ET LA FRANCE
interprétations Dans notre exposition des relations diplomatiques entre les
du protocole do #
4 avril. différentes puissances, nous étions arrivé jusqu à la ckMure
du protocole de Saint-Pétersbourg en date du 4 avril 1826, et nous avions parlé de la consternation qui, à la première nouvelle de cette alliance russo-anglaise, avait saisi le sultan et son allié secret, le prince Metternich. Avec sa vivacité orientale et avec un coup d’œil rapide et pénétrant, le sultan avait aussitôt vu les faits qui se cachaient derrière les paroles, et il avait fait immédiatement des démarches par lesquelles il se préparait à contrebalancer les effets de cette allianoe. Mais en Occident, où l’on va plus lentement, il fallut beaucoup de temps aux diplomates pour se torturer l’esprit au sujet du véritable sens qu’il fallait attacher au texte seul de cette convention. Ce que Metternich appréhendait tout d’abord, c’était l’Angleterre et la force contagieuse du système de Canning, système si profondément odieux au prince et hostile à l’Alliance, et pour lequel le grand chancelier ne croyait pas trouver de terme plus juste que celui de « libertinage [Liedcrlichkeit). » Ces ap-
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préhensions n’étnient pas des chimères nées dans la tôle de Metternieh seul; d'autres diplomates aussi les partageaient très-sérieusement. Il y avait des anglophobes parmi les royalistes français qui reconnaissaient une victoire complète du ministre anglais dans la rupture de la Russie avec l'Alliance, et dans la perfidie impardonnable avec laquelle elle avait truité le sultan, qu’elle avait attaqué traîtreusement avec une nouvelle prétention et en le menaçant de la guerre, nu moment oii la Porte avait accordé la satisfaction de toutes les demandes qui lui avaient été adressées ouvertement. Ces royalistes ne croyaient pouvoir s’expliquer cette victoire de Canning que par l’influence nouvelle de Kapodistrias et surtout par celle de Speranski, homme qui, disaient-ils, s’engouait pour la politique libérale de l’Angleterre, qui était personnellement attaché à Canning et lui ressemblait sous tous les rapports. Même les hommes d’État prussiens plus froids ne pouvaient pas non plus se défendre de temps à autre de la crainte que les premiers intérêts des Etats et de la société ne fussent en danger d’être renversés par le système populaire de Canning, qui prenait pour loi plutôt les idées et les passions du jour que les principes d’une politique réfléchie. Tout autres étaient les soucis des russophobes soupçonneux. Ils croyaient que le but suprême du czar était la guerre pat1 laquelle il voudrait aider les destinées pourtant inévitables de l’empire ottoman. Ils ne voyaient donc dans le protocole que le seul dessein de pousser l'Angleterre à consentir à l’emploi de mesures coercitives, après que les négociations auraient échoué, mesures que, dans les conférences de Saint-Pétersbourg, Canniug avait pourtant repoussées avec une grande persévérance. Ils croyaient* que Canning ne trom-
1 C’était, beaucoup plus tard, encore l'opinion de Wumi : biplomatuche Geschkhle der orkntalischen Frage (Histoire diplomatique de
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pait pas la Russie, mais qu'il en était, au contraire, la dupe, et ils s'imaginaient que les hommes d'État russes le menaient et le faisaient marcher suivant les intérêts et les désirs de la Russie. Du reste, même les diplomates russes si obséquieux qui, peu de temps auparavant, avaient encore baigné de larmes de reconnaissance la main que Ganning leur tendait pour les secourir, parlaient avec une satisfaction entière de la docilité du cabinet britannique qu'ils vantaient comme leur œuvre dans les rapports qu'ils adressaient à leur maître orgueilleux.
Quelque grande que fût d’ailleurs, dans sa première émotion, l'appréhension de Metternich au sujet de l’alliance qu'il soupçonnait exister entre les deux puissances, il était pourtant un trop grand optimiste de sa nature pour se laisser tourmenter longtemps par ces craintes. Du reste, ses inquiétudes commencèrent à s’apaiser dès qu’il eut fait sonder les dispositions des puissances avec plus d’exactitude. Il s’était empressé de faire demander à Ganning 1 : « quelles suites on donnerait au protocole dans le cas oü la guerre éclaterait ? si la puissance médiatrice serait alors l’alliée de la puissance belligérante? et si l’Angleterre s’était bien assurée quelle serait l’application que le ezar donnerait au principe des indemnités pour la guerre? » Avant qu'on put recevoir une réponse à ces questions, Metternich apprit successivement la chute de Missolonghi, le retour d’ibrahim dans la Morée, les armements de Rechid-Paeha contre l’Ilellade orientale, l'anarchie qui régnait à Nauplie et le désordre qui jetait une
la question d'Oricnt), p. 215-18. — On trouve des vues plus justes dans Rœpell : Die orientaUsche Frage iu ihrer geschiclUlichen Eutwicklung (La question d' Orient dans son développement historique), 1854, p. 235.
