DIAGNOSTIC
Le diagnostie de l'insuffisance musculaire abdominale est facile quand elle est très accusée; le développement excessif, la flaccidité étonnante, le plissement de la paroi sont des signes qui font reconnaitre l'affection au premier examen, Il ne semble guère possible de la confondre avec un gros ventre de rachitique ou d'ascitique, ou même avec ces gros ventres flasques qu'on observe dans la dyspepsie grasse des nourrissons et qui sont bien caractérisés, eux aussi, par la triple saillie hypogastrique, par la flaccidité relative de la paroi, par les signes concomilants, dyspepsie avec embonpoint conservé et aspect lourd, empâté de l'enfant, eczéma surtout fessier, anémie avec diminution de l'hémoglobine.
On ne la confondra pas non plus avec les paralysies partielles ou générales de la paroi abdominale qu'on peut observer à la suile d'une « poliomyélite antérieure aiguë »; elles peuvent prêter à confusion chez l'adulte, dans Les cas lrès exceptionnels où elles sont rigoureusement isolées et bilatérales et quand la notion de l'infection causale nous échappe. Même dans ces cas d'exception, elles n'offrent ni la symétrie des lésions musculaires, ni l'ensemble des malformations de la paroi abdominale, ni aucune de ces malformations génitales ou urinaires que l'on trouve dans l'insuffisance congénitale des muscles abdominaux.
Quand elle est peu marquée, le diagnostic doit en être délicat et on peut s'expliquer ainsi que si peu de cas de cette afleclion aient été signalés jusqu'ici. Il faut y penser et rechercher très soigneusement l'absence des muscles abdominaux :
1° Par l'examen clinique : Observation soigneuse chez les
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nourrissons des modifications de forme du ventre pendant la respiration, le cri, la toux. Pratique, chez les enfants plus âgés et les adultes, des épreuves destinées à mettre en relief la contraction des museles abdominaux ;
2° Par l'examen électrique de la paroi abdominale : Etamen très important qui permet d'apprécier à la fois le degré et la répartition de l'insuffisance musculaire abdominale.
Le diagnostic des malformations urinaires associées est plus difficile; 1l n'a pas loujours été fait avant l’aulopsie par les auteurs de nos observations. Il faut d'abord rapporter à l'appareil urinaire les masses plus ou moins volumineuses et consistantes, l'une médiane, les deux autres latérales, que l’on sent dans l'abdomen. La vessie est facilement reconnaissable par son siège, sa consistance plus grande, ses rapports avec l’ombilic, ses variations de volume au cours des mictions. Les uretères ne seront pas confondus avec un mégacôlon, dont la distension abdominale énorme s'oppose à la flaccidité abdominale de l'insuffisance musculaire, mais 1ls ont été pris à plusieurs reprises pour des anses intestinales; la situation symétrique, la consislance plus grande des uretères doivent permellre de les reconnaitre. [Il faut ensuite rallacher à l'insuffisance musculaire abdominale congénitale les malformations de l'appareil urinaire constatées ; il ne s’agit point d'une mégavessie, c’est-à-dire d'un agrandissement congénital, sans rétrécissement de l’urètre et sans hypertrophie notable, de la vessie, qui peut contenir plusieurs litres, qui remonte, quand elle est pleine, jusqu'à l'ombilie, auquel elle-est réunie, comme dans les cas que nous étudions, par un ouraque très court et qui se vide une ou deux fois seulement en vingt-quatre heures. I ne s’agit point de dilatalion uretérale congénitale, isolée, par rétrécissement du méat uretéral. Il ne s’agit point de dilatation de la vessie et des uretères par rétrécissement congénilal de l’urètre. [l ne s'agit point ‘non plus d'un de ces cas d'hydronéphrose congénitale double, tel que Variot et Walther en ont rapporté un exemple récent (Arch. méd. enf., mai 1921).
Le diagnostic de la cryplorchidie et des autres malforma-
tions, quand elles existent, s'impose.