eau sur la per<» sonne qu'on baptise \ comme plusieurs croient que les apôtres l'ont pratiqué , quand des milliers de personnes se présentoient au Baptême. Secondement, par immersion , en plongeant la personne dans l'eau , ainsi que l'Eglise a fait pendant plusieurs siècles. Troisièmement , par infusion , en répandant l'eau sur la tète , ou forquclqu'autre partie notable du corps. On doit baptiser eo cette trobième manière, laquelle est maintenant en usage dans l'Eglise latine : c'est à cet usage qu'il faut s'en tenir. On doit verser sur celui qu'on baptise , de Feau en assez grande quantité , pour qu'on puisse dire qu^il est lavé. Ainsi, il ne suffit pas d^en répandre quelques gouttes, ni de mouiller son pouce pour l'en toucher ensuite ; mais il faut prendre de l'eau dans un vase , et la verser sur lui. Cette eau doit toucher la peau : car si elle ne toochoit que les habits ou les cheveux , celui qu'on baptise ne seroit pas baptisé ; c'est pourquoi il sera bon que celui qui baptise, sépace et démêle les cheveux avec la main gauche , pendant qu'il verse l'eau de la main droite, afin que l'eau puisse plus aisément pénétrer jusqu'à la peau. C'est sur la tête que Teau doit se verser.
Quoiqu'il suffise, pour la validité du Baptême, de
3a Du Sacrement
verser l'eau tine fois seulement, Ttisage de l'EgUse^ qu'il faut suivre, sur-tout lorsqu^on baptise publiquement, est d'en verser trois fois sur la tête de rentant^ eu formant chaque fois le signe de la croix.
Il ne faut verser, dans le Baptême, que la quantité d'eau qui suffit pour laver la tète de celui qu'on bap-^ tise : lorsqu'on baptisera dans l'Eglise ou ailleurs avec Feau des fonts-baptismaux , on prendra garde qu'elle ne tombe ni à terre , ni dans le vaisseau ou Ton conserve Teau baptismale, mais dans la piscine^ et, si Toa se sert d'un autre bassrti pour la recevoir, il faudra ensuite la verser dans la piscine de Féglise, ou dans celle du baptistère.
De la Forme du, Baptême.
^A forme du Baptême consiste essentiellement dans ces paroles : ego te baptizo in nomine Patris -^ , et Filii "j- et Spiritûs -f sanctL Je te baptise au nom du Père , et du Fils , et du Saint-Esprit. Il n'est permis en aucune manière de la changer, sous quelque
})rétexte que ce soit. Pour la validité du Baptême , il uut exprimer l'action du ministre en disant : je te baptise , et marquer l'invocation expresse et distincte des trois Personnes de la Très-Sainte Trinité, au nom desqtielles il doit être administré. Ainsi qui prononceroit seulement : au nom du Père^ sans dire:/e te baptise^ ou qui diroit , je te baptise au nom de Notre- Seigneur Jésus^ Christ , ou au nom de la Sainte Trinité^ ou au nom du Père et du Fils sans ajouter du Sainte Esprit , ne donneroit point le Sacrement II faut exprimer la personne à qui l'on donne le Baptême: «Sïmiliter etiam expressio personœ baptizatœ est dé substantia formœ ^ dit saint Thomas, quia per eam determinatur actus ad hune baptismum : et ideo , si. subtràhatwr^ non erit Baptismus* Il faut, pour la
validité
DE hkprtnE. 33
•tattdité du Bapiime ^ que la même personne vers€ Feaa , eC prononce les paroles. Celui qui baptise , doii prononcer toutes ces paroles distinctement , avec attention, respect et detrotion^ dans le même temps qu'il verse Peau. Le Bapt&me est toujours valide , en quelque langue qu'on les prononce^ mais lorsqu'on baptise solennellement dans FEglise latine^ on ne doit les exprimer qu'en latin.
S'il arrivoit que celui qui baptise perdit l'usage de la parole avant que d'avoir entièrement prononce les paroles de la forme ^ il faudroit ouSin autre de nou-« veau versJit l'eau sur la tête de celui qui doit être baptise, et prononçât les paroles de la forme.
G>QmM le Baptême imprime caractère ^ on ne peut le râtérer sans sacril^e , et sans encourir rirr^ularité: on ne doit pas même le conférer sous condition sur des prétextes légers ^ ce seroit uû péché que de le faire ; mais Jusqu'après avoir examiné avec exactitude toutes les drconslances ^ il reste un doute rabonnable, prohûÀe et hiea fondé 9 si la personne présentée au Êap« tême a été baptisée ^ ou si Ton a omis ou changé quel-» qoe cbase d'essentiel au Sacrement , il faut la baptiser soos condition en disant : 4$ï non es baptizatus , ( ou haptiMùta ) tgo le haptizo in nomine Patris , \ et Filii -j- et Spiritûs -f sanctL Celte forme condiiionnclle est très-ancienne ^ on s'en servoit en France dès le huitième siècle ^ et le pape Alexandre III. ordonna d^en oser par toute l'Eglise.
Yoici les principaux cas où Ton doit baptiser sous condition , et où l'on a lieu de douter qu'une personne a été baptisée.
1^ Quand un enfant a été exposé, même avec un billet portant qu'il a été baptisé , si l'on n'a pas d'autres in*dices certains de son Baptême. Un fera la même chose t r^;ard des eufans trouvés • abandonnés par des vagabonds, qui souvent sont des impies, et se mettent peu en peine de présenter leurs enfiins à TEglise, craiute Tome L G
34 Dû Sacrement
d'être interrogés snr leur créance ou sur leur mariage: siceseufans trouvés ODtdéjà plosieursannées^etdonoeDl des marques de raison ,on ne doit rien faireà leur ^ard sans consulter Tevèque.
Le pape Innocent III. dans le chap. Feniêns. de preshjftero non baptizato dit, qu^on doit présumer que ceux-là ont été baptisés , qui sont nés de parens chrétiens catholiques , et qui ont été élevés chi^tien— sèment parmi les fidèles; et que cette présomption doit tenir lieu de certitude y tandis qu'ion ne prouvera pas évidemment le contraire. On doit en même temps condure du sentiment de saint Léon (S. Léon. litt. i^•^^ que , s'i) v avoit de fortes raisons de douter qu^un eia-m rant, né de parens catholiques ^ n^eût pas été baptisé; soit parce que ceux qui sont instruits de sa naissance
dire qu'il a été baptisé ; soit parce que ses paréos voient dans le libertinage et la débauche ^ sans garder même les dehors de la Religion, on peut et on doit le baptiser sous condition , si , après avoir fait ime enquêle exacte , Ton n a aucune preuve de son Baptême ni par écrit, ni par témoins : hiais, en ce cas, on ne doit rien faire sans consulter 1 évêque.
d^ Lorsque Tenfant n^a été baptisé que sur une partie moins considérable du corps , comme le pied , la main , ou toute autre que la tête , ayant encore une partie du corps dans le sein de la mère , s^il vient i naître ensuite parfaitement, il faut le baptiser sous com ditipn : ce qui ne doit pas se faire, s^il a été baptisé sur la lèlè.
3^ Quand Fenfant a été baptisé sans témoins , mêm« ar la sage-femme , ou que les témoins qui rapportent é fait , vacillent dans leurs réponses , ou font connoitr^ qu^À cSaose du trouble où Ton étoit, on a pu omettre linéique chose d'essentiel. Lors donc qu on présente k
i>E Baptême. 35
FEglise un enfant baptisé à la maison & cause du përil de mort) le prêtre examinera soigneusement de Quelle manière la chose s^est passée: s'il apprend par te témo^age de la personne qui a baptisé y et au moins de aewL autres dignes de foi ^ quHl sera cependant i propos d^interroger séparément , que les règles du Baptême ont ^té observées y il se contentera de suppléer les cérémonies j comme il sera marqué ci-apres. Mais , si là sage-Ibnme déposoit seule de sou prppre £iit, sans être soutenue de deux autres témoins, il baptisera sous con* dhiôn. Dans une matière de cette conséquence , on ne pent juger avec assurance que sur la déposition de deux on trois témoins.
Les curés avertiront donc les saees-femmes d'avoir soin, quand elles seront obligées de baptiser les enfani^ gn'îl y ait. autant que faire se pourra, laiu moins deux temmes présentes , pour entendre les paroles delà forme du Baptême , afin qu'elles puissent rendre témoignage de la manière dont il a été administré; si la mère est en état de prêter alors son attention , elles la prieront aussi d'^examiner comment elles donneront le Baptême.
4^ Quand on doute si Tenfant est vivant , si c'est ime créature raisonnable, comme nous Texpliquerons plus au long dans la suite.
5^ On doit baptiser sous condition , lôrsqu^on a lieu de douter delà validité du Baptême, à cause de la précipitation avec laquelle on a fait cette action; lorsque le Baptême a été conféré par une personne ^ui ne peut se souvenir des paroles dont elle s'est servie en ba]^— lisant; lorsqu'on s'est servi pour baptiser d'une matière douteuse ^ lorsque la matière n'a pas été bien appliquée; lorsque la forme n^a pas été bien prononcée.