1 Dépêche adressée au prince Esterhazy, en date du 29 avril 1826. MS.
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confusion complète dans tout ce chaos révolutionnaire.
Aussitôt Metternich sentit renaître en lui ses premières espérances, et il se disait que l'insurrection serait peutêtre étouffée avant que le protocole eût eu les moindres suites ; nous avons vu qu’à ce moment il fit même quelques efforts pour aider, par son action, à réaliser ce but, en lâchant toute la marine autrichienne contre les Grecs.
Il crut déjà que le protocole était < un enfant mort-né et un coup d’épée dans l’eau où il n'y avait que l'alliance qui, cependant, avait reçu une fâcheuse blessure'. » Tous les événements qui eurent lieu, immédiatement après, le fortifièrent dans ces vues pleines de consolations pour lui.
De nouvelles démarches, faites à Constantinople par Stratford Canning peu de temps avant * et même pendant • ti juin i**«. la destruction des janissaires à Constantinople, furent passées sous silence ou l’on refusait de s’y prêter; l’ambassadeur anglais accepta ces refus sans rien dire et, lorsque Canning communiqua confidentiellement le protocole du 4 avril aux cours de Vienne et de Paris à peu près à la même époque, il y ajouta la déclaration qu’il ne désirait pas lui donner suite pour le moment. Ces indices étaient pour Metternich des commentaires agréables qui expliquaient la réponse également agréable faite, pendant ce temps, par Canning, aux questions que le cabinet autrichien lui avait adressées, à savoir que, dans le cas d'une guerre, le protocole n’aurait pas d’effet et que l’empereur de Russie avait renoncé avec trop de netteté et de précision à tout agrandissement de territoire pour qu'on pût douter de sa parole. Ces deux propositions renfermaient tout ce qu’il fallait à Metternich pour le tranquilliser.
Effectivement, déjà à cette époque, comme plus tard à
Rapport du baron Maltzalm, Vienne, le 22 mai 1826. MS.
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chaque occasion qui se présentait, la Russie répéta « jusqu’à satiété » ces protestations solennelles : que les principes immuables de la politique russe, fondée sur des intérêts dont aucune puissance ne saurait lui demander le sacrifice, commandaient, à la vérité, la conservation d’une influence russe prédominante à Constantinople, mais rien de plus, et que des conquêtes ou la chute de l’empire turc ne pourraient pas entrer dans les intentions de l’empereur, par la raison même qu’elles seraient plutôt nuisibles qu’avantageuses à la Russie. « Avant que la Russie eût avancé ses limites vers l’ouest, était-il dit dans un célèbre document russe de cette époque-là*, et avant qu’elle eût fait, sur 1a mer Noire, les acquisitions indispensables qui assuraient ses communications avec la Géorgie, elle n’avait pas pu écarter les idées d’agrandissement qui souvent avaient fait croire à son intention de vouloir anéantir la Turquie; mais, depuis le glorieux règne d’Alexandre I*r, sa position était telle qu’elle regarderait des conquêtes plutôt comme un fardeau. L’amour de la paix était inspiré à l’empereur non-seulement par les intentions bienfaisantes qui marquaient, à l’époque actuelle, la marche de tous les gouvernements, mais encore par le profond sentiment des avantages qu’un développement paisible des ressources intérieures accorderait à son empire. »
Metternich, qui redoutait une guerre russo-turque plutôt à cause de la faiblesse de l’Autriche qu'à cause de la force de la Russie, disait à lui-même et aux autres, dans des moments* où les probabilités d’une guerre étaient beaucoup plus grandes et toutes les fois qu’il croyait pou-
* Instructions pour M. de Ribeaupierre, du 1 1/23 janvier 182*. Cf. Portfolio, t. III, p. 127, 266.
* Comme, par exemple, dans une dépêche adressée à Estcrhazy , le 12 février 1828. MS.
