XIX« INSTRUCTION
AnioiQB* et comiiassioii gBOiir les iitrêtres*
Vcrnmlamcn 'icnefecistis, communicantes Irù bulalioni meœ.
Vous avez bien fait ni^anmoins di^ {irendro part à rafflictiori où je suis.
(PlilL., IV, \\.)
Saint Paul remercie les Philippicns de ce qu'ils se sont empressés de le consoler et de le soulager. « Vous savez, leur dit-il, qu'après avoir commencé à vous prêcher l'Evangile, ayant depuis quitté la Macédoine, aucune autre église ne m'a fait part de ses biens, et que je n'ai rien reçu que de vous seuls. Vous m'avez envoyé deux fois à Thcssalonique de quoi satisfaire à mes besoins; j'ai maintenant tout ce que vous m'avez envoyé, et je suis dans l'abondance.»
Tout prêtre qui veut remplir son devoir a besoin aussi d'être consolé et soutenu dans ses peines ; car il ne saurait continuer l'œuvre de Jésus-Christ pour le salut du monde sans être comme lui en butte à toutes les contradictions. « Le disciple n'est pas qu-dessus du maître, a dit le divin Sauveur; comme
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on m'a persécute, on vous persécutera. » Tout ministre de Jésus-Christ qui veut servir Dieu fidèlement doit donc s'attendre à marcher dans la voie douloureuse du Calvaire.
Lorsque vous voyez un jeune prêtre monter pour la première fois au saint autel, vous dites qu'il est bien heureux, et vous avez raison; non pas qu'il soit heureux comme on l'est dans le monde, mais selon la pensée de Jésus-Christ, quand il dit : « Heureux ceux qui souffrent ! » Voyez-vous la croix imprimée sur l'ornement sacerdotal dont il est revêtu? C'est pour lui apprendre que le jour de son ordination on lui a placé la croix de Jésus- Christ sur les épaules, et qu'il doit la porter tous les jours de sa vie.
Considérez notre Seigneur : il est entouré de ses apôtres et de ses disciples, c'est-à-dire d'hommes grossiers et ignorants, et pendant trois ans il travaille à les instruire, à les polir, à les cultiver avec un soin extrême et une patience à toute épreuve, afin de les rendre capables de faire son œuvre. Ils profilent de ses leçons; mais les Juifs, qu'il instruit avec le môme zèle, ferment l'oreille à ses divins enseignements,- ils lui tendent des pièges, ils contredisent sa doctrine, ils décrient ses miracles et cherchent tous les moyens de le perdre.
!N'est-ce pas ce que nous voyons aujourd'hui? Le prêtre explique la doctrine de Jésus-Christ, les "vérités saintes de l'Evangile. Parmi ses auditeurs, les uns l'écoutent avec respect et s'efforcent de
ineltre ses leçons en pratique; mais il en est un grand nombre d'aulres qui ne comprennent rien, parce qu'ils ne veulent rien comprendre. Ils le contredisent de toutes manières, afin de se donner plus facilement la liberté de pécher et de vivre dans une fausse paix.
Les Juifs portent les plus faux jugements sur la personne de Jésus-Christ, sur ses paroles et sur ses actions ; ils lui font un crime de guérir les malades le jour du sabbat ; ils le traitent de blasphémateur, parce qu'il se dit le Fils de Dieu; ils l'appellent ivrogne et gourmand, parce qu'il mange chez les pharisiens; ils l'accusent d'être un séditieux et un perturbateur du repos public; enfin ils publient qu'il est possédé du démon.
