‹ Insurrection et régénération de la GrèceChapitre 27 sur 48 · I.A TRIPLE ALLIANCE · texte numérisé non relu

I.A TRIPLE ALLIANCE

les deux puissances avaient arbitrairement disposé des droits d'un autre souverain, n’était aux veux de la Porte qu'une feuille blanche dont elle ne se mettait pas en peine ; la communication confidentielle de ce papier avait été une insulte et la communication officielle un outrage. » Aussitôt on annonça à la Porte la transformation du protocole bilatéral en une convention trilatérale ; on la menaça de prendre des mesures ultérieures et on demanda, en môme

is avril, temps *, une réponse écrite aux dernières ouvertures. Avec une opiniâtreté insolente, le reîs-effendi la retarda, jus-

• n nui. qu’à ce que l’internonce", à l’occasion de la présentation

de son nouveau drogman, M. von ïlussar, rappelât vivement au ministre turc la nécessité de répondre aux puissances, et que Stratford Ganning mit la Porte encore une fois en demeure de lui faire une réponse. Alors on la re-

* 9 j»ia. mit enfin * à toutes les cinq puissances sous la forme d’une

déclaration ( beyan-nume )*. On y indiquait les raisons et les principes d’après lesquels la Porte se voyait obligée de décliner de la manière la plus formelle toute espèce d’immixtion, c’étaient : les droits de souverain du sultan, l’indépendance de tout gouvernement dans l’intérieur de ses États et le caractère divin des lois de l’empire turc. Puis on se plaignait dans ce document des secoure donnés par les philhellènes : « au commencement de la révolte, quelques-uns des ambassadeurs avaient même offert. à la Porte une assistance active contre les insurgés ; plus tard, en revenant de Vérone, lord Strangford, parlant au nom des puissances, avait reconnu à la Turquie le droit d’en finir, avec les affaires grecques, comme bon lui semblerait, et, enfin à Akerman, la Russie avait déclaré officiellement qu’une immixtion n’aurait pas lieu. » Ce dernier

1 Déclaration remise par le Reïs Efendi aux Dragomans de france, etc., 9 juin 1827. MS.

LA TRIPLE ALLIANCE

12 juin.

19 juin.

juni.

point donna lieu * à une dénégation réitérée de ftibeaupierre* qui, à son tour, provoqua une réplique de la Porte* dans laquelle les ministres turcs maintenaient leur affirmation en disant « que les témoins étaient là et que les protocoles prouvaient la vérité de leur déclaration ! » Lorsque l’ambassadeur russe protesta * encore une fois contre cette erreur, dans laquelle la Porte avait été probablement induite par les suggestions perfides de l’Autriche, il ne reçut pas de réponse.

Au premier commencement de cette action diplomati- MettenncU «*•

r 1 saye de nouveau

que à Constantinople, l’espérance renaissait dans le cœur Ie*

de Metternich .lorsqu’il voyait Stratford Canning hâter ses démarches avant l’arrivée de Ribeaupierre, manière d’agir qui lui semblait absurde et inspirée par la méfiance. Mais la belle concorde dans laquelle les deux ambassadeurs • marchaient ensuite ensemble, dissipa encore cette illusion du prince d’une manière si désagréable que tout le talent, déployé par lui dans d’autres moments pour garder bonne contenance, ne suffisait plus pour maîtriser 1 inquiétude secrète qui s’était emparée de lui. Quelqu’un de son entourage disait dans une lettre, que, pour la première fois, le prince semblait alors avoir cessé de vivre d'espérances.

Mais le sort cruel se plaisait à lui préparer toujours de nouveau le tourment de Tantale, par une alternative continuelle entre les images trompeuses de l'espérance qui flattaient son amour-propre et les plus amères déceptions.

Le spectacle de l'entente cordiale entre les deux puissances signataires du protocole, spectacle que Mettemich avait contemplé en faisant bien mauvaise mine, fut troublé, au milieu même des négociations que nous venons d’exposer, par un intermède * qui rendit au prince toutes 4 En mars.

1 Instructions adressées par l’Envoyé de Russie au premier Dragoman, le 12 juin 1827. MS.

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les mêmes espérances auxquelles il ” .niait seulement de renoncer; mais ce bonheur ne dura qu'un seul instant, il est vrai. Cet intermède fut un premier effet de la méfiance réciproque qui régnait entre les deux puissances alliées; il fut produit par les instructions pleines de méfiance données à Ribeaupierre et mis en scène par le caractère passionné de Stratford Canning. Malgré sa qualité d’étranger, ce diplomate devint, plus tard, pendant la longue durée de sa position officielle auprès de la Porte, très-populaire parmi les basses classes du peuple turc. Sa réputation d’être un protecteur ouvert et droit pour tous ceux qui souffraient de l’injustice, de l'arbitraire et de l’oppression s’était répandue jusque dans l'intérieur de l'Asie. Il était le grand protecteur de l'œuvre de la réforme turque et devenait, -presque comme lord Strangford avant lui, peu à peu turcomane et grand ennemi de la Russie qu'il haïssait profondément. Stratford était alors dans un âge où il avait encore â reconnaître le terrain sur lequel il avait à agir, oü il lui fallait encore développer le caractère et l’intelligence qui pouvaient lui servir pour son action. Beaucoup de Francs et de Turcs le haïssaient; il passait pour être méfiant parce qu’il savait être froid et plein de réserve; on le considérait comme un esprit étroit et mesquin, parce qu’il était ordinairement très-irritable. Mais il sortait de la meilleure des écoles ; sans avoir besoin d’instructions, il devinait avec une grande justesse les intentions de son cousin. Il avait, entre autres, très-bien compris le double sens du protocole avec lequel, en agissant en faveur des Grecs, Canning voulait, en même temps, refréner l'ambition de la Russie. Ribeaupierre, de l'autre côté, arriva à Constantinople avec des instructions et des préventions qui lui faisaient croire que toute sa mission était de stimuler et de pousser en avant l’Angleterre et son ambassadeur

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