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voir exprimer sa véritable opinion : « que dans oes assurances de la Russie il y avait un grand fond de vérité; que les temps n'étaient pas propices pour que la Russie jugeài utile de se brouiller avec toute l’Europe au sujet de ses projets gigantesques relativement à la dissolution de l’empire turc; qu’il ne s’agissait réellement pour elle que de voir la Turquie affaiblie, désarmée et abaissée, et que, dans le moment actuel, elle voulait seulement de nouveau user les forces des Ottomans par la constitution d’une Grèce qui existât de nom, mais qui, en réalité, fût nulle. > Si le grand-chancelier était donc tranquillisé de ce côté là, il calmait bientôt encore davantage ses appréhen* sions au sujet de l’Angleterre. Quand il était en proie à une vive émotion, il voyait toujours, il ést vrai, dans Ganning un esprit extravagant de l'espèce la plus dangereuse ; mais quand il s’était calmé de nouveau, il lui arrivait ce* pendant aussi de se rappeler quelquefois l’indifférentisme tenace de cet homme d’État, qualité qui ne ressemblait guère à l’extravagance et au « libertinage > dont le prince accusait, à d'autres moments, le ministre anglais. Lorsque Canning se décida à prendre en main la cause grecque, il sentit instinctivement « qu’il fallait faire quelque chose > par la raison matérielle que le commerce étaitsans cesse troublé par la piraterie, et par la raison morale que les malheurs de la nation grecque, devenue un objet de pitié pour le monde tout entier, réclamaient une intervention. Mais ce qui avait été fait par le protocole, n’était certainement pas en conformité avec les idées d’une philanthropie ou d’un libéralisme chimériques, mais bien avec le point de vue étroit de ce type d’un Anglais jaloux de tout progrès constitutionnel des peuples d’Europe. Tout en mettant entièrement en ligne de compte tous les égards que Canning devait à la Turquie et toute la prudence dont
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il fallait user vis-à-vis de la Russie, on se sentait cependant de l’aversion pour cette indifférence glaciale avec laquelle le ministre anglais pouvait attendre patiemment que les Grecs, dans leur agonie, eussent rendu le dernier soupir, et on voyait avec dégoût avec quelle petitesse d’esprit il leur mesura les conditions de leur existence après qu’ils eurent été sauvés. Il est vrai que le protocole rejetait l’idée de diviser la Grèce en plusieurs parties, dans lesquelles les Turcs tiendraient garnison et auxquelles ils imposeraient des hospodars, idée émise par le mémorandum russe de 1824; mais dans l’article, où il était dit que la Grèce serait soumise à la Turquie et lui payerait tribut, le protocole entrait tout à fait dans les vues et les désirs de la politique russe à laquelle convenait seulement un état de choses tenant le milieu entre l’indépendance et l’anéantissement de la Grèce; en effet, elle voyait dans un peuple grec indépendant l’allié naturel, non pas de la Russie, mais bien des États riverains de la mer Méditerranée. La conformité entre les vues des deux puissances précisément sur ce point, ouvrant en Grèce une nouvelle source de vexations pour la Porte et agrandissant l’influence de la Russie, ne pouvait pas être agréable à Metternich ; cependant les nombreuses lacunes, restées dans le protocole, lui firent oublier facilement cette cause d’inquiétude.
On n’avait pas précisé l’étendue du nouvel Étut;Mellernich savait que Canning voulait le resserrer dans les limites les plus étroites et le borner à la Morée et aux îles, ce qui plaisait médiocrement à la Russie. Ensuite le document ne disait rien sur les mesures qu’on adopterait pour exécuter le protocole. A ce trait Metternich reconnaissait, au milieu même de son entente avec la Russie, la même Angleterre qui, à Saint-Pétersbourg, s’était tenue
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en dehors des conférences. Elle avait dévié de son principe de non-intervention ; mais, en agissant ainsi, elle s’était restreinte aux choses les plus nécessaires, commandées par la nature du cas actuel ; en outre, elle n’avait fait cette première démarche que sous la réserve de veiller avec soin sur chaque pas qu’on ferait ultérieurement dans cette voie. A cet égard, la Russie cachait un but différent sous la question des moyens à employer pour exécuter le protocole ; ce furent précisément ces moyens-là contre lesquels l’Angleterre, au moment actuel, comme pendant les conférences de Saint-Pétersbourg, se tenait évidemment en garde, et il était clair qu elle essayait « de retenir la Russie sous son influence » en se chargeant de régler avec elle les destinées de l’Orient. L’empereur Nicolas, de son côté, trouvait de l’avantage à découvrir ou du moins à feindre de voir des projets ambitieux derrière les machinations anglaises en Grèce, afin de pouvoir dire que le véritable but que lui, le czar, poursuivait par cette convention était « de lier l’Angleterre. » Or, c’était là le point qui rassura complètement le grand-chancelier. Il