36 Du Sâcremeut
Du Ministre du Baptême.
lE minbtre légitime et ordinaire du Baptême sa* lennel) est Févêque; et après lui le curé, le secon* daire, ou autre prêtre commis et délégué par Tor-^ dinaire du lieu^ ou par le curé.
Gomme ce Sacrement est le plus nécessaire de tous, Jésus-Christ a voulu que , dans un besoin pressant, il put être administré par toutes sortes de personnes. Toupies les fois donc que la personne qu'on veut baptiser est en danger de mort, elle peut être baptisée sans so* Jennitépar quelque personne que ce puisse être, clerc ou laïque même excommunié , fidèle ou infidèle, catholique ou hérétique, homme , fismme ou fille. Le Sacrement de Baptême est valide dans ces cas , pourvu que la personne qui le confère , emploie la matière et la forme légitimes et requises , et qu'elle ait Tinteiilion de faire ce que fait TEglise*
Mais il ne faut faire administrer le Baptême par ua infidèle , ou un hérétique , ou un schismatique , ou un excommunié , que dans le péril évident de liiort, et seulement lorsqu'il ne se trouve aucune autre personne qui puisse ou qui sache baptiser. Les curés doivent avertir leurs paroissiens, quw pécheraient grièvement s'ils faisoient baptiser leurs enf^ns par ces sortes de personnes hors ce cas d'extrême nécessité, et lorsqu**!! y a un catholique, soit homme ou femme , qui peut et ^ui sait baptiser.
S'il se trouve un prêtre, il doit être préféré à un diacre; celui-ci à ^B sous-diacre; un clerc à un laïque; u^ homme à une femme, si ce n'est dans le cas où la bienséance et la pudeur demandent qu'une femme soit préférée à un homme ; par exemple , si la nécessite est telle , qull faille absolument baptiser lenfimt dans le temps que la mère n'est pas entièrement délivrée ^
BB BaptÊmb. $7
comme il sera expliqué ci-après. Il faut aussi préférer dans le cas de nécessita , une femme à un homme j quand il ne se trouve point d'homme cadiolique ou non excommunié^ ou qui soit suffisamment instruit, et qo^une femme sait mieux la manière de baptiser.
Et y afin que personne ne puisse ignorer une chose SI nécessaire , les curés auront soin d'expliquer de temps en temps en langue vulgaire^ au prône dfe la messe de paroisse, la manière d'administrer le Baptême en cas de nécessité. Ils auront attention d^apprendre aux peuples, et de répéter souvent dans leurs instructions, que pour baptiser il faut prendre de Teau naturelle, la verser par trois fois sur la tète de Penfant) en sorte qu elle touche à la peau , et dire en même temps ces paroles : Je te baptise au nom du Père , et du Fils et du Saint-'Esprit. Ils avertiront les fidèles , que la nécessité dans laquelle ils peuvent se trouver de bap<» tiser, fait qu'ils doivent sMnstrutre soigneusement delà manière de conférer ce Sacrement avec exactitude. De lus, ils leur recommanderont de ne baptiser que dans
besoin pressant ; ils leur diront que toutes les fois qu^ils sont obligés de baptiser quelqu^un , il faut , si cela se peut , qu'ils le fassent en présence de deux ou trois personnes qui puissent redresser celle qui bap<^ tise, en cas qu'elle vienne à manquer, et rendre en temps et lieu au curé un témoignage recevable de la manière dont le Bapiéme aura été administré.
Saint Charles ordonne aux curés d'avertir les laïque^
e, quoiqu'il leur soit permis de baptiser dans le cas u dimger de mort , ils ne peuvent, sans commettre on péché considérable , baptiser hors ce cas de néces- Bté : avertissement que ce saint cardinal recommande aux curés, de donner sur-tout aux sages-femmes: groi^issimè parochus monebit (obstetrices) quàm çra^iier illœ peceenty si quando^ mortis necessitate non cogente^ Baptismum ministrare audent.
Le père et la mère ne doivent pas baptiser leur
38 Du Sâckèmrivt
enfant , si ce nW qu^il y eût danger de mort, et qu^il ne se trouv&t aucune autre personne catholique et non excommuniée, soit homme, soit femme, soit fille, qui ût et qui sût le baptiser. S'ib le faisoient hors ce cas e nécessité , ils contracteroient entre eux nne alliance spirituelle, qui leur rendroit illicite Tusage du mariage, jusqu'à ce qu ils eussent obtenu dispense de cet empêchement*
Quelque grande que ^oit la nécessité du Baptême, et quelque étroite que soit Tobligation de le recevoir, il est certain qu^une personne ne peut se baptiser ellemême*
Quoiqu^on puisse baptiser tous les jours de Tannée, même dans le temps d'un interdit général, néanmoins les veilles de P&ques et de la Pentecôte ont loujourt ^té particulièrement destinées à cette cérémonie, à cause des grands mvstères qui sV célèbrent C'est pour-
3uoi| pour se conformer àrancien usage de TEglise, on oit taire en sorte, s'il est possible, de baptiser alors les adultes, s'ils s'en trouvoient qui demandassent le Baptême, et même 11 est bon d'affecter de différer lesenfans nés de la veille, pour les baptiser après la bénédiction des fonts, pourvu qu'on le puisse commodément , et qu'il n'y ait point de risque pour leiu: vie.
Autant que faire se pourra , on n'administrera point le Baptême durant la nuit , ni pendant le sermon , la grana-messe, ou aucun autre office public et solennel, afin d'éviter le trouble et la confusion.
Le lieu du Baptême solennel est l'Eglise paroissiale, ou l'annexe et succursale , quand il y a des fonts baptismaux. Le Baptême peut être conféré sans cérémonies dans le cas de nécessité . en quelque lieu que ce soit ^ Hors le cas de néc^ité , on ne peut baptiser aucun * enfant hors de l'église paroissiale, des fonts oaptismaux, et sans cérémonie. Il est défendu expressément dans ce diocèse de le faire, et d'ondoyer sans une permission expresseï laquelle ne doit être accordée que très--dif«
DE BâptAme. 3g
fcilement, et dans des cas rares. Dans les cas même où la permission d*ondoyer sera accordéo^ on donnera le Baptême dans l'église paroissia)^; ou^ lorsque ce sera dans une autre église ou dans une chapelle ^ le Baptême ne s^administrera qu^avec de Feau des (buts baptismaux. Lorsqa^un enfant aura été ondojé par permission j le prêtre qui Taura ondoyé, l'écrira sur les registces de ta paroisse, et fera mention de cette permission, et dn délai qui aura été accordé pour (aire suppléer les cérémonies du Baptême. On enregistrera aussi le supplémcnl qui aora été fait des cérémonies, en marquant si Fenfànt a été ondoyé ou par permission, ou à cause du danger de mort ; et Ton énoncera par qui Tenfanl a été ondoyé, et en quel temps, suivant la formule d'enregistrement que Ton trouve dans le RitueL
Si on présente a un curé un enfant à baptiser , qui ne soit pas de sa paroisse, il doit renvoyer le Baptême pour être ùit dans la paroisse de Tenfant, à moins qu'il n'y ait péril de mort, ou qu'on ne porte une permission de le baptiser dans cette paroisse. Lorsqu'un enfant sera baptisé dans une autre paroisse que celle de ses père et mère, le prêtre qui l'aura baptisé, en écrira 1 acte sur ses registres : et de plus il avertira le curé da père et de la mère, par un billet signé de sa main, que tel jour il a baptisé N* né de N. et N. afin que ce cnré le rapporte aussi sur les registres des Bap-* témes de sa paroisse.
Les eurés et prêtres qui administreront le Baptême, prendront garde que ceux qui assisteront k l'adminis-^ tration de ce Sacrement, y soient avec beaucoup de respect et de modestie ^ ils ne soufiriront pas qu'on )oue alors d'aucun instrument dans l'Eglise , ni même en y apportant Tenfaut pour être baptisé- Un laïque qui baptise, même dans le cas de néces* site, contracte une alliance spirituelle avec la personne baptisée, et avec ses père et mère: celte alliance est un empêchement de mariage.
4o Du Sacremert
Du Sujet du Baptême.
OTJS les hommes , de quelque âge et de quelque seie
aue ce soit , s^ils n'ont pas été baptisés, sont capables e recevoir le Baptême.
L'on ne doit point faire de difficulté de baptiser les adultes insensés ou furieux, qui dès leur naissance ont été en cet état , et n^ont jamais eu aucun intervalle dans lequel on leur ait vu Tusage de la raison; car^ en ce cas, il en faut juger comme des enfans, et lei baptiser dans la foi de TEglise.
A regard de ceux qui , après avoir eu Tusage de la raison, sont devenus fous, ou furieux, ou frénétiques^ ou sont tombés dans une maladie qui leur a Ate entièrement la raison, il faudroit les baptiser, si, avani d'être dans cet état , ils avoient fait connoitre leur to* lonté de recevoir le Baptême; mais si, lorsqu'ils étoienC dans leur bon sens, ils n'avoient point témoigné vouloir recevoir ce Sacrement, ou s'ils avoient marqué ne vouloir pas être baptisés, on ne doit pas leur admi«* niscrer le Baptême.
