‹ Instructions sur les sacrementsChapitre 9 sur 34 · DÉCLARATION DE M. L'ABBÉ GUILLON · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DE M. L'ABBÉ GUILLON

Le trait suivant nous fait voir comment un prêtre consciencieux considère une infraction aux lois disciplinaires de l'Eglise^ lorsqu'il les viole par la crainte d'un refus de sépulture.

Ecoutez-le parler lui-même :

« Je soussigné Marie-Nicolas-Sylvestre Guillon, prêtre^ chanoine honoraire de la métropole, docteur et professeur en la faculté de théologie de Paris, aumônier de la reine des Français, voulant donner la preuve non équivoque de ma soumission et de mon respect pour les saintes règles de la foi et de la discipline de l'Eglise catholique, apostolique et romaine^ ai librement et volontairement souscrit la déclaration suivante :

« Je relève d'une maladie grave pendant laquelle j'ai reçu de Mgr l'archevêque de Paris des marques d'un intérêt dont je ne saurais trop lui témoigner ma reconnaissance. J'ai vu les portes de la mort, et je me suis cru sur le point d'entrer dans la maison de mon éternité. En présence du jugement de Dieu, qui me paraissait proche, j'ai voulu me juger sévèrement moi-même. Mes pensées se sont appliquées de nouveau sur une des dernières circonstances de ma vie^ qui a causé

beaucoup de chagrin à mon premier pasteur, et dont le diocèse de Paris, auquel j'ai Tlionneur d'appartenir, a été mal édifié. Un examen plus approfondi, plus sérieux que tous les autres, m'a pleinement convaincu que c'est par un zèle irrélléclii que je me suis ingéré, sans mission ni pouvoirs, d'administrer à M. Grégoire, ancien évêque constitutionnel de Loir-et-Cher, le sacrement de TExtrême-Onction, qui lui avait été refusé par M. le curé de TAbbaye-aux-Bois, conformément aux règles canoniques et aux instructions émanées de MM. les vicaires généraux et de Mgr Tarchevôque luimême.

« Troublé de l'état où se trouvait alors le malade , épouvanté par la crainte des malheurs qui pouvaient résulter d'un refus de sépulture, conséquence inévitable du refus des sacrements, trompé par une profession de foi que j'ai reconnu depuis n'avoir pas été sincère, ni faite dans un sens véritablement catholique, et que j'aurais du d'ailleurs demander plus explicitement à M. Grégoire, il me reste le regret d'avoir agi dans cette occasion d'une manière contraire à la discipline ecclésiastique. Ce regret profond, que j'ai déjà exprimé devant Dieu, je n'hésite plus à le manifester devant Mgr l'archevêque de Paris, ainsi que devant le vénérable clergé de Paris, dont j'ai toujours ambitionné l'estime.

« Je désire que la présente déclaration reçoive toute la publicité convenable, et je la regarde comme un désaveu formel de tous les autres écrits qui ont paru sous mon nom, relativement à cette trop malheureuse affaire.

(( Qu'il me soit permis de répéter que, malgré tout ce qui a eu lieu de ma part, je n'ai jamais varié dans la profession franche et solennelle de mon attachement à l'unité catholique, de ma soumission d'esprit et de cœur à tous les jugements du Saint-Siège apostolique, notamment sur le schisme constitutionnel que j'ai combattu pendant plus de quarante années, de mon respect et de mon dévouement sincère pour la personne de mon archevêque, dont j'espère que le cœur .sera consolé par la présente déclaration.

« A Paris, fête de l'Incarnation du Verbe, le 25^ jour du mois de mars 1832.

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