trouva que les deux puissances comptaient se tenir mutuellement en échec, qu’une défiance réciproque avait présidé à la conclusion de l’alliance, qu’on y poursuivait des desseins non avoués et que, par rapport à la question des mesures coercitives, le dissentiment était encore le même que pendant les conférences de Saint-Pétersbourg. Metternich prévoyait que si, par hasard, la médiation arrivait jusqu’à cette limite, ces relations équivoques entre les deux puissances lui fourniraient tout un arsenal de pièces qui lui serviraient à semer la discorde entre les cabinets par des calomnies, et en les excitant l’un contre l’autre, art dans lequel le prince était passé maître. Mais en réalité, il ne croyait même pas que l’Angleterre laissât jamais arriver les choses à un point
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qui pourrait amener une rupture avec la Turquie. Bientôt il parvint même à se persuader qu'on ne communiquerait pas officiellement le protocole à la Porte. A ses yeux, la convention était frappée de stérilité, tandis que sa politique de négation et d'impuissance, qui n'avait jamais poursuivi ou supporté une idée positive, triomphait de nouveau sur toute la ligne. Les assurances d'Esterhazy, qui lui écrivait que l'Angleterre laisserait tomber le protocole, trouvèrent créance auprès de lui, bien que le prince eût été déjà souvent induit en erreur par cet ambassadeur peu perspicace qui, vis-à-vis d’un ennemi personnel et irrité, comme l'était Canning, se montrait d'une candeur inconcevable. Esterhazy semblait voir avec indifférence Canning et l'ambassadeur russe travailler souvent et beuucoup ♦ Août, ensemble *, tandis que ses propres rapports avec Lioven devenaient de plus en plus mauvais. La diplomatie autrichienne ne paraissait pas non plus se préoccuper beaucoup de ce que le protocole avait été communiqué au cabinet de Paris avant d’avoir été envoyé à Vienne, de ce que Polignac ne disait rien de cette confiance plus grande montrée ainsi à la France et de ce que, dans cette question d’Qrient, Pozzo di Borgo se rapprochait de plus en plus du ministère français, même jusqu'il l'importuner.
11 suffisait à Metternich qu’en lui communiquant fort tar- ♦ MwiAemb». divement’ le protocole d’une manière officielle, on ne lui demandât pas encore d’y répondre et d’exprimer son opinion à ce sujet1, tandis que, de l'autre côté, les puissances avaient fait entrevoir, quant à la partie la plus importante du protocole, relativement aux moyens de l'exécuter, d'uhord une uutre délibération et ensuite des ouvertures ultérieures. Avant d’avoir reçu ce projet des puissances,
1 Canning and bis limon, p. 418.
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Metternioh avait eu l’intention de ne pas exprimer d’une manière officielle son opinion à cet égard. Mais, dans une première réponse verbale, il exprima1 son adhésion aux clauses du protocole et fit semblant de souhaiter les meilleurs succès aux puissances. En effet, que lui faisaient ces clauses, quand les affaires en Grèce marchaient, pendant ce temps, tout à fait à souhait ! Avec un véritable bonheur, il prit acte d’une parole de Dalberg, ce coryphée des philhellènes, qui disait : que c’était jeter son argent par la fenêtre que d'envoyer des secours aux Grecs. « Qui songe encore, disait le grand-chancelier, à la possibilité de délivrer la Grèce? C'est une chimère, inventée pour jeter ces peuples dans la ruine et pour semer la discorde entre les cabinets 1 » Encore au mois d’octobre, Gentz était tout à fait convaincu que le protocole n’aurait pas de suites, que les mesures coercitives n’étaient pas du tout dans la pensée de Canning, bien que Tatistschew, alors ambassadeur à Vienne, l’assurât du contraire de la manière la plus positive et à plusieurs reprises. Les diplomates autrichiens pouvaient entendre pousser les mauvaises herbes qu'ils avaient vu semer dans la convention russo - anglaise ; mais ils ne voyaient pas les causes naturelles et palpables, à la fois grandes et fortes, qui pouvaient faire hésiter les deux alliés à exécuter le protocole. On ne songea peut-être qu'â la fin de l’année, lorsque le fameux discours de Canning frappa les puissances comme un coup de foudre, que les complications hispano-portugaises de celte année-là devaient avoir repoussé, dans l’esprit du .ministre anglais, la question d’Orient jusqu'au dernier plan. On n'attachait peut-être pas non plus assez d’importance à ce fait, que les révolutions, à Constantinople, paralysaient toute action pendant
• C'est ce qu’affirment des dépêches russes adressées plus lard à Tatistschew.
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tout l'été. Comme le czar aussi évitait de s’immiscer trop tôt dans les affaires grecques, afin d’atteindre son but à Akerman, où les délégués de la Russie et de la Porte devaient se rencontrer pour vider les questions litigieuses qui étaient spéciales à ces deux puissances, Metternich croyait déjà que son ancienne opinion allait se confirmer et que le czar avait entièrement abandonné les Grecs.