On ne doit baptiser ceux qui sont fous, furieux j frénétiques, ou qui sont tombés en léthargie^ et qui ont quelques intervalles de raison , que lors de ces intervalles^ et dans les momens où ils sont réveillés et revenus dans leur bon sens. 11 faut encore que dans ces bons intervalles, ils témoignent vouloir être bap-* tisés : si néanmoins il y avoit danger de mort , et que les uns et le^ autres eussent marqué désirer le Baptême avant que de tomber en démence, léthargie, ou frénésie , on les baptisera en quelque état qu'ils soient. A l'égard de ceux qui sont nés quasi hébétés , mais qui cependant ont assez de lumière d'esprit pour penser à leur salut quand on les instruit ^ il faut le&
i>i Baptême. 4>
baptiser, t^ils y consentent et le veulent ^^non y s'ils ne marquent pas Ib vouloir, ou malgré eux.
Quant aux sourds et muets de naissance , il faut ^ avant que de les bapiber , les instruire , autant qu^on le peut , des mystères de la Relieion que tous les fidèlai sont obligés de croire dWe foi expresse et distincte : il y eo a qui ont beaucoup d^esprit , et sont capables de toutes les instructions qu^on veut leur donner. On doit les baptiser quand on a une certitude morale qu^ib croient en Jésus-Christ , et qu'ils ont les dispositions nÀressaires eu Baptême^ on le juge lorsqu'ils font en-^ tendre, par quelque signe, qu^ils comprennent ce qu oa leur enseigne. Comme il y a des sourds et des maeà qui ont si peu d'esprit, qu^on a sujet de croire qu'ils ne comprennent pas ce qu^on veut leur faire entendre, on ne doit pas leur donner le Baptême, qu'on n'ait consulté révêque, ou ses grands-vicaî res; mais si l'on se trouve dans un cas pressé qui ne permette pas d'y avoir recours, on peut , après avoir employé un temps oonvenable à les instruire, et lorsqu'il n'y a plus d'es« pérance de pouvoir les instruire davantage, leur administrer le Baptême, s'ils témoignent vouloir le recevoir, quoiqu^ib ne paroissent pas savoir tout ce'que l^Eglise exige des adultes pour la réception de ce Sacrement.
Du Baptême des Petits En/ans.
iSovs savons par une tradition constante de toutle l'Eglise, comme saint Augustin le dit très-souicnt écrivant contre les pélagiens , que l'usage perpétuel de l'Eglise depuis les apôtres, a été de baptiser les enfant.
di-tot donc qu'im enfant sera né, le père, ou quelqu'un de sa part, doit en avertir le curé, et prendre heure, pour lui faire recevoir le Baptême.
Les curés doivent avertir les pères et mères, de faire présenter leurs enfans au Bapiême, avec toute la mo—
4^ Du Sacrement
destie qui convient à un Sacrement où ils doiTent renoncer aux pompes de Satan*, et d*éviter tout âp-? pareil de vanité el toute dépense superflue, soit avaut^ soit après le Baptême.
Les curés doivent empêcher que les tambours^ violons et autres instnimens n^accompagnent les enfaiis, lorsqu'on les porte à Téglise pour les baptiser. CuratL. Sacramentum Baptismi m ministrent iis qui ad eccUsiam accedtmt cum ijrmpanis et aliis instrumentiSj strepitum et clamormt\cum risu et aliîs inanis lœ^ titiœ signis excitantihus ^ dit le concile d'Aix en i585» . Ils apprendront aux nourrices , qu^elles ne doivent point se charger des enfans qu'ils n aient été baptisés j pu qu'elles ne les fassent baptiser aussitôt.
Lorsqu'un enfant aura été ondoyé ou baptisé en
J)articulier et hors de l'Eglise à cause du péril oe mort^ es curés auront soin que les parens le fassent porter à l'Église quand il sera hors de péril, pour lui faire sup* pléer les cérémonies du baptême ( on ne peut les sup* pléer qu'à l'église ) ; on ne peut les différer alors , sans une juste cause ^ ce seroit une négligence qui ne peut être excusée de péché : neque enint sine grapi peccaio negliguntur tam magni ponderis tantœque antiqui* tatis ritus^ atque ad reçerentiam Sacramento con^ ciltandam maacimè necessarii^ dit le pape Benoit XIV* Cest encore ume conséquence de Fanathème prononcé par le concile de Trente (Sess. 7. Can. i3. de Sacr.)^ dont les paroles ont été rapportées en parlant des cérémonies des Sacrcmens en général. Lorsqu'il y aura eu une permission d'ondoyer un enfant, le père et la mère le feront porter à l'église , pour faire suppléer les cérémonies du Baptême au temps qui aura été ordonné. Les curés qui s'aperçoivent du retardement à faire suppléer les cérémonies do Baptême aux enfans on— doyés , doivent en avertir les pères et mères ^ lorsque ceux-ci ne défèrent pas à leur avis en pareil cas , ils .doivent en informer lévêque.
DE Baptême. J0
Ceux qui portinit un enfant à T^Iiie pour y être I^aptisé, doivent toujours avoir avec eux de Teau pure et nette, sur-tout si ITglise est éloignée, pour être en ëtat de baptiser 1 enfant , si par hasard il tomboit en chemin dans un péril évident de mort : il est es— semiel que les curés en avertissent souvent leurs paroissiens.
Si-tôt qo^un en&nt est sorti vivant du sein de sa mère, il est capable de recevoir le Baptême } mais on n^en doit baptiser aucun» tandis qu^il y est entièrement renfermé. Si la tête paroit dehors, et qu^il soit en danger de mourir, il faut le baptiser sur la tête, sans qu'il soit ensuite besoin de réitérer le Baptême.
S11 neparoît qu^un bras, qu^un pied, ou quelqu^autre partie du corps qui donne par son mouvement quelque signe de vie, il faudra , s^il y a lieu d'appréhender la mort de Tenfant , le baptiser sur cette partie. Si étant ensuite sorti du sein de la mère, il se trouve mort, on rinhumera çfï terre sainte ^ s'il vient au monde en vie, il faudra le baptiser sous condition , disant : si non es haptizatus^ ego te baptizo in nomine Pat ris , et Filii ei Spiritàs sancti.
U n^est pas permis d'ouvrir une femme avant sa mort pour sauver son fruit, et lui donner le Baptême. Si elle meurt avant d'être délivrée, il faut lui tenir la bouche ouverte pour empêcher que Teofant ne soit sufibqué, et cependant avoir proroptement recours à un chirurgien ou à quelqu'aulre, qui tâchera de le tirer adroitement en ouvrant le sein de la mère, s'il se trouve vivant, on doit le baptiser^ si on doute qu'il soit en vie, il làudra pareillement le baptiser, mais sous cette condition : si tu es vivtis^ ego te haptizo in nomine Patris^ et Filii et Spjtritûs stmctL Lorsque l'enfant se trouve mort, sans avoir pu être baptisé, si on Ta tiré du ventre de la mère, il ne faudra pas Tinbumer en terre sainte, mais dans un lieu non bénit, destiné pour enterrer les en&ns morts sans Baptême ^ s'il restoit dans
44 I^c Skcrchekt
le sein de la mère, sans ea avoir élé tiré, il (audroit
riahum«r avec elle, sans crainte que le lieu saint fût
poilu , parce qu^en cet ëlat il est comme partie de la
mère.
Avant de baptiser nn enfant , le prêtre demandera si c'est un garçon ou ane fille , afin de ne pas baptiser UD garçon pour une fille , ou une fille pour un garçon^ si cependant la méprisé arrivoit , il suffira de âianger le nom sur les registres , comme il convient à l'eDrani,' eu égard à son sexe.
Uosage n'étant plus de baptiser les enfans par immersion , il suffit de découvrir la t&te , les épaules et la poitrine de Tenfanl, parce que ces parties-là doivent être touchées.
On ne doit point baptiser les enfans qui n'ont pas encore Tusage de la raison , malgré leurs parens juifii ou infidèles , â moins que la vie de ces enfans ne soit entièrement désespérée : c'est la pratique générale de TEgliie. On ne doit pas même les baptiser du consentement de leurs parens , lorsqu'on les laisse entre leurs mains , et qu'on a lieu de croire* qu'ib les élèveront dans leurs superstitions, auxquelles ces enfans demen-' reront ordinairement attachés. Si ces en&ns sont en péril de mort et tout-à->4ait désespérés , on doit le* baptiser , si on le peut faire sans violence et sans scandale ; et si ces enfans ne périssent pas « ceux qui les ont baptisés doivent, autant qu'ils pourront, veiller sur leur conduite , en prendre un soin extraordinaire, et les séparer d'avec leurs parens , de crainte qu'ils n4 soient pervertis. C^est'la loi du quatrième concile d« Toltde, can, 60.
