‹ Instruments et musiciens;Chapitre 5 sur 28 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

Nous déraugions le martin-pêcheur, l'oiseau bleu des petites rivières; on se courbait à l'entrée de l'Orge, pour passer sous l'arche basse du pont, et tout à coup la Seine, apparue dans les brumes du crépuscule^, nous donnait l'impression de la pleine mer.

Parmi tant de charmants vagabondages, un surtout m'est resté , un déjeuner d'automne dans une auberge du bord de l'eau. Je revois ce matin frileux, la Seine lourde, triste, la campagne belle de silence, les fonds rouilles d'un petit brouillard pénétrant qui nous faisait relever le collet de nos paletots. L'auberge était un peu au-dessus de l'auberge du Goudray, un ancien relais de coche où les messieurs de Gorbeil A'iennent faire la fête le dimanche, mais qui, dans la mauvaise saison, n'est fréquenté que par les gens de l'écluse, des équipes de chalands et de remorqueurs. En ce moment, le pot-au-feu fumait pour le passage de la cliaîne. Dieu! la bonne bouffée de chaud, dès en entrant. « Et avec le bœuf, messieurs?... Ça vous irait-il, une tanche à la casserole? » Elle était exquise, cette tanche, servie sur un gros plat de terre, dans un petit salon dont le papier avait un bon air de goguette bourgeoise. Le

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