Traiu dAker- I,es plénipotentiaires turcs étaient partis de Constanti-
* i juin, nople, pour se rendre à Akerman *, déjà avant la catastrophe
qui anéantit les janissaires; cependant, l’arrivée des délégués russes, de MM. de Ribeaupierre et de Voronzow, commea«Dient et l'ouverture des négociations" furent retardées encore de deux mois entiers. Lorsqu’on avait proposé Akerman comme lieu de réunion , la Porte n’y avait pas regardé de si près et avait accepté, bien que cet endroit ne fût pas une ville frontière et qu’il fût même assez loin de la frontière. On ne voulait pas troubler les rapports amicaux qui commençaient à se rétablir entre les deux puissances : en effet, avant et après l’acceptation de rultimntum, les diplomates russes à Constantinople avaient parlé un langage très-doux et très-bienveillant, et encore à Akerman, les Russes montrèrent, au commencement, les plus grandes attentions aux négociateurs, pour lesquels on avait préparé une maison tout à fait d’après les habitudes des Turcs. Mais dès qu’ils eurent les plénipotentiaires turcs entièrement entre leurs mains, les Russes changèrent complètement de ton dans leurs négociations. L’empereur Nicolas était porté, par son caractère, à partager la conviction de Kapodistrias et de Stroganow, qui croyaient qu’il fallait parler à la Porte non pas un langage de persuasion, mais celui de la contrainte. 11 avait donc déjà d’avance annoncé
• 7 juin, par une dépêche circulaire de Nesselrode*, que, dans ces
négociations, il ferait prédominer cette force et cette vi-
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LA TRIPLE ALLIANCE
gueur qui, d’après une longue expérience, étaient la condition indispensable du succès dans des discussions avec la Porte. Cette circulaire avait été écrite déjà avant la destruction des janissaires ; mais depuis que cet acte si hardiment accompli eut fait naître à Saint-Pétersbourg des appréhensions au sujet des conséquences possibles de ce succès, le cabinet russe sentit qu’une nécessité beaucoup plus impérieuse l’obligeait alors, plus que jamais, à faire peser sur la Porte toute l’ancienne influence russe ; à reconquérir la supériorité de la position quelle avait eue autrefois à Constantinople et môme à l’augmenter encore, et à exploiter aussi promptement et aussi complètement que possible le moment de faiblesse dans laquelle se trouvait la Porte à cette époque critique où l'ancien système militaire était détruit sans que la nouvelle organisation eût été établie, où les finances étaient dans un état de dilapidation -complète et où l'on avait à redouter, tous les jours, les révoltes des partisans de l’ancien état de choses. S’il était possible que la guerre eut été déjà auparavant le but du czar, la rupture avec la Porte devait, en tout cas, lui paraître, à ce moment-là, plus que jamais préférable à la paix, parce que la guerre lui livrait la Turquie sans défense. C’est pourquoi les plénipotentiaires russes demandèrent à Akerman ce qu’ils ne croyaient guère eux-mêmes pouvoir obtenir : « Dans les Principautés, les Turcs devaient rétablir le statu i\uo de 1821 et, par conséquent, les divans à côté des hospodars qui, après une administration de sept ans, seraient rééligibles ; quant au maintien de la modification, faite sans le consentement de la Russie et par laquelle on avait admis des boyards, au lieu des phanariotes, à ces dignités, on le traita de condescendance généreuse, bien que par cet arrangement on eût jeté les bases d’une émancipation delà nation roumaine qui, antipathique
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aux Grecs et aux Slaves, commença, à partir de ce moment, à concevoir l’idée d’une union des deux Principautés. Les dispositions contenues dans le traité de Boukharest, au sujet de la Servie, devaient être confirmées; la Turquie devait rendre aux Serbes quelques territoires qu’elle avait retenus dans sa possession, et les affaires de la Principauté, relativement à la liberté des cultes, à l’élection des fonctionnaires publics, à l’indépendance de son administration, etc., devaient être réglées d’après les propositions des députés serbes. Les Russes demandèrent une indemnité pour les pertes que le3 Barbaresques leur avaient causées depuis 1806, de même qu’ils exigèrent des garanties suffisantes pour protéger, à l’avenir, le commerce russe contre tout préjudice qu’on pourrait lui causer; enfin, ils stipulèrent la liberté de la navigation dans la mer Noire pour toutes les puissances de second ordre qui ne la possédaient pas encore.
