‹ Insurrection et régénération de la GrèceChapitre 19 sur 48 · I.A GUERRE · texte numérisé non relu

I.A GUERRE

♦ (o septembre, réunirent de nouveau quelques jours plus tard*; ils com-

mencèrent à bombarder les vaisseaux turcs pendant la

• n *»pfMnbr<>. nuit et livrèrent, pendant toute la journée du lendemain*,

une des batailles les plus opiniâtres et les plus chaudes qui , eussent encore été livrées dans cette guerre. Les Turcs se

retirèrent d'abord dans la direction du nord; mais bientôt ils se jetèrent sur les vaisseaux grecs isolés qui, devançant les autres navires, avaient donné la chasse aux Turcs; la flotte grecque les rejoignit alors et la véritable bataille s'engagea, avec un vent faible et variable. Les Turcs, commandés par Tahir-Pacha, montrèrent un plus grand courage que dans les rencontres précédentes; les Grecs, avec leurs bricks et leurs brûlots, étaient plus téméraires que jamais. L'issue était indécise ; les pertes des Grecs en brûlots et en hommes n'étaient pas sans importance ; mais la hardiesse avec laquelle leurs bricks avaient attaqué les plus grands vaisseaux de guerre étonna les Français de Rigny * et Guilleminot, qui étaient les spectateurs de la lutte. La plupart des capitaines de la flotte grecque, convaincus qu’il n'y avait plus rien à craindre pour Samos, rentrèrent, après cette rencontre, dans leurs ports. En effet, le kapou dan-pacha quitta, vers la tin de l'automne, sa position près de Chios et de Ténédos, pour retourner aux Dardanelles. Si l'on excepte le blocus de Missolonghi, la flotte musulmane n'avait donc, encore cette année-là, rien fait pour appuyer, en quoi que ce fût, les opérations des Turcs ou des Égyptiens par terre. 11 arriva même à Ibrahim d’être la victime de l'outrecuidance des Grecs : une poignée ♦ f;u septembre, de Psariotes traînèrent* une barque de pêcheur d'Aigina (Egine)* par-dessus l’isthme, dans le golfe de Corinthe;

• puis, d’intelligence avec deux cents hommes armés, montés sur des barques, ils firent d'abord une tentative pour s'emparer de sept bâtiments de. transport près de Dobrena ;

k.n 1826 kt 1827.

ensuite ils enlevèrent, dans le port meme de Salona, une goélette qu’ils réussirent à conduire heureusement à Aigina, en se glissant, par une nuit sombre, à travers les petites Dardanelles, malgré toutes les forces navales que le pacha furieux mit en campagne contre eux.

Si la campagne maritime n’avait pas été brillante , celles que les deux pachas entreprirent dans la Morée et dans la Grèce orientale ne le furent pas beaucoup plus; mais elles eurent des conséquences beaucoup plus funestes. Nous n’en retracerons la marche qu’à grands traits et en passant , autant que possible , sous silence les petits détails. Ibrahim était revenu du siège de Missolonghi à Patras avec une armée bien affaiblie. De tous ses tacticiens il n’y avait plus de valide que trois mille cinq cents hommes. S’il avait voulu rassembler toutes ses forces pour une expédition vers l’isthme, il n’aurait pu réunir que de six à huit mille hommes à peine, après avoir laissé de faibles garnisons seulement dans les places maritimes. Cependant le besoin le plus urgent exigeait qu'après son retour il approvisionnât la ville de Tripolitsa, dont la garnison était de nouveau réduite à la dernière extrémité. En ralliant autour de lui la cavalerie qu’il avait laissée dans le pays, le pacha se rendit à la capitale, en passant par Kalavryta, afin de permettre aussi à la garnison de cette ville de prendre part à son expédition. Arrivé là, il trouva la ville dépouillée de tout; les Kalavrytiniens s’étaient réfugiés, avec femmes et enfants, sur le mont Chelmos où, soutenus par quatre cents hommes armés, sous les ordres de Petmezas, ils s étaient retranchés. Ils y repoussèrent* une première attaque des Égyptiens ; mais, après un second assaut contre leur position, ils furent dispersés avec de terribles pertes et durent s’enfuir vers Kastraki; errants dans ces montagnes couvertes de neige, ex-

Opérations d’Ibrahim-Pacha sur terre.

* 17 mai.

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