‹ Instructions sur le rituelChapitre 8 sur 25 · DU SACRIFICE · texte numérisé non relu

DU SACRIFICE

De VExcellence du Sacrifice de la Messe.

1 L n'y a rien de plus grand dans la Religion que le sacrifice de la messe. Jésus-Ghrist s'y offre pour nous à son Père ; il y renouvelle tous les jours , comme prêtre éternel, Toblaiion qu'il a faite une fois sur la croix ^ il s'y donne à manger aux fidèles , qui trouvent ainsi à lautel la consommation de la vie spirituelle.

On peut dire que le sacrifice de la messe fait de nos églises un lieu tout céleste. Le divin Agneau y est im« mole et adoré , comme saint Jean nous le représente au milieu du sanctuaire. Les esprits bienheureux, instruits de ce qui s'opère sur nos autels, viennent y as-* sister , avec le tremblement qu'inspire le plus profond respect. Saint Chrysostôme , après d'autres anciens Père^ en a rapporté des faits trcs-autorisés : et cette vérité de la présence des anges , a toujours été si connue , que saint Grégoire le grand ne fait pas difficulté de direi qfiel est le fidèle qui peut douter qiCà la ^oiac du prêtre , à Vheure même de Vimmolation , le ciel ne s'ouvre y les cJiœurs des anges n'assistent au mystère

BE LA. Messe. gt

de Jesus-^Christj et que les créatures célestes et ter-restres ^ ^visibles et invisibles ^ ne se réunissent dans le moment ?

Noos ne faisons en effet dans nos temples que ce que les Saints font continuellement dam le ciel. Nous adorons ici la victime sainte, immolée entre les mains des prêtres^ et tous les Saints adorent dans le ciel cette même victime) TAgneau sans tache, représente debout, mais comme égorgé, pour marquer son immolation et sa vie glorieuse. Toutes les prières et tous les mérites des Saints s^élèvent comme un doux parfum devant le trône de Dieu : ce que saint Jean a exprimé par rencensoir qu'un ange tient à la main ^ et par Vautel (Tou les prières des Saints s^élcvent datant Dieu ( Apoc. 8, 3 , 4* )• L'Eglise de la terre offre de même à Tanlel de Tencens à Dieu, comme un signe des adorations cl des prières de tous les Saints qui sont icibas ou dans la gloire. Tous Tadorent unanimement dans le ciel et sur la terre*, parce que nous avons ici-bas ce qui est sur le trône céleste.

Sacrifice de la messe , qui est le sacrifice des chrétieus : son prix est infini; il surpasse infiniment tous les sacrifices qui avoient été ofTeris à Dieu • des le com— mencement au monde^ et qui ont tous élé abolis par Tinstitution de celui-ci , dont ils n'étoient qu'une figure très-imparfaite.

Sacrifice de la messe , qui est Toblation toute pure de cette hostie sainte et sans tache, qu^un prophète a prédit devoir être offerte à Dieu depuis V Orient j us-qnà T Occident^ pour faire adorer la grandeur de son nom , «l pour faire reconnoître le souverain domaine qu'il a sur toutes les nations de la terre.

Sacrifice annoncé par Jésus^Ghrist à la Samaritaine, et qui sera toujours offert en esprit et en vérité^ par celui qui est la vérité même. Sacrifice qui remplit tous les devoirs de Thorome envers Dieu; qui remplit toutes les figures et toutes les conditions qui accompagn oient les

fy2 Du Sachitice

anciens sacrifices, et qiiî les a GiildlïpRroître^enapprairot aux fidèles qu'ils oe doivent plus recourir qu*iiu vrai et unique sacrifice de outre diriu médiateur, qui seul expie les péchés.

C'est-là oii l'on trouve réellenicntf dans le seul sacrificateur, tout ce qu'on peut souhaiter et considérer dans tous les sacrifices, Uieu à qui il faut olTrir, et le prêtre qui offre le don qu'où doit ofTrir^ puisque ce oivio médiateur, prêtre et victime, est un avec Uïeu k qui il s'offre , et qu'il est réuni , on plutôt qu'il s'est ait un avec tous les fidèles , qu'il ijfTre pour les récoucilier à Dieu. U est certain qu'il a été en même temps sur la croix le prêtre et la victime : les Juifs el les Gentils qui Tout misa mort ont été ses bourreaux, et non ses sacrificateurs: c'est lui qui s'est offert en sacridcej et qui nous a offerts avec lui sur la crcix.

Jésus- Christ institua rCucharisile immédiatement avant que d'aller s'offrir sur la croix. Il l'institua par l'amour qu'il avoit pour les siens ; sachant , dit saint Jean, que son Père lui ai'oit mis toutes choses entre les tJiains^ ei que toute puissance lui avoit été donnée par son Père. Et cerlaiuemeut il falloit et une tellepuissance et un amour in5ni, pour changer le pain en son corps, et le vin en son sang, et pour faire par antîcipaliou une effusiou de son sang ( effusion réelle ■et mystérieuse dans le corps el dans le cœur des communïans), avant que ce sang sortit visiblement de son corps sur la croix.

J&us-Christ, usant de son pouvoir suprême dans le changement du pain en son corps, et au vin en soa sang, exerça en même temps la puissance sacerdotale, qu'il ne s'étoit pas donnée, dit saint Paul , mais qu'il avoit reçue de son Père , pour être le prêtre éternel, selon l'ordre de Melchisédech. Comme sa prêtrise est éternelle, il offrira éternellemenlce sacrifice, et il n'aura point de successeur. Il sera toujours sur nos autels, quoiqu'inTisibletnent, le prêtre et le don, l'offrant et

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h chose offerte , dit saint Augustin ^ offhrens et oblatiof maïs, afiu que ce Sacrifice soit visible, Jesus-ChrîsC établit pour ses ministres , les apôtres et leurs successeurs dans le sacerdoce, en leur dounant le pouvoir de faire ce cj^ril venoit de faire lui— même: hnc Jacite in meam cûmmemorationem. Ils font fait, et ils le feront easa personne par toute la terre Ou oflfie partout , sous le »nlife Jésus-Christ, ce qu'oflj ilMeichisrdech, dit saÎBt Augustin^ et pour montrer que ce sacrificene finira jamais sur la terre, il nous est ordonné dj participer, et d^annoncer ainsi sa mort, jusqu'à son dernier avènement.

Ces merveilles de la toute-puissance de Jésus-ChrisC dans l^ucharîstie, sont rapportées par les évangélistes atec la même simplicité qu'il est dit dans la {genèse , mie Dieu créa le monde, et qu*il fît le firmament^ en àisaoïtj qu^îl soit fait : Jiat firmament uw. Jésus ( Juist avoir dit à ses disciples, à Ca[)hainaùm, <pril failoit manger sa chair et boire son sang, pour avoir la vie: et, pour opérer ce grand miracle, il dii simplement ici: prenez et mangez ; ceci est mon corps : prenez et bm'ez , ceci eàt mon sang. Voilà la consommation de ce divin sacrifice, et l'accomplissement de tous les mjstères. Jésus-Christ y renouvelle sa mort, sa résurrection, sa vie glorieuse^ il y nourrit son Eglise de sa propre chair, pour en faire un corps saint et toujours vivant, et lui donner le germe de Timmorialité glorieuse.

Le renooveliement et la consommation de ces grands mystères dans l'Eucharistie, ne doivent pas être inconnus aus chrétiens^ il faut quils sachent que Jésus- Christ, changeant If pain en son corps, offre ce corps adorable, comme il Ta offert sur la croix. L'Eucharistie renferme sa passion, et nous n'auTtonçons sa' mort , que parce qu'il offre lui-même sur nos autels sa mort précieuse: et il est vrai dédire, avec saint Cyprien^ que le isurriQce que nous offrons est la passion même du Sau-

$4 jDu SicniFicE

veur : passio estenim Domini sacr^cîam quod offe^

Timus.

Tout Tappareil extérieur du calvaire qui manque à Tauiel , n'avoil rren de commun avec l'aciiou du saciificateur. L^esseiuiel du sacriiîce de la croix consistoit dam roblatlon que Jesus-Chmt fît de sod corps. U coiitiuue d'oilHr sur l'autel le même corps, et, mettant la deroiùre perfection à ce divin sacrifice , qui ne pouvoit servir de nourriture aux fidèles sur le calvaire, il nous nowrit tous les jours de ce Sacrement de la passion , dit saint Ambroise. La maudticalion de la viclime manquoit à l'autel de la croix, et elle fait U

Serlection du sacrifice de nos autels. Ilabcmus altare^ it saint Paul , de (juo edcre non hahent potestatem^ tjui tabernacido descrviunt{Hebr. i3, ic). Voilàc» qui manquoit à l'autel de la croix, et c'est à l'autel de l'Ëglise que cette mandiication s'accomplit , par la coin— muuion^ la même vîclime cstoflèrte sur le calvaireet sur nos autels; mats au calvaire, elle u'est qu'oirertcj ici, elle est otFerte et distribuée ^ selon l'expression de saint Augusiiu.Jésns— Christ s'offre donc à l'autel, comme U s'est offcrl eu mourant sur la croix , n'y ayant de diflërence, dit le concile de Trente , quen la manière (tnffrir. lls'yoffre aussi, comme àla rësurrcction^pnisqu'il y offre son corps inimoitel et glorieux : il s'y olfre, comme nl'nsccnsion, puisqu'ilmonle encore de l'autel de la terre au sublime autel àa ciel, selon l'expression dû canon, pour y aller résider eliuitrccdcr pour nuui, offrant ainsi toujours une même lioitit.-. C'tst pourquoi nous disons, à la nies^e, que nous offrons ce sacritice pour renouveler la mcmcire de la passion, de la résurrection et de l'ascension de INotre-Scigueur Jésus- Christ.

