III, — LES INSUFFISANCES FONCTIONNELLES
Des sujets pourvus d’un appareil respiratoire absolument normal avec voies aériennes perméables, cage thoracique et poumons bien conformés, ne savent pas respirer. Is ont un bon appareil et ne savent pas en tirer tout le rendement possible, Cela provient, en général, de mau-
vaises habitudes, et d’une régulation nerveuse défectueuse de la respiration.
Dans un premier ordre de faits, il s’agit d'individus ayant abandonné la respiration nasale pour le type buccal ; mais, ni l’examen objectif, ni l’histoire pathologique ne permettent de découvrir la cause de cette perversion nasale, Pas d’obstruction des conduits aériens, pas d’ozène ; capacité vitale satisfaisante. Et cependant, ces sujets ont, à un degré marqué, les troubles fonctionnels et nerveux des vrais obstrués, respiration buccale diurne et nocturne, ronflement, sommeil agité, oppression d'effort. Worms et BoLorrTe les appellent « impotents respiratoires fonctionnels ».
La plupart de ces impotents sont des névropathes : ils ont perdu la représentation corticale des mouvements volontaires qui présidait à la respiration par le nez : ils ne savent pas ou, plus exactement, ne veulent pas se servir de leur nez.
Une autre catégorie groupe tous les individus qui, opérés pour une obstruction nasale organique, n’obtiennent pas l’amélioration fonctionnelle attendue. Après ablation des végétations adénoïdes, résection sous-muqueuse de la cloison, par exemple, le sujet continue à respirer par la bouche. La raison en est que le patient, depuis longtemps respirateur exclusivement buccal, conserve sa mauvaise habitude, bien qu’elle ne soit plus nécessaire. Ces deux groupes constituent les faux rhino-adénoïdiens.
Les mêmes phénomènes sont à l’origine de l’insuffisance fonctionnelle diaphragmatique, dite forme psychique de SERGENT.
Au total, il faut supprimer des habitudes vicieuses, modifier parfois l'équilibre général neuro-endocriniens et créer ou récréer un automatisme respiratoire convenable. Ces cas, beaucoup plus nombreux qu’on ne le pense, bénéficieront au maximum de l'éducation respiratoire.