On peut baptiser , contre la volonté des parens, les enfans de ceux qui , aj'ant reçu le Baptême, ont depuis apostasie , purce que ces parens par le Baptême ont été soumis à l'Eglise. On peut encore baptiser, malgré leurs parens , les en&ns dés Juifi on des Infidèles . qui,' ayant l'usage de la raistm, demandent le Baptêimë;
PB BAftÊBlS. 4^
nais il iaut eofuite séparer ces eofans de leurs parensy crainte de perversion.
Lorsque le père ou la mère d'un enfani, est infidèle et lautraoïrétien , et qne ce dernier consent au'ii soît baptisé j on le peut baplber malgré celui des Jeux qui ) etani infidèle , s^opposeroit au Baptême ^ selon le concile IIL de Tolède , can. 1 4 ? ^^ 1^ IV. concile tenu dans la même ville , can. 63.
Loffsqu^on présente plusieurs enfans au Baptême dans
le même temps, s^ly a ueu de craindre qu'ils ne meurent
avant qu'ion ait pu les baptiser Tnn après l'autre , il
iàudra verser Pean sur tous, et dire en même temps
au jplorid : ego i^os haptizo , etc* ^ mais hors ce cas
il (ant les baptiser séparément , versant de Teau sur
diacon^ disant : ego te haptixo , etc II faut demander
en particulier le nom de chacun. On doit en user de
même à F&ard des cérémonies^ car, encore qu on puisse
dire les prières ^ les ezorcismes et les autres paroles au
plurid 9 quand on baptise plusieurs enfans ensemble, il
tout néanmoins faire sur chacun d'eux en particulier les
actions jmncipales , comme souffler, former le signe de la
croix, mettre du sel, de la salive , demander à chacun
d*enx sll renonce au diable , i ses œuvres , etc , s'il
croit ea Dieu, en Jésus-Christ, eic^ faire les onctions,
▼erKr Teaa du Baptême , prononcer les paroles de la
forme, mettrelevoile ou chremeaubaptismal, et donner le
cierge. Si ces enfans sont de différent sexe , le prêtre fera
mettre les garçons à la droite, et les filles à la gauche j
et lorqn'il prononcera les paroles qui ont rapport à ces
stctîons , il regardera le genre d'un chacun , comme
hune electum et hanc electam.
Les curés et les prêtres , après avoir administré le Baptême à un enfant , auront soin d'avertir le père , la mère et la nourrice , de ne pas le mettre coucher dans un même lit avec eux , -avant qu'il ait un an accompli. Us diront encore aux pères et mères , qu^ kur en défendu de faire coucher leurs ep£ii)s avec eux^
46 Du SACRËniBvr
ou les frères et les sœurs ensemble ^ i}uand ils eom^ meDcent à avoir Fusage de la rakoti» Les curés n^oa*blieront rien de ce qui pourra dépendre de leurs soins ^ pour remédier & un mal si commun et si préjudiciable au salut des âmes.
Bs empêcheront aussi de porter au cabaret les enfans nouvellement baptisés ? ^^ d v aller boire k l'occasion du Baptême ^ ce qui est défendu.
L^Eglise ne demande, dans les enfans qui n^ont pas Tusage de la raison , aucunes dispositions pour leur administrer le Baptême; elle leur prête son coMsr el sa bouche, parce qu^ils ne peuvent pas encore croire de leur propre cœur pour être justifiés^ ni confesser de leur propre bouche , pour être sauvés : comme ila ont été blesses par le pèche d^autrui, dit saint Augustin , ils. sont guérb sur la parole des autres.
Du Baptême des Monstres.
t arrive quelquefois qu^une femme accouche d'om monstre. Il faut procéder alors avec beaucoup db prudence , et user d^une précaution particulière. En ce cas , si faire se peut , avant de rien déterminer j on doit consulter Tévêque ou ses grands-vicaires , pour savoir si , et comment on doit lui administrer le Bap^ tême ; comme néanmoins il peut y avoir péril de mon« avant d'avoir reçu leur réponse , voici les règles qu^il faut observer , lorsqu'on ne pourra avoir recours & eux* 1 . Si ce monstre n'avoit aucune apparence de forme humaine , il ne faudroit point le baptiser ^ mais comme nous ne connoissons point avec certitude tous les secrets ressorts de la nature^ ni tout ce que son Auteur prend plaisir à cacher , même à ceux qui en font une plus grande étude , il ne faut point juger légèrement j ni abandonner au discernement de gens grossiers et peu instruits , ce qui peut être voilé sous les masses infprmes
DE Baptême. ^7
des tuDÎqnes et autres choses externes , et qui pourroii contenir des or|^nes internes qui échapperoient à notre connoissance. On a soorent remarqué , en faisant la dissection des monstres nés d\me femme , sous une figure qui ne paroissoit pas humaine^ quil nj^ avoit que h peau extérieure en quoi ces monstres ne parussent pas hommes; et qu'en ôtant cette première peau , tout» la figure du corps humain paroissoit.
On ne peut donc admettre en nul cas ^ qu^on suffi>que ces productions. S'il y avoit à en venir à ces extrémité ^ ce ne seroit ni à l'Eglise, ni aux parens d*en décider. Cet acte ne se pourroit faire que sous l'autorité du magbtrat^ et après avoir apporté toute diligence , potur voir si le temps , les remèdes et l'industrie ne pourroient point donner lieu à la nature de se développer. Si, tout bien examiné , l'on doute que ce monstre puisse être on homme ^ on le baptisera sous condition en cette forme : si tu es homo , ego te baptizo in nomine Pa^ trisy -f et Filii -j- et Spiritûs \ sancti.
X Quand, dans la production monstrueuse que la mère a mise an monde , le doute est s'il y a une ou plusieurs personnes \ alors, s'il y a plusieurs têtes ou plusieurs poitrines bien formées et bien distinctes , ou doit juger qu'il y a autant d'âmes raisonnables , et par conséquent autant de personnes qu'il y a de têtes ou de poitrines \ et, en ce cas->là , il faudra verser l'eau séparément sur chaque tête ou sur chaque poitrine y en|disant : ego te baptizo in nomine Patris^ -j* et Filii -f et Spiritûs "f sancti^ Mais si le péril de mort est évident, et qu'on craigne de n'avoir pas le temps de les baptiser chacun en particulier , celui qui baptisera , versera l'eau sur toutes ces têtes ou sur toutes ces poitrines ensemble, en disant : eg'o vos baptizo in nomine Patris^ •}■ et Fi-lu -^ et Spiritûs -{- sancti. Il ne faut pas oublier ce qui a été ait ci'-dessus , que cette manière de baptiser plusieurs personnes k la fois , ne doit être pratiquée que dam des périls pressans de mort , et dans lesquels le
48 T)fs Sacrement
risque seroit évident âe mourir sans Baptême ^ si le Baptême n'étoit conféré à plusieurs k la fois.
Si Tune des têtes ou des poitrines do monstre n^ett pas bien formée , en sorte Qu'ail y a lieu de douter si ce sont deux personnes , il faut eu ce cas en baptiser une absolument et sans condition ^ et baptiser eosuitt l'autre qu'on douteroit être distincte ^ sous cette condi^ tion : ^i non es bdptizatus ^ ego ttJbaptizo^ etc.
Quand le monstre n^a qu^une tête ou qu une poitrine , quoiqu^il ait plusieurs autres parties doublei ^ on doit le baptiser comme une seule personne.
Des Parrains et des Marraines.
yJvkVD le Baptême est conféré solennellement dans TEglise ) il faut qu'il y ait un parrain , ou une marraine ; mais il ne faut ni parrain , ni marraine ^ quand on eonfere le Baptême sans solennité.
Le parrain et la marraine représentent FEgïise^ qui offre fenfant k Jàus-Ghrist pour le baptiser et loi donner une nouvelle naissance ^ comme Jésus-Ghrist le lui donne en effet par le ministère du prêtre, ou de toute autre personne qui confère le Baptême , et qui est en cela le ministre de Jésus-Ghrist et de TËglise.
Ib sont aussi les cautions de Tenfant qui n^a pas Tusage de la raison ^ ils répondent pour lui j ils promettent , en son nom , quMl s'acquittera fidèlement des obligations de son Baptême. C'est un abus que les curés doivent s'appliquer à empêcher et k abolir , de ne fiiire répondre que par le derc aux interrogations que le prêtre , qui administre le Baptême y fait alors à Ten&nc dans ladministration solennelle. U faut obliger le par* tain de répondre; et, sHl est k craindre qu^il ne diie pas assez exactement les réponses , parce qu^elles sont en latin, on doit lui recommander de répondre au moiiis arec le cierc«
Quand
DE Baptême. ^q
Quand on baptise solennetlement un adulte , le parrain et la marraine ne ré|)ODdeut pai pour lui, puisqu'il répond lui-méine ; Itfur miuisière se borne alors à présenter, an nom de TEglisc, i Jésus-Christ et an prêtre qui tient sa place , celui qui veut être Inptisé; à le soutenir sur les fonts , quand on le baptise et quand on Toiiit de tliuile sainte.