Yoilâ donc la réunion de tous les mystères qui ont été les divei-sLs pariies gu la continuation du sacrifice de Je'sus-Christ^ et la vérité de ce que nous lisons dam le psalmiste , que Dieu , eu nous douaauL la vraie bout-

DE LA MeSSB. i)5

ritare, a reoouTelé la mémoire de toutes ses merveilles ( Psalm. 1 16. )•

Nous n'avons plus aujourd'hui cette multitude ni cette variété de sacrifices qui étoient sous la loi : ie sacrifice de Jésus-Christ a été offert pour satisfaire à tous nos devoirs et k tous nos besoins^ il suffit seul pour remplir la vérité de toutes les espèces différentes dei sacnfices anciens* Oest pourquoi^ entrant dans ît monde ^ Jésus dit à Dieu : vous n^açez point i^oulu de victime ni doblation; mais vous mouvez formé un corps : les holocaustes et les sacrifices pour le péché ne vous ont pas été agréables } alors f ai dit :me voici^ Je viens {ffebr. lo.)* Par ces paroles, saint Paul nous apprend les intentions qu'avoit Jésus-C^hrist en s'ofirant à son Père : il nous le fait entendre par les paroles du Fils de Dieu même , que le corps de Jésus-Christ a été substitué en la place des holocaustes, établis pour adorer Dieuj des hosties pacifiques, que Ton offroil en action de grâces \ des sacrifices offerts pour Texpiation des péchés; et de toutes les espèces doblations et de sacrifices institués dans laucienne loi.

Ainsi , le sacrifice de la messe est un holocauste où Jésus-Christ s'offre tout entier à Di#u son père, comme il s'est offert sur la croix, et comme il s'offre dans le ciel; où l'Eglise offre Jésus-Christ et s'offre elle^-mème avec Jésus-Christ, comme une protestation solennelle qu'elle fiiit, que Dieu est le maître souverain et absolu de toutes choses} que toutes les créatures ne sont que comme un néant devant lui^ que c'est de lui qu'elles ont reçu , et quelles reçoivent à tous momeus tétre^ la vielle mou-^ Femenf. Ce sacrifice est offert pour adorer Dieu, pour reconnoître sa grandeur , et pour rendre hommage à toutes ses perfections divines ; pour honorer son souverain domaine , non— seulement sur la vie et la mort , mais sur l'être même: car Dieu seul est l'auteur de l'être, et il n'y a que lui qui puisse le donner. Enfin, le sacrifice de la-m^e est offert pour honorer la pléni-

§6 Du Sacrifice

tade de Dieu , c'est-à-dire, pour reconnoître que Dieu se suftit a lui-même , et que nulle créature ne lui est nécessaire.

Sacrifice de la messe , sacrifice d actions de gr&ces , que TEglise est toujours disposées rendre à Dieu en lui offrant Jésns^Christ pour les biens inestimables qu'elle en a reçus , et qu'elle en reçoit à tous momens : sacrifice d actions de grâces , institué par Jésus-Christ en rendant grâces à son Père de tous les dons qu'il avoît reçus pour TËglise : sacrifice par lequel nous donnons des marques ne reconuoissance dignes de Dieu, ea lui offrant sur Tautel son propre Fils , qui est le don le plus excellent qu'il nous ait fait, et que nous puissions lui présenter pour toutes les grâces qu'il nous a faites. V a-^t-il de plus saint sacrifice de louanges , s'écrie saint Augustin , que celui exaction de grâces? Et quelle plus grande action grâces , que celle qu^on rend à Dieu pour sa grâce par Jésus- Christ Notre-* Seigneur^ comme on le fait dans le sacrifice de VE^ glise , que les fidèles connoissent , et dont tous les anciens sacrifices n'^étoient que des ombres {jlugust. contr. advers le g. et propriété Lib. IL cap. i8« )•

Sacrifice de la messe , sacrifice propitiatoire pour rendre à la justice de Dieu la satisfaction qui lui est due à cause des péchés ^ et obtenir miséricorde. Rien n'est plus capable d'apaiser le Seigneur, et de nous le rendre favorable, que de lui offrir le corps et le sang de Jésus— Christ versé pour nous sur la croix , pour la rémission des péchés ; que de lui présenter la victime qui expie les péchés. Telle est la doctrine du concile de Trente ( Ses s. 22 , c. 2^ de sacrif^ miss. ) : « et parce » que le même Jésus-Christ qui s'est offert lui-même » sur l'autel de la croix ^ et avec effusion de son sang, » est contenu et immolé, sans effusion de sang, dans > ce divin sacrifice qui s'accomplit à la messe, dit et » déclare le saint concile, que ce sacrifice est vérita-« » blement propitiatoire, et que par lui-même nous

obtenons

DR LA Messe. c)^

» obtenons miséricorde, et trouvons grâces et secours » au besoin^ si nous approchons de Dieu contrits et » pénitenS) avec un cœur sincère, une foi droite, et 3 dans un esprit de crainte et de respect Car Notre- 9 Seigneur apaisé par cette offrande , et accordant la

> grftce et le don de pénitence, remet les crimes et les » péchés , même les plus grands , puisque c'est la n«ême

> et Tunique hostie, et que c'est le même qui s'offrit y autrefois sur la croix , qui s'offre encore k présent par 3 le ministère des prêtres, n y ayant de différence qu'en 9 bmanière d'offrir^ et c'est même par Le moyen de cette 9 oblation non sanglante, que l'on reçoit avec abon*- » dance le fruit de celle qui s'est faite avec effusion » de sang ^ tant s^en faut que par elle on déroge en au- » cône façon à la première. C'est pourquoi, conformé-* Y ment à la tradition des apôtres , elle est offerte , non- » seulement pour les pécnés , les peines, les satislac-

> tionf et les autres nécessités des fidèles qui sont encore » vivans, mais aussi pour ceux quisont morts en Jésus-

> Christ, et qui nesont pasencore entièrement purifiés.» Sacriâce de la messe, sacrifice impétratoire , pour

obtenir de Dieu tous les secours spirituels et tempo-« rels qui nous sont nécessaires -, pour recevoir de sa libéralité et de sa miséricorde, des grâces et des bienfaits^ tant pour les besoins naturels et ordinaires de la vie , que pour les autres qui peuvent nous survenir. Et, quoiqu'il ne paroisse eu cela que l'intérêt de la créature, elle y rend néanmoins hommage à Dieu, en faisant parlà un aveu de sa dépendance et de son indigence , en reconnoissant le besoin qu'elle a du secours du Sei— i;oeur , et en s'adressant à lui comme a la source et à la caase de tous les biens. Le sacrifice de la messe renferme, par excellence, tous les sacrifices des hosties pa-* cifiqaes, destinées à obtenir des grâces^ puisqu'il cou^ tient la vraie hostie pacifique, Jésus— Christ, par qui nous demandons et nous obtenons tous les dons. Nous ne pouvons rien obtenir de Dieu que par Jésus-Christ Tome L G

98 Du Sacrifice

et nous offrons à Dieu dans ce sacrifice Jésiis-ChrisC même, qui est le seul médiateur par qui nous puissions avoir accès auprès de Dieu. Le concile de Trente (sess. :i2yCan.3^desacrif. miss.) prononce anathême contre ceux qui diront que le sacrifice d« la messe ne doit point être offert pour toutes nos nécessités. Voilà comment le sacrifice adorable de TEucharistie ^ quoiqu^'infinimeol ^levé au-dessus de tous les anciens sacrifices , en remplit toutes les parties et toutes les conditions.

Sacrifice qui est celui de Jésus-^Christ, et en même temps celui de toute TEglise qui est offerte avec Jésu»* Christ. Sacrifice qui est celui de tous les prêtres qui l'offrent ^ et de tous ceux qui veulent y participer. Ils doivent par conséquent s'offrir alors eux-mêmes en sacrifice^ comme Jésus— Christ et sou Eglise s^offrent k Dieu.

€ Toute la cité rachetée ^ dit saint Augustin , cW<-à- » dire , TEglise et la société des Saints, est le sacrifice » universel offert à Dieu par le grand-prêtre, qui s^est » offert aussi lui-même pour nous dans sa passion : c^est » elle qu il a offerte à Dieu , et c'est en elle qu'il a été » offert^ parce que c'est selon elle qu'il est le média* » teur , le prêtre et le sacrifice.... Elle voit dans leSa- » crement de Tautcl, connu des fidèles, et si souvent » renouvelé^ qu'elle est offerte dans la chose même » qu'elle offre.»

Comme c'est Jésus-Christ prêtre qui offre, et qui est lui-même le don offert, l'Eglise a du aussi s'offrir en l'offrant^ « et Dieu, dit encore saint Augustin , lui ùil » voir ce mystère dans le sacrifice qu'elle offre tons » les jours : car, comme elle est le corps d'on tel chef^ 9 elle apprend à ^'offrir elle-même avec luL » («SL jiug. de cWU.^ /. 10, c. 20. )

Le sacrifice de la messe est donc celui de Jésus-Christ et de l'Eglise^ le seul sacrifice extérieur qu'il faut offrir à Dieu ^ le vrai et l'unique sacrifice qui renferme l'idée de tous les autres j Todique qui expie les péchés « qifi

DE LÀ Mess£« gg

mérite les grâces , et qui sera continué jusqu^à la fia des siècles.

Il n^'est donc rien de plus auguste dans la Religion ^ qoe ce sacrifice perpéiueL La valeur du sacrifice de la croix étant infinie, son prix est suffisant pour racheter une infinité de mondes : c'est un trésor , un fonds, une «ource inépuisable. Cest-Ià que tous les siècles à venir puiseront dans les plaies du Sauveur, les grâces et le sang de FAgneau sans tache, pour purifier et sanctifier leurs ftmes: et c'est pour cela, dit saint Paul, qu'il ne se réitérera pas : Und oblatione consummavit in œter^ num sanctificatos.

