‹ Instructions sur les sacrements en généralChapitre 8 sur 28 · FAITS QUI CONSTATENT LE POUVOIR DU DÉMON SUR LE MONDE · texte numérisé non relu

FAITS QUI CONSTATENT LE POUVOIR DU DÉMON SUR LE MONDE

Les hommes apostoliques qui sont arrivés les premiers chez les peuples intidèles pour y prêcher TEvangile, y ont trouvé des hommes possédés du démon. L'histoire ecclésiastique en cite des inilliers.

Un missionnaire nommé Lacour raconte ce qui lui est arrivé à lui-même en Cochinchine en 1733, au mois de mai. Etant dans une église, on lui amena un jeune homme de dixhuit à dix-neuf ans, et ses parents lui dirent qu'il était possédé du démon. Après avoir fait une communion indigne, il avait disparu du village, s'était retiré dans les montagnes, et ne s'appelait plus lui-même que le traître Judas.

Quelques jours après, le missionnaire se rendit à l'hôpital où était ce jeune homme. Il l'interrogea en latin, et il répondit sur-le-champ dans la même langue, sans l'avoir jamais apprise. Le missionnaire se retira épouvanté; mais étant revenu bientôt après, il voulut l'exorciser. « Je commençai, ditil, par de nouveaux commandements probatoires, observant toujours de lui parler latin, que le jeune homme ignorait. Je commandai au démon de le jeter par terre sur-le-champ, et je fus obéis dans le moment même; il le renversa avec une grande violence ; tous ses membres étaient tendus et raides comme une barre ; on aurait cru, par le bruit, que c'était plutôt une poutre qu'un homme qui tombait.

« Lassé, fatigué de sa longue résistance, je pris la résolution de faire un dernier effort : ce fut d'imiter l'exemple de Mgr l'évêque de Tilopolis en semblable occasion. Je m'avisai donc, dans un exorcisme, de commander au démon, en latin, de le transporter au plancher de l'église, les pieds les premiers et la tête en bas. Aussitôt son corps devint raide, et comme s'il eût été impotent de tousses membres, il fut traîné

— 13:3 — du milieu de l^église h uae colonne, et là, les pieds joints, le dos collé à la colonne, sans s'aider de ses mains, il fut transporté en un clin d'œil au plancher, comme un poids qui serait attiré d'en haut avec vitesse, sans qu'il parût qu'il agit. Suspendu, les pieds collés au plancher et la tête en bas, je fis avouer au démon, comme je me l'étais proposé pour le confondre, l'humilier et l'obliger à quitter prise, la fausseté de la religion païenne. Je lui fis confesser qu'il était un trompeur, et en même temps je l'obligeai d'avouer la sainteté de notre rehgion. Je le tins plus d'une demi-heure en l'air, dans celte posture, et n'ayant pas assez de constance pour le tenir plus longtemps, tant j'étais effrayé moi-même de ce que je voyais, je lui ordonnai de le rendre à mes pieds sans lui faire de mal. Il mêle jeta sur-le-champ comme un paquet de linge sale, sans l'incommoder, et depuis ce jour-ià mon énerguraène fut beaucoup soulagé; chaque jour ses vexations diminuaient, et aujourd'hui c'est le meilleur chrétien de la Cochinchine. »

Voici un célèbre médecin, un homme qui n'a aucune croyance religieuse, le docteur Calmeil, qui raconte des faits étonnants qui se sont passés dans une communauté religieuse de Loudun en 1632, et le docteur Bertrand a complété son récit :

« Deux religieuses ayant été atteintes de violentes convulsions, accompagnées de symptômes bizarres, on les exorcisa, et le prêtre leur ayant, suivant l'usage, adressé la parole, comme s'il parlait au diable lui-même, elles répondirent en conséquence, et les diables parlèrent par leur bouche...

« Le mal ne resta pas enfermé dans la communauté ; plusieurs filles séculières de la ville tombèrent dans un état semblable à celui des religieuses, et furent également exorcisées. La contagion gagna même les villes voisines. Cependant on continuait les exorcismes, auxquels on donnait la plus grande publicité... Telle rehgieuse, couchée sur le ventre, les bras tordus sur le dos, défie de la sorte le prêtre qui la poursuit avec le Saint-Sacrement. Celle-ci, courbée en arrière, pliée en double, affecte de marcher la nuque posée sur les talons^

celle-là imprime à sa tête des mouvements étranges... a Je a vis une chose qui me surprit beaucoup, dit un témoin ocu- « laire, et qui était commune à toutes les possédées : c'est (( qu'étant renversées en arrière, la tête leur venait aux ta- « Ions, et elles marchaient ainsi avec une vitesse surprenante « et fort longtemps... Quant à leurs cris, c'étaient des hur- « lements de damnés, de loups enragés, de betes horribles. « On ne saurait imaginer de quelle force elles criaient... »

« La supérieure répondait d'abord en latin aux questions du rituel ; mais dans la suite elle et les autres répondirent en quelque langue qu'on jugeât à propos de les interroger, en turc, en espagnol, en italien.

En 1849, le Constitutionel a rapporté des faits aussi extraordinaires. La Gazette des Tribunaux a parlé aussi de bruits étranges qu'on entendait dans certaines maisons de Paris. Tout à coup les meubles se mettaient en mouvement, se heurtaient les uns contre les autres, sortaient par une fenêtre et rentraient par une autre ; des pierres, des tuiles cassées étaient lancées dans les chambres, sans qu'on pût découvrir d'où elles partaient ; et les hommes de la police étaient là, regardant tout, sans pouvoir mettre la main sur l'auteur ou les auteurs de ces faits.

Mais lisez l'ouvrage remarquable de M. le comte de Mirville, qui a pour titre : Bes Esimts, et la Mystique du célèbre philosophe allemand Gœrres.

SDR

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