A^oilà bien le monde : si le prêtre adresse quelques reproches aux pécheurs endurcis, ils s'indignent contre lui, et, pour marquer qu'ils méprisent ses avertissements, ils s'écrient : Laissez-le dire, il fait son métier, voulant ainsi ravaler le plus sublime ministère. S'il attire du monde à la table sainte les jours de dimanche et de l'été, ils disent qu'il veut faire des bigotes, et on sait ce que signifie ce mot dans leur bouche. S'il parle de la justice de Dieu et des châtiments efiVoyablcs qui attendent les pécheurs, ils prétendent qu'il blasphème, parce que Dieu ne se venge pas et qu'il n'a pas créé les hommes pour les damner. S il demeure constamment dans la solitude et qu'il fuie le monde, ils le traitent d'avare; et s'il reçoit ses confrères ou leur
rend visite, ils raccusent d'être un ivrogne, un viveur, un homme de bonne chère. S'il enseigne qu'on ne doit obéir aux hommes que lorsque Dieu ne le défend pas, et qu'on doit leur résister lorsqu'ils commandent des choses opposées à sa sainte loi, ils le dénoncent aux magistrats comme ayant prêché contre le gouvernement. S'il fait voir que hors de l'Eglise il n'y a pas de salut, que les hérétiques, les schisraaliques et même les partisans de la religion de l'honnele homme sont dans la voie de perdition, ils l'accusent de troubler les consciences, de prêcher l'intolérance et de pousser au fanatisme. S'ils le voient appliqué à la prière et à la méditation, ils prétendent qu'il n'est qu'un hypocrite. Ils attribuent à l'orgueil, à la vanité, à la prétention de vouloir tout dominer, ou à d'autres passions qu'ils sentent en eux-mêmes, toutes les bonnes œuvres qu'il entreprend et qu'il lâche de mener à bonne fin.
Les Juifs murmurent contre Jésus-Christ sans aucune retenue, dans les rues, dans les places publiques, dans les maisons, dans les conseils, parmi les docteurs de la loi et les principaux de la nation ; il n'y a point de compagnie ni d'assemblée où l'on ne parle mal de lui et de ceux qui le suivent. Si ffuelqu'un ose le défendre, il ne fait que les irriter, ci on l'accable d'injures.
C'est ainsi qu'agissent certains chrétiens contre le prêtre zélé ; ils murmurent contre lui dans les maisons, dans les rues, dans les assemblées, dans les
cabarets, et surtout dans les réunions des philosophes et des docteurs de la localité; ils se vantent d'en savoir autant et plus que lui ; ils censurent ses instructions, sa manière de parler, son ton et ses gestes : rien ne leur plaît. S'il rappelle aux riches qu'ils doivent se montrer bons et compatissants pour les pauvres, ils l'accusent d'en vouloir aux riches; et s'il recommande aux pauvres la patience, l'amour du travail, la probité et la tempérance, les pauvres s'irritent et prétendent qu'il devrait bien plutôt reprocher aux riches leur égoisme et leur dureté. Si quelques fidèles courageux prennent la défense du pasteur critiqué injustement, on les traite d'imbécillcs, de bigots et de fanatiques; au lieu de se calmer, ils s'irritent davantage. Le ministre de Dieu aura beau leur rendre raison de sa conduite, loin d'avouer leur tort, leur orgueil humilié ne connaît plus de frein, et ils se livrent à tous les excès.
Des murmures les Juifs en viennent bientôt jusqu'à contredire la doctrine de Jésus-Christ et à blâmer ses œuvres. Ils mettent tout en jeu pour s'opposer aux progrès de l'Evangile, ils scandalisent les faibles, ils ébranlent les forts, ils encouragent les méchants et endurcissent les incrédules,
L'obstination à contredire la vérité n'a pas fini avec ce peuple aveugle et ingrat. C'est une persécution que les prédicateurs de l'Evangile souffrent tous les jours, non seulement de la part des incrédules, mais aussi de la part des chrétiens leurs
frères, et souvent même de la part des personnes qui ont le plus de répiUaiio» dans le monde, et dont la haine est d'autant plus dangereuse qu'elle se couvre ordinairement du voile de la justice et de l'amour de la religion. C'est l'usage des âmes corrompues de décrier les prêtres, parce qu'elles aiment mieux être privées de tous les biens que de les recevoir de leurs mains, et demeurer dans leur corruption que de voir les succès et la répulalion des ministres de Jésus-Glirist. Une secrète jalousie a plus de pouvoir sur elles que la justice et la conscience, et leur premier soin est toujours de Sr'opposer aux desseins et au zèle des serviteurs de Bieu.