Mais, dit le concile de Trente, quoique Notre-^ Seigneur Dieu dût une fois s^offrir lui-même à Diea son Père en mourant sur l'autel de la croiœ , pour y opérer la rédemption éternelle , néanmoins , parce que son sacerdoce ne devoit pas être éteint par sa mort , pour laisser à l^ Eglise , sa chère épouse , un sacrifice visible^ tel que la nature des hommes le requérait^ par lequel la i^ertu salutaire de ce sacri^ fice sanglant^ qui devoit s^ accomplir une fois en la croix ^fut appliquée pour la rémission des péchés ^ dans la dernière cène , la nuit même quilfut li^réj se déclarant prêtre établi pour V éternité^ selon [ordre de Melchisédech , il offrit à Dieu le Père , son corps et son sang , sous les espèces du pain et du vin ^ et sous les sjrmboles des mêmes espèces^ les donna à prendre à ses apôtres^ quil établissoit lors prêtres du noui^eau Testament , et par ces paroles : Faites ceci en mémoire de moi , leur ordonna^ à eux et à leurs successeurs dans le sacerdoce , de les offrir. ,.t<Il institua le saint sacrifice de la messe, qui, en appliquant le prix de ce précieux sang, rend lé 'ji^crifice de la croix efficace, et nous en communiqué ; |<^ mérites. Est-il rien de plus grand et de plus saint? Pourquoi y a-t-il donc a^ prêtres qui ne méditent jamais SQf l'excellence d$ ce divio ss^crificç î comment se pré't-

100 Du Sacrifice

parent-ils à TofFrirP avec quelle attention^ avec quelle révérence, avec quels seutîmeus roffrent'^ils P qnek fruits ODt-ils recueillis de toutes les messes qu'ils ont célébrées f On ne peut y penser, sans mêler ses larmei avec celles de FEglise, qui pleure sur eux. Faut-il après cela s*étonner de les voir tomber dans ce déplorable étal, où plus on est prêtre long-temps, plus on estin^ digne de TêtreP

Quelle est donc Tidée qu'un prêtre doit se former de son ministère et de lui-même , lorsqu'il va célébrer les sacrés mystères f quels sont les sentimeus qui doivent ]y préparer P quels sont ceux qui doivent le soutenir à Tautel, lorsqu^il offre le saint sacrifice P quels sont ceux qui doivent Toccuper, après qu'il Ta offertP G^esi ce que nous expliquerons, après avoir parié deséglbesy chapelles, autels, linges, ornemcns, etc.

Des Eglises et des Chapelles destinées à offrir Ip

saint Sacrifice de la MessCé

Xjes apôtres ofTroient ordinairement le saint sacrifice de la messe dans des maisons particulières , comme dit saint Luc ( acta apost. cap. a. ^6)frangentes circa domos panem. Il paroit néanmoins par saint Paul ( I . Corinth. 1 1 . 1 8. ), que dès lors il y avoit des lieinc uniquement destinés aux prières ; et ces lîeisx s'appe-^ loioDt églises, oratoires, basiliques. Pendant le temni des persécutions, on oflProit le saint sacrifice dans les cimetières, ou espaces souterrains, où Ton enterroit les morts, dans les lieux où Ton pouvoit être caché et ea sûreté, et par tout où Pon pouvoit s'assembler, dms une pVfsën, dans ut)e hôtellerie, dans des caves , éttf. Mais 'firpr^s que Teropereur Constantin eut donné la paix à TËglise , on vit de toutes parts dédier des temples au Seigneur; et depuis*, il a toujours été défendu, comme il l'est encore aujourd'ui, d'offrir le saint sacrifice- aïK»

SE LÀ Messe. lot

leurs que dans les églises ou chapelles , consacrées ou bénites à cet effet. Ce qui n'a pas empêché que dans les occasions extraordinaires^ on n'ait célébré la messe dans des chambres particulières ou dans d'antres iieux^ lorsqu'il y a eu des raisons justes et légitimes de le taire: lesquek cas extraordinaires ont cependant toujours dû être approuvés par l'évêque.

Les églises et les temples destinés aux prières , soit publiques^ soit particulières, à y ofij ir le saint sacrifice^ à l'administration des Sacremens aux peuples et à la prédication de la parole de Dieu, doivent, autant qu'il est possible, être consacrés, et dédiés d'une manière particulière*

Lorsqu'on bâtit des églises en l'honneur de quelques Saints en particulier, elles ne le sont que pour y rendre i Dieu seul le culte souverain qui lui est dû, sous I invocation de ces Saints, dont nous cherchons à mé« rifer /a protection auprès du Seigneur, en y honorant spécialement leur mémoire.

On ne doit construire aucune nouvelle église ou chapelle , sans la permission par écrit de l'évèque. Si c'est une église paroissiale, il faut qu'elle soit bâtie dans un lieu commoae pour tout le peuple qui en doit dépendre ^ qu'elle soit assez grande pour contenir tous Us paroissiens^ qu'elle ait proche d'elle une maison propre pour le curé, commode et logeable^ qu'elle ait un cnœur distingué de la nef, et les autres choses requises pour faire avec décence toutes les fonctions.

Les pasteurs et les prêtres doivent s'appliquer à inspirer fréquemment aux peuples dans leurs instructions, avec tout le zèle dont ils seront capables, le respect^ rhonneur, et b vénération qui sont dus aux églises et autres lieux sacrés, leur repréaientant les terribles châ— timens dont Dieu a toujours puni les profanateurs des lieux saints*

Les curés et les supérieurs des églises doivent yeiller attentivement i ce qu'elles, soient toujours dans la dé*-

103 Du Sacrifice

cence et la propreté convenables. Ils feront en sorte que le dedans et le dehors soient en bon état^ quW ait soin de les balayer tous les huit jours, et d^en (aire ôter tous les mois les toiles d^araignëes ^ que le couvert soii bien entretenu^ que les fenêtres soient bien vitrées; que les portes^ s'il y en a plusieurs, aient chacune une serrure et sa clcf^ et qu^ellcs soient bien fermées depuis le soleil couche jusqu'à Taube du jour du lendemain} que les laïques n'aient dans leurs maisons aucune ùt^ nètre par laquelle on puisse regarder dans TEglise , a moins qu'il n'y ait pour cela quelque titre précis, ou permission expresse^ et que, s'il y a quelque porte particulière par laquelle des laïques, qui en auroient la clc^ puissent entrer dans l'église ou dans quelque chapelle de ladite église, il y ait â ladite porte un verrou par dedans ladite église ou chapelle, lequel verrou on doit avoir soin de fermer, au moins tous les soirs, pour ne rouvrir, s'il le faut, que le lendemain au plutôt à l'aube du jour.

Ils ne doivent point souffrir qu'il y ait dans les églises rien qui puisse blesser la vue en aucune façon} c'est-à*dire, aucun tableau, image, figure ou statue | qui soit ou indécente, ou ridicule, ou déchirée, ou mutilée^ représentant quelque histoire fausse ou apocryphe , ou quelque nouveau miracle qui n^auroit pas été vérifié authentiquement par qui de droit. Ils ne doivent pas souffrir qu'on mette dans l'église aucun tableau, ni vœu de cire, en actions de grâces, ce qu^on appelle communément, ejo voto^ sans l'expresse per^ mission del'évêque.

Potir suivre 1 ordonnance du concile de Trente^ ( Sess. 35. ), on ne doit point exposer à la vénération des peuples, dans les églises même exemptes, aucune image dune forme inusitée et extraordinaire, qu'elle n'ait été auparavant approuvée par l'évêque, ou par quelqa^un commis par lui pour cet effet.

On ne doit point exposer non plus dans les églises^

DE LA Messe. io3

aucune statue qui représente Notre-Seigneur Jésus^ Christ^ la Sainte Vierge, ou les Saints, qu^après qu^elie aura été bénite par Tévèque ou par un prêtre auquel il en aura donne le pouvoir.

Les curés et autres supérieurs des églises ne permettront pas qu'on y expose à la vénéi*ation des ûdèles, le portrait d'aucune personne , même décédée en odeur de sainteté, si elle n'a pas encore été canonisée ou b^tifiée par le saint Siège; et moins encore Tirnage de quelque personne vivante, quoique sous la figure d^ua saint ou d'une sainte.

Et, afin d'empêcher qu'il ne se commette aucun abus

on scandale dans la vénération des images, les curés

expliqueront souvent aux fidèles la doctrine de TEglise

sur ce point. Ib auront soin de leur enseigner , que le

culte qu'on rend aux images se doit rapporter aux

Saints quelles représentent; qu'elles tiennent lieu de

faVre aux fidèles ; tant parce qu'elles retracent Tidée

de nos mystères, que parce qu'exposant à leurs yeux^

ks principales actions de Notre-Seigneur, et les combats

qae les Saints ont soutenu pour sa gloire , elles les in^

TÎteot à se rappeler ce que Jésus— Christ a fait pour

nous, en lui rapportant le culte d'adoration ; et à imiter

les Saints, en leur rapportant le culte de respect et

d'honneur.

On ne doit point exposer publiquement dans les églises aucunes reliques, qu'elles n'aient été vérifiées et approuvées par Tévéque ou par quelqu'un de ses prédécesseurs.

On ne doit point exposer les reliques sur le même autel où le Saint Sacrement sera en évidence, et ou ne doit pas les fermer dans le même tabernacle.

Les curés et autres supérieurs des églises doivent avoir soin que les saintes reliques soient tenues dans des châsses riches ei bien fermées, qni aient été bénites par révcque, ou par le prêtre auquel il aura donné pouvoir ae fair£ cette bénédiction.

io4 De Sacrifice

C<;s châsses doivent être mises dans l'élise CD un lie» décemment orné, ou au moins dans la sacriitie dans des armoires bien |>ro{>res et fermantes à clef j d'où elles seront nonces par nn prêtre revêtu de surplis et dVloIe, précédé d'un cierge allume, sur lesautelSf ou tables, où Ton a coutume de les exposer j et elles seront rapportées avec la même révérence.

Les curés enseigneront aux peuples le respect onï est dû aux saintes reliques, et ils leur feront estendre' que l'intention deVEglise, eu exposant les corps saints des bienheureux à la vénération des fidèles, est nonseulement de les engager à leur rendre le culte qui leur est dû , comme ajant été le temple du Saint-Espritf et à implorer lenr assistance auprès de Dieu, mais jirincipalemeDt de les porter à l'imitation des vertus, par la pratique desquelles les Saiot3 sont parvenus à Là gloire.