Avant que de procéder 1 la cérémonie du Bapifime, le prêtre, qui doit conférer ce Sacrement, est obligé de i^inrormer exactemeni qui sout ceux qui doivent faire la fonction de parrain et de marraine, pour voir s'ils ■ont propres à cela, s'ils sout recevables ou non. lorsqu'il aura lieu de douter de leur capacité , il les fera venir, poor tes inleiroger avant le Baptême ', et, s'il ne les iroQve pas suflisammeut instruits, il leur déclarera qu'ail ne peut les rerevoir pour faire celle fonction.
Les curés et prêtres qui baptiseront, n'admettront point, pour parrain» et marraines, des indignes. On appelle indignes , les Infidèles . les hérétiques , les schismatiqiies, les excommuniés dénoncés, ceux qui sont interdits publiquement de Tentrée de l'Eglise et des Sacremens^ ceux qui sont notés d'infamie pour quelque trime , les coméuiens et les comédiennes ^ ceux qui doivent être regardés comme pécheurs publics, lei blasphémateurs, coucubinaires, usuriers ei ivrognes, publics etscandateiix^ ceux qui, celte année-là, n'ont ^lassaiisirait i leur devoir pascal , si la chose est notoire et constanie. 11 faut encore regarder comme irdignes d'être admis à la fonction de parrains et de marraines , ceux qui sont dans une ignorance crasse des principaux m^sièrcsde la foi, qui ne savent point le svtnbulit des apôtres, l'oraison dominicale , les commandemens de Dieu et de fEglise *. car les parrains et les marraines lont chargés, en certains cas, d'apprendre ces choses à leurs filleuls et à leurs 611eiiles; et comment instruiront- ils les auU'es de ce qu'ils ne savent pas eux-mêmes?
£n dTet . les parraùu et les ourraioes sont commt ToiM l D
5o DXT SÀCmâMEKT
les parens spirituels des enfaDs qu^ils fietnient sur les sacrés fonts j ils contribuent k leur régénération \ et par conséquent ils doivent, dans le besoin , être attentifs à leur éducation spirituelle^^ prendre soin qu^ils soient instruits des nystères de la foi , des règles et dea maximes de la vie chrétienne , afin qu'ils observent inviolablement jusqu'à la mort , ce qu'ils ont soient nellement promis pour eux au Baptême. Le concile d'Arles, en 81 3 , suppose que les parrains ne sont pat moins lenus d'instruire leurs filleuls, que les pèret d'instruire leurs enfans , parce que , si ceux-ci ont mis leurs enfans au nionde , ceux-là ont répondu pour leurs filleuls. Plusieurs conciles ordonnent aux curÀ d'avertir les parrains et marraines de ces obligations ^ et de leur recommander, de s'en acquitter fidèlement } sur^tout quand les pères des en&ns qu'ils ont tenus au Baptême , sont suspects dans la foi , comme sont les nouveaux convertis , ou négligent l'instruction de ces jeunes élèves , ou sont morts.
Les curés et prêtres qui baptiseront, refuseront encore, pour parrains et pour marraines, les étrangers inconnus, ceux qui n'auront pas fait leur première communion , ceux qui ne seront pas confirmés, les fous. les hébétés, les ënergumènes, les femmes qui seront habillées d'un façon immodeste, qui auront sur le visage des mouches, du rouge , du fard, qui parohront avec le sein et les épaules découvertes. Ib apprendront aux peuples que les par« rains et les marraines doivent être vêtus d'une manière honnête et modeste j ils avertiront leurs parrains ea secret et avec politesse , de quitter leurs armes , leurs épées et leurs gants , avant que d'être admis à cette fonction , par respect pour cette cérémonie.
Les religieux, les religieuses et autres personnes qui ont renoncé au siècle, ne peuvent être parrains et marraines • ni (aire tenir en leur nom des enfans snr les fonts de Baptême : les saints canons le défendent.
U est encore aéfendu dans ce diocèse, d'admettre pour
DE Baptême. 5i
parraios ^ les ecclésiastiques dans les ordres sacm, et ceux qui sont benéficiers. A Tégard des simples clercs et non bénéficiers , les curés n'en doivent recevoir aucun pour parrain sans permission.
Un père et une mère ne peuvent jamais être parrain ou marraine de leur propre enfant.
Il ne faut qu^un seul parrain , ou une seule marraine pour chaque baptême; il est cependant d'usage d'admettre en même temps pour un seul baptême, un parrain et une marraine ; mais on ne peut en souffrir davantage. Et parce que les parrains et les marraiues ont coutume de donner le nom à ceux qu'ils présentent au Baptêmci pour signifier qu'ils vont changer d'état, passer de la condition d'enfans du démon à la dignité d'enfans de Dieu, être régénérés eu Jésus-Christ et enrôlés en sa milice. Tordre et la bienséance demandent que les parrains nomment les garçons , et les marraines les filles. Les curés et les prêtres qui baptisent, ne doivent point absolument souffrir qu'on donne aux enfans qui doivent être baptisés , des noms profanes , iudécens , fabuleux^ poétiques et ridicules ; les noms des fausses divinités, tes noms des Païens, ou des hommes impies, ceux qui sont affectés par les hérétiques; mais ils auront soin qu'on impose à chacun selon son sexe, le nom d'un saint ou d'une sainte reconnus par l'Eglise, que les baptisés puissent se proposer pour modèle^ et avoir dans le ciel rur intercesseurs auprès de Dieu. Ils empêcheront aussi multiplicité des noms , et ne permettront pas qu'on en donne plus d'un, ou deux tout au plus. Ils prendront garde encore, qu^on n'impose à ceux qu'ils baptisent, des noms qui joints ensemble, ou à leur nom de famille, puissent faire quelque rencontre plaisante, ridicule^ malséante ou injurieuse.
Us auront soin que, lorsque le parrain et la marraine donneront le nom d'un saint et d'une sainte de l'ancien Testament, on y ajoute le nom d'un saint et d'une sainte du nouveau Testament.
5a Du Sacrement
Il nVst point h propos de donner le nom des mjrstèrei de Jésus- Chrisl , comme celui de Noël, d'Esprit, ni de celui de Toussaint. 11 faut donner, comme il a été dit ci-dessus, des noms des saints particuliers, reçus et reconnus par TEglise, dont les exemples puissent animer les fidèles à bien vivre, et qui puissent leur servir de prolecteurs dans le ciel.
Les cures et les prêtres qui baptiseront, auront alten-* tion que les parrains et les marraines qui se présentent pour cette fonction , se comportent durant la cérémonie, avec tout le respect et la modestie convenables. A la fin ils leur expliqueront en peu de mots, les devoirs des parrains et des marraines envers leurs filleuls et filleules, qui sont de prier pour eux, de les aimer comme leurs enfans spirituels, de veiller à leur éducation chrétienne, et même de s'en charger au défaut d% leurs parens ^ de leur expliquer les promesseâ qu^ils ont faites pour eux au Baptême , et de veiller pour les leur faire garder.
Il faut avertir les parens, que, quand ils^agit de choisir à leurs enfans un parram et une marraine, ils doivent avoir moins d'égard à la noblesse, au crédit, aux richesses et aiifx autres avantages temporels qui peuvent revenir à leurs enfans, qu à l'intégrité ae la vie etaux bonnes mœurs*
Les parrains et les marraines qui présentent à TEelise un enfant déjà ondoyé , pour lui faire suppléer les cérémonies du Baptême, ne contractent point ralliance spirituelle qui se contracte, quand le Baptême est con^ feré solennellement. Cette alliance consiste en ce que le parrain ne peut se marier avec sa filleule, ni avec la mère de sa filleule; et la marraine pareillement ne peut prendre pour mari son filleul, ni le père de son filleul. C'est sur quoi les curés sont obligés d'instruire exactement les parrains, les marraineset leurs paroissiens^ auxquelles ils aoivent apprendre encore l'alliance que contracte celui qui baptise avec celui qui est baptisé ^ et avec le pèie et la mcre de ce baptisé. Cette alliance
DE Baptême. 53
ipirituelle^amsi expliquée, est un empêchement dirimant du mariage. Les parrains et les marraines qui présentent on enfant déjà ondoyé, ne contractent même aucun empêchement empêchant pour le mariage.
Les curés exhorteront les pères et les mères d'ins*truire leurs enfans, qu'il est à propos de ce'iebrer chaque année la fête des saints patrons , dont le nom leur a été donné au Baptême.
Des Effets du Baptême et des Obligations qu'on
y contracte.
JLiES effets du Baptême sont tout-à-fait admirables j et les pasteurs doivent souvent les exposer aux peuples | pour Jeor donner une haute idée de la grâce qu'ils ont reçue, et les porter à vivre d'une manière conforme k la sainteté de leur profession.
