PARTIES ACCESSOIRES DE LA CHARRUE
Les pièces accessoires de la charrue sont le sep ou talon, qui, pendant le labour, fioîte sur le fond de la raie; les élançons, qui rattachent à l'âge le soc, le versoir et le talon, et les mancherons, h l'arrière de Tâge, sur lesquels le laboureur appuie les mains pour diriger la charrue. Les charrues proprement dites ont, en outre, im avanttrain, composé de deux roues réunies par un essieu, et qui supporte l'extrémité antérieure de l'âge. Quand la charrue n'a pas d'avant-train, elle porte le nom d'araire. Dans la pratique, les araires, aussi complètes et d'une ma-
nœiivre aussi facile que les charrues à avant-train, sont préférées par les laboureurs adroits; presque toutes les charrues modernes perfectionnées sont des araires. L'un des points les plus importants dans l'exécution des labours, c'est le maintien de ce qu'on nomme Ventrure de la charrue, c'est-à-dire, de la profondeur à laquelle le soc pénètre dans la terre, profondeur qui détermine celle du labour.
Beaucoup de charrues sont, dans ce but, munies d'une pièce particulièrement destinée à cet usage, et qui, pour cette raison, porîe le nom de régulateur. Tous les régulateurs ne remplissent pas également bien leur office. Les régulateurs ont presque tous le même inconvénient, celui de se déranger trop facilement et d'obliger le laboureur à arrêter sa charrue pour en régulariser l'entrure. Un seul, le régulateur de la colonie agricole de Mettrai, possède l'avantage de fonctionner sans interrompre le travail du laboureur.
Le régulateur est toujours placé à l'extrémité antérieure de l'âge. L'un des plus commodes est celui qui s'adapte à l'araire de Roville ou charrue Dombasle, et qui peut s'adapter de même à toute espèce de charrue. Ce régulateur consiste en une sorte de crémaillère courbe, dont les dents situées à la partie inférieure, servent à retenir les anneaux d'une chaîne fixée par un crochet de fer sous l'âge de la charrue. L'attelage a son point d'attache sur ce crochet; l'entrure du soc est plus ou moins profonde, selon le plus ou moins de hauteur du cran de la crémaillère tuiquel le laboureur arrête la chaîne du régulateur.
Quelques charrues peuvent se passer de régulateur ; ce sont celles qui ont dans leur construction un autre moyen
de régler reiitrure du soc. Telle est en particulier la charrue ou araire de Bollemoot. Dans cette charrue, les élançons, au lieu d'être fixes, sont mobiles; ils sont maintenus en place, le premier, par un boulon à charnière, le second, par une vis de pression ; pour donner au soc plus ou moins d'entrure, il suffît d'élever ou d'abaisser le second étançon : l'effet désiré est obtenu sans le secours d'un régulateur.
On peut considérer comme un modèle la charrue deGrignon, l'une des plus parfaites de celles qui fonctionnent en France; il s'en faut de beaucoup que ce soit la plus employée. Dans une grande partie de nos pays à blé, spécialement dans le Nord et dans Eure-et-Loir, les laboureurs préfèrent deux lourdes charrues à avant-train , le harnas du Hainaut et la charrue de Beauce. Cette préférence n'est fondée sur aucun motif rationnel; elle atteste simplement l'empire de la coutume , elle n'a pas d'autre raison d'être. L'essieu qui traverse les deux roues de l'avant-train est surmonté de la pellette, pièce de bois sur laquelle repose la partie antérieure de l'âge. L'attelage a pour point d'attache une pièce de fer nommée chape, placée sur le devant de la pellette. L'âge et l'avant-train ne sont pas liés l'un à l'autre d'une manière fixe, ils sont assemblés par un anneau très-large nommé collier, qui entoure complètement Tâge et qui est maintenu en place au moyen d'une broche plantée dans l'âge. Cette disposition permet de se passer de régulateur; l'entrure du soc varie à volonté selon la hauteur à laquelle est fixé le collier sur l'âge de la charrue. Toute cette complication dans l'agencement de la charrue rend les dérangements trèsfréquents ; le laboureur a quelque chose à remettre en
place, pour ainsi dire, au bout de cbaque sillon, ce qui n'a jamais lieu quand on se sert d'une charrue sans avanttrain. Enfin, loin de faciliter le travail, l'avant-train ne fait qu'imposer un surcroît de fatigue inutile à l'attelage et au laboureur.