Enfin , ils ne cesseront point de leur rappeler que le culte qu'on rend aux reliques et aux images, est une pratique qui, en portant à rendre grâces à Dieu et à imiter les Saints, est bonne et utile ^ pourvu que ce culte soit tel que TËglisc le demande et Tapprouve. Ils leur diront de n^oublier jamais, qu'en rendant aux reliques et aux images ces témoignages de vénération ^^ Dous ne croyons pas qu'il y ait en elles aucune divinité ni aucune vertu : nous ne leur adressons pas nos prières, et nous n'y mettons pas notre confiance^ mais c^est à Dieu même, c^est à Jésus-Christ que nous demandons des grâces par llntercesslon des Saints.

Toutes les chapelles doi>'''<Qt pareillement être tenues avec propreté et 'décence, et fournies de tout ce qui eit necessaite. Elles doivent avoir une porte fermant à clef, laquelle porte doit être et demeurer fermée pendant tout le temps qu'il ne sera pas nécessaire quVUe soit ouverte pour la céléhi-atiou de la messe, ou pour autre cause juste et raisonnable.

Las chapelles domestiques doivent être rares ^ «t

DE LA. Mes SE. loS

i|iiand la ' permission sera accordée d^en avoir ^ ce na sera qu^aux condilions sQÎvantes : i» elles seront situées dans un lieu décent et convenable, qui soit particulier, séparé de tout usage non«-seulement profane , mais même ordinaire. Il est ordonné dans ce diocèse , qu a Faveniri les chapelles domestiques seront isolées, se-* parées au moins d'un pied de tout bâtiment ^ que le bâtiment eo sera assez grand pour pouvoir y contenir ceux qui entendront la messe ^ en sorte qu'ils ne soient fês obligés de demeurer pendant la messe h la porte ou aux fenêtres, ou même ce Fentendre de quelque endroit où Ton fait ordinairement des choses profanes. 2. Comme nous venons de le dire, elles seront entretenues proprement et dans un état convenable^ du-' ment pourvues d'omemens, linges, vases sacrés et autres choses requises pour célébrer dignemeni le saint sacrifice. 3. L'on n'y exposera que des tableaux de dévotion; et, à cet égard, ainsi que pour les statues, on observera ce qui a été marqué ci-dessus pour les églises. Les portes de ces chapelles en dehors, seront marquées pr quelque signe qui dénote la destination du lieu^ et qui fasse connoitre le respect qui lui est dû. Les autres règles de ce diocèse sur la décence des autels ^ sur les linges, ornemens^ vases sacrés et autres choses nécessaires pour la célébration du saint sacrifice, y seront observées. 4- On n'y prêchera point , on n y baptisera point, on n^y fera point Teau bénite; on n'y donnera point la bénédiction aux femmes relevées de couche ^ et on n y fera aucune des fonctions qui doivent fUre faites à la paroisse ; on n'y confessera point sans une permission expresse et spéciale. Pour ce qui est de la sainte communion , on pourra la donner dans ces cha^ pelles, pourvu que ce ne soit point la communion pascale : on n'y dira point la messcf les jours de noël^ de l'épiphanie, de pâques, dt; fascension de Noire- Seigneur, de la ^pentecôte, de la fêïe Dieu, de Tassomptiou de la Sainte Vierge, de la fête de tous le^

'io6 Do Sacrifice

Saints , de la fête du patron de la cathédnle et da diocèse, et de U fêle du principal patron de la paroisse, dans retendue de laquelle elles seronr situées^ cotnme aussi le jeudi et samedi saints, à moins qu^il n'jun eût une permission spéciale et par écrit.

Pour les chapelles rurales , bâties pour la commodité d'un hameau ou d^un écart tout entier éloigné notablement de la parobse , mÂme pour celles qui forment le titre d'un bénéfice, on observera tout ce qui vient d'être dit pour les chapelles domestiques , à Tcxception dei insiniciions sur le catéchisme, des annonces des fêteset des jcïJDesj et hors les cas où, pour des considérations particulières et intéressâmes, il y aura des permissions contraires.

Dans les chapelles domestiques, il ne doit point j avoir de cloches capables de convoquer ceux du dehors. Les (êtes et dimanches il n'y aura que les personnesde la maison qui y entendront la messe, excepté les temps de récolte^ et ceux auxquels appartiendront ces chapelles, auront soin que toos les dimanches il y ait au moins une personne de leur maison, ou maître ou valet et domestique, qui aille entendre la messe du prône à Téglise paroissiale , ou à la chapelle où se £iit un service public tenant lieu de service paroissial, comme dans les succursales; afin que cette personne apprenne les annonces, publications ei avertissemeniqui s'y feront. On ne célébrera jamais la messe dans ces chapelles, qu'après l'heure de la messe paroissiale,' et elle y sera toujours finie avant midi.

A l'égard des cliapelles rurales, il y aura une cloche pour avertir de la célébration de la messe, qui s'y dira publiquement pour toutes les personnes qui voudront y assister. £i. pour pourvoir à fitistruction publique, il est ordonné aux piètres qui y célébreront la sainte messe, d'y faire après l'évan-^ile la prière du malinj avec la lecture des formules pour le prône, de la même manière qu'elle doit se faire à la première messe des

DE LÀ Messe. 107

églises paroissiales, et qu'elle est prescrite dans le RitueL Lie dimaDcheà la messe, il est encore permis d'anooncer^ dans ces soi'tes de chapelles, les fètes et les jours de jeûne.

Il est dé&ndu pour toutes les cbapelles , soit rurales^ soit domestiques , d y célébrer ou faire célébrer la saints messe, sans une permission expresse et par écrit, et par aucun autre prêtre que par ceux qui seront ap— proQTés pour dire la sainte messe dans ce diocèse.

Les curés visiteront chaque année toutes les chapelles domestiques et rurales de leur paroisse, pour voir sy rien n y manque, et si tout est dans Tordre prescrit cidessus^ et ib en rendront compte lors de la visite épiscopale.

U est ordonné que dans toutes ces chapelles on ob* servera exactement les règlemeiis de ce diocèse, sur tout ce qui regarde la célébration de la sainte messe.

U est défeudu de célébrer dans une église ou chapelle interdite ou pollue, jusqu'à ce que l'interdit soit levé^ 00 qn elle soit réconciliée.

Yoici les cas dans lesquels une église ou une chapelle devient pollue et profanée: 1. quand il s^est commis uo homicide volontaire , soit qu'il y ait eu effusion de Sâog, soit qu'il n y eu ait point eu ^ par exemple, si Ton y etouffoit, ou si Ton y empoisonnoit , ou si Ton y pendoit quelqu'un. Il faut que cet homicide ait été fait dans leuceinte même de cette église, et dans quelqu'une des parties qui sont regardées comme lieu sacré : par ces parues , on entend celles qui sont contenues daus l'espace du bâtiment intérieur d'une église « depuis le toit intérieur jusqu'au pavé. Ainsi une église n'est pas pro* ùoée par un homicide fait hors des murs de Téglise^ dans la sacristie, par exemple, daus le clocher^ sur le toit ou sur la voûte , dans des chambres adhérentes à réglise, dans une cave souterraine, à moins qu'elle ne wt destinée à là sépulture des fidèles; parce qu'alors elle seroit censée être un lieu Téritablement saint ^ et

io8 Du Sacrifice

faire une partie de Téglise, n'en étant pas séparée. La sacristie, le clocher, le toit, la voûte, les caves qui ne servent pas de sépulture^ les chambres adhérentes à Téglise, et autres semblables lieux, ne sont pas regardés comme sacrés . étant destinés , non pour la célébration de Toffice divm, mais à d^antres usages: par la même raison, si Ton pendoit quelqu'un à un mur extérieur d'une église, cette église ne sèroit pas profanée^ mais le cimetière le seroit, si ce mur étoit en même temps le mur intérieur du cimetière, parce qu'alors on pro* faneroit un lieu sacré.

Une église seroit encore profanée, si quelqa^on y recevoit une blessure mortelle , même sans eflfnsion oe sang, et quoique le blessé mourût hors de cette église. Mais si une personne, étant hors d'une église, étoit blessée mortellement par un coup que lui auroit donné quelqu'un étant dans l'église, cette église ne seroit pas profanée, quand même 1^ blessé y seroit ensuite entré, et y auroit répandu du sang, ou y sereit mort. Elle seroit profanée, si quelqu'un, étant hors de l'Eglise, dounoit un coup mortel à quelqu'un qui seroit dedans, soit que celui-ci y mourût, ou non.

II faut, pour profaner une église par un homicide, que cet homicide soit volontaire: s'il est casuel, il nV s pas lieu à la profanation; par exemple, si quelquon y étoit tué par la chute d'une pierre ou d'une poutre. Pareillement, l'église ne seroit pas profanée paria mort que s'y seroit donnée un fou , on une personne qui n'étoit pas dans son bon sens : elle le seroit au contraire^ si une personne, ayant l'usage delà rabon, sjf étoit tuée*

Une égUse n'est pas profanée par tout homicide volontaire, il faut pour cela que Inomicide soit un péché moriel. Ilfaut^pour profaner un église par un homicide, qu'il ait été fait d'une manière injurieuse, c'est-i-dire , notablement contraire au respect dû à un lieu saint; ainsi, uuo église n'est point profanée par rhomidde

DE LÀ MeS^E. I09

qu?y commet un homme qui se défend et ne passe pas les bornes d^une dëfense juste et modérée. Cependant si ce cas arrivoit , comme il est difficile alors de garder toute la modération nécessaire, on devroit consulter leTèqoe, avant que de célébrer aucun office divin dans cette église. Une église seroit profanée, si Ton y exécutoil un criminel, même par sentence du joge, si on j tnoU un martyr^ car, quoique le sang des martyrs consacre les égUses, leur mort cependant de la part des persécoteors et assassins , est un horrible sacrilège qui profime Téglise.

X Unewliseest profanée,lorsqu^ils^y est fait une effu-^^

lioo coDsicKrable oe sang par ouelque blessure notable ^

non casnelle ou fortuite , mais causée par une action

qui est péché mortel. Si l'effusion de sang étoit en petite

quanlile , réglise ne seroil pas profanée ; elle ne le seroit

pas, si TefFusion de sang étoit considérable, mais occa-

sîonée par le badinage ou la querelle de quelques

enfans , en cas toutefois que cette querelle n'allât pas

josqu'*au péché mortel. 11 n^ auroit point non plus de

proiânation , si le coup qui a fait répandre du sang ,

avoit été donné par un fou ou en badinant , et st

faction qui a fait aonner le coup , n'étoit pas contraire

an respect dû à un lieu saint. Si la blessure avoit été

iàite dans IVglise , Péglise seroit profanée , quand même

lesang n^anroit coulé qu'après que le blessé en seroit sorti.

