‹ Insuffisance des philosophies de l'intuition... [microform]Chapitre 6 sur 18 · DE L'INTUITION EN THÉODICÉE · texte numérisé non relu

DE L'INTUITION EN THÉODICÉE

plus réfléchi, plus spirituel parle mode de ses aspirations que les âges passés. Par là même, il veut un christianisme qui ait quelque chose de moins matériel et de moins extérieur; il veut un christianisme qui soit une vie. Ce besoin d'intériorité qui s'accuse partout et de plus en plus dans la classe éclairée, voilà ce que les intuitionistes ont voulu traduire. Et vraiment, s'ils avaient su le dégager de tout ce qui n'est pas lui, chacun devrait les louerde leur effort; caria foi religieuse ne pourrait qu'y trouver son profit. Comme l'a très bien vu Mgr Cuthbert Hedley (1), plus la religion vient de l'âme, plus elle gagne en spiritualité, plus elle est elle-même, et plus par suite elle a de puissance d'irradiation. N'est-ce pas ce que le Sauveur voulait faire entendre, lorsqu'il prononçait ces paroles sublimes et trop oubliées : « Dieu est esprit; il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité (2)?» Le christianisme, comme tout ce qui a vie, se développe surtout par le dedans.

(1) The Holy Eucharist, Bp. of Newport, London, 1907. — Nous trouvons une pensée analogue dans une brochure de M. C.-C. Charaux : « La véritable, la perpétuelle évolution do la vérité religieuse, du dogme catholique, c'est celle qui s'accomplit en nous-mêmes, dans notre for intérieur, plus que jamais à l'époque présente où les germes du doute pénètrent par toutes les voies de l'esprit, en même temps que les attraits du vice par toutes les voies du cœur et des sens » (Nova et vetera, p. 37, Paris, 1908). Ce n'est pas qu'il n'y ait une autre évolution du dogme, tout objective et soumise à l'autorité de l'Eglise; et l'auteur a soin de le mentionner.

{%)Ev. s. J, IV, 24.

Page 1