Toutes ces demandes avaient été, pour la plupart, déjà accordées et elles ouvraient seulement de nouveau, en les élargissant encore, les anciennes blessures de la Porte, à laquelle on rappelait ainsi qu’elle avait perdu son droit de souveraine dans trois provinces et la domination sur la mer Noire; mais ce qui était beaucoup plus injuste, c’était . la demande de la Russie de lui céder les forts sur la frontière d’Asie, dont la possession avait été depuis si longtemps un objet de litige. La Russie fondait sa demande sur ce qu’elle possédait la Mingrélie, dont les forts en question n’étaient que des enclaves, où les Tcherkesses et les Lesghiens avaient toujours trouvé des secours sans que la Porte eût jamais pu les en empêcher. La Russie s’appuyait en outre, dans ses prétentions, sur la teneur du traité de Boukharest qui avait stipulé seulement la restitution des forts conquis par les armes, tandis que ceux que
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la Russie retenait dans sa possession lui auraient été livrés spontanément par le prince mingrélien Achmed. Lorsque les plénipotentiaires turcs, qui n'étaient pas autorisés à consentir à cette cession, désiraient écarter cet article pour le moment, les Russes leur déclarèrent avec rudesse que les négociations étaient rompues et leur firent offrir de les ramener à la frontière. Effrayés d’assumer la responsabilité qu’une telle démarche ferait peser sur eux, les Turcs demandèrent un délai qui leur permit d’attendre de nouvelles instructions ; mais Voronzow leur déclara : « que, dans la prévision de semblables retards, et pour couper court à toute discussion inutile , l’empereur leur avait ordonné de résumer, dans un seul aperçu, toutes ses demandes fondées sur les traités, ainsi que T ultimatum de toutes les concessions qu’il serait possible de faire pour chaque point en particulier. » Voronzow remit aussitôt ce résumé à lladi— Effendi et lui indiqua le 7 octobre comme dernier délai pour la remise des déclarations définitives de la Turquie. Daiis ce document, on avait particulièrement accentué la cession des forts asiatiques, les droits des Serbes et le nouveau chat-schérif pour les Principautés'.
Les ministres turcs à Constantinople firent à M. de Minciaky les représentations les plus sensées sur cette indigne manière d'agir: « La Russie, disaient-ils, se plaçait sur un tout autre terrain ; elle élevait des prétentions tout à fait étrangères aux traités ; elle produisait un acte tout rédigé, au lieu d’ouvrir, selon la convention, un échange d'opinions librement exprimées et, enfin, loin de permettre à la Porte de négocier, elle lui faisait la loi. » Les ambassadeurs, même ceux des cours qui étaient les amies fidèles de la Porte, haussaient les épaules. Ils avaient
* Rapports du baron de Miltitz de Constantinople, du 7 et 25 septembre 1826. MS.
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poussé le reis-effendi vers ce système de concessions; ils l'avaient vivement pressé de déterminer le sultan à accepter rultimatum russe ; ils l’avaient décidé à envoyer des plénipotentiaires à Akerman, en lui faisant entrevoir « des soulagements, » et enfin, ils lui avaient fait remporter la victoire sur le parti opposé du séraskier : mais, au moment actuel, ils avaient le front de lui conseiller de nouveau de se résigner à la nécessité inévitable. On avait d’avance communiqué le projet de ces négociations au cabinet autrichien qui l’avait approuvé ; l’ambassadeur anglais aussi avait reçu l'ordre de l’appuyer auprès du divan et, par les instances pressantes de Pozzo, Villèle s’était également laissé décider à exhorter la Porte ‘ à accepter les conditions russes, dont il ne connaissait pas même les détails ! C’était toujours le même jeu méprisable qui se répétait là : croyant pouvoir conserver la paix dont iis désiraient le maintien, fous aidèrent à plumer le pauvre corbeau que l’aigle voulait déchirer. L’intérêt du moment dut nécessairement l’emporter, au sein du divan , sur toutes les autres considérations. Faible et sans armes, comme elle l’était, elle dut 4 « octobre faire signer* la convention d’ Akerman conçue dans les termes exigés par la Russie. Mais les plus sagaces parmi les diplomates à Constantinople prédisaient sur-le-champ qu’on serait trompé si l’on croyait que cette soumission forcée était un gage certain de la paix : la Porte, disaient-ils, attendrait seulement le moment où elle aurait de nouveau recueilli ses forces, pour se débarrasser de ces engagements qu’on lui avait arrachés par la contrainte. Cependant, pour le moment, elle s’appliqua sérieusement à les * a j»«ivi«> ur. remplir: les députés serbes quittèrent la capitale turque*, après y être restés cinq ans, et les chat-schérifs adressés
’ Dépêche du général Pozzo di Borgo, 8 août 1828. Dans le Recueil de document* relatifs à la Russie, p. 288.
