DOSAGE DES SEMAILLES
La quantité de grain de semence à employer par hectare se balance entre 1 hectolitre 50 litres et 2 hectolitres pour toutes les céréales semées à la volée. Les semailles aux semoirs les plus perfectionnés ne répandent pas plus d'un hectohtre par hectare. La question entre les semailles
claires et les semailles serrées ne peut être tranchée d'une manière absolue. En semant trop clair, on risque de laisser trop d'espace à la mauvaise herbe, qui peut étouffer la céréale; en semant trop serré, on perd inutilement une quantité importante de grain de semence et Ton risque de récolter plus de paille que de grain. Le fermier qui connaît à fond le degré de fertilité de sa terre et la quantité de fumier qu'il lui a donnée sait d'avance si le grain tallcra beaucoup, c'est- à dire si chaque plante donnera un plus ou moins grand nombre d'épis : c'est à lui de doser ses semailles en conséquence.
CHAULAGE DES CÉRÉALES.
L'opération du chaulage peut être regardée comme une préparation indispensable des grains de semence. Elle a pour but de détruire les germes invisibles des champignons parasites microscopiques qui, sous le nom de carie, attaquent les céréales aux approches de leur maturité et détruisent une partie des récoltes; le chaulage n'est pas moins efficace contre la maladie du charbon, qui convertit les épis des céréales en une poudre noire sentblable à de la poussière de charbon. De tous les procédés de chaulage, le plus simple, conseillé par Mathieu de Dombasle, est aussi le plus efficace; en voici la recette. Incorporez exactement 10 kilogrammes de chaux récemment éteinte et bien délitée avec 1 kilogramme de sulfate de soude en poudre (sel de Glauber). Délayez ce mélange dans assez d'eau pour en former une bouillie très-claire, ou mieux, un lait de chaux un peu épais. Placez par portions le grain de semence dans un panier à anse, à claire- voie, etlavez-Ic
d'abord à grande eau, autant que possible à l'eau courante. A mesure que le grain est lavé, plongez dans le lait de chaux, à deux ou trois reprises, le panier renfermant le grain à chauler; laissez-le bien égoutter, puis répandez-le à terre, remuez-le une ou deux fois à la pelle, et, dès qu'il est assez ressuyé, semez-le immédiatement. Ce mode de chaulage, également prompt et économique, doit être pratiqué pendant le travail des semailles, afin que le grain chaulé puisse être semé sans retard. On peut aussi employer au même usage et de la même manière une solution de sulfate de cuivre à raison d'un kilogramme de ce sel dans 5 litres d'eau ; mais ce mode de chaulage n'est pas plus efficace que l'autre, et, comme le sulfate de cuivre (vitriol bleu) est un poison des plus violents, son emploi peut donner lieu à des accidents graves, tandis que le chaulage à la Dombasle est exempt de tout danger; cette considération doit suffire pour lui faire accorder la préférence.
MANIÈRE d'oPERER.
Lorsqu'on sème au semoir, l'instrument bien réglé fait la besogne tout seul ; le semeur n'a qu'à veiller à ce que la boite contenant le grain de semence soit remplie à mesure qu'elle se vide, afin que le travciil des semailles marche sans interruption.
Pour les semailles à la main, il faut choisir, le soir ou le matin, un moment où l'air est parfaitement calme, marcher d'un pas égal et mesuré, prendre à chaque fois des poignées de grain bien égales et les répandre à des intervalles uniformes, afin que le grain des semailles soit réparti le plus également possible sur tous les points de la
surface ensemencée : ce sont les principales conditions de succès des semailles faites à la main, à la volée.