Pour la profanation aune église par une blessure

seule, reçue sans causer la mort, il ne suffit pas que

celte blessure soit notable, par exemple, lorsqu'il y

a mutilation ou quelque os cassé : il faut encore qu'il

y ait effusion de saug. Dans le doute si une blessure

faite sans effusion de sang , causera la mort , on doit

consulter Tévêque , pour savoir s'il conviendra de

continuer dans Péglise^ où la blessure a été faite, la

célébration de l'office divin pendant la maladie de celui

qui a été blessé.

3' Fiolatur ecçlesia per quamcumque seminis hur^.

âio Du Sacrifice

wiani effusioncm in eâ i^oUintariè factcan , sivt in copulâ cornali^ sive non^ et etiam per actum conjii^ ffalem. Hînc illusio in somnis contingens ^ aut in n^igiliâ^ sed coactè^ ecclesiam non violât.

4* Une église est profanée ^ quaod on y a enterré un inûdèle^ ou un excommunié dénoncé, quand même on y auroît enterré cet excommunié par ignorance de son excommunication. Une église n'est pas profanée ^ quoiqu'on y ait enterré un interdit dénoncé. La pro^ fiination auroit lieu par la sépulture d'un enfant mort sans Baptême, quand même, ayant été tiré du sein de •a mère morte , il y auroit été remis ensuite pour être enterré avec elle ; mais il n'y auroit point de profanation si feufant , n'ayant pas été tiré du sein de sa mère, étoit enterré avec elle.

5. Une église perd sa consécration , lorsqu'elle a été brûlée , ou lorsque la plus grande partie des murailles est abattue, et qu'on les rebâtit tout a la fois, quand même on se serviroit des mêmes pierres pour les construire de nouveau. Il n'eu seroit pas de même si les murailles , n'étant tombées que par parties et en difierens temps , étoient réparées successivement , et aussitôt qu'elles seroient tombées. Cependant, à proprement parler , on ne peut pas dire qu'une église soit alors

!)rofanée , parce qu'il n'y a rien qui soit contraire à a sainteté du lieu ^ mais lorsqu'un édifice consacré est détruit, c'est une suite nécessaire qu'il perde sa cou* sécration; ce qui arrive encore, si toute la croûte ou la plus grande partie de la croûte des murailles est tombée , parce que la consécration est attachée à la croûte extérieure des murailles : c'est-la que se font les croix et les onctions du saint chrême. S'il n'y a que le toit et d'autres bois de l'Eglise tombés ou brûles^ et que les murailles subsistent, au moins pour la plus grande partie, l'église ne perd pas sa consécration^ parce qu'elle est censée être la même qu'auparavant ^ ^ que U coufiécration ou bénédiction à'iuk^ église a*es(

DE LA MeSS2« 111

pas censée attachée aux toits ou à la charpente , mais seulement aux murailles.

Lorsqu'une église perd sa consécration ^ parce qu'^eiie est tombée ^ le cimetière ne perd pas pour cela sa bénédiction.

U faut observer à ce sujet , qu^on doit faire une différence entre la profanation d'une église et son exécration* Lorsqu une église est profanée , tous les autels gai V sont fixes, sont profanés aussi ^ pareillement^ la profanation de Tau tel fixe d^une église , emporte cell« de Féglise. Au contraire ^ Texécration d^une église qui arrive par sa destruction ou par la ruine, ou Tincendie de ses murs, n^'emporle pas celle des autels fixes qui y restent dans leur entier , et sans être endommagés ; de même Texécration de Tautel fixe d'une église n'emporte pas celle de Téglise.

On ne peut pas se servir , pour des usages profanes, d une église qui par sa destruction a cesse d'être consacrée.

Notez I. qu'une église ne doit pas être censée profanée dans tous les cas que nous venons d'expliquer, s'ils sont occultes, quand même on pourroitles prouver par deux ou trois témoins^ mais, si le cas est public, la pro&nation est réelle.

a. Que la seule notoriété de fait suffit pour qu'une église soit censée profanée. C'est pourquoi, s'il se commet un homicide dans une église pendant la célébration da saint sacrifice , le prêtre qui célèbre doit cesser surle-champ, si le canon n'est pas commencé^ mais, si le canon étoit commencé, il faudroit achever la messe jusqu'à la communion, et se retirer après avoir communié.

3.Que,lorqu'on doute qu'une église ait été consacrée, n'en ayant aucunes preuves ni testimoniales , ni par écrit^ iiiaut la consacrer.

4* Qu'un cimetière contigu à une église, est profané par la profanation de cette église ^ mais l'église ne perd pas sa consécration par la profanation du cimetière seul, Huoi^u'il li4 soit contigu. Si Iç cimçtière e«t séparé de

lia Du Sacrificc

rëglise , il ne perd pas sa bénédiction par la profanatioli de l'église. S il v avoit deux cimetières contigiis , Iti profanation de run ne causeroit pas celle de laiitre , <]i2and même il y auroit passage de Tun dans 1 autre par une porte mitoyenne.

5. Qu'un cimetière est profané , dans tous les cas où nous avons dit qu^une église Test.

6. Qu'il est plus sur et plus^vrai de dire^ qu^lne église profanée n'est pas censée réconciliée par la célé^ bration du saint sacrifice.

n. Qu'un prêtre qui, sans la permission de révèque^ célebreroit dans une église proranée, pécheroit mortel* lement ; mais il n'en devieudroit pas irrégulier.

Lorsqu'une église sera devenue pollue et profanée ^ on doit sur-le-champ en ôter le sainte-Sacrement , et y (aire cesser les divins offices , jusqu'à qu'elle soit réconcilié par Tévrqne ou par un prêtre commis par lui à cet effet, si l'église n'est que bénite. On trouvera dans le Rituel , parmi les bénédictions , Tordre et les cérémonies de cette réconciliation.

Nous croyons nécessaire d'ajouter ici , qu'il est de devoir des curés de s'opposer, autant qu'ils le pourront^ au désordre devenu trop commun , dont sont coupables tous ceux qui amènent avec eux des chiens dans lei églises. Ils doivent avertir souvent les tidèles , dans leufi prônes et les autres instructions , que cet abus est une indigne profanation de la maison de Dieu. C'est manquer de respect aux lieux saints , que d'y introduire des animaux que l'on n'oscroit faire entrer dans les appartemens des princes et des personnes que Ton révère* Outre les ordures et les indécences qui en résultent , le bruit que les chiens peuvent faire dans les églises , ne sert qu'à incommoder les fidèles , à lei distraire dans leurs prières , à troubler Tatteotion des prêtres qui sont à l'autel ou qui célèbrent l'office divin, ocandale honteux , que bien des gens, qui ne sont chrétiens que de nom , regardent cependant comme ose

SE LA Messe. ii3

chose indtfTérente , et dont ils ne rougissent pas même detre tous les jours les auteurs.

C'est ce qui a fait ordonner au premier concile de Milan , et a celui de Mexico, tenu quelques années après y de ne souffrir aucun chien dans les églises et aêtre esact à les en chasser.

Il est défendu d^enfèrmer dans les églises, chapelles^ dmetières et autres lieux saints, les gerbes, blés, fruits^ paille, foin, meubles de maisons et toutes autres choses profanes; et, lorsqu'il se rencontre des cas où Ton croit fjit la nécessitéy oblige, on doit ne rien taire là- dessus, sans avoir eu, auparavant, Tavis et la permission de Tévéque diocésain.

Des Autels et de ce (fui y a rapport.

ELOif la tradition la plus ancienne et qui vient des apôtres , le saint sacrifice de la messe doit être offert sur des autels. Autrefois il y avoit des autels non-seulement de bois ou de pierre, mais encore d'argent et dor, garnis même et ornés de pierreries 5 dans la suite il fut ordonné de les faire de pierre au moins commune, s'ils n'étoient pas de marbre^ et que, s'ils n'étoient pas eoûèremcnt de pierre, ou mît au milieu une pierre pour y offrir le saint sacrifice.

On 11c peut donc dire la messe que sur un autel de pierre consacré par Févêque. Il y a de deux sortes d'autels Hs uns sont fixes et les autres portatifs^

I^î> autels portatifs ou pierres sacrées doivent être de marbre ou de pierre dure ; ils doivent avoir environ viogi pouces de longueur et seize de largeur, et être enchâssés dans un cadre de noyer ou d'autre bois solide j il faut que , sans ce cadre dans lequel il sont enclràssés, ilssoicni d'une grandeur suffisante, poury pouvoir mettre le pied du calice et l'hostie, le ciboire et les pains qu'on y met pour consacrer', comme aussi pour que le prètrQ Tome I. ' H

1 14 Dt7 Sacrifick

célébrant puisse avoir les mains sur 1 autel portatif oa pierre sacrée^ lorsqu'il tient Ikostie ou le calice au moment de la consécration.

On ne doit pas souffrir que les laïques touchent k nu les pierres sacrées, non plus que tes autels fixes ^ c^est pourquoi on doit les couvrir d'une toile. Ces pierres sacrées doivent êire enchâssées dans la table des autels^ de manière qu'elles ne puissent pas remuer : il est bon cependant de les placer un peu plus élevées que les autels, de façon que les prêtres qui célèbrent, puissent les apercevoir facilement ^ mais cette élévation doit être presque imperceptible.

