I.A GUERRE
• Commêncenunt de mai 1826.
tait plus aux Grecs qu’un petit nombre de points importants, dont la perte aurait entraîné la ruine de toutes leurs espérances : l’insurrection aurait été terrassée, la Grèce n’aurait pu relever scs membres brisés. La ville d'Athènes était, de toute la Roumélie, la seule place d'armes considérable qui fût encore entre les mains des Grecs; aussi dès que Reehid-Pacha eut terminé son œuvre dans l'Hellade occidentale, s’ apprêt a-t-il à détruire encore ce boulevard de l'Helladc orientale. Dans le Péloponèse, il n'y avait plus que le Maina dont le sol n'eût été foulé par les Égyptiens; mais le pacha pouvait espérer changer, par une parole d’autorité, la soumission illusoire de Georgios Mavromichalis en soumission réelle. Si ensuite, en passant par l'Argolide et par Corinthe, il faisait une seconde tentative pour tendre au séraskier une main par-dessus l'isthme, il pouvait croire que l'insurrection de la Grèce continentale serait vaincue, et qu'on pourrait alors porter aux îles un dernier coup, sur le succès duquel il ne saurait y avoir de doute. Mais au siège du gouvernement grec on s'attendait déjà à ce moment* que les ennemis porteraient aux îles ce coup fatal, qui aurait été rapidement frappé et dont les conséquences auraient eu une immense portée ; ce qui pouvait le faire croire, c’était que les flottes ennemies étaient encore réunies à Navarin, et que jusqu'alors on avait, chaque été, fait une tentative sérieuse pour détruire la marine grecque. La consternation qui saisit les Grecs à cette pensée leur inspira les résolutions les plus énergiques pour parer à ce danger. On avait déployé le plus grand zèle pour déterminer les Spetziotes à quitter leur île qui, plus que les autres, était exposée aux attaques de l’ennemi, et à venir s’établir dans l'ile d'Hydra, pour concentrer tout le matériel et toutes les ressources qui pouvaient servir à la défense dans cette seule île, dont la position et
EN 1826 et 1827.
la conformation rendaient la résistance plus facile. Ce ne fut qu’avec la plus grande peine qu'on réussit à fléchir l’orgueil de ces insulaires, jaloux de leurs rivaux; on n'y serait jamais parvenu sans le grand danger qui les me- ' naçait. Les Hydriotes abandonnèrent Kamini , leur faubourg sur la mer, à ces nouveaux concitoyens (uéroixod ; mais en prenant cette mesure on n’avait rien fait pour la défense d’Hydra, et tout ceci eut lieu au moment où le nouveau gouvernement, sous Zaïmis, fit son entrée à Nauplie avec soixante grossia (piastres) dans ses caisses, et où les habitants de cette ville avaient à craindre, à tout moment, que leurs maisons ne fussent assaillies et pillées par les Souliotes et les Rouméliotes affamés, qu'ils eurent la plus grande peine à tranquilliser par une quête qu'on fit pour eux en particulier.
Ce fut à ce moment même* que le colonel Gordon arriva • Ed mai. à Nauplie avec un petit reliquat de l'emprunt anglais, montant à quatorze mille livres sterling. Ce n'était là qu'un mince secours, qui, à ce moment d’un grand danger, allait être rapidement absorbé'; mais il permettait d'attendre le moment où les souscriptions des philhellènes fournirent des suppléments plus réguliers. On dépensa trois mille cinq cents livres sterling pour empêcher la dissolution du corps de Fabvier; on donna trente et un mille huit cent soixante-quinze francs aux défenseurs de Missoloiir ghi, outre l’argent recueilli pour eux à Nauplie; le reste fut employé pour mettre en bon état les défenses d'Hydra.
On jeta dans cette lie une garnison de mille irréguliers, que Fabvier renforça de neuf compagnies de tacticiens, avec la promesse qu'il viendrait, en cas de besoin, en personne pour défendre Hydra. Les voisins de Poros, de Kastri et de Kranidi promirent la même chose. De telle sorte on pouvait opposer à une attaque des ennemis soixante