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290 ' ■ LA GUERRE
vaisseaux, vingt et un brûlots et neuf mille hommes de troupes de terre et de mer. Cependant le danger qu’on avait redouté se dissipa. Les flottes turque et égyptienne
• h mu. avaient quitté Navarin; l'une était partie" pour les Darda-
• su mai. nelles, l’autre pour Alexandrie*. Mais à peine les Grecs en
furent-ils certains, qu’ils reçurent, il leur grande frayeur, la nouvelle que la flotte turque, divisée en deux escadres,
• En juin, avait de nouveau quitté les Dardanelles". L’une de ces divi-
sions, commandée par le kapoudun-bey, se dirigea vers Navarin, ou elle resta pendant trois mois dans l'inaction, tandis que l’autre, planée sous les ordres du grand-amiral Tahir-Pacha, était destinée à renouveler, comme on l'avait fait dans chacune des dernières années, la tentative contre file de Samos. Mais, au moment même oit les Samiens firent entendre les cris de détresse les plus pressants, il s'ajouta encore un autre embarras aux complications sans tin qui accublaicut le gouvernement grec. Avec une froide perfidie, le gouvernement autrichien avait guetta cette époque de la plus grande confusion pour envoyer, à ce moment même, presque toutes ses forces navales, sous les ordres du marquis Paulucci, dans les eaux grecques, afin d’y faire cesser de vive force les abus des pirates. Ce fut en vain que le gouvernement essaya de tranquilliser le
• u mai. marquis par une proclamation' interdisant sévèrement lu
course ii tous 1rs bâtiments qui n'appartenaient pas à la flotte militaire et même, pour le moment, à ceux qui *
• Juillet, avaient des lettres patentes. Le marquis commença" d’une
manière odieuse à rendre toute la marine grecque responsable des méfaits commis par les pirates; il prit dans les ports de Mvkonos et de Tinos leurs premiers et leurs meil-
• a. ai. leurs vaisseaux de guerre; puis il bombarda' la ville de
Naxos (qui elle-même avait besoin d'être protégée contre les pirates), parce qu'elle ne voulait pas payer l’indemnité
en 1826 et 1827.
que l’amiral autrichien lui avait demandée; il fit traiter Thermiai de la même façon et parut ensuite devant Nauplie, où il ne baissa le ton que parce qu'il était inquiété par des projets hostiles contre ses vaisseaux, et parce que le commandant de la station anglaise lui parla de manière à refréner son ardeur*.
Cependant cet intermède pénible n’avait pas empôché les Grecs de secourir Samos avec toutes les ressources qui leur restaient encore. Sachtouris avait quitté Hydra* avec trente-trois bricks et huit brûlots et avait fait son apparition dans les eaux de Samos*. Il engagea aussitôt un com- • ï6]tiiiin. bal sans résultat décisif avec l'avant-garde de la flotte turque; mais le lendemain*, lorsque le kapoudan-paehn '«juiu»!. vint avec ses vaisseaux de Chios, tous les navires des deux flottes se trouvèrent en présence. Les deux adversaires semblaient être, encore cette fois-ci, également peu disposés à entrer en lutte : les conducteurs des brûlots grecs n’obéirent pas lorsqu'ils reçurent ordre d’attaquer, à l’exception cependant de Kanaris qui traversa les lignes des vaisseaux ennemis, pour se jeter sur une frégate ; mais il y perdit son brûlot et ne s’échappa, à l’aide de sa chaloupe, qu’après avoir été blessé dans un vaillant combat qu’il soutint contre deux barques turques. Après cet engagement, le kapoudan-pacha retourna à Mitylène, où il perdit tout un mois, jusqu’il ce que Wiaoulis et Sachtouris vinssent l’y chercher eux-mêmes*. Après avoir été séparés • i^ptmbr,. d’abord par d'épais brouillards, les deux navarques se
' Cf. Zinkeiscn-Uordon, t. Il, p. 383. l’aulucci fut rappelé peu de temps après et remplacé par Dandolo, qui avait reçu pour instructions de tenir une conduite toute différente. Le» bâtiments marchands aumchicns devaient dorénavant respecter tout blocus effectif et ne pas faire d’entreprises particulières sans être escortés par des vaisseaux de guerre, à moins de le faire à leurs risques et périls. — Instructions pour l'amiral Dandolo, du 31 janvier 1827. MS.