Ijcs autels portatifs perdent leur consécration , lors* qu'ils sont tellement rompus, qu'ils ne peuvent plus contenir le calice et fhostie^ et encore, suivant lavis le plus commun , lorsque le sépulcre où les reliques étoicnt renfermées, a été rompu ou changé} il est vrai que tous les théologiens ne conviennent pas que la rupture du sceau et l'enlèvement des reliques d'un autel lui fassent perdre sa consécration ^ mais, quelque sentiment que Ton tienne là-dessus, il paroit que Tiniention de l'Eglise est, qu^on ne célèbre sur aucun autel qti'il n^ ait des reliques; ainsi, si Ton en trouvoit un âxe qui fiitsans reliques, on ne devroit pas y célébrer , sans y ajouter un autre autel portatif consacré. Si nn autel portatif étoit séparé de la caisse de bois dans laquelle il est enchâssé, il ne pcrdroit pas pour cela seul sa consécration.

Quant aux autels fixes , ils perdent leur consécralion, -1. lorsque l'église perd la sienne par la profanation , ainsi que nous l'avons dit ci-devant. 2. Lorsque la table de l'autel est notablement rompue. 3. Lorsqu'en changeant l'autel de place, on a détaché la pierre de l'autel de sa base, c'est-i^dire, de ce qui la soutenoit : c^est pourquoi, lorsqu'on est obligé de transporter un autel d'un lieu à un autre ( ce qu^il est défendu dans ce diocèse de faire, sans une permission expresse et par écrk )y ti

tt lA Messk. il 5

jfirnt faire en sorte de le transporter tout entier; et que ce qui Je soutient étant arrache du sol de l'ëgiise. ne fte détache point de la pierre de lautel^ mais quil j deaieure toujours uni , de peur que venant a perdre as consécration , on ne (ùt obligé de le faire consacrer une seconde foisé Si, en transportant un autel fixe, il ne se détache que quelqu'une des pierres qui lui servent de base^ îi faut consulter Tévêque, pour savoir si cet autel a dans ce cas sa consécration. 4* Les autels fixes sont censés perdre leur consécration^ lorsqu'on rompt k sépulcre où les reliques sont renfermées ^ au moins <B ce senS) ainsi que nous Favons dit ci- dessus en par^ lant des autels portatifs , que Tinteationde TEgliseest^ qu'on ne célèbre sur aucun autel ^ qu'il n'y ait des reliqncs» Si la table de Tautel n'étoit pas attachée à demeure aux pieds qui la soutiennent, on pourroit len séparer sans lui faire perdre sa consécration, parce que ce ue serojt alors qu'un autel porlaiif, mais plus grand qu'on n'a coutume de les faire*

On distingue aisément les autels consacrés de ceux qui ne le sont pas : ceux-là sont un peu noircis et mar^

Îaés par les différ«:}tes gouttes de cire, d'encens et d'huile tt saint chrême, dont ils ont eu l'onction ^ dans le sépulcre ^ il y a des reliques que Févêque y a mises \ ce sépulcre est scella et fermé : il faut prendre garde de n'en pas rompre le sceau et de n'en pas ôter les reliques* Le grand autel d'une église doit être plus élevé que le reste du chœur et de la nef. On doit y monter par ouelques degrés* Le plus élevé ^ qui sert de marche-pied^ Qoit être de bois poli; il doit avoir la même longueur que Tautel, et ao moins trois pieds de large ^ afin que le prêtre y fasse les génufiexions commodément»

Tous les autels doivent avoir au moins trois pieds da haut 9 six pieds de longueur , et deux pieds de large ^ sans y comprendre l'espace nécessaire pour les gradins et pour le tabernacle , s'il y en a« Il doit y avoir k chaque autel un marche^pied ferme et uni , consistant

li6 Du Sacrifice.

tout au moins en une marche dont l'élévation soit cTenviron quatre pouces , et la profondeur ou largeur an moins de trois pieds.

Les autels doivent éire solides , remplis de maçonnerie, ou sioutenus par des piliers. Il ne doit point y avoir d armoire sous rautei. Le dessus de chaque autel doit éire ou de marbre ^ ou de quelc|ue belle- pierre^ sans cela il ne peut être consacre. 11 Jaui au moins qu^il soit de quelque bois bien poli : el alors, pour pouvoir y cëlëbrefi il faut y enchâsser un auiel portatif consacré.

Au-dessus de Tautel, quand la ii(*cessitë le demande^ 11 faut mettre un dais qui empêche les ordures du plan* cher de tomber sur Tautel.

Chaque autel doit nt^ca^sairement être couvert de trois nappes bénites par^levêque, ou par un prêtre ayant permission : elles doivent être de lin ou de chanvre : celle de dessus doit être toute blanche et plus j6ne qtie lés autres^ elle doit couvrir tout Tautel par le dessus et par les deux cotés. Pour ce qui est des deiiz autres nappes , il suffit qu'elles coifvrent tout le dessus de Tautel, ou au moins de la pierre sacrée; et même •c^est assez d'une qui soit pliee en deux , pourvu qu'étant ainsi pliée , elle couvre tout le dessus de Tautel ou de la pierre sacrée. 11 faut attacher proprement la première nappe , afin qu'elle soit ferme. Les curés et autres supérieurs des églises et ceux qui sont chargés de Tentretien des chapelles , auront attention de faire souvent blanchir les nappes des autels; et que, hors le temps de la célébration des messes, les autels soient toujours couverts d'un japis propre et convenable. * Chaque autel doit pareillement êtns orné par devant . d'une étoffe de la couleur convenable , à moins qu'il ne fut fait en forme de tombeau.

Lorsque Tàutel touche à la muraille y il est de la dé-

cence qu'il y ait un tableau au-dessus , qui soit de toute Jla largeur de l'autel peint à Thuile, bien (ait, représentant quelque sujet religieux , ne contenant rien u'i^"*.

De là Messk. îj'j

décent, ni de contraire à la vérité de Iliistoire. Il est aussi de la décence qu'il j ait un retable hoanète.

Le tabernacle où Fon conserve le saint-Sacrement sur 1 autel , doit être doré , s'il e«t possible. Dans les qglises les plus pauvres, il suffira qu*il y ait quelques fileu d'or. Il doit être revêtu en dedans d'une étoffe de soie, bénite par lautorité de févêque, et avoir une

Eorte qui fertne à clef, et qui soit assez haute et asses \rge pour retirer du tabernacle le saint ciboire sans le pencher. Cette porte doit s'ouvrir entièrement, en sorte qu^en Touvrant, on ne soit point incommodé par les colonnes ou corniches du tabernacle. La serrure doit être bonne et forte. La clef doit être mise dans une armoire de la sacristie fermée sous la def, que le' curé on son secondaire doit garder. Cette clef du ta-* bernacle ne doit jamais être coniiéte k aucun laïque , ou ecclésiastique qui ne soit pas prêtre , les curés et secondaires la doivent serrer soigneusement, apr^s qu'ils s'en seront servis, et ne la laissser jamais sur f autel, ou en autre lieu , qui ne soit pas sûr. Elle doit être distinguée par un petit ruban ou cordon de soie, et n'être jamais attachée à d'autres clefs ^ elle doit aussi être dorée ou argentée , ou au moins bien polie.

On doit mettre dans le tabernacle nn corporal blanc , sur lequel on reposera le saint ciboire qui renferme les hosties consacrées. Ce corporal doit être propre et changé assez souvent, pour ne le point laisser saie. Il ne convient pas de mettre aucune autre chose dans le Ubernacle, si ce n'est le soleil qui sert pour l'exposition du saint-Sacrement^ et ce soleil même n'y doit être mis, que quand Thostie consacrée est dedans ; hors ce temps— là Ton doit enfermer le soleil avec son étui dans une ar.-noire de la sacristie.

Il doit y avoir cinq pavillons pour cou^TÎr le Tabernacle , qui soient des cinq couleurs de l'Eglise*, ou au moins nu de toutes couleurs et un second tout violet.

fiQ Du SAcmrtcE

H convient qu'ils soient de soie, autant que les lâtnillà

de ceux qui doivent les fournir , le permettent.

Il faut meure au milieu de l'autel un grand crucifix, qui soit vis-A-visle prêtre, quand il est au milieu da 1 autel. Ce crucifix doit toujours demeurer sur Taotel, même hors le temps de la messe et des oiBces. 11 esl mieux que le pied de la croix ait la même hauteur qus' les chandeliers , au milieu desquels elle doit être , et:

Îue la croix toute entière soit plus haute que lei chcneliers. On ns peut célébrer ta messe sur un autel, nos qu'il y ait une croix en relief exposée i la Tue dn peuple. Outre le crucifix, il doilyavoirau moinsdeux chandeliers, une carte appelée vulgairement la canon, avec deuxcartons, l'un contenant le commencement de l'Evangile selon saint Jean, l'autre cont»' nani les prières que leprêtre dit en bénissant l'eau qu'il met dans le calice, et en se lavant les mains.

Dans le temps du saint sacri6ce, on doit régulièrement se servir de cierges , et en avoir deux allumés ■ux jours ordinaires. Un seul sufiiroit en cas de nécessité. On ne doit point se servir, pour celle lumière, d'huile ni de suit, à moins, selon quelques auteuiv, qu'il n'y eut une extrême nécessité de le faire. Dam les messes les plus solennelles, on doit mettre sor Tautel six chandeliers garnis de cierges allumés, rangés en droite ligne \ mais on peut en mettre plus de six. Dans les messes moins solennelles , on doit en mettre quatre. It faut des rideaux pour couvrir les images du grand et des petits autels, et du reste de l'église, au carême pendant le temps de la passion.

Les petits auieb doivent être tenus arec la mèmt décence et la même neueté que le grand auteL

DE LÀ Messe. ng

Des f^aisseaux sacrés et des autres qui les accom^

pagnent.

JiàE calice qui sert au saint sacrifice , doit être d or ou d'argent) aussi bien que la patène , il est deTendu dans ce diocèse d*user de ceux qui seroient de toute autre matière. Si le calice est d'arj^ent^ la coupe doit être entièrement dorée par le dedans , et la patène aussi 9 en telle sorte qu'on puisse facilement discerner les particules qui se détachent de Thostie. La patène doit être de même matière que le calice. On la doit faire toute unie en dedans. L'un et Tautre doivent être consacrés par Tévèque, et ils perdent celte consécratiou quand ils ne sont plus en état desenrir au sacrifice^ par exemple, un calice, quand la coupe est percée, quelque petit quesoit le trou. Lorsque la coupe du calice et la patène ont perdu leur dorure, ou sontdoréesde nouveau , oudoit les reconsacrer. Une patène perd encore sa consécration lorsqu'elle est rompue. Si la coupe du calice tient Car le pied par une vis, la séparation du pied faite par ) moyen de cette vis et sans fracture , ne lui fait pas perdre sa consécration. Si un calice et une patène étoient bossues, ou avoient quelque tache, et qu'il fut nécessaire pour les raccommoder, de les mettre entre les mains d'un orfèvre, avec la permission de l'évêque, ils ne perdroieut pas pour cela leur consécration.

