‹ Instruments et musiciens;Chapitre 6 sur 28 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

repas fini^ la pipe allumée, on se mit à parler de Mozart. C'était bien une causerie d'automne. Dehors, sur la terrasse de l'auberge, je voyais, à travers les tonnelles défeuillées, une balançoire peinte en vert, un jeu de tonneau, les disques d'un tir à l'arbalète, tout cela grelottant au vent froid de la Seine, dans la tristesse attendrissante des lieux de plaisir abandonnés. ((Tiens!... une épinette! » dit mon compagnon , soulevant la housse poudreuse d'une longue table chargée d'assiettes. Il tâte l'instrument, en tire quelques notes fêlées, chevrotantes^ et^ jusqu'au jour tombant, nous nous sommes délicieusement grisés avec du Mozart...

Je mets ce. souvenir dans ton livre, mon cher Pillant : j'y mets l'auberge, le jardin, Tépinette. J'avciis souvent entendu Mozart; mais c'est toi qui me l'as fait comprendre, dans la mélancolie dorée de ce jour-là.

Alphonse DAUDET.

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