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aux volvodes de la Moldavie et de la Valachie furent publiés un peu plus tard*. *
Dès que M. de Ribeaupierre lit son apparition à Constantinople \ pour y occuper son poste de ministre plénipo- • h tentiaire, on accorda, par son intermédiaire, la liberté de la navigation dans la mer Noire aux États de second ordre. Dans cette affaire, la Russie continua à agir avec une brutalité insolente. La Sardaigne avait obtenu autrefois son ; admission à cette liberté de navigation, sous la réserve que la Turquie aurait le droit de pouvoir acheter la première les cargaisons de ces navires, et la Suède venait de recevoir la même permission pour ses bâtiments, à condition que ceux-ci payeraient un péage ; mais de nouvelles instructions envoyées par Nesselrode 1 au ministre russe Fin formèrent alors que les conventions ultérieures « excluaient toute clause, relative à ce droit d’un premier achat, comme incompatible avec la réalité de la concession demandée. » Aussitôt on disait à chaque nouvelle restriction qu’on exigeait de la Porte : « qu’il ne s'agissait pas là de clauses et de concessions, mais bien d'autorisations pures et simples. » Ce langage impérieux et empreint d’irritation provenait, sans doute, déjà d’une nouvelle interruption dans l’entente pacifique qu’on venait d’établir seulement. Mais déjà dans la scène finale d’Akerman, ce langage et tout le résultat des négociations dans cette ville, avaient produit l’impression la plus pénible sur tous ceux qui avaient espéré sérieusement que la paix deviendrait enfin ferme et stable. Des deux manières de parler, dont on se servait dans les cercles officiels de Vienne, celle qu'employaient les hommes d'un rang inférieur, depuis Gentz jusqu’à Stürmer, s’exprimait sans le moindre ména-
‘ Dépêche du comlc de Nesselrode à Mr. de ltib'*aupiene, Saint- Pétersbourg, *22 avril 1827. MS.
Démarches faites par les pnil- «ances contracUn- |r» »>nlrc elle*, pour l’exécnllou du protocole.
* 4 sep» 1826.
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gement sur les articles Funestes et gros de malheur qui avaient été le résultat de cette manière inouïe de procéder. Le langage officiel du cabinet autrichien restait cependant toujours le même qu’au commencement où Metternich avait été spectateur très-satisfait de ce qui se faisait à Akerman . Dans toutes ces négociations, on avait observé un silence profond et complet sur la Grèce. C’est ce qui confirma le grand-chancelier dans son idée favorite au sujet de l’indifférence du czar à l’égard de la question grecque, et c’était là tout ce qu’il voulait. Cependant le destin ne cessait pas encore à ce moment de se jouer du prince, dont les espérances se trouvaient toujours de nouveau déçues. En effet, à peine cette pensée pleine de consolations pouvait-elle avoir jeté quelques racines dans l'Ame de Metternich, qu’elle fut de nouveau entièrement déracinée par la nouvelle que, même avant la conclusion de la convention d’ Akerman, l’empereur de Russie avait déjà commencé à donner néanmoins suite et un certain développement à ce protocole si odieux à Metternich et que le prince avait déjà regardé comme ne devant plus avoir le moindre effet.
En effet, déjà pendant que les négociations marchaient encore à Akerman, le prince Lieven avait fait de l’exécution du protocole l’objet de nouvelles discussions à Londres, en adressant à Canning cinq questions bien précises qui avaient été puisées dans la considération de toutes les éventualités possibles ; on y avait envisagé les divers cas ; où les premières ouvertures de Stratford seraient repoussées, oü la Porte se montrerait complètement inaccessible et où les négociations à Akerman auraient une issué bonne ou mauvaise. En répondant' à ces questions*, Can-
• Note adressée au prince Lieven, en date du 4 septembre 1820.
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ning exprima le vœu : « que l’appel adressé, par les Grecs, au cabinet anglais pour demander sa médiation, restât la base des premières démarches à faire par sir Stratford Canning, démarches que l’ambassade russe à Constantinople ne pourrait pas mieux appuyer directement qu’en prenant pour base de son action ce protocole, auquel Canning espérait voir accéder ultérieurement aussi les autres coure, afin de donner ainsi le premier exemple d’une intervention commune de toutes les cinq puissances. Canning faisait ensuite les représentations les plus pressantes contre l’explosion d'une guerre, dans le cas où l’on subirait un échec, soit dans les négociations à Akerman, soit dans la médiation qu’offrirait Stratford Canning. Si ce dernier cas devait se réaliser, le ministre anglais proposait d’autres mesures, soit de rappeler les ambassadeurs, si toutes les cinq puissances voulaient faire cette démarche en commun, soit de se rapprocher des Grecs et de reconnaître , à la dernière extrémité , l’indépendance de leur État. • Ce furent ces principes dont Canning fit aussi la base des instructions' qu’il envoya, deux jours plus tard*, • à Constantinople et par lesquelles il chargea Stratford de s’adresser seul îi la Porte, dans une première démarche qu’il ferait comme médiateur invoqué par la Grèce, et d’engager le divan à s’occuper des propositions des Hellènes. Canning s’en référa au jugement de l’ambassadeur, quant à l’époque où il ferait cette démarche et quant à la question de savoir s’il y ajouterait aussi la proposition d’une suspension d’armes ou s'il la réserverait à un autre moment. Dans le cas où les négociations à Akerman auraient une issue favorable, le ministre anglais trouvait désirable que Stratford attendit l’arrivée et le concours de