Les Juifs suivent Jésus partout afin de le traverser. Lorsqu'ils voient le peuple assemblé autour de lui, ils viennent par derrière lui faire mille questions avec beaucoup d'imporlunité; ils cherchent dans ses paroles quelque sujet de l'accuser.
C'est ainsi que des chrétiens orgueilleux traversent tous les desseins d'un prêtre dévoué à la gloire de Dieu et au salut des âmes. S'agit-il de reconstruire ou de restaurer l'église? on l'accuse de vouloir ruiner la commune et les habitants. S'agit-il d'établir une école particulière pour les filles? Ce serait une excellente chose, lui dit-on avec un zèle hypocrite, mais il n'y a pas de ressources ; il faudrait charger les habitants de nouvelles taxes, cl les pauvres seraient obérés. Est-il question d'une autre œuvre non moins importante? on trouve encore
— i27 — des prclcxles pour s'y opposer. Ea un mot, il suffit que le pasleur propose la chose la plus ulilc ou la plus nécessaire pour la paroisse, elle ne se fera pas, <lans la ciainlc qu'on ne lui en allribue la gloire. Semblables à ces enfants qui croient se donner de l'importance en agissant contrairement à tout ce qu'on leur dit, bon nombre de petits esprits, comme il s'en trouve partout, s'imaginent montrer qu'ils sont quelque chose, en faisant de l'opposilion à tout ce qui est juste et raisonnable.
Mais voici que la passion de Jésus commence. Après avoir institué l'auguste sacrement de nos aulcls, il se retire au jardin des Olives. Là il se représente vivement tout ce qu'il doit endurer, les douleurs, les tourments, les ignominies, le triomphe de ses ennemis, le mépris de sa personne et de sa doctrine, les nouveaux genres d'opprobres et de cruautés qu'on lui prépare, et il tombe dans l'ennui, la crainte et la tristesse. « Mon âme, dit-il à ses apôtres, est tiisle jusqu'à la mort. »I1 entre en agonie, il sue une sueur de sang. Enfin il cherche de la force dans la prière, et son Père lui envoie un ange pour le fortifier.
Le pasteur des âmes a aussi son agonie; que disje? sa vie entière n'est qu'une lente et longue agonie. Il se retire dans son oratoire, et là il se représente tout ce qu'il a fait pour régénérer les âmes, les éclairer, les purifier et les unir à Dieu. Considérant ensuite l'avenir, il voit d'un coup d'œil les peines et les douleurs qui lui sont réservées : les
offices sont peu fréquentés, les dimanches sont profanés, le saint nom de Dieu blasphémé, les sacrements abandonnés. Le vice marche le front haut, et la vertu cherche l'ombre; elle n'ose plus se montrer. Les enfants, à mesure qu'ils grandissent, s'éloignent de lui et abandonnent toutes les pratiques de la religion, quoiqu'il n'ait rien négligé pour les former à la piété et à la vertu. Il a beau déployer tout son zèle et tout son courage, ce sont toujours les mêmes désordres. Voilà dix ans peutêtre et plus encore qu'il cultive son champ avec une activité infatigable, et il n'a recueilli aucun fruit de ses travaux. La plupart de ses paroissiens ne songent qu'aux biens de ce monde et n'ont d'autre souci que d'augmenter leur fortune ou de se procurer des jouissances grossières, et ils s'unissent pour lui faire la plus formidable opposition. Comme Jésus, il dit aussi : « Mon âme est triste jusqu'à la mort. » L'ennui et la crainte viennent fondre sur lui et le jettent dans l'accablement. 0 mon Dieu, s'écrie-t-il, ma paroisse est-elle donc maudite ? Sont-ce mes péchés qui rendent mon ministère stérile? M'avez-vous condamné à mourir à la peine? Eloignez de moi ce calice, ô mon Dieu ! Cependant que votre volonté soit faite et non pas la mienne. Vous le savez, Seigneur, je suis tout disposé à souffrir et même à mourir pour sauver les âmes que vous m'avez confiées.