Il doit y avoir dans chaque église autant de calices <lûil en faut pour l'usage des autels, proportiounément au nombre des prêtres qui y disent journellement la messe.

Chaque calice doit avoû* au pied, une croix gravée ou relevée eu bosse. On ne doit point en souffrir qui tient des armes gravées sur le pied. La pesanteur ordinaire des calices est de deux marcs d'argent ^ la hauteur ordinaire est de neuf pouces pour les petits ^

lao Du Sacrifice

et de onze ou douze pour les grands. Si les calicef sont à vis, il faut les démonter de temps en temps pour les nettoyer.

On doit avoir autant de patènes que de calices. Elles doivent être un peu concaves par le dedans , et que la convexité du aehors soit de la grandeur dé Tou-verture du calice. Elles doivent être proportionnées à la grandeur du calice , c'est-à-dire , de six ou huit pouces de diamètre.

Le saint ciboire qui sert pour conserver les hosties consacrées dans le tabernacle , afin de donner la corn-*munion au peuple, doit être au moins d'argent^ la coupe doit être toute dorée en dedans ^ elle doit être d'une grandeur proportionnée au nombre de comœa-^ nians dans les plus grandes solennités. Le fond de la coupe en dedans doit être arrondi en concavité , pour pouvoir prendre facilement les saintes hosties, quand il nyen a guère, et afin qu'on puisse le purifier plus commodément. Il ne faut mettre dans la coupe du saint ciboire , ni corporal ni autre toile. Le couvercle du ci-» boire doit être séparé de sa coupe, et se fermer juste ^ en sorte néanmoins qu'on puisse l'ouvrir aisément* Il est bon que le pied du ciboire soit uni, pour ne pas blesser les doigts du prêtre qui le tient en donnant la communion. Il doit y avoir sur le couvercle du ciboire^ une croix proportionnée à la grandeur du ciboire. Il faut le couvrir d'un voile eu forme de pavillon, qui l'embrasse tout entier, et qui soit de la plus riche étoffe qu'on soit en état d'avoir. Dans les grandes et nombreuses églises, il doit y avoir au moins deux cii>oires.

On doit avoir encore un petit ciboire , ou une boite d'argent dorée en dedans, pour porter le saint-Sacre^ ment aux malades, sur-toiU dans la campagne. Lorsque le prêtre sera obligé de porter le saiut*Sacrement en quelqu'endroît éloigné , il portera ce petit ciboire pu cette boite dans une bourse d'étoffe de soie ^ la plus

DE LÀ Messe. i2ii

propre qu^on pourra avoir , qu'il aura attaché au coil avec uu ruban.

Cette boîle et le ciboire doivent être bénits, ow par révêqne ou par un prêtre qui en ait reçu ia permis* sien. Cette bénédiction se trouve dans le Rituel.

Les ciboires et les boites destinés à porter le saint- Sacrement aux malades ^ perdent leur bénédiction en perdant leur dorure , lorsqu'on les fait dorer de nouveau, et lorsqu'ik sont rompus.

Les vaisseaux sacrés perdent encore leur consécra-^ tîon ou bénédiction , lorsqu'on les a profanés, en les employant à d'autres usages qu'à ceux auxquels ils sont destines^ ce qui ne peut se faire sans sacrilège.

Pour conserver les vaisseatix sacres dans une grande propreté, les curés auront soin de les nettoyer de temps eu temps, se servant pour cet effet de cendres de foin, ou de vinaigre avec uu peu de cendre tamisée, ou d autres matières détersives; dont ils ne se serviront néanmoins jamais pour le dedans de ces vaisseaux, de peur de les dédorer, et d'en faire perdre la consécration on la bénédiction.

Lesoleil, pour exposer le très-saint Sacrement , doit être d'argent au moins. La hauteur des plus petits doit être de neuf pouces. Il doit y avoir deux cristaux ronds de trois pouces de diamètre au moins , afin qti'on puis^^e commodément y meltre une grande hostie, la— quelle doit être posée dans un petit cr^iissaiit qui soit au moins d'argent, tout doré, s'il est possihle. Un des denx cristaux enchâssés dans ht soleil, doit s'ouvrir et fermer en forme de porte; et, pour cet effl*i, il faut <Jti'ily ait au soleil une hrochotlo (rar»/vnt aitacjiéeà une petite chaîne de même métîl . qui licnii') au soleil , et qui serve à fermer le colo du cri.-iai qui s'ouvre. Au haut du soleil, doit être une n oix. q'»i t^^'ik plus liaute de son travers que les rayons <lu soleil. Le soleil devroit peser au moins deux marcs d'argent^ il doil être

132 Du Sâc&ificb

bénit avec son croissant par Tëvêque , ou par on prêcrt qui en ait la permission.

Les burettes et leur bassin doivent être ou d'or^' ou d'argent, ou d'ëtain ou de porcelaine, ou de feiencci ou de cristal, ou de verre; si elles sont d'une matière non transparente , il faut marquer la burette du vin, ou par la lettre Y marquée aessus , ou par un petit cordon rouge , afin qu^on ne s'y méprenne pas* Il faut les laver souvent, pour les tenir toujours danslapro—

Fireté convenable ] aussi bien que les essuie-maîw de autel , dont il faut avoir un nombre suffisant à chaque autel pour les changer souvent.

Il doit y avoir, dans chaque église ou chapelle §&* parée, même dans les chapelles domestiques, un ba deux vases d'étain ou de porcelaine , ou de faïence j on de terre vernissée, pour servir à laveries corpormiz , les pâlies, les purificatoires. Ces vases ne doivent aerviv qu a cet usage.

Au lieu ou Ton fait des hosties qui doivent servir au saint sacrifice de la messe et à la communion, il fiiut un vaisseau d'étain ou de terre vernissée, qui ne serve au'à ce seul usage , aussi bien que les fers et les compas dont on se sert pour faire les hosties. On doit avoif soin de les nettoyer souvent, pour les tenir dans la pro-» prêté convenable.

Il n'est permis qu'à ceux qui sont dans les ordres sacrés, ou qui. pour cause légitime, en ont la permission de révèque , ae toucher les calices , les patènes et autres vases sacrés ^ les corporaux, les pâlies, les purificatoires,, quand ces linges ont servi au saint sacrifice etqu ib ii ont pas été lavés.

PE LA MRstt: ia3

Des Linges et des Ornemens sentant à t Autel ou

é à VEglise.

XJES eorporaux doiveul èire de fine toile de lin , qui ne sok ni claire ni transparente \ il ne faut rien y broder^ il ne doit point y avoir de dentelle autour. U iaot y mettre seulement à deux doigts proche du bord d(B élevant, i Tendroit où le prêtre baise raatd| MK pedte croix faite à laiguille avec du fil blanc oa Ueu. On doit plier les eorporaux, en sorte que toutes lei extrémités soient en dedans , et ne paroissent point quand ils sont plies. U faut les empeser, afin qu ils se plient plus aisément et qu'ils se tiennent plus fermes. Toutes ces précautions sont nécessaires aux eorporaux , pour empêcher que les petits fragmens des hosties consacrées ne soient exposés à tomber ailleurs.

Les eorporaux doiveut avoir dix-huit à vingt pouces en quarré. On doit avoir soin de les conserver, et de la porter à Tautel , dans des bourses qui soient des couleurs prescrites par TElglise^ ces bourses doivent avoir un peu plus de huit pouces de hauteur , et environ sept de larn^eur.

On ne doit plus se servir des eorporaux, lorsqu'ils loni troués ^ de peur que les particules de Thostie ne tombent au travers.

U faut qu'il y ait des eorporaux suffisamment dans chaque église, pour en changer souvent. C'est une indécence!, une négligence et un manquement de respect considérables, que d offrir le saint sacrifice avec des eorporaux ou des purificatoires notablement sales. Cestà quoi les curés et les autres prêtres doivent avoir aUeution.

Les pailes qui couvrent les calices doivent être de I ia même toile que le> corpoiaux ^ leur grandeur doit ' lire environ de sept pouccis en quarré* li doit y avoir

134 ^^ ^ACRlFICB

un carton entre les deux toiles , qu'on fera blanchir aa besoin. li est mieux de ne mettre dessus les pâlies, ni ëtoiFe^ ni broderie, ntimage. Elles doivent être bénites comme les corporaux par Tévêque ou par un prêtre qui en ait la permission spéciale.

Les purificatoires doivent être de toile blanche ^ ni trop grosse, ni trop fine; leur longueur doit être de dix-huit pouces, leur largeur d'un pied. Il faut les plier en trois, et les marquer d'une croix au milieu , pour faire connoitre à quel usage ils sont destinés, laquelle doit paroitre quand ils sont plies. Ils est mieux de ne point mettre de dentelle autour des purificatoire^. Il est à propos que dans les églises où Ton dit plusieurs messes, chaque prêtre ait son purificatoire à part. On' ne bénit pas les purificatoires.

Les corporaux, les pâlies et les purificatoires qui odI servi au saint sacrifice, doivent être lavés par un prêtre ou par un clerc dans les ordres sacrés avant que d*être remis pour les blanchir^ IVau dans laquelle ces linges ont été lavés alors , doit être jetée dans la piscine ou dans le fe<i , ou dans quelque creux sous terre ou elle se perde.

