‹ Insurrection et régénération de la GrèceChapitre 14 sur 48 · RÉVOLTE MILITAIRE A CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

RÉVOLTE MILITAIRE A CONSTANTINOPLE

f$ Dès le moment où les Grecs s’émancipèrent, la réforme du sultan conduisit, plus tard, de degré en degré, à la déclaration de l’égalité devant la loi entre chrétiens et Turcs, pour aboutir ensuite à l’émancipation des rayas dans l’intérieur de l’empire. Mais dans la première démarche que fit Mahmoud, non-seulement il ne s’agissait pas du tout pour lui de ce principe de tolérance religieuse et de réconciliation des races, mais encore le padischah semblait regarder la prompte réduction des rayas grecs, par tous les moyens et à tout prix, comme le complément naturel et obligatoire de la destruction des janissaires. Si les Grecs s’étaient soumis de leur plein gré, le sultan leur aurait peut-être fait bien des concessions, pourvu toutefois que ses sujets ne s'y fussent pas opposés; mais vis-à-vis des rebelles, il n’écoutait que son orgueil de souverain, Plus il venait de déployer de vigueur pour détourner la source de l’insurrection turque, et plus il était irrité par celle des rayas, tant qu'elle était debout. 11 avait vu dans les noncessions accordées aux Serbes une première rupture des digues qui consolidaient la domination ottomane; toutes les concessions ultérieures qu’on aurait faites aux rayas eussent été, à ses yeux, autant de ruptures dans les digues de l’empire. C’est par ces raisons qu’il faut expliquer l'opiniâtreté inflexible avec laquelle il employait toutes ses forces à subjuguer les Grecs et s’opposait à toute tentative d’immixtion dans ses affaires, et par laquelle il s’était attiré depuis longtemps la haine du monde, comme il allait * finir par provoquer T inimitié des puissances. Lorsqu’il accomplit ces desseins contre les janissaires, le courage qu’il lui fallait pour cette entreprise hasardeuse avait été fortement augmenté par un événement qui avait eu lieu dans la guerre de l’insurrection, événement qui, sans aucun doute, lui semblait être, à ce moment, un coup mortel porté à la

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