Judas avait formé le dessein de vendre son Maître. Les Juifs conviennent de lui donner trente de-
niers; le marché est conclu. Comme Jésus a coutume d'aller prier le soir dans un jardin hors de la ville, Judas leur dit : « Vous viendrez, et je vous le livrerai ; ce sera celui auquel je donnerai un baiser ; saisissez-le et conduisez-le avec précaution. » Et comme Jésus achevait sa prière, Judas se présente avec des gens armés ; il s'approche et salue Jésus par un baiser. Et Jésus lui dit avec une douceur infinie : « Mon ami, est-ce que vous trahissez le Fils de l'homme par un baiser? »
Voyez le pasteur des âmes; il a fait son devoir; il a diiieré d'admettre un enfant à la première communion parce qu'il n'était pas suffisamment instruit; il en a renvoyé un autre parce qu'il ne s'était point corrigé de ses mauvaises habitudes. Il a refusé l'absolution à une jeune fille mondaine, passionnée pour les bals et les assemblées nocturnes. Un homme puissant et riche avait séduit une jeune personne avec laquelle il entretenait des relations criminelles ; il est parvenu, par de paternelles exhortations, à ramener cette malheureuse dans le chemin du devoir. Il a donné à différentes reprises des admonitions sévères aux dames qui ne s'occupent pas comme il conviendrait de l'éducation de leurs enfants. En chaire, il a tonné contre les orgueilleux pharisiens, les impudiques, les voleurs, les ivrognes et les paresseux. Ce sont autant d'ennemis qui ont juré sa perte. Il faut nous en débarrasser, disent-ils, car il ne nous laissera jamais en repos tant qu'il sera parmi nous. Mais que faire ?
•Qui nous rédigera une plainte bien conditionnée? -Qui l'appuiera de son crédit? Ils cherchent un Judajî, et ils le trouvent : c'est un ami du curé qui a reçu de lui les services les plus signalés; il formulera l'aclc d'accusation, il sait ce qu'il faut dire, il connaît l'homme, leur dit-il. Puis il ajoute : Que •voulez-vous me donner? Et l'on convient du prix.
Jésus est conduit devant quatre juges, Anne, €aïphc, Pilalc etHérode. Anne interroge Jésus sur sa doctrine et sur ses disciples. Jésus lui répond : « Je n'ai rien dit en secret, j'ai parlé publiquement; interrogez ceux qui m'ont entendu. » Mais un valel lui donne un soufflet en lui disant : « Est-ce ainsi qu'on répond au pontife? » Et Jésus lui dit : « Si j'ai mal parlé, montrez-le; si j'ai bien parlé, pourquoi me frappez-vous? »
Jésus est envoyé chez Caïphe ; on produit contre lui de faux témoignages, on l'accuse de blasphèmes;, on le déclare digne de mort. Toutes les lois de la justice sont foulées aux pieds. Hérode le traite comme un fou, et Pilate le condamne, quoiqu'il le trouve innocent, d'abord au tourment de la flagellation, et ensuite à la peine de mort. Vous savez le reste.
Le pauvre curé est donc dénoncé; mais S3ra-t-ïl jugé? Cela n'est pas sûr. Quoiqu'il n'y ait peuple si barbare qui condamne un coupable sans l'avoir entendu, témoin les mandarins de la Chine, qui font subir plusieurs interrogatoires aux missionnaires catholiques avant de prononcer contre eux la
sentence de nnort, on ne suivra aucune procédure pour juger le curé dénoncé; on ne lui fera pas môme connaître les accusations portées contre lui; on lui signifiera qu'il est révoqué, sans lui dire pourquoi.
Quelquefois il sera dénoncé au magistrat civil ; il lui sera représenté comme un ennemi du gouvernement, comme ayant parlé contre César. C'est une cause de trouble, et si on le laisse plus longtemps, toute la paroisse sera en révolution. Le mot de César fait trembler le juge, qui le condamne sans pitié. Qu'il ait offensé Dieu, c'est une bagatelle; mais qu'il ait offensé César, quel crime I quelle scélératesse! Le pauvre curé a donc reçu l'ordre de quitter sur-le-champ sa paroisse, et il s'en va recommencer les mêmes travaux et subir les mêmes humiliations dans une autre paroisse déjà prévenue contre lui. L'opinion publique, qui l'a devancé, Ta représenté comme un brouillon, comme un fou, comme un esprit tracassier et d'un caractère insupportable. Parviendra-t-il, à force de patience, de douceur et de dévouement, à détruire ces funestes préjugés? Je l'ignore; mais ce que je sais, c'est que sa passion ne se terminera qu'avec la vie.