Le premier effet du Baptême est d'effacer, non-seule^ ment le péché originel , et tous les autres péchés qu'on a commis par sa propre volonté, avant que de le recevoir, quelque énormes qu'ils soient j mais encore toutes les peines qui leur sont dues , pour satisfaire à la justice divine; en sorte que, dit l'apôtre saint Paul ( Rom. 8. ) , il n V a plus dé condamnation pour ceux qui son:: *3n Jesus-^Christ. Par ce Sacrement ils sonc devenus purs , innocens et agréables à Dieu , qui ne hait rien ions ceux qui sont régénérés. Néanmoins fignorance, la concupiscence , les infirmités corporelles et spiri«tuelles, la nécessité de mourir, qui sont des suites du péché originel, ne sont pas détruites en cette vie par « Baptême. Les hommes n*en seront délivrés qu'après la résurrection générale, et celle délivrance doit être regardée comme un effet du Baptême.
La concupiscence qui reste dans les baptisés , n'est cependant pas proprement et véritablement un p« ché ; elle ne peut nuhis, tandis qu'on n'y consent point 3 si
54 t)n Sacrement
elle est appelée pëchë , c^est parce qu'elle est un effet clà péché 9 et qu^elle porte au péché. Dieu a voulu que dans ce lieu d^exil Thomme, en conservant ses misères , se ressouvint de sa chute, vécut dans la crainte, dans Thuniiliation , dans la défiance de lui-même ; et qo^elles servissent , comme dit le concile de Trente , dVxercice à sa vertu ; qu^elles lui donnassent lieu de mériter ,et le fissent soupirer vers le Ciel , où la délivrance sera entière et parfaite.
Le second effet du Baptême est de nous rendre les enfans adoptifs de Dieu. Par la naissance chamelle nous sommes enfans d'Adam, enfans du vieil homme, enfans de colère , enfans du démen : par le Baptême nous renaissons en Jésus-Christ, pour être les enfans de Dieu^ les frères de Jésus-Christ^ c'est pour cela que ce Sacrement est appelé Sacrement de régénération ; et cette adoption divine fait que nous avons droit d'appeler Diea notre Père, parce qu'étant ses enfans, nous sommes aussi ses héritiers , et les cohéritiers de Jésus— Christ.
Le troisième effet du Baptême est de nous remplir de la grâce divine qui , nous rendant justes et enfans de Dieu, nous établit parce même moyen, héritiers du salut éternel : or, cette grâce ne consiste pas seulement dans la rémission des péchés, mais c'est une qualité divine^ imprimée dans nous, qui est comme un rayon de lumière, lequel efface toutes les taches de nos âmes , et en augmente la beauté et la pureté. Le Baptême, avec la grâce sanctifiante, communique la charité, et toutes les autres vertus infuses avec les dons du Saint-Esprit , non seiflement aux adultes qui reçoivent ce Sacrement avec de saintes dispositions , mab encore aux enfans ; c'est ce que saint Paul exprime parlant à Tite : salvos nos fecit per lai^acrum regenerationis Spiritâs sancti^ quem effudit in nos ahundèper Jesum €hristum , etc.
Le quatrième effet du Baptême est de nous unir à Jésus-Christ, par la vie nouvelle qu'il nous donne ^ et par le Saint-Esprit qu'il nous communique j en
sorte qoe nous iommes incorporés ta Jésus^Christ comme les membres i leur chef: il le fait vivre en nous j et nous fait vivre en lui : et comme tous les membres du corps humain reçoivent de la tête le mouvement oui leiir est nécessaire • pour s'acquitter de leurs propres fonctions , ainsi c^est ae la nlénitudede Jésus- Christ que la gr&ce ^ qui nous rena capables de toutes les actions tle la piété chrétienne , se répand sur tous ceui qni sont purifiés par le Baptême. Par conséquent le Baptême nous rend enfans et membres de FEglise : il nous rend ses enfans. parce qiie c'est elle qui nous fait renaître en Jésus-Cnrist par ce Sacrement qu'elle nous conlerej ses membres , parce que par le Baptême nous appartenons à FEglise y comme la partie à son tout. Le Baptême nous met au nombre des fidèles • il nous donne droit aux autres Sacremens , et nous fait participer à tous les biens communs de FEglise. Les antres Sacremens n'opèreroient aucun effet , aucune grâce* aucim caractère ^ sur ceux qui les recevroient sans être baptisés.
Enfin ) le Baptême imprime dans F&me un caractère ineflÉiçable qui fait qu'on ne peut le réitérer. Ce caractère marque un baptisé au sceau de Dieu , et le lui consacres! absolument, qu'il ne peut être employé i d^autres usages sans une espèce de sacrilège , et c'est ce qui rend les péchés commis après le Baptême , beancoup plus griefs, parce qu'ils profanent un cœur et mi temple que Dieu s'est dédié d'une façon toute particnUère.
A de si grandes grâces répondent aussi de notre part de grandes obligations. Car i. en recevant le Bautèma uous avons fait profession de la loi de Jcsus^Cnrist , et contracté l'obligation de l'imiter et de vivre conformément aux règles et aux maximes de son Evan-* gile. Nous avons aussi , comme enfans de FEglise, voué une obéissance filiale à cette mère commune , et pro—
156 Du SACRÏMEKt
mis de nous soumettre à ses ordonnances et à \^ conduite des pasteurs que Jésus-Christ y a rt^blis.
2. Nous avons solennellement renoncé au démon ^ i ses maximes et à ses malheureuses suggestions; nouf avons promis de n^'avoir jamais aucun commerce avec lui, et de faire tous nos efforts pour lui résister et le combattre, soit eu lui-même, soit en ses suppôts qui sont les méchans , et tous ceux qui travaillent à établir son empire au préjudice de celui de Notre-Seîgneur Jésus-Christ.
3. Nous avons renoncé à toutes les œuvres du dé* mon, c'est-à-dire, aux péchés auxquels il tàcbiedenous porter par ses tentations. Nous avons promis , avec hi grâce de Dieu, de les éviter^ et la vie toute divine^ que nous avons reçue dans le Baptême , doit nous iu§^ pirer une horreur infinie: car, dit saint Jean , ( L episL c. 5 ) Quiconque est né de Dieu^ ne pèche point '^ mais la naissance au il a reçue le conserve pur , et le malin esprit ne le touche point.
4* Nous avons renoncé aux pompes du démon, qui sont les vanités du monde, les honneurs, les plaisirs ^ les richesses , pour suivre la simplicité de Jésus-Christ, et nous attacher uniquement à lui*
Les pasteurs auront soin de représenter souvent toutes ces obligations aux fidèles , et de les exhorter i renouveler de temps ep temps les promesses de leur Baptême, de les garder inviolablement )usqu*à la mort, et de se faire chaque année une grande fête du jour auquel ils auront reçu ce Sacrement. C'est le jour auquel proprement nous sommes sortis de la servitude de l'Egypte: Dieu ordonne dans l'Exode {cap. la. ) de le célébrer avec recounoissance. Habehitis hwic diem in monumentum , et celebrahitis eam solemnem cultu sempiterno^
DE BAPTÊMBiT $7
Des Cérémonies du Baptême.
XjEs cérémonies que l'Eglise emploie dans Tadministration du Baptême sont très-anciennes.
SaînC Basile en rapporte plusieurs, qu'il dit être de tradition apostolique ( Lih. de Spiritu Sancto , cap. 37. ). Il y a^ dit-il , des dogmes et des usages que nous tenons de V Ecriture sainte ^ dautres que nous opons par la tradition des apôtres : les uns et les autres ont une force pareille ^ et contribuent égale-^ ment à la pieté. Nous consacrons Peau du Baptême^ et Vhuile ^ui sert aux onctions : celui qui doit être baptisé est consacré de même^ et oint de Vhuile sainte. Ou trompons nous dans l Écriture cette pratique P Nous ne la tenons que de la tradition. UEcriture sainte garde de même le silence sur les onctions. Ce n^est que par la tradition que nous avons appris les autres cérémonies qui s^observent dans le Baptême j par exemple^ de renoncer à Satan et à ses anges ^ sans parler des autres. Il en est de même de la pro-^ fession de foi par laqiudle nous protestons que nous crarons au Père^ au Fils et au Saint-Esprit^ e\c.
Li'antiqnité des autres cérémonies du Bapténio, dont saint Basile ne parle point eu détail, se prouve parle témoignage des autres Pères.
Saint Augustin ( //6. de peccator merit.^ c. 26. ) fait mention du signe de la croix et de rimposition des mains . dont on se servoit pour admettre quelqu'un au rang des catéchumènes.
he même Père, dans le premier livre de ses confessions, joint au signe de la croix l'usage de donner du sel aux catéchumènes. Il leur rappelle, en les iusrrnisant , l'obligation où ils sont d'apprendre le symbole eiloraison dominicale. Il témoigne en plusieurs endroits
58 Du Sacrement
de ses ouvrages, qne Fusage du souffle et des exorcismes éloii pratiqué par toute TËglise*
Saint Ambroise ( lih. de mjrster. c. i • ) , travaillant pour Tinstrucûon des nouveaux baptisés, parle de la c(^remonie par laquelle on touche avec la salive les oreilles et te uez, en disant Ephpketa. Dans un autre ouvrage ( lib. 5 in Luc. cap. 5. ), il parle de la robe blancne que Ton donne au Baptême.
