LA GUERRE DANS LES ANNÉES 1826 ET
Pendant tout l’hiver de 1825 à 1826, comme déjà dans mm d'opta-
tions militaires
l’hiver de l’année précédente, Ibrahim-Pacha n’avait pas d’ajikta-r»*»
r r pendant limer.
un seul moment interrompu ses armements. Déjà vers la fin de { automne, une flotte turco-égyptienne, commandée par le kapoudan-pacha, avait de nouveau quitté Alexandrie * avec dix mille hommes de troupes de terre , compo- * j’-519 #c,#b" sées pour la plupart de tacticiens qu’elle avait débarqués sains et saufs dans le port de Navarin*. Le générai égyp- *s domain*, tien conçut alors la pensée ambitieuse d’exécuter, au cœur de l’hiver, ce que Rechid-Pacha n’avait pas pu accomplir pendant tout l’été : il voulut amener la chute de Missolonghi. Dans ce but, il fit embarquer son artillerie et une partie des troupes pour Patras , dont Youssouf , qui fut appelé en Magnésie, dut lui céder le commandement après avoir défendu cette ville pendant de longues années.
Ibrahim lui-méme se mit en route pour 6e rendre par terre à Patrae avec la cavalerie et le reste de l'infanterie. Lorsque la flotte fht arrivée près des petites Dardanelles*, elle * 13 Bor'abn. expédia quelques bâtiments pour bloquer Missolonghi. Les forces de terre arrivèrent à l’embouchure de l’Alpheios* * îono*embr*. sans avoir vu un seul ennemi. Kolokotronis prétend qu’à la nouvelle des projets d'ibrahim, il avait offert au gouvernement grec d’aller à Gastouni, d'en enlever toutes les provisions et de les faire transporter à Missolonghi, mesure pour l’exécution de laquelle les Grecs auraient eu vingt jours devant eux; si cette affirmation est conforme à la
LA GUERRE
4 29 novembre.
♦ 9 décembre.
4 21 décembre.
7 jauvier 1826.
vérité , on peut dire que les Grecs, qui, du reste, ne firent rien pour venir au secours de Missolonghi, n’ont jamais montré une insouciance plus coupable qu’en négligeant de prendre encore cette précaution qui aurait pu sauver la ville. On ne fit rien , ni pour inspirer au pacha des craintes au sujet de Tripolitsa, qui était fort mal défendue, ou à l’égard des places de Modon et de Navarin, qui n’étaient pas mieux protégées, ni pour lui barrer le passage des défilés de Kleïdi. Les Éliens ne prirent non plus aucune mesure pour lui disputer le passage du Rouphias; sans s’inquiéter du danger qui les menaçait, ils restèrent tranquillement dispersés dans leurs villages, et ne tentèrent aucun effort en commun pour résister aux ennemis; seulement, dans quelques endroits isolés, où la nécessité et le désespoir les forçaient à combattre, ils montrèrent que tout courage n’était pas encore éteint dans le coeur des Péloponésiens. De la sorte, Ibrahim arriva", sans trouver d’obstacles sérieux, jusqu’au golfe de Corinthe, où ses troupes, venues par mer, avaient établi un camp près de Rhion. Le pacha se fit passer à Lepanto pour examiner la position de Missolonghi, puis il balaya le golfe de Corinthe jusqu’à Galaxidi en chassant devant lui les petits cabotiers grecs , tandis que Housseïn-Bey réduisit les Éliens de vive force ou par les voies de la douceur. De retour à Rhion ", Ibrahim, en laissant derrière lui la plus grande partie de sa cavalerie , fit passer ensuite son armée, forte de douze à treize mille hommes, au delà du golfe dans la Grèce continentale , où il établit son quartier général d’abord *, près de Kryoneri ; mais ensuite il assit un camp devant Missolonghi*, à côté de Rechid-Pacha qui était fort irrité en voyant le général égyptien s’immiscer dans ses affaires et porter ainsi préjudice à sa réputation militaire. L'outrecuidance d’ibrahim fit que, dès les premiers moments, les
en 1826 et 1827.
rapports entre les deux généraux s’envenimèrent à un tel point qu'il en résulta une rupture formelle. Lors de leur première entrevue, le pacha demanda au séraskier comment il se faisait que, pendant huit mois, il n’avait pu prendre * cet enclos », puisque lui, Ibrahim, s’était emparé de Navarin en quelques jours? Dans une discussion violente, le général égyptien laissa à Rechid le choix de s'engager à prendre lui-même et seul la ville dans l’espace d’un mois, ou bien d'abandonner cette tâche à Ibrahim, qui se chargeait de l'accomplir dans quinze jours. Reehid- Pacha délibéra avec ses généraux. Tahir-Abbas déclara « que cet Arabe croyait avoir ici affaire à des hommes tels que les Péloponésiens ; quant h eux, les Turcs, ajouta-t-il, ils savaient ce que valaient les hommes de Missolonghi, et ils avaient eu des preuves de leur bravoure; que si Son Altesse avait envie de l’essayer, il fallait lui en laisser faire l'épreuve à son tour. » Le séraskier abandonna donc au général égyptien la lutte et la perspective d’en recueillir la gloire. 11 se retira dans les ouvrages extérieurs, en stipulant seulement qu'Ibrahim lui promit de le dégager de toute responsabilité auprès du sultan. Les Égyptiens prirent ensuite successivement possession de toutes les batteries qui jusqu'alors avaient été occupées par les Turco-Albanais.
Pendant qu’on armait la dernière flotte à Alexandrie, u •««»* les Hydriotes, s'attendant à une attaque contre leurs îles, avaient fait la garde dans leurs eaux. Dès qu’ils eurent appris la véritable destination de l’escadre, Miaoulis était • parti* en se dirigeant vers Navarin. Mais cette fois-ci en- • m-oor.im. core, des désastres, la mollesse et la discorde l’empêchèrent d’obtenir même le plus petit succès. L’amiral voulut tenter une attaque contre la flotte mouillée dans le port de Navarin; mais les conducteurs des brûlots s’y refusèrent, si toute l'escadre ne venait pas les accompagner.