Dans les églises paroissiales, il faut un dais pouf porter le saint-Sacrement aux malades. Outre ce dais il doit y en avoir un plus grand avec quatre ou six bâtons^ selon la qualité des églises, pour servir aux processions du saiut-Sacremeut»

Les habits sacerdotaux sont Tamict , Taube, la ceinture, le manipule, Télolcctla chasuble. Ces vctemens doivent être convenables, de la couleur, et tels que le prescrivent les rits et Fusagc de TEglisc. On doit en avoir dans chaque église un nombre suffisant et proportionné an nombre des prêtres qui y sont. On doit marquer le haut des amicts d\me croix, qu'il faut baiser en s^'habillant , comme les croix de Tétole et du manipule.

Ces omemens doivent être nécessairement bénits ^

DE hk Messiu laS

tirant qu*on puisse s'en servir ^ ou doit pareillement bénir la tuuiqiie et la dalmalique : cette bénédiction est de uécesité de précepte^ et doit être faite par Té-* vèque 9 ou par un prêtre qui en ait de lui le pouvoir. .

Il n'eat pas permis de célébrer la messe sans ces six orneniens ; en omettre volontairement quelqu^un, c'est , selon le sentiment commun des docteurs , un péché mortel, parce que Ton iunoveroit dans la célébration du sacrifice ^ ou violeroit un précepte ecclésiastique dans une chose d^importance.

Quand au surplis onrochet/à la chape ou pluvial ^ aaz voiles et aux aevànts ou paremens d autel, on ne les bénit pas.

Les curés doivent avoir soin que tous les ornemens de Téglbe, principalement ceux qui servent au saint sacritiee delà messe, soient dans la forme requise, et conservés dans uue grande propreté, ils ne peuvent jamais l^'s laisser traîner dans la sacristie, mais ils doivent donuer ordre que^ lorsqu'on ne s^en sert pas , ils soient plies et et serrés^ et veiller afin qu'ils soient plies et serrés dans des armoires fermantes à clef.

Les habits sacerdotaux perdent leur bénédiction , en sorte qu'il n^est plus permis de s'en servir, i^ lorsqu'ils sont si frippés^si déchirés et si malpropres, qu'on ne peut sans indécence s'en servir pour la célébration de^ saints mystères, a^ Lorsqu'ils sont tellement rompus , <|u ils perdent leur forme , et qu^on ne les auroit pas oéoiis en cet état ^ comme si l'on avoit tiré les deux iDauches,ou même une seule d'une aube ^ ou si Ton avoit séparé le devant d^une chasuble , quoiqu'on les ràt ensuite recousus; on en doit dire autant d'une ceinture coupée ou rompue. Si Ton ne faisoil que raccom* iDoder ces ornemens, en y ajoutant quelque pièxe detoSe ou de toile même non bénite, sans cependant leur changer leur forme, ils ne perdroieut pas pour cela leur bénédiction, parce qu'ils seroienl censés toujours les mêmes. Pareillement une ceinture coupée ou rom«

Ii6 Du Sacrifice

pue, dont ane des parties séparées pourroit eficoresenrir a Fusage auquel cet oroement est destiné , et serpit assez grande pour faire le tour du corps du prêtre , et attacher les deux côtés de Tétole, ne perdroit pas sa bénédiction pour cette partie ; on pourroit mème,en ce cas , renouer ensemble les deux parties de la ceinture pour plus grande cominodité. On peut réparer la ceinture | avant qnVlle soit rompue, lorsqu'il est i craindre qu^elle ne se rompe , sans qu'elle perde pour cela sa oéné^ diction.

On peut dans la nécessité se servir pour ctole dW long manipule , et aussi d'une étole pour faire un roa« nipule ou une ceinture ; parce que tous ces omemens ont été consacrés par une véritable bénédiction.

Lorsqu'une chasuble est double, on la bénit dea deux côtés^ ce qui fait que, si Ton sépare une partiede l'autre, elle garde sa bénédiction, et on peut célébrer avec Pune et l'autre partie. Il faut en dire de même d'une étole et d'un manipule doubles.

Il y a quelquefois des ornemens sacerdotaux, lesquels, quoiqu'absolument parlant, ils n'aient pas perdu leur bénédiction^ sont néanmoins si déchirés et si malpropres, qu'il semble que Ton ne peut sans indécence s'en servir pour la célébration des saints mystères. Tout ceux qui en doivent avoir soin, s'en rendent respon-* sables au jugement de Dieu. Les prêtres, auxquds on présente de pareils ornemens, ne peuvent refuser au zèle qu'ils doivent avoir pour la gloire do Seigneur et pour la dignité du culte que nous lui devons, de s'en plaindre doucement et avec prudence , et de faire leurs représentations k ceux qui devroient y remédier ^ il convient même alors de ne point prendre ces ornemens. Si la pauvreté empêche d avoir des omemens précieux, du moins devroit— on prendre soin de ceux qne Ton peut avoir.

Il est défendu à tout prêtre, dans ce diocèse, sont peine de swtpense, de célébrer sanasoiuane longue qui

aille îuscjo^anx talons, même dans les vojrages. Il est encore détendu de se servir de certains vètemem qui se lient amour de la ceinture par-dessus un babit court : ainsi que des demi-soutanes , c^est à-dire^ de celles qui soDt sans mancbes, lesquelles ne conviennent point à des ministres des saints auieb.

Il est défendu am prêtres qui n*en ont pas une permission expresse, de célébrer la messe avec la calotte; ceux qni ont cette permission doivent ètce découverts depuis la préfiice jusqn^i la communion*

Lorsque les omemens et les linges qui ont servi i Tc^Use et a Tautel , ne sont plus en état de servir , il nest pas permis de les employer à des usages profanes;, mais on doit les brûler et eu *^)eter les cendres dans la piscine , on les «ifefmer dans quelque concavité des mors , on sous le pavé de Téglise en un lieu où per-^ sonne se paaie*

Des autres choses nécessaires dans les Eglises pour la célébration de la Messe ^ ou pour les autres fonctions.

IJxns les églises paroissiales, lorsque le chœur est séparé de la nef, il est à propos qu'il y ait an-dessns de la grande porte du chœur, vis*à-vis du maître autel, un grand crucifix dont la face soit tournée vers la neC

Dans toutes les églises où le saint-Sacrement est réservé, il faut qu'A y ait une lampe qui brûle nuit et jour devant le très-saint Sacrement, et dont Tentretien soit assuré. La lampe doit être ou d'argent, ou de enivre ou d'étain. Elle doit être toujours eutretenue dans la propreté* #

Le chœur étant destiné pour les ecclésiastiques qui chantent et qui font les autres fonctions du ministère à la messe et aux autres ofRces Jl faut qu^il &oit garni des livres nécessaires, qui sont au moins un graduel

ta8 Du Sacrificb^

et un antiphonaire. Il doit être aussi garni (Tun grand pupitre , pour soutenir les livres du chœur.

i^es laïques ne devroieut pas êire admis dans le chœur. Néanmoins dans les églises où le clergé n^esc pas nombreux, on peut y admettre quelques laïques, pourvu quUls ne troublent point le service divin, et qu'ils s y tiennent dans la modestie et le respect convenables.

. Les filles et les femmes nedoivent jamais y être souffertes , dans le temps de la messe et des autres offices publics.

Nous n^entendons pas parler de celles qui sont fondées en titre, et qui ontdroii dy placer des bancs , comme sont ordinairement les dames de paroisse.

Les ecclésiastiques doivent être placés de côté et d'autre dans les stalles ou sur des bancs fixes, chacun selon son rang et sa dignité : lesprctrcs avant les diacres, ceux-ci avant les sous*diacres , et aiuj;i du reste.

Il doit y avoir à chaque porte des églises, un bénitier fixe qui soit ou de marbre, ou de pierre la plus dure et la plus belle qu'on pourra trouver. Les curés doivent avoir soin de changer l'eau tons les huit jours, et de bien faire essuyer les bénitiers avec une éponge, pour les tenir toujours dans la propreté convenable.

Lorsqu'on vide les bénitiers , l'eau qu'on en tire doit être jetée dans la piscine ou dans quelque coin du ci— pietière.

Chaque église paroissiale doit avoir une chaire de prédicateur pour le prône, le sermon et les autres insftructions publiques. Celte chaire doit être située dans nn lieu commode de la nefl

Nous parlerons des confessionnaux, en traitant du Sacrement.de pénitence.

])ans les églises qui ont des orgues , les prêtres doivent avoir soin qu ou ne s'en serve jamais pour jouer des airs moudaîus , profanes et malhonnêtes. On appelle ainsi les airs de musique qui sont déterminés par l'usage à

des

IDt LA MbSS» t99

descbansODS profanes, OU qui ont été faits pour les théâtres? Quel papport peut^il j avoir entre TEglise et le théâtre , entre Jésus-Cbris^ et Bélial f

Chaque église doit avoir , autant que faire se pourra ^ une sacristie dont la grandeur soit proportionnée à celle de Téglise , et au nombre des ecclésiastiques qui la desservent. U &ut avoir soin qu^elle ne soit pomt humide, afin qiie les ornemens s y conservent mieux* Les fenêtres doivent en être grillées avec de bons bai^ leaux de fer , pour prévenir les vols. Elle doit avoir une bonne porte et une bonne serrure* Dans chaque sacristie doit être ce qui suit

1 ^ Une table assez grande et asseziongue pour que h préire puisse s^habiiler commodément avec le diacre et le aoush-diacre. Celte table devroit être couverte d^un tapis. Elle doit avoir au devant , un crucifix en relief ou un tableau, ou une image ^ au bas, un marchepied. Dans le creux de la taole , peuvent être des armoires pour les ornemens , les linges et les livres d^ féglise. Si cela ne suffît pas, il faut d autres armoires en nombre suffisant pour enfermer avec décence tous les vases sacrés, tous les linges , ornemens, paremens d'autds, et tout le reste qui sert à Téglise; comme sont les tapis de marche-pieds^ s ily en a, la bannière, les burettes, les bassins , etc.

3. Un lavoir qui contienne autant d^eau qu^l en &ut pour les ecclésiastiques qui desservent TEgiise. Au )>a du lavoir sera an bassin ou cuve , pour recevoir l'eau, qui soit ou de marbre, ou de pierre dure, ou it métal. Auprès du lavoir doivent être des essuieiQains qui soient tenus propres. U faut les changer aussi souvent que la propreté le demande.

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