1 Cf. Portfolio, t. V, p. t.
6 septembre.
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Ribcaupierre; cependaut il lui laissait liberté entière encore sur ce point, et lui permettait, dans des circonstances urgentes, d'agir plus tôt, en lui recommandant cependant de s'entendre avec l’ambassadeur russe. Immédiatement après que Lieven eut expédié ces ouvertures au cabinet de «■[.t-inhr.-. Saint-Pétersbourg, Canningse rendit à Paris". Pozzo était bien surpris de voir que le ministre, anglais avait choisi, pour ce voyage, précisément une époque « où il n'y avait pas un seul point sur lequel Canning fût entièrement d'accord avec la France. » Néanmoins, déjà à ce moment, Canning, comme nous l’avons vu, amena le ministère français à faire une espèce de convention, destinée à apaiser les différends hispano-portugais ; il profita, en même temps, de l'occasion pour mettre la France de son côté aussi dans la question grecque, où les deux alliés semblaient redouter quelquefois 1 une collision avec cette puissance, à cause de ses rapports avec l'Égypte. Canning trouva les ministres et le roi trèsfavorablement disposés pour la Grèce et tout prêts à agir dans ce sens sur l'Égypte; il put bientôt se convaincre que le cabinet français accéderait au protocole, si l'on ménageait seulement l'orgueil national et qu'on évitât soigneusement les apparences de ne réserver à la France qu'un ’ôle secondaire. C’est pourquoi Canning écouta très-attentivement Yillèle et Damas lorsqu'ils lui exprimèrent, déjà à cette époque, le désir de voir transformer le protocole en traité formel.
Le ministre anglais se trouvait encore à Paris, lorsque un »epi. l'ambassadeur russe reçut la réponse la plus satisfaisante" à sa dernière dépêche'. Il n'y avait qu'une seule chose qu'on avait recommandée à Lieven de la manière la plus
* Des deux dépêches ostensible et confidentielle , qui portent cette dale, la dernière a été imprimée dans le Recueil déjà cité, p. 2fi0.
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pressante dans ces nouvelles instructions ; c'était de s’entendre avec Canning, avant toute autre chose, sur le point capital, à savoir que, par égard pour la dignité des deux puissances, et en particulier par considération pour les intérêts les plus importants et les plus chers de la Russie, il ne faudrait pas commencer l’œuvre de médiation sans la ferme résolution d’aller jusqu'au bout, quand même les mesures coercitives proposées par le ministre anglais seraient insuffisantes. Canning hésita à y répondre, parce qu’il connaissait bien l'aversion très-prononcée de Wellington et de tous ses collègues, appartenant au torisme, pour toute espèce de brouille avec la Porte ; mais Lieven, qui ne connaissait pas moins bien ces sentiments défavorables de la majorité des ministres, insista avec d’autant plus de fermeté sur la déclaration demandée à Canning*. Dans le plus grand secret, ces deux hommes d'État tombèrent alors d'accord sur une note officielle * que Lieven devait remettre à Canning, avec une lettre confidentielle où il répéterait, dans ses points essentiels, les arguments que renfermaient ses instructions du 27 septembre qu'il venait de recevoir. Lieven y fit au ministre anglais la déclaration flatteuse que ses instructions, adressées le 6 septembre à Stratford Canning, devaient, en même temps, servir de règle de conduite à M. de Ribeaupierre, et que la manière de procéder, qui y avait été proposée, était parfaitement approuvée et acceptée par la Russie. Mais dans le cas où toutes les mesures, sur lesquelles on s’était entendu, n’auraient aucun résultat, Lieven se déclara autorisé à se concerter aussitôt avec Canning sur les mesures qui seraient à prendre ultérieurement.
Canning répondit* à ces deux documents d'une manière
1 Dépêche, et dépêche réservée, du prince de Lieven, Londres, 27 novembre 1826. Lf. Portfolio, I. t\ , p. t. V, p. 80.
* Du IV DOT.
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