‹ Insuffisance et Reeducation RespiratoiresChapitre 38 sur 101 · RE MES · texte numérisé non relu

RE MES

Cliniquement, on s’apercoit que les côtes inférieures demeurent immobiles, l’espace intercostal reste invariable. Il existe un « véritable syndrome pseudo-pleurétique des bases » : immobilité, vibrations vocales diminuées, murmure vésiculaire diminué ou nul. Une large respiration, après toux provoquée, fait entendre un fugitif murmure vésiculaire normal. Mais la matité n’est pas franche. La ponction est négative et la radioscopie élimine toute pleurésie.

Second signe important : l’immobilité respiratoire de l’abdomen.

De petits signes s’ajoutent encore et contribuent à l’édification du syndrome : faiblesse de la sangle, étalement du ventre dû à une mauvaise contraction des viscères ; exagération de la sonorité de la zone de TRAUBE par augmentation de la poche à air gastrique.

La spirométrie confirme le diagnostic d’insuffisance respiratoire, mais d'insuffisance en général.

La radioscopie permettant une étude complète des mouvements du diaphragme donne la certitude. Trèves, Bri- GAUDEL et Brancant, au laboratoire de l’école de Joinville, ont montré l’importance différente du rôle du diaphragme dans la respiration ordinaire et la respiration forcée.

Dans l’inspiration forcée, le diaphragme s’abaisse peu, et même s'élève au-dessus de la position qu’il occupe en inspiration ordinaire, et quelquefois même plus haut encore, au-dessus de sa position en expiration ordinaire. Done, le rôle du diaphragme dans la respiration forcée est faible, L’augmentation de volume de la cage thoracique est surtout due à l’action des muscles du thorax. Dans l’expiration forcée, l’élévation du diaphragme est considérable (et d’ailleurs passive). Elle prépare une plus grande ampliation pour l'inspiration suivante. La rétraction du thorax est alors très faible.

Il existe done, comme nous l’avons déjà signalé, plus haut, un balancement, une action complémentaire du diaphragme et de la paroi thoracique.

Cet équilibre se reproduit en se modifiant, dans les cas où le rôle de ces organes présente des anomalies.

La radioscopie permettra de décéler, lors d’examens systématiques, des insuffisances diaphragmatiques frustes. On recherchera principalement :

L’immobilité du centre phrénique. Sa course normale s'étend de la 5° à la 9° côte sur 2 à 5 centimètres ent:e inspiration et expiration forcées : 3 à 5 sur la ligne médiane, 3 à 5 pour la voussure droite, 3 ou 4 pour la voussure gauche.

Le grand développement de la poche à air gastrique, accompagné souvent d’aérophagie (il y a fréquemment intrication de l’insuffisance diaphragmatique et de l’aérophagie de BouvereT).

b) Etiologie : Comme toujours, le traitement de l’insufsance diaphragmatique ne sera efficace que s’il s’adresse directement à la cause. L’étiologie en est complexe : nous allons la schématiser. On peut rencontrer :

Une insuffisance diaphragmatique secondaire à une insuffisance nasale, Inconsciemment, le sujet limite l’incursion de son diaphragme à la quantité d’air admise par le nez : mécanisme d’accommodation naso-diaphragmatique.

Une insuffisance diaphragmatique secondaire à fracture de côtes, névralgies intercostales et toutes autres causes pariétales.

Une insuffisance diaphragmatique par lésion abdominale. Tout foyer inflammatoire ou toute lésion au contact ou à distance du diaphragme (péricholécystite, appendicite chronique, dyspepsie, uleus gastro-duodénal, périviscérites, tumeurs abdominales, troubles de statique dus à grossesse, à ptoses, …) limite inconsciemment l’abaissement du diaphragme. Nous ne citerons le corset que pour mémoire.

Quand le sujet manifeste une attention soutenue, la descente diaphragmatique diminue. La rigidité de la paroi abdominale antérieure joue vis-à-vis du diaphragme le rô-

le des antagonistes dans la contraction musculaire, D'où l'importance du développement de la sangle musculaire pour rétablir le bon fonctionnement du diaphragme.

Au total, les causes d’insuffisance diaphragmatique sont organiques, biologiques ou des habitudes vicieuses. Enfin, il existe la forme primitive psychique de SERGENT.

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