Mais on consent à l'entendre : on l'interroge sur ses instructions; on prétend qu'il a scandalisé les fidèles par des expressions inconvenantes ou en faisant des personnalités. 11 répond avec calme : Je n'ai rien dit en secret, mais du haut de la chaire; mes paroissiens savent ce que j'ai dit, interrogez-
les. Le valet du ponlifc lui donne un soufflet en lui disant : Est-ce ainsi qu'on parle au grand-prêtre? Il répond comme notre Seigneur : « Si j'ai mal parlé, montrez-le; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappez-vous ? » Et on lui dit : Vous n'êtes qu'un orgueilleux et un insolent.
On l'accuse d'avoir parlé contre l'autorité; il s'est permis de critiquer quelques uns de ses actes. Et l'on crie de toutes part : Tolle^ toile eum! Qu'il soit interdit 1
Ses ennemis ont trouvé de nouvelles accusations. Ne l'a-t-on pas vu parler un jour avec une femme? C'est donc un homme immoral. Qu'avezvous à répondre à cela? lui dit-on. Convaincu que c'est à ses ennemis à prouver sa culpabilité, et non à lui à démontrer qu'il est innocent, comme Jésus, il garde le silence, et l'on croit que son silence est un témoignage accusateur ; il est condamné.
Alors ses ennemis lui disent mille paroles injurieuses : ce n'est qu'un orgueilleux, un ambitieux, un hypocrite. Puis ils s'arment du fouet de la moquerie et lui font subir le tourment de la flagellation ; ils le déchirent et le mettent en pièces. Viendra la couronne d'épines qu'on lui enfoncera sur la tête, c'est-à-dire qu'on lui fera subir les humiliations les plus outrageantes. Lorsqu'il sera ainsi humilié, écrasé, couvert d'opprobres, on le montrera au doigt, et on dira : « Voilà Thomme 1 »
Parmi ceux qui ont travaillé à le perdre, on remarque des hommes qu'il a accablés de bienfaits,
des pauvres qu'il a secourus, des riches qu'il a consolés dans leurs maladies et leurs aiflictions, des ouvriers à qui il a rendu toutes sortes de bons olïices. Mais sondez son cœur, vous n'y trouverez pas un seul sentiment de rancune. Il aime ceux qui le persécutent, et il les aimera toujours. Que ne peut-il les sauver au prix de son sang !
Tel sera le sort de tout prêtre dévoué à l'accomplissement de ses devoirs. Tous, depuis le curé du dernier des hameaux jusqu'au Souverain Pontife,, doivent être marqués de la croix. Que d'évêques, que de papes injuriés, persécutés, emprisonnés et immolés en haine de Jésus-Christ I Que de prêtres suivent tous les jours le chemin de la croix à la suite du divin Sauveur I Ils faut qu'ils soient comme lui prêtres et victimes.
Le peuple juif porta le châtiment de son déicide ; vous le connaissez. C'est ainsi que la Providence châtie tous ceux qui persécutent les prêtres. D'épaisses ténèhres se répandent dans leur esprit, et leur cœur, plus dur que des rochers, reste insensible à tous les attraits de la grâce. Les desseins de la miséricorde divine sont accomplis, et les anges prononcent ces paroles : Consummaium est, tout est fini. Oh ! qu'il est à plaindre le peuple qui persécute ses pasteurs 1 II n'évitera pas le châtiment terrible qu'il a mérité. Heureux encore s'il reconnaît son crime et en demande pardon à Dieu!
Pour vous, mes frères, qui aimez Jésus-Christ parce qu'il a tout souiïert pour vous sauver, vous
aurez au moins compassion de ceux qui continuent son œuvre parmi vous ; vous leur serez toujours soumis, afin qu'ils remplissent leur ministère avec joie et non avec larmes et gémissements. Amen.