Le second concile général parle du catéchisme que Ton faisoit à ceux qui aspiroient au Baptême, qui étoient nommés catéchumènes à cause de ce catéchisme.
Tertullien( lib. de Bapt. c. iS. ), fait mention des parrains et de leurs fonctions.
Le pape Innocent L dans sa lettre à Décentins^ dit qu'on fait Ponction du saint chrême aux nouveaux baptisés; qu'il est permis aux prêtres de la faire, mais quib ne doivent pas la faire sur le front.
Saint Grégoire de Nazianze fait mention du cieree ardent qu on donne aux nouveaux baptisés au sortir du Baptême.
Enfin , ces saintes cérémonies sont rapportées par grand nombre d'autres témoignages tes plus précis des premiers siècles, qui prouvent leur ancienneté ^ et qui nous les rendent précieuses et respectables.
Elles sont trop augustes et trop édifiantes pour n^en pas donner une courte explication , afin que les pasteurs puissenr,dans Toccasion, en instruire les peuples, auxquels ils doivent chercher à en donner une parfaite connois— sance : car quoiqu'elles ne soient pas absolument nécessaires , elles n en méritent pas moins pour cela notre estime et notre vénération. Il est constant que ces cérémonies font que ce Sacrement s'en administre avec plus de religion et de piété , qu elles nous remettent devant les yeux tous \é& dons excellens qu'il renferme, et qu'elles impriment plus fortement dans notre esprit| le souvenir des biens infinis de Dieu.
D'abord on arrête i la porte de leglise ceux qu'on
DE Baptême. Sg
pr&iente ao Baptême, pour marquer ou^ëtant, par te
Sëchë, soumis à Fempire du démon , ils sont indignes ^entrer dans la maison de Dieu , jnsqu^à ce qu^ils aienl secoué le {oug de la servitude honteuse du péchë^ et qu'ils se soient soumis entièrement au joug de Notre- Seigneur Jésus^Cbrist. On leur donne aes parrains oa des marraines, pour leur dire qu'ils ne peuvent se présenter eux-mêmes, et que c'est TEglise qui les présente, pour avoir des témoins de leur profession de foi • et des répondans qui veillent sur leur conduite. On leur donne m nom, pour leur apprendre que, par le Baptême, ils vont être assujettis à Jésus-Christ , et engagés à son service. L'imposition des noms, dit saint Cnrysostâme,est le signe principal du domaine: nominum emm imposition dominii signum est et prœcipuunu Alors le prêtre leur demande ce qu'ils désirent de l'Eglise; et, ayant reçu leur réponse , il les instruit pre* mierement de la doctrine de la foi chrétienne dont ils doivent faire profession dans le Baptême. Cette coutume d'instruire avant de baptiser, vient de Jésus- Christ^ qui, en ordonnant à ses apôtres d'aller par tout le monde, d'enseigner toutes les nations, de prêcher l'Evangile à tous les hommes, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit , a voulu leur marquer par-là , que le Baptême ne doit se donner i ceux qui veulent le recevoir, qu'après les avoir au moins instruits des principaux mystères de la religion chrétienne.
Ensuite le prêtre souffle sur eux en forme de croix , pour chasser le démon par la vertu du Saint-Esprit , qui est comme le souffle de Dieu , et par les mérites de Jésus-Christ crucifié. On se sert du souffle pour chasser le démon , afin de faire connoitre le mépris qu'on fait de lai et son extrême foiblesse. On imprime aussi sur le front et sur le cœur de ceux qu'on va baptiser, le signe de la croix, pour montrer qu'ils doivent se faire hon<neur de la croix de Jésos-Christ , Taimer , y mettre
09 Du SACItEMEiTT
toute leur confisoce, el téraniguer hautement qn'ib sont chrétiens, bien Ioïd d'avoir honte de te parohreet d'en faire les actions. Les autres signes de la croix qu'on répète souvent diirnnt le Baptême , siguifieiit qu'il lire ti>ute sa vertu de la croix au Sauveur et des mérite» de sa passion. Ceux qn'oD fait sur le front, sur tes jeux , sur la poitrlue, sur les épaules et sur les oreilles, signifient que tous les sens de ceux que Ton baptise, sont tellement fortiâés et purifif^s par la gr&ce du Baptême, qu'ils sont des sujets dignesde Dieu, et capable! de connoître et de garder ses commandemeos. Par I* signe de la croix , les catéchumèoes sont en quelque manière sanculiés , selon saint Aiigustîo ; Ils sont conçut par ce signe daus te sein de l'Eglise^ ib sont marqua au sceau et au caractère de Jésus-Christ \ par ce signe, les catéchumènes se soumettentau jougde Jésus-Ckrisl, et s'engagent à mener sur ta terre une vïé de croix et de souffrances.
On fait sur eux plusieurs exorcismes pourchasser le démon, sons la puissance duquel ils sont par le pécbé originel.L'Ë^lise en u:ic ainsi, parce qu'elle conuoit tonte Topiniàtreté de ce m.ilin esprit , quand une fols le péché Ta mis eu possession du cœur de l'homme. On ne doit pas omettre lesexorcbmes marqués dansle Rituel , quknd on ne fait que supidéer les cérémonies îi une personne déjà baptisée^ car l'Eglise les emploie, non-seulement pour cii:jssQr le démon, mais encore pour diminuer ses forces , pour l'élnigner et rcmpÉïclier de nuire k ceux de l'Âme desquels il a été chassé par le Baptême. Cet puuemi implacable de noire salut n'est jaiiiaij ïi furieux contre nous , que lorsqu'il nous viiii délivrés de sa tyrannie. Pervicacîssimus illa k'-ifii, dil Tertullien , nunquam malitiœ suœ otium J.icit ; nique tune maxime sœvit^ càm hominem plané .<■ nlil li':'Ciiun.Tanf plnrimitm nccendUtÀT^ditm extinguitur. Ou fjit aussi plusieurs impositions des mains, poLi' siguitier que Dieu , eu la place du démon, prend
oc BAPriME. 6i
possession de ceux que Ton baptise, se les soumet et les assujettit à sa douce et heureuse dofnîuation ^ pour faire comprendre au catéchumène, qtiil est une victime qui va être cousacrée à Dieu par le Baptême, par lequel elle deriendn agréable k la majesté divine.
Le sel que Ton mec dans la bouche de ceux que Ton doit baptiser , marque que , par le doo de la grâce et de la foi qulls reçoivent au Baptême , ils doivent être délivrés de4a corruption du péché, trouver du goût dans la pratique dn bien et dans les choses dn Ciel , et prendre plaisir à se nourrir des vérités divines, il signifie la sagesse qoeTEglise demande pour ceux qui reçoivent le Baptême^ et la prudence dont ils doivent astïaisonner toutes leurs actions et toutes Icun^ paroles ; afin que leur vie soit sainte ei exempte de toute corruption du péché.
On introduit le catéchumène dans Téglise, pendant que le ministre du Sacrement récite avec le parrain et la marraine le symbole des apôtres, si c^est un enfant qui va recevoir le Baptême, et avec le catéchumène même, s'iUrusagede la raison, pour faire entendre que TEgh'se ne reçoit en son sein et n'admet au Rapteme que ceux qui font profession de croire en Jésus— Christ ^ on y
F')int la récitation de Toraison dominicale, parce que Eglise veut être assurée que ceux qu'elle reçoit au nombre de ses enfans , savent cette prière que le Sauveur nous a enseignée lui-même.
On meta ceux que Ton va baptiser, delà salive aux oreilles et aux narines , pour les avertir qu'ils ne doivent plus écouter la voix du démon, du monde et de la chair^ mais qu^ils sont obligés d'avoir les oreilles ouvertes aux commandemens de Dieu , aux vérités évangéliques. et en sentir la doucetir ; c'est- à-dire , avoir le cœur dispose i les croire et à les observer, se plaire dans la pratique des vertus qui rendent les vrais fidèles la bonne odeur de Jésus- Christs
Lorsqu'ik sont arrivés aux fonts baptismaux, on exige d eux qu'ils r poncent à Satau,à sespompesetàscs œuvres.
^4 t)u SA.CKCMRNT
commede pîerredure ou de loaibre, d'une hauteur een* venable, creusés en forme de ciive^ et divisés, s'il est
1)os5)hle i, en deux parties perce'es dans le milieu jusqu'en tas. Dans la plus grande partie sera le vaisseau des eaux baptismales; Tautre, qui doit être large de plus d'un pied , servira de piscine , pour recevoir l'eau qu'on verse sur la tôle de ceux qu^on baptise.
Si Ton ne peut pas avoir une cuve divisée en deux parties, il y aura à côté des fonts une piscine pour recevoir Teau. Le conduit sera au milieu d'une pierre taillée en forme de bassin , large de plus d'un pied , et élevée de terre au moins de trois pieds, en sorte qu on puisse commodément pencher dessus , la tête de ceux qu'on baptisera.
Le vaisseau destiné pour contenir les eaux baptismales doit êired'etaiu ou de plomb, avec un couvercle de même matière, fermant bien juste, alli) que l'esu ne s'écoule pas j si ce vaisseau étoit de cuivre, if sera étamé par dedans , de crainte que la rouille ue fasse corrompre l'eau. On ne doit laisser dans les funts que ce vaisseau \ et le lotit doit être tenu par les curés dans une grande propreté.
Il ne faut pas laisser les vases des saintes huiles dans lei . foDis baptismaux^ mais on doit les fermersous la clef dans nne petite armoire boisée par dedans, à côté du grand autel , si cela se peut ^ d'où les curés les porteront avec respect aux fonts baptismaux, lorsqu'n faudra faire quelque Baptême. Si ton uepeui avoir celte armoire, i côté du grand autel, on là pratiquera dans la chapelle des fonts.
11 faut avoir de deux sortes de saintes huiles pour le Baptême , savoir : l'huile des catéchumènes et le saint cbréme. On doit avoir, pour les contenir, deux petits vases d'argent , ou au moins d'étaîn fin , bien propres et unis ensemble, bien feiinés et distingua chacun parsa propre inscription,afuideiicsepas tromper en prenant l'un pour l'autre. Sur le vase de l'huile des catéchumène}
dtéchoïkiéiitt ) on mettra OLKUM CATECHVMENO-' kUM^ti sur celuidu saint ùïikïSïe^SANCTUMCHRiSMA» Si ces Tases étoient si petits qu'on ue pût graver ces deox mots sur chacun^ il faudra mettre au moins sur celui du saint àxcème ces deux lettres initiales en gros caractères, S. Cet sur celui ^ de rhuiie des catéchumènes, il iaudra mettre aussi en gros caractères , O. C.
Pour empêcher que les saintes huiles ne se répandent , on mettra entre le couvercle et le vase , du coton ou de rétoupe, qu^on changera de temps en temps, et qu'on brûlera sur la piscine quand on les ôtera pour en mettre d^autres.
Pour l'usage jourdalier, on aura encore d'autres plus
petits vases d argent, si cela se peut , ou^ au moins d'ctain
fin ^ bien propres, et unis ensemble, bien distingués,
et biens couverts , avec des inscriptions pareilles à celles
des plus grands vases , d'où l'on versera dans les pins
petifs , les saintes huiles nécessaires. On mettra dans ces
plus petits vases de Téioupe ou du coton ^ avec les
saiutes huiles qu'ils contiendront. Il convient d'en faire
l'ouvertureassczgrande, afin que le prêtre puisse appuyer
le pouce sur ce coton ou sur ces étoupes^ quand il se
sert des saintes huiles pour les onctions, lors de Tad--
ministration du Baptême*
Les saintes huiles doivent avoir été bénites et consacrées par un évcque, le jeudi saint de Tannée courante. C'est pourquoi les curés de la ville épi.^ropale les iront prendre dans l'église cathédrale pour sen servir lésa-medi saint à la bénédiction des funts^ ainsi que les curés dont les paroisses sont près de la ville et assez peu éloi— gbëes pour leur donner la facilité et le temps de venir, ou d'envoyer prendre des saintes huiles nouvelles pour la même cérémonie le jour du samedi saint. Quant aux antres curés et aux secondaires des succursales dont les églises sont plus éloignées de la ville épiscopale , et qaî ne peuvent venir ou envoyer prendre les saintes huiles ftouveUes avant le samedi saint , il^ auront attention de Tome L lii
66 Du Sacrement
s'en pourvoir le plutôt qu'il leur sera possible. Ils auront pour cet effet quinze jours seulement après Pâques ^ eC ce n'est qu'en cas qu'ils n'aient pu les avoir auparavant* S'il reste des saintes huiles de Tannée précédente, il est défendu aux curés et secondaires de s'en sei^vir , après le temps qui vient d'être marqué pour s'en pourvoir de nouvelles ; c'est pourquoi ils feront brûler les anciennes dans la lampe qui est allumée devant le trèssaint-Sacrement , si -tôt qu'ils auront reçu les huiles nouvelles ^ ou ils en imbiberont du coton ou des étoupes qu'ils feront brûler* et en jetteront les cendres dans la piscine.
A cet eiFet, il doit y avoir dans chaque église , derrière le grand autel, ou dans un autre lieu cc^ramode, une
{)iscine, c'est-à-dire, un endroit fermé où il y ait dans a terre ime grande fosse dont l'orifice soit étroit, sur lequel il y ait une pierre, ou un couvercle qui bouche bien. C'est dans cette fosse qu'on jettera les cendres des saintes huiles , les boules d'étoupe ou de coton , et la mie de pain, qui auront touché les saintes huiles, et qui auront servi à essuyer les saintes onctions et les doigts des prêtres qui les auront faites. On y doit jeter encore les cendres des ornemenset linges d'autel, des ornemens sacerdotaux , et de toutes les choses sacrées qu^on doit jeter dans le feu. On y jettera pareillement l'eau bénite , tant celle qu'on ôtera des bénitiers , que celle qu'il faut renouveler des fonts baptismaux ^ l'eau qui aura servi k laver les corporaux et les purificatoires, et généralement toutes les choses que le missel et le rituel ordonnent de jeter en cette piscine. Les curés auront soin que ce lieu soit bien fermé , et qu'on n'y jette rien de pro≠ Lorsque les curés ne pourront eux-même venir pren* dre les saintes huiles qui leur seront nécessaires pour leurs paroisses, ils enverront, pour cet effet, d«s ecclé^ siastiques qui soient au moins sous-^acres. Il est défendu à ceux qui seront chargés de cette distribution de donner des saintes huiles pour les paroisses k d'autres qu^aox
DE Baptême. 67
curés ou aux ecclésiastiques envoyés de leur part, qui doivent être dans les ordres sacrés et prouver, par écrit , si d'ailleurs on ne les coniioit pas , qu'ils sont véri«* tablement envoyés par les curés des paroisses pour les* quelles ils demandent les saintes huiles. Lorsque les maisons régulières du diocèse en demanderont pour leur propre besoin^ ce sera pareillement toujours un prêtre^ ou au moins un clerc dans les ordres sacrés qui ira les prendre^ et qsiaura, pour cet efTt^t, aussi un billet signé du supérieur de la maison pour laquelle il les ira prendre^ atin de faire voir que c'est ce supérieur qui l'envoie , s'il ne peut y aller lui même. Dans ces billets il sera marqué^ que cVst [>our telle paroisse ou pour telle maison ré*gulièie que Ton va prendre les saintes huiles.
Les vaisseaux dans lesquels les saintes huiles auront été bénites le jour du jeudi saint, et qui serviront pour les distribuer dans tout le diocèse, seront enfermés sous la clef dans un lieu décent, propre et lionnêtc. Celui qui sera chargé de faire cette distribution, gardera la clef de cette armoire, et empêchera qu'aucune personne puisse toucher les saintes huiles, que les seuls prêtres
3 ai en auront besoin pour le sacré ministère, il n'en onnera, sous quelque prétexte que ce puisse être, à qui que ce soit, qu'aux cures qui en manqueront, ou aux clercs dans les ordres sacrés que les curés enverront à cet effet, et aux maisons régulières, ainsi qu'il vient d être dit. Il aura soin de refermer la clef de ladite armoire , aussitôt qu'il aura fait la distribution pour laquelle on aura eu recours à lui. Il aura un registre sur lequel les curés ou les ecclésiastiques qui viendront de lenr part , signeront qu'ils ont reçu les nouvelles saintes huiles, tel jour et pour telle paroisse^ laquelle signature se fera à chaque distribution des saintes huiles. ' On doit traiter les saintes huiles avec un grand respect, et empêcher sur-tout qu'on ne les applique sur des malades, et qu'on en abuse d'uue manière profane et sacrilège j en s'en servant contre les intentions de
08 Otr SiCHEMBirr
TEglise. C'est pourquoi ïl est défenda aux cnrâ et autres prêtres^ d'en donner jamais à personne, loot quelque préiesie que. ce soit. Hors le cas de nécessité les ecclésiastiques, pour plus grande révérence, ne les
SorteroDt jamais sans être revêtus de surplis. On ne oit les laisser toucher par aucun laïque. Si les saintes buites venoiect à diminuer nolablemeat pendant le cours de Tannée, en sorte qu'elles ne pussent suffire, et qu'on n'eût pas la commodité d'en aller chercher ailleurs, il faudrou verser dans l'huile bénite oui reslo, un peu d'huile d'olive commune, mai^ en moindre quaiilïté que l'huile bénjte, ft les mêler ensemble. li n'est pas permis d'y joindre de l'huile de notx ou d'autre matière que d'olive.
Si l'on s'éloil servi d'un linge pour essuyer les onctions avec les saintes huiles, dans 1 administration des Sacremens, ce liage ne pourra plus èire employé à aucun usage profane et commun j mais après qu'il aura été lavé , il doit rester pour le service de l'Eglise.
Chaque ciiré doit faire tous les ans deux ibis la bénédiction solennelle des fonts baptismaux, savoir: le samedi saint, et la veille de la Pentecôte.
Ce qu il faut préparer pour le Baptême solemteL
JT ODR le Baptême solennel, on aura soin de préparer
les choses suivantes :